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De quoi le krach d’avril est-il le nom ?

L’indice VIX, souvent surnommé « l’indice de la peur », a récemment connu une envolée spectaculaire, bondissant de 220% en quelques jours. Ce pic, qui rappelle les heures sombres de 2008, a atteint 60,13 points le lundi 7 avril, un niveau rarement observé depuis 1986.

Nous explorons ici les causes de cette flambée, ses conséquences sur les marchés et les perspectives à court et moyen terme.

Une volatilité historique et ses origines

L’indice VIX mesure la volatilité implicite des options d’achat (calls) et de vente (puts) sur l’indice S&P500. Habituellement inférieur à 24 points, il a dépassé le seuil de 50 à seulement 8 reprises depuis 1986 :

  1. lors du krach de 1987 (150 points, consécutif aux accords du Plaza) ;
  2. en 1998 (60 points, crise russe) ;
  3. en 2001 (58 points, attentats du 11 septembre) ;
  4. en 2002 (58 points, scandales Enron) ;
  5. en 2008 (59 points, crise des subprimes) ;
  6. en 2018 (50 points, manipulation du VIX) ;
  7. et 8. en 2020 (82 et 41 points, pandémie de COVID-19) : ce dernier cas est exceptionnel, le VIX ayant franchi ce seuil deux fois la même année !

Cette explosion récente reflète une nervosité extrême des investisseurs, alimentée par des incertitudes économiques et géopolitiques. Les conséquences sont multiples et touchent divers actifs, des métaux précieux aux devises, en passant par les marchés actions.

Conséquences et opportunités sur les marchés

La flambée du VIX a déclenché une série de réactions en chaîne.

Premièrement, les investisseurs se sont massivement débarrassés des actifs les plus risqués, provoquant des ventes massives suivies de rachats opportunistes à bas prix.

Deuxièmement, des prises de bénéfices ont eu lieu sur des actifs moins risqués, comme l’or, pour compenser les pertes ou répondre aux appels de marge sur des positions à effet de levier. Malgré une baisse temporaire due à ces ventes forcées, l’or, qui avait connu une forte hausse, devrait rebondir, offrant des opportunités d’achat via la stratégie du Dollar Cost Averaging (DCA).

L’argent, quant à lui, a subi une forte baisse. Utilisé à 60% par l’industrie, il suit avec retard l’évolution de l’or en tant que métal précieux de substitution, ce qui limite son potentiel de rebond immédiat.

Par ailleurs, le yuan chinois a chuté, signalant une possible dévaluation progressive pour contrer les tariffs commerciaux. Sur le marché des devises, l’inversion des spreads de swaps indique une guerre des monnaies larvée et un assèchement de la liquidité interbancaire, un phénomène inquiétant rappelant 2008…

Perspectives : accalmie et rebond sélectif

À court terme, une accalmie est attendue sur le VVIX (indice de volatilité du VIX), ce qui pourrait apaiser les marchés.

En France, le CAC 40 devrait remonter sur trois mois, bénéficiant du moratoire temporaire.

À plus long terme, les marchés actions américains pourraient également rebondir, portés par une croissance potentielle, une baisse du chômage, une diminution des dépenses publiques, un affaiblissement du dollar et une dérégulation.

Les métaux précieux, notamment l’or, devraient connaître une hausse, bien que l’argent reste moins attractif.

Enfin, les taux longs américains resteront attractifs, mais un risque persiste : les créanciers majeurs, comme le Japon et la Chine, pourraient se détourner des obligations américaines sous l’administration Trump, ce qui pourrait compliquer le financement de la dette.

En somme, cette flambée du VIX, bien que brutale, ouvre des opportunités pour les investisseurs avertis, tout en signalant des tensions structurelles à surveiller.

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Florent Ly-Machabert


Non, les USA ne vont pas réévaluer le cours de l’or !

