Spread à 110 points : où loger votre épargne si la France vacille ?
Sommaire
- 10e brief investisseur : votre épargne face au risque français
- Diversifier son épargne hors de France sans parier contre elle
- Risques, frais et fiscalité : les points de vigilance
- Cadre légal, devises et épargne de précaution
- Pourquoi se procurer le 10e brief investisseur
- Foire aux questions
10e brief investisseur : votre épargne face au risque français
L’OAT à 10 ans dépasse 4,7 %, après une brève incursion la semaine passée au-delà du seuil des 5 %, un niveau inconnu depuis 2008. Le spread avec le Bund atteint désormais 110 points de base. Il n’avait pas franchi 100 depuis 2012.
Les hedge funds pèsent plus de la moitié de la demande aux adjudications d’OAT. Les assureurs, les banques et les investisseurs de long terme reculent.
Goldman Sachs et Deutsche Bank vendent déjà des paniers d’obligations bancaires françaises. Ces paniers permettent de parier sur la présidentielle de 2027, à la hausse comme à la baisse. Moody’s a prévu une revue de notation le 23 octobre.
Rien de tout cela n’annonce en soi un effondrement. Tout cela prouve néanmoins que le marché prend le risque au sérieux. Reste une question : votre épargne dépend-elle d’un seul pays, d’une seule devise, d’un seul cadre fiscal ?
La loi Sapin II autorise le gel des rachats sur l’assurance-vie française en cas de crise. Dès lors, une épargne de retraite logée tout entière dans ce support dépend d’une décision que l’épargnant ne maîtrise pas.
Diversifier son épargne hors de France sans parier contre elle
Notre 10e brief investisseur, Placer à l’étranger, expose une sélection de façons de diversifier. Vous restez en France. Vous ne pariez pas contre elle.
Chaque piste reçoit le même traitement : mécanisme, avantages, points de vigilance. Plusieurs n’offrent aucun avantage fiscal, et le brief le dit sans détour.
Comptes-titres et dépôts bancaires à l’étranger
Détenir des actifs dans plusieurs pays permet de répartir l’exposition géographique. Cela ne supprime pas pour autant le risque propre à chaque marché.
Un compte-titres ordinaire donne accès à des actions et à des obligations détenues en direct, ainsi qu’à des ETF. Ce portefeuille a une contrepartie : les plus-values réalisées à la revente sont imposables. En complément, en Allemagne, les dépôts auprès d’une banque titulaire d’une licence bancaire allemande peuvent relever d’une protection des dépôts à hauteur de 100 000 €.
Investir dans l’immobilier hors de France : SCPI, OPCI et achat direct
Investir dans l’immobilier à l’étranger peut passer par un achat locatif direct ou par un fonds qui détient des biens hors de France. Une SCPI de rendement collecte l’argent des associés pour acquérir et gérer un patrimoine immobilier locatif. Les associés détiennent des parts, pas les immeubles.
Certaines SCPI investissent uniquement en France. D’autres répartissent leurs bureaux, commerces, immeubles de santé ou biens logistiques entre plusieurs pays et secteurs, pour obtenir un immobilier diversifié. La société de gestion d’une SCPI s’occupe des biens, des locataires et des travaux, en contrepartie de frais de gestion.
Les SCPI s’envisagent sur une durée longue : au moins 8 ans, voire 8 à 10 ans. Selon la SCPI, un délai de jouissance de 3 à 6 mois peut séparer la souscription des premiers revenus. Les OPCI et les SIIC sont deux autres voies d’investissement indirect. Les OPCI doivent investir au moins 60 % de leur capital en actifs immobiliers, avec au moins 5 % de liquidités.
L’investissement immobilier direct suppose de choisir le bien et son emplacement, le type de location et le mode de gestion. Les critères à examiner sont l’emplacement, le type de bien, le rendement locatif, la fiscalité, le bail et les frais de gestion. En pratique, la stabilité des locataires dépend notamment de l’emplacement : une baisse de l’occupation réduit les revenus locatifs.
Risques, frais et fiscalité : les points de vigilance
Une SCPI dont les immeubles sont situés à l’étranger n’échappe pas au risque immobilier. Ses revenus dépendent des loyers encaissés, et ni les dividendes ni le capital investi ne sont garantis. La vacance locative, les impayés, les charges et l’évolution du marché immobilier peuvent peser sur les revenus comme sur la valeur des parts.
La liquidité fait aussi partie des risques : la revente des parts n’est pas garantie et peut prendre du temps lorsque la demande est insuffisante. Pour comparer des SCPI, il faut distinguer les frais de souscription, de gestion des loyers, d’acquisition, de cession et de suivi des travaux.
Deux expositions sont à considérer. Lorsque l’investissement est libellé dans une autre monnaie, la valeur des actifs et les loyers sont exposés aux fluctuations des devises. Si l’achat est financé à crédit, les loyers peuvent ne pas couvrir les échéances : l’emprunteur paie alors la différence.
L’imposition des revenus immobiliers perçus à l’étranger dépend des conventions fiscales et de la situation de chaque investisseur. Lorsque des parts de SCPI sont logées en unités de compte d’une assurance-vie, les éventuels crédits d’impôt liés aux revenus étrangers reviennent à l’assureur, et non au souscripteur. Le traitement fiscal d’un placement immobilier peut évoluer : il s’examine au cas par cas.
Cadre légal, devises et épargne de précaution
Diversifier à l’étranger ne suppose pas de devenir expatrié. Son cadre légal et ses obligations déclaratives sont traités avec six solutions concrètes dans le dossier sur l’internationalisation du patrimoine en crise.
La diversification porte aussi sur la monnaie : loger une partie de l’épargne dans d’autres devises que l’euro réduit la dépendance à une seule zone. L’ouverture de comptes hors zone euro et les plateformes de change pour transférer des fonds sont abordées dans le module de formation sur le placement du cash.
Aucune devise n’est pour autant un refuge absolu. Les risques des monnaies fiduciaires, franc suisse compris, et une allocation en actifs tangibles et en devises hors OCDE font l’objet du brief sur le franc suisse et les monnaies fiat.
Pourquoi se procurer le 10e brief investisseur
Les pistes présentées plus haut montrent une chose : chaque solution a son mécanisme, ses coûts et ses limites. Le brief 10 les passe toutes à la même grille.
Un tableau comparatif conclut : ticket d’entrée, fiscalité, profil d’investisseur. Une décision financière éclairée commence par cette lecture côte à côte.
À vous de jouer.
Foire aux questions
Est-il possible de placer de l’argent à l’étranger en restant en France ?
Oui. Un résident français peut ouvrir un compte-titres ou un compte bancaire hors de France, ou acheter des parts de SCPI détenant des immeubles à l’étranger. Cette diversification s’accompagne d’un cadre légal et d’obligations déclaratives à respecter.
Où placer 100 000 € sans risque ?
Aucun placement n’est sans risque. En Allemagne, les dépôts auprès d’une banque titulaire d’une licence bancaire allemande peuvent être protégés à hauteur de 100 000 €. À l’inverse, les SCPI ne garantissent ni le capital ni les revenus.
Quel est le meilleur pays pour placer de l’argent ?
Il n’existe pas de pays idéal pour tout le monde. Répartir ses actifs entre plusieurs pays et plusieurs devises réduit la dépendance à un seul État, sans supprimer le risque propre à chaque marché. Le choix dépend du ticket d’entrée, de la fiscalité et de votre profil.
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