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Nouvelle vidéo disponible !

Découvrez le 1er extrait de notre entretien avec Chloé Frammery, hyperactiviste et professeure suspendue. Nous avons notamment traité ici de GAVI, ainsi que du réveil de la population.

L’entièreté de l’interview sera disponible lundi 30 Mai. N’hésitez pas à nous dire quelles personnalités souhaiteriez vous voir sur cette chaîne YouTube !

Connaissez-vous vraiment Schumpeter ?

JOSEPH ALOIS SCHUMPETER (1883-1950)

L’un des plus grands économistes du XXe siècle

Joseph SCHUMPETER naît l’année où meurt Marx. C’est aussi l’année de naissance de J M Keynes dont l’oeuvre et surtout l’aura – passablement usurpée – éclipseront SCHUMPETER de son vivant. Autrichien, fils d’un industriel du textile, il passera sa jeunesse parmi les élites politiques et économiques. Principalement influencé pendant ses études de droit et d’économie à Vienne par ses professeurs Wieser et Böhm-Bawerk, il accepte en 1919 par amitié pour un marxiste (Otto Bauer) un poste de ministre des finances d’un gouvernement socialiste, auquel il ne restera pas très longtemps, retournant rapidement à sa carrière d’universitaire, d’abord à Bonn, puis définitivement aux USA, à Harvard après 1932.

Très travailleur, d’un tempérament pessimiste, SCHUMPETER sait toutefois se faire proche de ses étudiants, parmi lesquels on compte les futurs économistes Stolper, Sweezy ou encore Samuelson.

Un théoricien novateur

Mais ce qui frappe, c’est sa capacité à innover au plan théorique, qui en fait un penseur de la dynamique économique. Il réinterprète les cycles économiques (voir ci-dessous) en y intégrant le progrès technique et le rôle d’une figure centrale dans son approche : celle des entrepreneurs. Il s’interroge surtout dès 1942 sur les chances de survie du capitalisme dans un contexte de diminution de l’esprit d’entreprise et d’innovation.

Historien de la pensée économique, sociologue (notamment des crises de l’Etat), SCHUMPETER a laissé son nom à la dynamique schumpétérienne de l’évolution du capitalisme qui provient de l’innovation portée par la classe entrepreneuriale dont il brosse un portrait psychologique édifiant : « la capacité de voir les choses d’une manière que l’expérience confirme ensuite […] la capacité d’aller seul de l’avant, de ne pas sentir l’insécurité et la résistance comme des éléments contraires […] enfin la faculté d’agir sur autrui ».


Théoricien des temps longs, il a mis comme personne en évidence le principe de « destruction créatrice ». Cette notion, qui est cœur de la compréhension de nombreux phénomènes économiques tant structurels que conjoncturels, de la formation de la croissance au taux de chômage, en passant par les effets du progrès technique qui apparaît en « grappes » et pousse la dynamique de l’offre.

Nous étions présents au séminaire de Gavekal à l’institut de France

Nous étions présents au sein de l’institut de France ce matin pour le séminaire de Gavekal. Au programme, 3 conférences :

  • Nos perspectives d’investissement mondiales
  • Une mise à jour sur les marchés européens
  • Nos dernières recherches sur la construction de portefeuille.

Merci à Gavekal pour ces conférences très enrichissantes, dans des locaux d’exceptions, au sein de l’institut de France !

Le syndrome “FOMO”

“Fear Of Missing Out” ou la peur de passer à côté

Introduit dans le dictionnaire Oxford en 2013, le syndrome “FOMO” nous vient des réseaux sociaux : c’est la peur de rater le train, de passer à côté d’une information. On l’applique désormais généreusement aux comportements boursiers qui consistent à vouloir se positionner sur une valeur dont le cours a déjà considérablement augmenté, par peur de rater une importante plus-value. Cette crainte est d’ailleurs elle-même renforcée par les réseaux sociaux sur lesquels certains investisseurs mettent en avant leurs performances incroyables, sans jamais évoquer leurs pertes, non moins colossales parfois, ce qui induit un biais évident dans la prise de décision des autres investisseurs, surtout s’ils sont sensibles au FOMO.