Un fantasme absolu…
Les États-Unis détiennent 8 133 tonnes d’or, dont 4 175 tonnes seraient à Fort Knox, New York et Philadelphie, valorisées dans les livres de compte à seulement 42,225 $ l’once (cours de 1973) au lieu des quelque 3 100 € actuels.
L’Union européenne possède, pour sa part, environ 12 000 tonnes (dont une partie stockée également à Fort Knox), tandis que la Chine sous-déclare ses réserves, officiellement à 2 000 tonnes, la positionnant néanmoins comme un acteur clé.
Évaluons le sérieux d’une réévaluation de l’or dont certains acteurs font courir la rumeur.

  • Scénario 1 : à son cours de 2025, i.e. une réévaluation d’un facteur 71 !
  • Scénario 2 : en scénario fictif, à 15 000 €, i.e. une réévaluation d’un facteur 350 par rapport aux livres de comptes actuels, ce qui mettrait tout de même le lingot à environ 1 500 000 $ et contriburait à l’effacement d’à peu près un tiers de la dette américaine (soit 12 000 milliards $).

Conséquences immédiates
Cependant, cela dévaluerait le dollar, occasionnant une fuite des investisseurs et du capital, alors que la politique de dollar fort a été réaffirmée le 7 mars 2025 par Scott Bessent, secrétaire au Trésor de Donald Trump.
Pour contrer cette dépendance, une réserve complémentaire en cryptomonnaies est sur les rails, bien que la stratégie de Trump en la matière soit hautement critiquable.
Par ailleurs, les tarifs douaniers (+25% sur la Chine) devraient progressivement être neutralisés par des dévaluations équivalentes (ex. renminbi), compliquant leur efficacité, si bien que Trump pourrait, au contraire du cours de l’or auquel il ne touchera pas, s’inspirer des accords du Plaza (1985) et du Louvre (1987) entre le G5 (USA, Japon, France, Royaume-Uni, Allemagne), où les banques centrales avaient déprécié le dollar pour réduire le déficit commercial américain (3,5% du PIB), pour freiner les excédents japonais et leur bulle spéculative immobilière aux États-Unis, tout en soutenant l’emploi américain post-crise de 1982.
A noter que ces interventions avaient toutefois déclenché le krach de 1987…
En somme, une réévaluation massive de l’or pourrait certes alléger la dette américaine mais considérablement fragiliser le dollar, incitant à diversifier via les cryptos, dans un contexte où les politiques commerciales de Trump peinent face aux ripostes asiatiques, avec un précédent historique plus que risqué.
Bretelles… et ceinture !

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Florent Ly-Machabert


Au sommet de Kazan, les BRICS+ passent au “stablecoin”…

Lors de leur dernier sommet fin octobre 2024 en Russie, les BRICS+ ont pris deux décisions structurantes.

Création d’un statut de « partenaire des BRICS » et donc, de facto, d’une « zone BRICS »

Actuellement neuf, les BRICS+ (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran, Éthiopie, Égypte, Émirats arabes unis) ont souhaité ouvrir officiellement un statut de pays partenaire, avec les pays dont la liste figure ci-contre. L’idée est de permettre à ces 13 pays de développer leur commerce avec les 9 et de profiter des infrastructures des 9.


