Pourquoi le cours de l’or, massivement manipulé, l’est de moins en moins…

L’or n’est pas une « relique barbare », n’en déplaise aux thuriféraires de la finance dématérialisée. C’est le thermomètre de la survie du Système.

Et quand le thermomètre commence à s’affranchir des manipulations des médecins de plateau, c’est que le patient, notre modèle monétaire occidental, est en phase terminale. Pendant des décennies, le prix de l’once a été maintenu sous respiration artificielle par une alchimie de papier. Mais aujourd’hui, les digues cèdent. La réalité physique est en train de pulvériser l’illusion comptable. Et ce qu’a montré le flash krach du 29 janvier, qui a précédé la nomination encore putative à la tête de la FED du successeur de J. Powell, en la personne du « faucon pragmatique » K. Warsh.

La survie du papier impose le mensonge du métal : comprendre la manipulation du cours de l’or

Pourquoi le cours de l’or est-il, historiquement, le marché le plus surveillé et le plus « travaillé » de la planète ? Parce que les grandes organisations financières savent que si l’or s’envolait demain à sa juste valeur de marché, celle qui reflète la masse monétaire délirante injectée depuis 2008, les monnaies papier cesseraient d’exister à l’instant même. Les manipulations du cours se justifient donc par une nécessité systémique.

Le Système ne peut aucunement se permettre un or libre. Un cours de l’or qui explose, c’est le signal de l’incendie dans la banque centrale. C’est la preuve par neuf que le dollar, l’euro et le yen ne sont que des promesses de politiciens insolvables. Pour maintenir cette fiction de stabilité des devises fiat, les grandes banques ont saturé le marché de « l’or papier » (ETFs, contrats à terme, certificats), une offre artificielle totalement déconnectée des stocks réels. On vend du métal qu’on ne possède pas pour écraser le prix de celui qui existe physiquement. Cette technique de manipulation du cours permet aux organisations financières de transformer l’or sur le marché en un simple instrument spéculatif, vidé de sa substance.

Mars 2020 : quand le marché de l’or physique a échappé à la manipulation papier

Le premier grand signal d’alarme a retenti en mars 2020. Souvenez-vous : alors que le monde se confinait, la cotation de l’or a dû être purement et simplement suspendue. Pourquoi ? Parce que le mécanisme de découplage entre l’or papier et l’or physique a atteint son point de rupture critique. Le marché de l’or révélait soudainement son secret le mieux gardé : la manipulation des cours par le papier avait ses limites physiques.

À Londres et New York, les cours affichaient une baisse théorique, tandis que dans la réalité, il était impossible de se faire livrer une once sans payer des primes délirantes. Les circuits logistiques étaient à l’arrêt, et soudain, les détenteurs de contrats papier ont réalisé qu’ils ne possédaient que du vent. Le marché de Londres, centre du London Gold Fix, a montré son vrai visage : celui de la manipulation était tombé. Les investisseurs découvraient l’ampleur de la manipulation du marché de l’or au cours des décennies antérieures. Ce fut un moment de vérité : l’or physique ne suivait plus les ordres des algorithmes de la City. La manipulation a ses limites : la physique. On ne peut imprimer un lingot d’or.

Le rôle de la Chine : l’or physique contre la manipulation des marchés

Le nouveau maître du jeu ne siège plus à la Fed, mais à Pékin. La Chine joue une partition magistrale d’accumulation stratégique. Ses réserves d’or officielles ? Une plaisanterie destinée aux analystes occidentaux. Tout le monde sait que les demandes réelles d’or physique et les réserves officieuses, stockées via des entités d’État et des banques publiques, sont colossales, probablement d’un ordre de grandeur supplémentaire par rapport aux chiffres affichés par le PCC.

Mais le plus stratégique, c’est l’entrée en scène des investisseurs chinois et des fonds spéculatifs. Ils ne jouent pas au casino : ils protègent leur patrimoine face à l’effondrement immobilier local. Cette demande physique massive d’or représente un achat réel, non spéculatif, contrairement aux manipulations du marché de l’or occidental où le papier domine.

Le verdict de Shanghai : quand le cours de l’or échappe à la manipulation occidentale

Les chiffres sont là, et ils sont sans appel pour les manipulateurs occidentaux. Le 2 février dernier, la prime sur l’or à la Bourse de Shanghai par rapport au spot officiel (le prix « papier » de Londres/New York) atteignait des sommets révélateurs : +22,98 $ l’once (+29 %), montant même jusqu’à +36 $ l’once (+46 %) selon certains flux. Cette prime massive démontre l’incapacité croissante des organisations financières à manipuler le cours de l’or à l’échelle mondiale.