Principales explications

Parmi les principales raisons qui permettent de rendre compte de ce syndrome très répandu, on peut citer l’aversion aux regrets (« je ne veux pas me dire que j’aurais dû me positionner, donc je me positionne ») ou encore l’effet de foule, synonyme du mimétisme (« tout le monde achète, donc j’achète ») qui agit bien évidemment dans la vie quotidienne mais a fortiori sur les marchés financiers.

Quelques précautions avant de craquer…

Mais le syndrome FOMO est précisément ce qui contribue à former des bulles spéculatives et, pire, à acheter au plus haut au seul motif qu’on a peur de rater le train de la hausse. Aussi l’investisseur sage et avisé apprendra-t-il avec le temps à laisser passer le train plutôt qu’à déséquilibrer fortement son portefeuille en accroissant le niveau de risque pour espérer capter une plus-value qui reste hypothétique. Certes, il existe des stratégies de trading (court-terme donc) qui cherchent à exploiter ce syndrome c’est-à-dire les dynamiques haussières (on peut citer le « trend following « ou « suivi de tendance », ou encore l’investissement dit « momentum » où il s’agit de profiter d’un élan), mais, tout bien pesé, Samarie & Cie déconseille fortement à ses lecteurs de se livrer à ce type d’approche.

J’en veux pour preuve le carnage financier auquel s’est exposé le célèbre physicien Isaac Newton (1643-1727) en suivant une telle stratégie avant l’heure sur l’action South Sea. Entré sur le titre en février 1720, il clôt sa position quelques mois plus tard en ayant triplé son capital. Mais voyant qu’autour de lui ses amis continuent à entrer, plus tard que lui, sur le titre et s’enrichissent davantage car la hausse s’accélère, Newton remet au pot peu avant l’été 1720, lorsque l’action est presque à son pic et il est contraint de revendre après l’éclatement de la bulle à la fin de l’automne 1720, perdant bien évidemment beaucoup plus qu’il n’avait gagné lors de son premier aller-retour sur le titre…

Source : Marc Faber, The Goom, Boom & Doom Report

Conjurer le syndrome FOMO

Pour tenter de dépasser ce syndrome, plusieurs recommandations sont applicables.

D’abord, il s’agit d’intégrer que la bourse est le « temple des regrets » et de prendre l’habitude de ne jamais regarder dans le rétroviseur en se disant par exemple « si seulement j’avais acheté du bitcoin en 2013 à 20$, je serais millionnaire aujourd’hui », car c’est FAUX ! Vous l’auriez revendu à 100 ou 200$ et n’auriez jamais tenu jusqu’à 36 000 $ (cours du 9 juin 2021) ! N’oubliez pas cela !

Ensuite, il faut accroître sa capacité de libre arbitre (= liberté de choix) en faisant l’effort de se couper de tout ce qui est de nature à susciter des frustrations : les palmarès des meilleurs traders, les performances mises en avant sur les réseaux sociaux, etc.

Par ailleurs, il faut être capable à tout instant de motiver son achat par d’autres raisons que le « trend », le « momentum », la « hausse », etc. Je vous renvoie à la méthode FINTIC longuement exposée dans le numéro de juin dernier qui insiste sur le double signal microéconomique (bottom up) et macroéconomique (top down) qui doit présider à tout achat de titre. FOMO ne doit jamais s’y substituer. Pour le dire autrement et mobiliser Max Weber : il faut investir avec une éthique de conviction. La crainte, fût-elle de rater la hausse, ne peut jamais tenir lieu de conviction.

Enfin, il est bon d’établir un plan, une stratégie et de s’y tenir (c’est la force de la gestion passive, par ordinateur, car lui, le PC, n’a jamais aucun état d’âme à appliquer vraiment la stratégie !). Vous pouvez par exemple définir un prix d’entrée, et tant que le cours n’y redescend pas, vous n’achetez pas. Ou alors, vous prenez position quand même, mais au quart par exemple de ce que vous misez habituellement sur une ligne. Si la hausse continue, vous êtes content, car vous êtes de la partie. Si elle s’interrompt, vous vous réjouissez de vous être plus faiblement exposé ! Pile vous gagnez et face vous ne perdez pas (trop) !

CGG : Une action spéculative

Une valeur très bien positionnée sur le marché des hycrocarbures

Valeur de fond de portefeuille des secteurs pétrolier et gazier, CGG est un leader mondial en services et équipements géophysiques, qui compte parmi les 15 plus grandes capacités mondiales de calcul (tous secteurs confondus). Sa capacité à se déployer dans un nombre considérable de secteurs est donc très forte. La Compagnie Générale de Géophysique est une société française fondée en 1931 qui est devenue le premier prestataire international de Géosciences entièrement intégré.

