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Affaire Eurovita : secousses en vue sur les assurances-vie !

Panorama du marché de l’assurance-vie

Le marché français de l’assurance-vie (qui, rappelons-le, n’est pas un produit d’épargne mais une enveloppe fiscale) a collecté 103,1 Mds € en 2020 contre 127,3 Mds € en 2019, dont 64,9 Mds € (63%) en fonds € (placés en obligations souveraines, le plus souvent en titres de dette française) et 38,2 Mds € (37%) en unités de compte U.C. (placées en actions). Il est à noter que les versements en U.C. sont en progression de 9% en 2021, ce qui reflète à la fois la stratégie des assureurs de flécher davantage d’épargne vers les marchés actions et l’appétit croissant des Français pour le risque (le fameux syndrome TINA, There Is No Alternative, selon lequel les principaux produits d’épargne ne rapportant presque plus rien à un taux nominal très bas et faisant perdre de la valeur à notre épargne à un taux réel négatif, il ne reste que les actions pour espérer stimuler notre rendement).

Pour l’ensemble de l’année 2020, la collecte nette en épargne individuelle ressort en revanche négative (-9,2 Mds €) mais masque une disparité entre les flux pour les U.C. qui sont positifs (+ 17,8 Mds €) et les flux pour les supports en € qui sont négatifs (-27 Mds €).    

La prochaine récession de la zone €

L’encours d’épargne des Français placée en assurance-vie avoisine les 1 800 Mds €, soit l’équivalent des deux tiers de la dette publique nationale. De quoi tenter nos politiciens zélés…

Les deux tiers de cet encours (soit environ 1 200 Mds €) ont été investis en obligations d’Etat français, ce qui revient à dire qu’environ la moitié[1] de la dette publique est financée par l’épargne assurance-vie des Français. Quand les taux d’intérêt avoisinaient les 4%, les épargnants en retiraient annuellement environ 50 Mds € de revenus, pour rallonger, essentiellement, leur pension de retraite. Avec des taux obligataires à 0%, ces 50 Mds € se sont volatilisés, voire les épargnants sont perdants ! Les assureurs-vie ont effet le droit depuis 2018 de réintégrer VOS intérêts pour renforcer LEURS fonds propres ! Ceci est un scandale de plus dont vous n’avez, évidemment, pas entendu parler…

Avec la disparition de ces 50 Mds € pour les épargnants (l’équivalent d’une grosse moitié de l’impôt sur le revenu), c’est l’équivalent d’une taxe de 100% sur les nouveaux dépôts qui a été décrétée en catimini « pour sauver l’€ » et ceux parmi nous qui comptaient sur leur assurance-vie pour améliorer leur retraite se retrouvent le bec dans l’eau.

Dit autrement, et comme l’explique l’économiste C Gave, le niveau de vie des retraités va se crasher partout en Europe et cela pourrait bien conduire tout droit la zone € vers une nouvelle récession de la consommation en Europe du Nord, suivie d’une dépression en Europe du Sud dès lors que les Allemands et les Néerlandais, faute de pouvoir d’achat, arrêteront d’aller faire du tourisme en France, en Italie ou en Espagne ! Entre temps, les fonds de pension des pays nordiques auront également sauté.

Nous redisons donc, et l’affaire Eurovita en est déjà la triste confirmation, combien il est périlleux de garder son épargne dans l’enveloppe fiscale à la française qu’est l’assurance-vie. Quantités de titres de dette vont arriver prochainement à échéance pour les assureurs-vie et lors du renouvellement des contrats, soit il vous sera fortement recommandé d’accroître la part de vos placements en U.C. et donc en actions[2] (ce qui nécessite – si vous souhaitez garder la main sur votre gestion – un examen qui n’est pas à la portée de tout le monde), soit l’on vous proposera un taux de rendement toujours plus proche de zéro, ce qui est un nouvel impôt déguisé sur l’épargne.

Bref, il y a un avis de tempête force 8 sur l’assurance-vie, et plus le temps passe, plus nous nous rapprochons de la vague scélérate…

Alors que l’affaire Eurovita gronde, toutes nos analyses en la matière sont à retrouver dans ce dossier thématique.


[1] En tenant compte du fait que depuis 2020, 100% de la dette publique Covid a été acquise par la BCE, au mépris absolu des traités européens. Nouvelle forfaiture.  

[2] C’est ce qu’on appelle la clause Fourgous, du nom du député qui a proposé un amendement pour faciliter la conversion des fonds € en U.C.

