Retour de la gauche : faut-il rembourser vos crédits par anticipation ?
Le contexte des taux a changé : que faut-il faire ?
Vous avez reçu une somme d’argent (issue de la vente d’un bien immobilier ou d’un héritage) ou vous avez de l’épargne financière et vous vous demandez si, dans le contexte d’un retour probable de la gauche à la tête du Gouvernement, il ne vous serait pas profitable de rembourser par anticipation tout ou partie de vos crédits, notamment immobiliers, pour qu’ils échappent au haircut d’une Sandrine Rousseau.
Pour répondre à cette question, retour sur trois réflexes qu’il est indispensable d’avoir.
Réflexe N°1
Il vous faut d’abord impérativement comparer le taux nominal auquel vous avez emprunté la somme que vous envisagez de rembourser au taux de rémunération nominal que vous obtiendriez en plaçant cette somme.
Trois cas de figure peuvent ensuite se présenter :
– si le crédit est « ancien » (contracté avant fin 2021), la probabilité la plus grande est que ce taux soit plus faible que 3% (taux de rémunération actuel du livret A et du LDDS) ou pire que 5% (taux du LEP, bientôt ramené à % ) : vous avez alors intérêt à ne pas rembourser par anticipation le crédit en question ;
– si le crédit est récent (postérieur à la remontée des taux par la BCE), il faut effectuer la comparaison ci-dessus et ne rembourser par anticipation que si le taux de rémunération de l’épargne est inférieur au taux du crédit ;
– enfin, si les deux taux sont équivalents, mieux vaut alors ne pas rembourser et accroître son épargne de précaution ou se constituer un futur apport pour un autre crédit (pour une résidence secondaire par exemple). Il faudra cependant ajuster ce scénario au regard des mesures d’alourdissement de la fiscalité sur le capital que le prochain Gouvernement ne manquera pas de prendre…
Réflexe N°2
N’oubliez cependant pas d’affiner votre comparaison en tenant compte :
– Au débit : des éventuelles pénalités de remboursement anticipé (nulles en général en cas de vente du bien que vous aviez acheté à crédit, mais à surveiller tout de même car les banques y vont souvent au bluff…) ; s’il y en a, il peut être intéressant de garder son capital suffisamment longtemps pour générer des intérêts équivalents à cette pénalité qui peut atteindre 3% du capital restant ;
– Au crédit : pensez à ajouter en termes d’économies réalisées la baisse (voire l’annulation) de la mensualité de l’assurance emprunteur, puisque vous devrez adresser le nouveau tableau d’amortissement ou le courrier certifiant que vous avez tout remboursé à votre assureur (si celui-ci n’est pas déjà la banque prêteuse).
Réflexe N°3
Enfin, s’il s’agit d’une opération neutre pour évaluer votre patrimoine net (i.e. votre patrimoine brut moins le capital restant à rembourser), le remboursement anticipé d’un crédit fait mécaniquement baisser votre patrimoine brut, lequel est parfois pris en compte dans certaines opérations comme :
– Le calcul du montant octroyé par un établissement prêteur dans le cadre d’un crédit-relais ;
– L’attribution d’un crédit lombard (voir Finance & Tic N°39) ;
– L’évaluation par le fisc de la proportionnalité des présents d’usage (dons défiscalisés à vos proches).
Une fois tout bien pesé, prenez enfin sereinement votre décision et tenez-vous-y.
Florent Ly-Machabert
En savoir plus sur Le premier institut de formation économique et financière
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.