Sur les dix dernières années, le chiffre d’affaires de CGG a été divisé par environ 2 : il passe de 2,2 Mds € en 2010 à 1,2 Md € (1,4 Md $) en 2019, soit une baisse annuelle moyenne de l’ordre de 6%. On note que le CA a subi une première chute en 2009 (-14%) et 2010 (-2,3%) avec la crise mondiale puis la société a redressé ses ventes jusqu’en 2014. De 2014 à 2016, le CA a connu des baisses successives sévères expliquées par l’effondrement des cours du pétrole entre 2014 et 2016 et la division par deux des dépenses d’exploration et de production des compagnies pétrolières, clientes de CGG. En 2017, avec la remontée des prix du brut, le CA a enregistré une croissance de 8,7%. En 2018, malgré une demande toujours en reprise, le CA a connu une baisse 14,1% en conséquence de l’annonce du plan stratégique du groupe centré autour de la cession de son segment « Acquisition de données contractuelles ».

Dans un contexte où l’impact de l’utilisation des véhicules électriques ne se fera pas sentir sur la consommation de pétrole avant 2040/2050 et où le grand complément aux énergies renouvelables intermittentes (solaire, éolien) est aussi le gaz naturel, on peut estimer très raisonnablement que la consommation de pétrole va continuer à augmenter pendant encore près de 20 ans et n’est pas près de baisser pour le gaz. CGG semble donc être bien placée pour profiter non seulement de cette mégatendance, mais également de l’inflation énergétique inévitable sur les énergies fossiles, dont nous avons déjà abondamment parlé et déjà sensible tant à la pompe que sur nos factures de gaz : contraintes géopolitiques fortes sur le gaz (russe notamment) et faiblesses des investissements des pétrolières depuis 4 ou 5 ans qui entament durablement leurs capacités de production.

Le profil boursier de CGG est atypique et ce que nous proposons ici est clairement un pari spéculatif : la droite de régression est clairement baissière (-6%) MAIS son cours se trouve actuellement à 2 écarts-type en-dessous ! Il faut réaliser que le titre, qui cote actuellement 0,80€ environ a coté jusqu’à 338€ juste avant la crise des subprimes ! A méditer.

Source : Hiboo

CGG réalise actuellement environ un tiers de son CA en géoscience (traitement des données sismiques), un tiers en multi-client (vente d’études géologiques et de prestations de conseil) et un tiers en équipement (vente de capteurs sismiques et de solutions numériques embarquées). En géoscience, multi-client et équipement, CGG est le leader mondial incontesté en termes de capacités technologiques et détient respectivement 41%, 24% et 46% de part de marché.

Au plan comptable, CGG présente un profil certes un peu fragile mais relativement bien équilibré et il devrait s’améliorer rapidement au fil des mois qui viennent grâce à la hausse continue des cours du brut, à une politique de cessions d’actifs qui conduit à une réduction de la masse salariale et à des investissements continus dans la puissance de calcul qui doit rester à la pointe. Par ailleurs, les dettes court terme sont inférieures aux actifs courants et les premières grosses échéances n’arrivent pas avant 2027, ce qui laisse le temps de voir venir.

Cette société a enfin une stratégie de développement des bassins actuels plutôt que d’exploration de nouveaux bassins, ce qui devrait rendre CGG très attractive vis-à-vis des pétrolières.
Un début de retournement de situation semble donc avoir commencé et l’on peut être ambitieux à moyen terme (3/4 ans) sur ce titre. Nous visons 6€.

Pour connaître notre décision d’analyste, n’hésitez pas à nous commander une Etude Synthétique de Valeur (ESVod) pour choisir le bon moment d’acquisition de ce titre.

Nouvelle vidéo : Le choc des programmes économiques (Macron VS Le Pen)

Découvrez notre dernière vidéo disponible sur notre chaîne YouTube : Macron VS Le Pen : Le choc des programmes économiques. Retrouvez dans cette vidéo le décryptage de Florent LY-MACHABERT sur les différents programmes économiques d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen.

