Barnier à côté de la plaque !
L’austérité, l’une des politiques budgétaires keynésiennes contracycliques
Synonyme de « rigueur » budgétaire et contraire de la fameuse « relance », la politique d’austérité budgétaire consiste à réduire des dépenses publiques et/ou à augmenter la pression fiscale. On parle parfois de « scénario à la grecque » dont nous retraçons le contenu ci-dessous. Force est cependant de constater que M Barnier ne s’attaque pas en profondeur au mal français…
Un « scénario à la grecque » en France consisterait en l’intervention de la troïka (FMI, Commission, BCE) pour restaurer la confiance des marchés envers la dette française. Cela pourrait notamment passer par des prêts (des « French Loan Facilities ») consentis par les institutions européennes et mondiales en échange de mesures d’austérité drastiques destinées à réduire le déficit primaire (hors intérêts de la dette) de la France.
Concrètement, on pourrait alors s’attendre :
1) Dans la Fonction publique
✓ A une baisse des salaires nominaux de 20 à 30%
✓ A la hausse du temps de travail (retour aux 39h sans hausse de salaire)
✓ Au gel des pensions
✓ A la réduction des effectifs (30%)
✓ A une baisse des dépenses des collectivités locales de 40% (moyennant la fusion d’échelons, une progressive division par 2 des effectifs, l’instauration d’une vraie « règle d’or » budgétaire interdisant tout déficit)
✓ A une fermeture partielle ou totale de l’audiovisuel public
2) Dans la Santé
✓ A une rationalisation de la gestion des hôpitaux (moyennant le « dégraissage » des quelque 25% de personnels administratifs)
✓ Au plafonnement des dépenses de santé à 6% du PIB (contre 12% aujourd’hui environ)
3) Dans l’Éducation
✓ A des fusions d’établissements scolaires ou supérieurs
✓ A une baisse du salaire des enseignants de 30%
4) Dans la Défense
✓ A la réduction de moitié des dépenses militaires (ex. gel des achats d’équipement, fusion de bases militaires, etc.)
✓ Au non-remplacement des départs à la retraite
5) En matière de Retraites
✓ Au report de l’âge légal de 64 à 65 puis 67 ans
✓ Au plafonnement/réduction des pensions
✓ A l’alignement des régimes publics (et spéciaux) sur le privé
6) En matière de Fiscalité
✓ A une hausse de la TVA de 4 pts
✓ A une hausse des taxes sur le carburant
✓ A l’abaissement du seuil de la 1ère tranche de l’IRPP et à l’adjonction de nouvelles tranches
7) En matière de Privatisations
✓ A la privatisation d’infrastructures telles que des ports, des aéroports, le parc immobilier, des opérateurs publics de type Véolia, etc.
8) En matière de Croissance
✓ A la réduction du SMIC de 20%
✓ A l’allégement du Code du travail
Conséquences immédiates sur votre portefeuille d’actions
Même si ce scénario reste hypothétique, une première conséquence à anticiper est de liquider toute position dans votre Plan d’Épargne en Actions (PEA) ou votre Compte-Titres Ordinaire (CTO) qui consisterait en des titres de propriété d’entreprises dont l’État est actionnaire.
J’ai recensé pour vous les principales (CAC 40) :
Autres mesures austéritaires envisageables
Les mesures suivantes ont été appliquées à d’autres pays (Irlande, Portugal, Chypre) dans le cadre de politiques d’austérité.
Il n’est donc pas exclu de les voir apparaître en France, une fois que l’Histoire aura regardé de haut M Barnier…
1) Recapitalisation de banques
2) Mise en place de partenariats public-privé dans les domaines de la Sécurité & de la Justice
3) Retour de la réforme de l’assurance chômage que G Attal a annulée avant le 2nd tour des élections législatives
4) Rationalisation des transports publics
5) Accès restreint aux bourses étudiantes
6) Cotisation spéciale de 3,5% sur les pensions supérieures à 1 500 €
7) Taxation de 10% des dépôts bancaires supérieurs à 100 000 €
Prenez donc vos précautions pour débancariser à minima.
Pour en savoir plus.
Florent Ly-Machabert
