Crise agricole : où en est-on sur les “prix-planchers” ?
En marge de son déplacement houleux au Salon de l’agriculture en mars dernier, E Macron a annoncé vouloir instaurer des « prix planchers » : il s’agit de prix en-dessous desquels l’industrie agro-alimentaire ne pourra pas négocier avec les agriculteurs, définis en fonction de l’IPAMPA, l’indice des prix d’achat des moyens de production agricoles.
Comme toujours en économie, à l’école de F Bastiat, grand penseur injustement oublié en France, il ne faut pas regarder que “ce que l’on voit”, c’est-à-dire la hausse potentielle, ponctuelle et en trompe-l’œil du revenu agricole ; il faut aussi déceler “ce que l’on ne voit pas”, c’est-à-dire les effets pervers, bien connus, de toute intervention étatique de ce type sur un marché, à savoir, pour commencer, une pénurie de la demande, c’est-à-dire des industriels qui trouveront le prix-plancher trop élevé, ce qui conduira éventuellement les centrales d’achat européennes de la grande distribution, par ricochet, à se détourner des produits français, déjà très chers, rendus encore moins compétitifs du fait de cette mesure. Les agriculteurs français, eux, seront rationnés et perdront des marchés à l’exportation… sauf à imposer un prix-plancher dans toute l’UE !
Mais il y a aussi la tentation contraire, pour les industriels, de tirer un prix d’achat qui serait supérieur au prix-plancher vers ce dernier… au détriment, à nouveau, des producteurs agricoles. Cette mesure socialiste – qui rappelait même « Cuba ou l’Union soviétique avec les succès que nous leur connaissons » à Olivia Grégoire, alors ministre déléguée à la Consommation – est en général suivie de l’instauration d’un prix-plafond, tout aussi délétère, pour essayer de conjurer les dégâts du prix-plancher, et ainsi, de fil en aiguille, d’une mise en coupe réglée de tout le secteur concerné… Il en est allé ainsi du salaire minimum, un prix-plancher qui a créé du chômage, ou de la loi Duflot d’encadrement des loyers, un prix-plafond qui a créé des pénuries de logements sur le marché de la location.
Voilà à quoi s’attendre. Ni plus, ni moins.
Florent Ly-Machabert
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