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Archives juin 2023

25e tableau de bord de l’épargnant disponible (2023)

Retrouvez notre dernier tableau de bord de l’épargnant, disponible sur le nouveau site du Courrier des Stratèges, en cliquant ici !

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Le prochain dossier va paraître dimanche 25/05 dans la boutique du Courrier des Stratèges. Il dressera un bilan de l’offre des banques digitales et autres courtiers en ligne. La vidéo de présentation est ci-dessous.

Vidéo de présentation dossier N°25

Vers une « hausse de misère » des actions dans les pays qui détruisent leur monnaie ?

Au sein de l’OCDE, à l’évidence, la mode est à la destruction de la monnaie.

Depuis la crise des subprimes, le bilan de « petites » banques centrales, comme la FED pour les USA ou la BCE pour la zone euro a quadruplé, atteignant, pour chacune de ces jumelles, la seconde copiant la première, environ 9 000 Mds $, soit quelque 8 000 Mds €.

Si Mme Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a un jour craché le morceau en révélant que trop de monnaie avait « bien évidemment » été injectée ces dernières années, Mme Lagarde, elle, alias ChLag, patronne de la BCE, s’est enferrée dans le mensonge, en déclarant successivement qu’il n’y avait « pas d’inflation », puisqu’elle était « temporaire », pour enfin affirmer qu’elle était « due à la guerre en Ukraine » : on ne répètera jamais assez que le pic énergétique européen remonte à octobre 2021, date à laquelle Poutine songeait peut-être à intervenir en Ukraine, mais ne l’avait pas encore fait !

L’embêtant quand on monétise sa dette publique, c’est que cela fait, tôt ou tard (et parfois cela prend des années), plonger sa monnaie nationale. Sir Thomas Gresham, dès le milieu du XVIe s., ne disait pas autre chose, lui qui a donné son nom à une loi qui établit que « la mauvaise monnaie chasse la bonne » ; Voltaire non plus lorsqu’il affirmait qu’« une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est à dire zéro. »

Et nous voilà arrivés dans un monde économique et financier où 60% des transactions se font encore dans une monnaie, le dollar américain, qui a perdu 98% de sa valeur face à l’or depuis 1913, année de création de sa banque centrale ! Il en va de même pour l’euro, qui, face au dollar, a perdu, depuis la crise de 2008, plus de 30% de sa valeur ; ce seul fait explique en grande partie le prix à la pompe en 2023, le cours du baril de pétrole s’étant, pour sa part, replié de 50% sur la même période !

Sauf que, nous en parlons souvent, le monde hors OCDE, BRICS en tête, se dédollarise, à vitesse V. Les réserves de change en dollars, dont Moscou garde un mauvais souvenir depuis leur gel – ou plutôt leur vol – en représailles de son opération spéciale contre Kiev en février 2022, deviennent une patate chaude dont un nombre croissant de pays veut se débarrasser. La Chine, par exemple, ex premier créancier des USA, s’est ainsi séparée de près de 600 Mds $ de bons du Trésor US depuis 2016. Et le mouvement semble s’accélérer, et atteindra ensuite, n’en doutons pas, les obligations des pays européens. Et que vont faire le Japon, la Chine, le Royaume-Uni, la Belgique, bref tous les principaux créanciers de la dette publique fédérale américaine, de ces mauvais dollars issus de la revente de ces obligations US ? Ils vont vite s’en débarrasser et, comme il n’y a en finance que des contrats ou des titres de propriété, et qu’ils viennent de vendre les contrats (les titres de dette), il ne leur restera plus qu’à acquérir des actions libellées en dollar, voire en euro. Petit volume par petit volume. En désespoir de cause. Les actions américaines devraient donc continuer de monter, peut-être aussi les actions européennes, car l’euro aveugle ne vaut pas mieux que son cousin dollar borgne, et c’est ce qu’on appelle une « hausse de misère ». La banque centrale suisse, la BNS, par exemple, fait déjà ses réserves de change en actions américaines, notamment de la tech et des GAFAM, dont elle a fini par devenir un gros actionnaire. C’est probablement ce qui attend les banques centrales chinoise, indienne, brésilienne, sud-africaine. Russe ? Cela semble plus compliqué pour des raisons géopolitiques. Mais, après tout, Poutine n’est qu’un autre type de mondialiste, plus « patriote » et « conservateur » qu’un Biden ou un Macron aux factions desquelles il s’oppose.   

Un autre exemple pourrait illustrer notre propos : le cas turc.

Il est de notoriété publique que l’inflation en Turquie atteint 40%.

Les Turcs, mais aussi les épargnants étrangers, utilisent donc la livre turque au quotidien (qui a cours forcé et légal), mais, conformément à la loi de Gresham, ils cherchent à rompre toute attache avec elle pour leurs investissements. Là encore, une « hausse de misère » – mais hausse tout de même –  de la place boursière d’Istanbul est tout sauf improbable. Idem avec les placements immobiliers, pour peu qu’on prenne le soin d’éviter les zones sismiques… Et l’on pourrait de la sorte dupliquer notre raisonnement avec le Liban (260% d’inflation), dont et la bourse et l’immobilier (Beyrouth ?) pourraient boomer.

Faites vos jeux !   

Florent Ly-Machabert


Où en est vraiment l’économie britannique ?