Création de BRICS-CLEAR

Les BRICS+ ont par ailleurs instauré officiellement BRICS-CLEAR, un système de règlement et de compensation intra-BRICS ou inter-BRICS/partenaires hors USD et EUR. Ce système se veut une alternative à SWIFT (qui est piloté par les banques centrales du G7, auxquelles s’ajoutent celles de Belgique, de Suisse, de Suède et des Pays-Bas), mais aussi au système chinois CIPS, que la Russie avait rejoint en urgence suite à son éviction de SWIFT au printemps 2022.
Basé sur la technologie de la blockchain, par ailleurs déjà maîtrisée et utilisée par les banques centrales russe et chinoise, ce système n’envisage pas de recourir aux cryptos, trop volatiles, mais aux « stablecoins » (SC) comme unité de compte pour la compensation, cryptos dont la valeur est, par construction, ancrée dans une devise (ex. le $ pour l’USDT ou l’USDC).
Les règlements bilatéraux continueront de se faire en monnaies nationales mais leur compensation sera possible en stablecoin, laquelle devrait être gérée par la Nouvelle Banque de Développement (NBD) des BRICS+, qui jouera ainsi le rôle de chambre de compensation et de plateforme de paiement baptisée « BRICS bridge », sur le modèle de l’Union Européenne des Paiements (qui a fonctionné sur la période
1950-1957) qui a été un facteur d’intégration conduisant au Traité de Rome.
Les BRICS+ ont aussi acté la création d’une société d’assurance et de réassurance des transactions commerciales (BRICS ReInC).
Une projection donne, suite à ces différentes mesures, un recul de l’ordre de 6% des exportations des pays non membres des BRICS, ce qui peut affaiblir les devises du G7.
On observe également une utilisation du $ à d’autres fins, comme conforter Hong-Kong comme centre d’émissions de prêts entre BRICS… en $ !
Il faut à présent s’attendre au recul de plus de 50% du $ comme monnaie de réserve des banques centrales des BRICS+ (ce qui va prolonger le krach obligataire occidental bien entamé).
Enfin, les initiatives de Kazan apportent un précieux soutien à la blockchain comme technologie et aux cryptos et stablecoins comme unités de compte du futur système de compensation de la zone BRICS.
Les monnaies fiat n’ont qu’à bien se tenir…

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Florent Ly-Machabert


L’once d’or bientôt à 3 000 $ ?

Un rallye haussier incroyable depuis janvier 2024

Les performances récentes de l’or sont pour le moins exceptionnelles : quintuplement du cours (sic !) depuis 1999, doublement du cours depuis seulement 2019, +37% en € en 2024, soit un taux de croissance annuel moyen réel (sans gonflement artificiel de l’inflation) de près de 7% sur les 25 dernières années (voir tableau ci-dessous) ! Qui plus est, nos analyses graphiques permettent d’affirmer que l’or est actuellement « au prix », c’est-à-dire qu’il ne présente ni décote, si surcote, ce qui constitue, je crois, le meilleur argument à opposer à tous ceux qui estiment que le coup est parti et qu’il est trop tard pour sauter dans le train.

Mais il reste à comprendre les raisons profondes de ce marché haussier, car, à elles seules, la hausse des taux d’intérêt réels, la relative force du dollar US et la désinflation, sont des facteurs normalement baissiers pour l’or ; sauf que, structurellement, on trouve désormais 2 grandes catégories de « drivers » haussiers :
1) Des achats massifs d’or de la part des banques centrales émergentes (not. Chine, Russie, Arabie saoudite) : l’or constitue désormais 30% des réserves de la banque centrale russe, 15% en Afrique du Sud, 10% en Inde, 5% en Chine et 5% au Mexique ;

2) Le retour de fortes tensions géopolitiques, notamment au Proche et Moyen-Orient, qui, en accroissant le niveau d’incertitude, renforcent, malheureusement, l’appétit pour les valeurs refuge.
Conjoncturellement, c’est à présent la baisse des taux directeurs de part et d’autre de l’Atlantique (depuis juin 2024 pour la BCE et depuis septembre dernier pour la FED), qui, en réduisant, l’attrait pour les devises $ et € renforce en creux la valeur refuge qu’est l’or. Il s’ensuit que le cours de l’or exprimé en dollar et, secondairement en €uro, croît au fur et à mesure que lesdites monnaies fiat baissent. A cet égard, le graphique ci-contre est très révélateur de l’effondrement de la valeur de l’euro depuis 2008, puisque, selon l’étalon de mesure utilisé, on s’aperçoit que l’indice boursier français (dividendes réinvestis) n’a pas progressé si on en mesure l’évolution en or, alors qu’il a crû de 162% si on le mesure en euro !!