Florent Ly-Machabert

La June, une monnaie libre de dette

L’argent que nous utilisons tous les jours provient à plus de 90% des crédits bancaires. Les euros en circulation sont donc créés par des banques privées à partir de rien. L’euro, le dollar, le yen, etc. sont des « monnaies-dettes », car issues d’un crédit dit fiduciaire (même si la monnaie est émise sous forme scripturale et non fiduciaire, c’est-à-dire des espèces). Lorsqu’une dette est remboursée, nous versons le montant de la dette et l’intérêt et détruisons définitivement la monnaie initialement créée. La banque encaisse l’intérêt, mais le montant principal, lui, est détruit. La monnaie provient du néant, et revient au néant. Cela est très important à comprendre.  

Au final, une grande partie de la masse monétaire est destinée à être détruite. Nous sommes donc perpétuellement dans une boucle de recours au crédit pour avoir de la monnaie.

Pour éviter tout cela, il existe des monnaies libres. La 1ère monnaie libre en circulation s’appelle la « June » (symbole : Ğ1). La création monétaire des Ğ1 est spontanée, quotidienne, gratuite, et uniformément répartie entre ses membres. Chaque membre voit chaque jour une dizaine de Junes apparaître sur son compte : il s’agit du dividende universel (DU). La monnaie est donc constamment co-créée par les membres, et ne nécessite ni remboursement, ni intérêts.

Une autre propriété très intéressante de cette monnaie, c’est le fait que si vous ne vendez ou n’achetez rien, votre part de masse monétaire se rapproche de la moyenne. Le scénario ci-contre montre l’exemple de 3 personnes n’achetant ou ne vendant rien. Ainsi, les parts sont beaucoup plus équilibrées qu’au départ. Plus le temps passe, plus les parts s’équilibrent. La quantité relative de monnaie est constamment redistribuée de ceux qui ont plus de la moyenne, vers ceux qui ont moins que la moyenne. Il est bon de rappeler qu’il y a des variations dans la vie de tous les jours avec les différents achats et ventes possibles.

Pour entrer dans le dividende universel, il faut rentrer dans la toile de confiance. C’est un réseau de personnes physiques dont l’existence est attestée par 5 membres (co-optation).

La monnaie libre est créée en continu tant qu’il y a des membres vivants. Elle n’a donc pas besoin de croissance, ni de course au profit pour continuer d’exister. Ainsi elle peut être une solution pour accompagner une décroissance vers un monde plus sobre.

Rappels théoriques sur la monnaie

Tout d’abord, la monnaie que vous avez n’est pas le fruit de votre travail. La monnaie, c’est ce que vous acceptez en échange du fruit de votre travail.

Ce sont donc les banques commerciales qui créent la monnaie que nous utilisons tous les jours. C’est la banque qui décide qui a le droit à la monnaie, selon ses critères. Globalement il faut rembourser plus qu’il n’y a de monnaie en circulation. Les conséquences qui en découlent sont donc : course au profit, et faillite pour les plus fragiles. Cette course au profit entraîne entre autres l’épuisement des ressources.

Dans le système de la monnaie libre, la monnaie est créée à parts égales pour tous les membres, sans dette et sans intérêts à rembourser. Chaque membre crée sa propre fraction de monnaie. La création permanente de monnaie allège la peur de l’avenir et favorise un comportement de collaboration, de confiance mutuelle et d’entraide.

Nous utilisons la monnaie comme unité de mesure. Le mètre a été défini comme la distance de l’équateur au pôle divisé par 10 000 000, et le degré Celsius comme la différence de température entre le gel et l’évaporation de l’eau divisée par 100. Pourtant, nous n’avons pas de repères pour définir la valeur d’une unité monétaire. Cette valeur varie dans le temps et l’espace. Une monnaie peut être dévaluée par simple création d’unités supplémentaires. Avec une monnaie libre (de dette), l’unité de mesure serait la quantité de monnaie produite chaque jour par individu. Lorsque la monnaie libre sera pleinement en place, cette quantité représentera toujours la même portion de monnaie par rapport à la masse monétaire globale ; ce qui en fait un invariant à travers le temps et l’espace.

La June (Ğ1)

La Théorie Relative de la Monnaie (S. Laborde, 2010) théorise 4 grandes libertés économiques :

  • La liberté de choix de son système monétaire ;
  • La liberté d’utiliser les ressources ;
  • La liberté d’estimation et de production de toute valeur économique ;
  • La liberté d’échanger, comptabiliser, afficher ses prix « dans la monnaie ».