Le Brexit a bon dos…

L’économie britannique présente mi-2023 de furieuses ressemblances avec celle des États-Unis : le plein emploi (3,8% de chômage), mais au double prix d’une dette qui, certes plus faible en pourcentage qu’outre-Atlantique, dépasse néanmoins le PIB (100,6%) et d’un déficit public du même ordre de grandeur (5,5% du PIB).

Si l’on veut mettre sur le compte du Brexit le déficit (ce qui serait absurde), attribuons-lui également d’avoir d’avoir permis au Royaume-Uni de renouer avec le plein emploi (ce qui n’est pas satisfaisant au plan intellectuel, car la croissance du PIB en glissement annuel – dérisoire : 0,2% – n’est acquise que moyennant une monétisation en continue de la dette publique, comme aux USA et en zone Euro d’ailleurs).

Le taux directeur de la BoE (Bank of England) se fixe actuellement à 4,5%, alors même que l’inflation outre-Manche caracole encore à 8,7%.

Cette situation amène deux commentaires :

1) C’est une anomalie car, aux USA, le taux directeur, laissé inchangé mi-juin par la FED, est de 5,25% pour une inflation en pleine décrue (4% environ). Les courbes du taux d’inflation et du taux d’intérêt se sont donc croisées outre-Atlantique, mais pas outre-Manche, ce qui laisse augurer plusieurs relèvements de taux encore à l’initiative de la BoE. La livre sterling devrait donc bien se comporter face au dollar et même à l’euro, la BCE devant être amenée à ralentir son propre resserrement avant la BoE. Avis aux traders du forex !

2) Le 2-ans britannique (obligation d’Etat) se rémunère mi-juin 4,98% contre 4,6% pour le 20-ans, ce qui constitue une nouvelle anomalie (inversion de la courbe des taux), généralement annonciatrice d’une récession dans les douze mois.

On peut donc jouer la livre sterling à court terme, en attendant l’entrée en récession et le krach immobilier outre-Manche.

Le malheur des uns…          

Florent Ly-Machabert


24e tableau de bord de l’épargnant disponible (2023)

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23e tableau de bord de l’épargnant disponible (2023)

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Vidéo de présentation du dossier N°24

Krach 2023 : vers une désinflation en Europe ?

La semaine dernière, nous avons émis quelques hypothèses concernant le maintien de l’inflation à haut niveau en Europe et notamment en France. Que le lecteur averti ne voie pas dans l’article de cette semaine une contradiction : il apporte plutôt des précisions sur le chemin qui va nous conduire d’une inflation élevée (6-7% en glissement annuel, avec des pics à plus de 10% en zone euro) à l’inflation durable à un niveau soutenu (4-5% annuel) qui dépasse de très loin le mandat de la BCE (2%). Ce chemin porte un nom et tout porte à croire que l’Europe s’y engage peu à peu : c’est celui de la désinflation, c’est-à-dire du ralentissement de l’inflation, laquelle, conformément, donc, à ce que nous avons expliqué précédemment, ne devrait pas redescendre de sitôt sous la barre, qui reste élevée, des 4-5%.

Force est de constater, d’abord, que nous vivons depuis octobre 2022, n’en déplaise au Forum de Davos, un contrechoc énergétique, au moins aussi violent que le vrai choc énergétique d’octobre 2021, auquel, par la force des choses, l’opération russe en Ukraine, n’ayant pas commencé, n’avait pas contribué. Il s’en est suivi un quasi retour à la normale des prix de l’énergie, premier puissant facteur de désinflation en Europe.

Le tarissement du crédit, qui se fait sentir tant sur l’immobilier que sur l’investissement, depuis que le principal taux directeur de le BCE remonte (juillet 2022), pourrait aussi jouer un rôle désinflationniste, si ce n’étaient les carnets de commande industriels, pleins à craquer en post-pandémie, qui ont pris le relais.

Notamment tirés par le tourisme, les services ont aussi fait de la résistance, même si, fragiles, ils se retourneront à la première récession venue. Or, on l’a appris aujourd’hui, l’Europe vient d’entrer en récession, pour avoir dilapidé toute marge de manœuvre fiscale et budgétaire et faute de stimuli provenant de la demande externe (plombée par 6% de déficit public, la croissance US n’accélère pas malgré le plein emploi ; tirée par les seuls services cotés, la croissance chinoise reste limitée).

Ne reste que le choc de demande positif que constitue la perspective d’une désinflation sur le pouvoir d’achat des ménages européens, lequel reste tiré par une hausse annuelle moyenne des salaires de l’ordre de 5%. Cette désinflation pourrait alors être le fruit de trois facteurs :

  • recul, nous venons de le dire, des prix de l’énergie ;
  • assouplissement des chaînes d’approvisionnement ;
  • perspective d’une accalmie sur l’inflation alimentaire sous le triple effet à nouveau de la baisse du prix de l’énergie, du léger raffermissement de l’euro (qui améliore notre capacité à importer moins cher) et de la fin, accélérée par Bercy, du rattrapage des marges par la grande distribution.

Si l’on peut toutefois encore s’attendre à deux hausses de taux de la part de la BCE, nous notons qu’il faut toujours privilégier dans vos portefeuilles les actions européennes, encore sous-cotées, par rapport à leurs homologues US et les titres à rendement fixe hors OCDE, soit des obligations souveraines émergentes dont je parle ici.

Florent Ly-Machabert


22e tableau de bord de l’épargnant disponible (2023)

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