Se sont enfin ajoutés les propos pessimistes de Christine Lagarde quant aux perspectives de croissance de la zone euro, lesquelles alimentent des anticipations négatives et donc une hausse du cours de l’or.
Concernant l’or, nous demeurons, vous l’avez compris, fondamentalement bullish (haussier), essentiellement pour 4 grandes raisons :
– La nouvelle baisse des taux en décembre de part et d’autre de l’Atlantique ;
– L’exacerbation (dramatique) des tensions géopolitiques (en Syrie à présent) ;
– L’incertitude liée au retour de D Trump, de nature à raviver les tensions commerciales entre la Chine et les USA ;
– Le « momentum » des BRICS+ (gros consommateurs d’or), qui, grâce à leur pouvoir d’agenda sur le G20 jusqu’au 31 décembre 2025, renforcent leur influence géopolitique, comme l’a récemment illustré leur sommet annuel à Kazan en Russie.
Il semble opportun de dédier à l’or 80% des fonds que vous fléchez vers les métaux précieux, lesquels peuvent représenter, selon votre horizon de placement (i.e., essentiellement, votre âge…) 20 à 50% de l’ensemble de votre portefeuille financier.

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Florent Ly-Machabert


L’important de 2024 qui va peser sur 2025 !

L’an neuf est déjà là ! Et il s’annonce éruptif.

Pour ce premier Edito 2025, j’ai souhaité explorer la nouvelle année à la lueur de 10 évènements de l’an passé que l’IA m’a aidé à identifier comme plus structurants que les autres, notamment parce qu’ils sont amenés à peser sur l’année qui commence.

Voici donc en exclusivité les 10 thèmes édifiants de 2024 qui devraient structurer 2025 :

1)     Le risque de défaut de paiement de la France

2)     La capacité de D Trump à faire chanter E Macron sur un certain dossier…

3)     Les Jeux Olympiques de Paris

4)     Les conséquences de la chute du régime syrien sur l’Union européenne

5)     Les vérités qui sortent sur la pandémie de Covid  (USA, Allemagne)

6)     Le procès de Netanyahu et sa survie au retour de Trump

7)     Le retour triomphal de D Trump comme 47ème Président des États-Unis

8)     Les vrais risques de guerre mondiale

9)     La reconstruction (et l’inauguration) de Notre-Dame-de-Paris

10)   Le drame à Mayotte

On observe au passage que sur 10 évènements, 4 au moins sont liés à la personne de D Trump (2/, 6/, 7/ et 8/) dont la réélection est probablement l’IMPORTANT de 2024, c’est-à-dire le fait majeur susceptible d’avoir les plus lourdes conséquences sur l’année 2025. On voit aussi que la France (1/, 2/, 3/, 9/ et 10/) mais aussi l’Allemagne (4/ et 5/) sont particulièrement dans l’œil du cyclone 2025…

Bonne lecture et… Sainte année 2025 !

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Florent Ly-Machabert


Effondrement du NWO !

Oui, l’élection triomphale de Donald Trump le 5 novembre dernier signe l’arrêt de mort du « Nouvel Ordre Mondial », expression un peu confuse généralement utilisée pour désigner ce concept géopolitique de l’immédiat après-guerre froide qui décrit l’alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une certaine unipolarité, incarnée par les États-Unis et réemployée depuis pour parler de la consolidation d’une « gouvernance mondiale » (en matière financière ou environnementale, par exemple).

Or, de par ses positions protectionnistes au plan économique et quelque peu isolationnistes au plan géopolitique, Donald Trump ne se cache pas d’être bien plus un « jacksonien » (du nom du 7ème président des États-Unis entre 1829 et 1837, Andrew Jackson) qu’un Républicain (rappelons d’ailleurs qu’il a commencé sa carrière chez les Démocrates…). Comme son lointain ancêtre A Jackson, D Trump défend en effet l’idée que le commerce doit remplacer la guerre. Comme 45ème Président des États-Unis, Trump n’a d’ailleurs, entre 2016 et 2020, déclenché aucune guerre, contrairement à ses prédécesseurs et à son sénile successeur.

Gageons que comme 47ème Président, il aura non seulement appris de ses erreurs (ce que semble pour lors démontrer la constitution en cours de son Cabinet qui ne fait aucune place aux lobbyistes) mais saura également profiter de la fenêtre d’opportunité des deux ans qui viennent, d’ici aux Midterms (2025-2027) pour liquider l’État profond.

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Florent Ly-Machabert


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