Pour respecter les 4 libertés, il faut que chaque humain crée la même part de monnaie. Chaque génération créé la monnaie qu’elle utilise sans que cette monnaie ait un impact sur les générations futures.

La formule de la Ğ1 est : DU=c.(M/N). La part que chaque être humain crée (Dividende Universel) est une portion, un coefficient (c) de la moyenne de la masse monétaire par membre (M/N). Ce coefficient c doit être proche de 10% par an pour ne privilégier ni les plus jeunes, ni les plus âgés.

Conformément à la Théorie Relative de la Monnaie (TRM), la « June » est co-créée sans dette et à parts égales, entre tous les membres de toutes les générations, sous la forme d’un « paquet » de monnaie, une quantité de Ğ1, appelée le Dividende Universel. Les enfants sont des membres à part entière, qui participent à la création monétaire en créant tous les jours leur part de monnaie.

La Ğ1 s’appuie sur la blockchain pour sécuriser et décentraliser les données. L’algorithme a été conçu pour consommer très peu d’énergie : un ordinateur de la taille d’un paquet de cigarette suffit pour calculer les blocs, bien loin des immenses fermes à bitcoin.

Pour respecter la décentralisation et ne donner le pouvoir à aucun organisme, ce sont les membres eux-mêmes qui identifient et co-optent les autres membres.

A noter que la Ğ1 n’appartient à personne. De plus, aucune monnaie libre ne saurait avoir de « site officiel », car il n’y a pas d’autorité qui la gouverne. La Ğ1 n’a pas de tête. La Ğ1 n’a pas de centre. Chaque membre est libre de contribuer comme bon lui semble, sans attendre que qui que ce soit ne lui en donne l’autorisation. S’il souhaite collaborer avec d’autres membres sur certains projets, il suffit de se manifester sur n’importe quelle plateforme ou réseau sur lequel se trouvent des « junistes ».

Pour utiliser cette monnaie, il suffit de télécharger et installer l’application césium à partir du site cesium.app, puis d’ouvrir un compte. La June est par ailleurs échangeable sur le réseau de services SINAPS (sur co-optation aussi).

Le physicien P Guillemant dont les lecteurs de Finance & Tic sont coutumiers est à l’origine de la June et de SINAPS.


Florent Ly-Machabert

Fuite en avant. [Edito inédit du N°27 de Finance&Tic, 03/23]

La caste poursuit sa fuite en avant.

Elle dessine, en France notamment, une économie qui ne sera plus faite, conformément à la Théorie Monétaire Moderne, que de rabais permanents, de fausse viande et de farine de grillon !

Entre deux diktats écologiques bien sûr.

Entre un « quatrième booster » et un « cinquième booster » ARNm, sponsorisés par Pfizer.   

Entre une énième vague d’(auto-)sanctions économiques contre les mangeurs (russes) d’enfants et un énième envoi d’armes toujours plus puissantes aux colonnes toujours plus démunies de l’armée d’un humoriste reconverti – on se pince en lisant ce titre du Figaro – « en héros du monde libre ».

Mais de quel monde parle-t-on au juste ?

Et, surtout, de quelle liberté ?

Car on ne fait pas plus endettée, donc asservie, que la soi-disant « communauté internationale », laquelle s’est montrée la plus acharnée en matière de « tracking » et autre « tracing » pour surveiller, prétexte du Covid aidant, chaque citoyen.

Vraiment, du « monde libre » ?

Celui-là même qui criminalise (ou prévoit de le faire) tout individu qui ose poser la question qui dérange, celle qui contrevient à la doxa du moment, et ce quel que soit le sujet débattu ?

Celui-là qui ne jure plus que par des « fact-checkeurs » qui osent prétendre dans le porte-voix des réseaux sociaux numériques que – je cite le salarié, Julien Pain, du cartel de la presse subventionnée – « si un média n’a pas parlé de quelque chose, c’est que c’est faux, ou que ça n’existe pas » ?   

En vertu des articles X et XI de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (je ne saurais prendre source plus consensuelle…), je revendique donc l’entière liberté de poser des questions et de déclarer que oui, notre Occident, jadis démocratique et libéral, finit par ressembler à l’URSS, tant ses « élites » sont bel et bien prises de pulsions totalitaires pour tenter, mais c’est vain, de contrôler une situation dont elles sentent, plus ou moins confusément, qu’elle est en train de leur échapper complètement. En ce début de Carême : Deo Gratias !   