Cela signifie une seule chose simple : l’Orient est prêt à payer le vrai prix. Le marché de Shanghai est devenu le centre de gravité réel du métal physique. Pendant que les Occidentaux jouent avec des produits dérivés synthétiques, l’Asie accumule le métal sonnant et trébuchant, stocké dans les ports francs de Singapour. Cette prime massive rend l’arbitrage inévitable : l’or fuit les coffres de la City pour rejoindre ceux de l’Est. La manipulation occidentale du cours devient impossible si les coffres sont vides. Et l’on n’achète jamais les titres de dette des pays que l’or fuit. Plutôt ceux des pays destinataires des flux d’or. Suivez mon regard…

L’impossible manipulation : comment le marché de l’or échappe au contrôle des banques

Pourquoi les banques centrales ne parviennent-elles plus à contrôler les cours ? Parce que les acheteurs ont changé radicalement de profil. Les banques centrales asiatiques (Chine, Inde, Turquie) et les investisseurs avertis n’achètent plus l’or papier synthétique. Ils exigent du métal physique en main propre. Cette demande d’or physique constitue un refus catégorique de la manipulation.

On ne manipule pas une demande physique massive avec des écritures comptables indéfiniment. Lorsque la demande réelle d’or physique dépasse exponentiellement la capacité de livraison des places occidentales, le « prix papier » s’effondre dans l’insignifiance. Le marché de l’or révèle sa véritable nature. Nous y sommes. Le roi est nu, et il est en or jaune, du vrai métal, pas du papier. L’oligarchie stato-financière (E. Todd) a définitivement perdu le contrôle du thermomètre : préparez-vous à ce que la fièvre monétaire devienne incontrôlable et que le cours réel de l’or s’impose enfin.

Les scandales de manipulation confirmés : comment le système s’est fissuré

La manipulation du cours de l’or n’est pas théorique, elle est documentée et pénalisée. Entre 2008 et 2013, des traders de Deutsche Bank ont été condamnés pour spoofing (placement d’ordres fictifs pour fausser les prix). JP Morgan a payé 920 millions de dollars en 2020 pour manipulation des métaux précieux. Le scandale du London Gold Fix (2014-2015) a révélé une coordination explicite entre Barclays, Deutsche Bank et HSBC pour influencer le prix de référence mondial. Ces cas confirment que manipuler le cours de l’or sur le marché était, pendant des décennies, une pratique systémique des grandes organisations financières.

Aujourd’hui, ces manipulations du marché de l’or deviennent impossibles parce que la demande d’or physique a échappé à leur contrôle. Les autorités de régulation (CFTC, SEC aux USA, FCA et BaFin en Europe) ont ouvert des enquêtes aboutissant à des amendes record. Cependant, la vraie sanction vient du marché lui-même : alors que le prix papier stagne ou baisse, le cours réel de l’or sur les marchés asiatiques explose. Pour comprendre les cadres légaux qui encadrent aujourd’hui ces pratiques, consultez le jugement de l’UE sur manipulation.

Foire aux questions : comprendre le cours de l’or et ses manipulations

Pourquoi le cours de l’or baisse-t-il soudainement malgré l’inflation ?

Les baisses soudaines du cours de l’or résultent souvent de manipulations coordonnées sur les marchés de gré à gré. Les banques occidentales utilisent le spoofing et le layering (placement d’ordres fictifs) pour créer de fausses pressions de vente, abaissant artificiellement le prix du métal. Cependant, cette manipulation devient de plus en plus inefficace car la demande d’or physique réelle (notamment asiatique) échappe à ces manigances. Le prix papier peut s’effondrer sur les bourses de New York et Londres, tandis que l’or physique se négocie avec des primes massives à Shanghai, révélant le vrai cours du marché de l’or.

Est-ce que le cours de l’or peut vraiment s’effondrer complètement ?

Non. Bien que les manipulations du cours sur le marché papier puissent créer des chutes spectaculaires à court terme, l’or physique conserve une valeur intrinsèque ancrée dans la demande réelle. Depuis la crise de 2008, les grandes organisations financières ont perdu progressivement leur capacité à contrôler les prix mondiaux. La montée en puissance des investisseurs chinois, turcs et indiens qui achètent l’or physique (non papier) rend impossible une manipulation systématique durable. Le vrai prix de l’or, celui du marché de Shanghai avec ses primes de +46 %, finira par s’imposer globalement, signalant l’effondrement final de l’illusion monétaire fiduciaire.

Est-il intéressant d’acheter de l’or en ce moment pour ma retraite ?

Oui, mais pas l’or papier. La distinction est cruciale : les ETFs, contrats à terme et certificats restent vulnérables à la manipulation du cours puisqu’ils ne représentent pas du métal physique réel. Pour construire un patrimoine durable, préférez l’or physique (lingots, pièces) stocké chez vous ou dans un coffre-fort reconnu. Alors que les prix papier restent artificiellement bas en raison des manipulations des banques, l’or physique se négocie à des primes massives. Vous achetez donc à un prix décalé, une opportunité historique avant que le marché de l’or réalise son vrai prix. Pour des conseils personnalisés adaptés à votre stratégie de retraite, nos formations Educ-Fi vous aident à construire une allocation efficace.

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