N’hésitez pas à donner votre avis sur ce genre de format en commentaire, à mettre des pouces bleus, et à nous dire quelles personnalités voulez voir sur cette chaîne YouTube

Von Mises, le précurseur libéral

Le patron de l’Ecole de Vienne

Théoricien prolifique, MISES est le co-fondateur de la société du Mont-Pèlerin et de la praxéologie ou étude de l’action humaine. Né en 1881 à Lamberg en Autriche-Hongrie, MISES devient docteur en droit et sciences sociales à 25 ans. Professeur réputé, il enseigne d’abord une vingtaine d’années à Vienne avant de fuir le nazisme en 1938 à Genève, puis aux USA, jugeant le menace allemande encore trop proche. Auteur de 19 livres, MISES défriche surtout trois grands domaines :

La théorie économique

Théoricien marginaliste issu de l’Ecole autrichienne, il fait de l’économie en « individualiste méthodologique », c’est-à-dire qu’il considère la discipline comme la science des choix, de l’action et de la décision et insiste sur les préférences subjectives des agents. Dès 1912, il tente d’écrire une théorie marginaliste de la monnaie qui rejette toute mesure absolue et indépendante des choix des individus. Fin épistémologue, il rédige en 1940 son chef d’œuvre : Human action, ouvrage dans lequel il enrichit sa pensée de réflexions monétaires, sur les marchés et les hommes en général.

La méthodologie en économie

De façon inséparable au point précédent, MISES a un souci constant de l’approche méthodologique sans laquelle aucune théorie économique ne tient. Son approche tient en trois piliers : individualisme méthodologique (l’individu l’emporte sur la société qui est moins que la somme des individus), marginalisme (raisonnement à la marge), subjectivisme (théorie de la valeur fondée sur l’estimation subjective à l’échelle de l’individu).

Le libéralisme, la monnaie et les cycles

Il consacre enfin certains ouvrages (comme Théorie monétaire et théorie conjoncturelle en 1926) à l’élaboration d’une théorie autrichienne monétariste des cycles, fondée sur la nécessité pour l’Etat de ne pas intervenir ni chercher à réguler l’économie de marché. Penseur libéral opposé au marxisme et au socialisme, il démontre qu’aucune planification économique rationnelle n’est jamais possible et que dès que les prix de marché sont supprimés (intérêt, change, etc.), ce sont le désordre, les gaspillages et les désajustements qui règnent ! Tout plan bureaucratique est aveugle et inefficace.

Textes et analyses de Mises

Pour MISES, le meilleur moyen d’étudier les phénomènes économiques consiste à se placer du point de vue de l’individu, qui est à la fois acteur et décideur. Cela le conduit de facto à attaquer frontalement le collectivisme et le holisme, pour défendre la démocratie et le fait majoritaire dans des pages que Vilfredo Pareto n’eût pas reniées… Par le terme de praxéologie, MISES insiste sur la rationalité économique individuelle à l’œuvre dans l’action de l’homme. Sa psychologie comportementale est téléologique, c’est-à-dire qu’elle postule que chaque individu oriente son action vers un but, une finalité, qui dépasse les contours du seul homo œconomicus centré sur son plaisir, mais qui révèle bien, dans l’action, ses préférences. Le nouvel individu calculateur de MISES s’inscrit donc dans le temps et rend bien compte de la préférence des individus pour les biens présents ; cela ne suppose pas pour autant que les choix se fassent sans incertitudes : MISES parlait plutôt d’un système complexe d’anticipations plus ou moins fiables, limité notamment par des coûts d’information qui obèrent la pleine rationalité économique des individus.

En conséquence, MISES a toujours rejeté le recours aux mathématiques en économie, au motif qu’elles donnent une illusion de modélisation des comportements des individus, ce qui était pour MISES purement impossible ou excessivement réducteur.

Comme nous l’avons déjà dit, l’un des grands apports de MISES est d’avoir affirmé en la démontrant la supériorité du marché concurrentiel sur le planisme : sans marchés libres, pas d’organisation économique rationnelle ! Il vise évidemment la pratique soviétique, le corporatisme et la Zwangswirtschaft allemande (économie planifiée) d’entre deux guerres, tous modèles qui en truquant les prix empêchent l’économie de fonctionner. MISES dénonce aussi au sein de ces systèmes l’absence de vrais entrepreneurs (au sens de Schumpeter), de marchés financiers (et donc de propriétaires de capitaux) et de l’épée de Damoclès de la faillite lorsque la firme connaît des pertes, le rôle d’aiguillon du profit y étant anéanti. Il n’aura pas de mots assez durs pour démolir les « pseudo-solutions » d’économie mixte à la Oscar Lange, qui font en réalité le lit des pires bureaucraties.

