Les dessous économiques du kidnapping hollywoodien de Nicolas Maduro
Le mythe de la trahison interne : une diversion commode
Écartons d’emblée la fable paresseuse d’une « vente » de Maduro par les cadres chavistes. Ce récit, distillé par les officines de renseignement occidentales, ne sert qu’à humilier le mouvement bolivarien et à suggérer une instabilité là où il y a, au contraire, une mutation structurelle profonde. Maduro n’a pas été trahi par les siens; il a été ciblé parce qu’il était devenu l’architecte d’un basculement économique insupportable pour l’Empire.
La dédollarisation : le crime impardonnable
Le véritable « crime » de Caracas n’est pas l’autoritarisme, mais l’audace monétaire. Le séisme tectonique, c’est l’effondrement de l’hégémonie du dollar sur les réserves pétrolières mondiales. À l’instar de l’Arabie saoudite qui négocie désormais son brut en RMB (yuan chinois), le Venezuela a entamé un processus irréversible de dédollarisation de ses ventes de pétrole.
L’objectif est clair : sortir du carcan de l’Oncle Sam. Pour ce faire, Maduro a activé des leviers technologiques que Washington redoute par-dessus tout :
- La sortie du système SWIFT : Trop lent, trop contrôlé, trop politique. Le Venezuela entend(ait) migrer vers des systèmes de transfert d’informations financières plus rapides et surtout opaques pour le Trésor américain, comme le BRICS Bridge ou le SPFS russe.
- L’ancrage aux BRICS+ : Le Venezuela ne se contente plus d’être un fournisseur; il devient une pièce maîtresse du puzzle sino-iranien.
Le déploiement massif d’ Investissements Directs Étrangers (IDE) chinois et l’intégration de technologies de drones iraniens pour sanctuariser le territoire vénézuélien ont transformé ce que les USA considèrent comme leur « zone de chalandise » en un avant-poste de la multipolarité. Pire encore pour la doctrine Monroe : la présence chinoise se cristallise désormais par la gestion de deux ports stratégiques au Panama, verrouillant physiquement l’accès au commerce régional.
Le kidnapping : un boomerang géopolitique
Ce rapt international, s’il flatte l’ego des néoconservateurs à Washington, crée un précédent juridique et politique dévastateur pour l’Occident. En agissant de la sorte dans sa « zone d’influence », Washington légitime en creux toutes les actions de force des puissances impériales rivales :
- L’Opération spéciale russe en Ukraine : Si les USA peuvent extraire un chef d’État pour protéger leurs intérêts de sécurité nationale, au nom de quoi contestent-ils à Moscou le droit de sécuriser sa propre frontière contre l’extension de l’OTAN ?
- Le rattachement de Taïwan : Ce kidnapping valide la logique de la National Security Strategy (NSS) américaine (publié par la Maison Blanche le 05/12/25) qui place la force au-dessus du droit international. Pékin n’a plus qu’à observer : si la souveraineté est une notion à géométrie variable selon la proximité géographique, alors Taïwan n’est plus qu’une question de calendrier interne pour la Chine continentale.
La zone euro : l’angle mort du réalisme westphalien
Pendant que les géants s’affrontent, l’Europe assiste au spectacle avec la passivité d’un figurant de seconde zone. Le problème est structurel : la Zone euro n’est dans l’arrière-cour westphalienne de personne, ou plutôt, elle est le terrain de jeu de tout le monde sans en posséder les attributs.
- Elle n’a pas la profondeur stratégique de la Russie.
- Elle n’a pas la puissance de coercition des États-Unis.
En restant enchaînée à une structure technocratique sans vision de puissance, la France se condamne à l’insignifiance. L’avenir de l’Europe, sous sa forme actuelle, est inexistant. Le Frexit n’est plus une option idéologique, c’est une nécessité de survie pour ne pas être broyés dans l’étau entre le bloc anglo-saxon et le bloc eurasien.
La France a bien sûr son arrière-cour naturelle !
Contrairement à ses voisins, la France possède un atout que même l’Allemagne lui envie : une arrière-cour naturelle, organique et historique. La France ne doit plus chercher sa grandeur à Bruxelles, mais dans son propre empire résiduel :
- L’espace ultramarin : Nous sommes présents sur tous les océans. C’est là que se joue la maîtrise des ressources halieutiques et minières de demain.
- La Francophonie : Un bassin culturel et économique immense qui, s’il était géré avec une ambition de puissance et non de repentance, formerait un bloc capable de dialoguer d’égal à égal avec les BRICS+.
Le kidnapping de Maduro est donc un signal d’alarme.
Le monde est redevenu brutal, territorial et… monétaire !
Soit nous continuons à couler avec le navire euro-atlantique, soit nous reprenons possession de notre souveraineté pour cultiver notre propre jardin stratégique.
La France a une carte à jouer, mais elle doit d’abord cesser de jouer celle des autres.
Testez notre simulateur unique de droits de succession : MeilleureSuccession.fr
Abonnez-vous à notre mensuel et accédez à toutes les archives : https://samarie-cie.fr/produit/finance-tic-12mois
Demandez une visio Patrimoine : https://samarie-cie.fr/produit/educ-fi
En savoir plus sur Le premier institut de formation économique et financière
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.