Nouvelle FAQ disponible !

Nouvelle vidéo, nouveau concept. Découvrez notre FAQ #3 Top chrono, où nous abordons l’actualité économique, financière et politique grâce à vos questions sur Twitter.

Aujourd’hui nous avons traité de l’inflation, de BlackRock, des élections présidentielles et bien d’autres thématiques. N’hésitez pas à nous proposer d’autres sujets auxquels vous souhaitez que Florent réagisse !

Peut-on se fier au calcul du taux d’inflation ?

Une question légitime

L’INSEE calcule périodiquement l’IPC, l’indice des prix à la consommation, représentée ci-dessus par la courbe noire épaisse, soit l’inflation « réelle » (ici, pour l’UE à 28 avant le brexit). Or, l’on constate que l’inflation perçue par les ménages européens lui est systématiquement (depuis 2007 sur ce graphique) et significativement (entre 5 et 12 pts de %) supérieure. Il est donc à ce stade tout à fait légitime de se demander si les calculs statistiques d’inflation sont fiables.

Deux hypothèses possibles

1ère hypothèse : il y a un problème dans la mesure du taux d’inflation par l’INSEE.

Première hypothèse, les ménages ont raison, ce sont bel et bien eux qui sont le mieux placés pour apprécier ce qu’ils dépensent et l’INSEE se trompe.
Plusieurs arguments vont en effet dans ce sens :

  • Le panier de biens et services utilisé par l’INSEE pour mesurer les prix et ainsi calculer son IPC n’est pas public ! Il y a donc une certaine opacité, dont l’INSEE rend compte en expliquant que c’est pour éviter que les enseignes, découvrant que leur produit est dans la liste, ne soient incitées à ne pas en augmenter le prix.
  • L’IPC est une moyenne et sans connaître l’écart-type ou les quantiles, tout bon mathématicien sait qu’elle n’est pas représentative (ex. le tabac fait partie du panier, alors que tous les Français ne fument évidemment pas).
  • Le logement, qui figure dans la liste, semble être sous-estimé par l’INSEE qui le pondère à seulement 6% du panier.
  • L’INSEE, pour tenir compte des innovations technologiques, inclut un effet qualité dans son calcul, c’est-à-dire qu’elle modère l’inflation de certains produits par le fait qu’ils montent en gamme.
  • L’INSEE évince les comportements de substitution des consommateurs qui, pour ne pas subir l’inflation de certains produits, se tournent vers des substituts moins onéreux dont le prix ne varie pas ou moins.
  • L’INSEE effectue ses calculs à retardement et inclut avec délai les nouveaux produits dans son panier (comme un abonnement Netflix).

2nde hypothèse : ce sont les ménages qui souffrent d’un biais (de perception)

Seconde hypothèse, les ménages ont tort, en ce qu’ils souffrent de multiples biais psychologiques,

  • Concernant le logement, en réalité l’INSEE inclut également les charges, ce qui porte à 14% le poids du logement dans le panier.
  • De plus, seuls 40% des ménages sont locataires et parmi les 60% de propriétaires, 2/3 n’a plus de crédit.
  • Parmi les biais de perception, celui de la valeur moyenne des prix distordue par la vision que chaque ménage a de sa situation personnelle est bien documenté désormais en finance comportementale.
  • S’y ajoute enfin le fait que l’effet négatif d’une hausse de prix (vécue comme une perte de pouvoir d’achat) a tendance à être surestimé par rapport à l’effet positif d’une baisse de prix dans une proportion identique voire plus grande, pourtant favorable au pouvoir d’achat. Cela dépend en effet, notamment, de la fréquence de l’achat (ex. la hausse du prix de la baguette est plus mal perçue et souvent très exagérée que n’est bien perçu la baisse pourtant drastique du prix de l’électroménager sur la même période).

En conclusion, nous pouvons donc répondre par l’affirmative ce mois-ci à la question posée et estimer que la méthodologie de l’INSEE dans son calcul du taux d’inflation via l’Indice des prix à la consommation est plutôt fiable et moins soumise aux biais que ne l’est l’inflation perçue par les ménages.