Florent Ly-Machabert

Bilan économique de la Chine en 2022

Une année moins bonne que prévu

Au 3e trimestre 2021, le PIB chinois surplombait déjà de plus de 8% son niveau pré-pandémique. Cependant, le rythme de la croissance avait nettement ralenti, tombant à 4,9% en glissement annuel, en dessous des standards chinois d’avant-crise, qui étaient autour de 6%. La reprise en forme de « V » s’est donc progressivement estompée, comme en a longtemps témoignée la nouvelle contraction de l’activité manufacturière. Les exportations affichaient une croissance nettement plus soutenue que les importations entre mi-2020 et début 2021, mais leur progression a progressivement ralenti depuis le printemps 2022. La balance commerciale chinoise reste cependant insolemment positive, avec près de 100 Mds d’€ d’excédents commerciaux… pour le seul mois d’août 2022 ! Signe que le découplage économique entre l’UE et la Chine ou entre les USA et la Chine est encore loin d’être une réalité… Business is business.

Le long maintien des mesures sanitaires à l’échelle mondiale a ainsi prolongé la perte de vitesse sur les exportations de biens médicaux et informatiques (deux pôles de spécialisation de l’industrie chinoise), mais la demande adressée à ces secteurs a commencé à s’estomper avec la fin des restrictions sanitaires enfin intervenue. La forte reprise observée en Chine a donc été tributaire de la demande du reste du monde, alors que le processus de transition vers une économie plus « autocentrée » s’est enrayé avec la pandémie. En témoignent les immatriculations automobiles qui ont plafonné depuis le début de 2021 à un niveau inférieur à leur moyenne de 2019, ainsi que la reprise poussive des ventes de détail, toujours bien en-dessous de leur tendance d’avant-crise. Ainsi, après un rebond fulgurant, les perspectives de croissance pour l’économie chinoise sont systématiquement revues à la baisse, à l’heure où le soutien public à l’économie se réduit et où le secteur privé subit un tour de vis réglementaire et une augmentation des contraintes environnementales.

La pandémie

Le rebond de la pandémie lié au variant Omicron n’a, dans un premier temps, pas convaincu les autorités chinoises qu’il fallait assouplir la politique « zéro Covid » appliquée depuis l’origine de la crise sanitaire avec des résultats pour le moins mitigés. Les treize millions d’habitants de la ville de Xi’an en décembre 2021, puis les quatorze millions d’habitants de la ville de Tianjin début janvier 2022 ont été mis en quarantaine et soumis à des tests systématiques face à l’apparition de quelques centaines de cas (192 le 10 janvier 2021 pour Tianjin). Le coût de cette politique est difficile à mesurer précisément, mais il est évident que les mises en quarantaine, les interruptions de transport, les coûts d’arrêt liés à cette politique ont pesé et vont continuer de peser sur la consommation, le tourisme et l’offre de biens et services, le tout dans un contexte géopolitique de tensions croissantes au sujet de Taïwan et de rapprochement avec la Russie dans le contexte de l’opération spéciale menée par Poutine en Ukraine.

Au regard des bons résultats sur le front de l’inflation (dont le taux ne dépasse pas 2,9% depuis 10 ans, que l’on peut notamment imputer à la non monétisation du Covid (pas de planche à billets), le gouvernement chinois n’a sans doute aucune envie de modifier une politique qu’il juge payante depuis 2020 sur le front sanitaire (le nombre de cas par million d’habitants en Chine est 35 fois plus faible que celui des États-Unis, si l’on considère leurs statistiques comme fiables…). Par ailleurs, les grandes échéances de l’année 2022, avec les Jeux Olympiques d’hiver en février dernier et le XXème congrès du Parti communiste en novembre dernier, ne favorisent pas l’innovation. Un signal fort de ce risque est la multiplication des faillites de PME, qui sont les plus touchées par les restrictions sanitaires. Le nombre de faillites atteignait 4,3 millions au cours des onze premiers mois de l’année 2021 et dépassait largement le nombre de créations d’entreprises (1,3 millions, soit dix fois moins qu’en 2019).

Situation des ménages

La part de la consommation privée dans le PIB chinois avait atteint 34,8 % en 2010 (soit 20 pts de moins qu’un pays comme la France). La pandémie a inversé la tendance : la consommation privée a chuté en 2020. L’année 2021 a été plus encourageante : le revenu disponible a repris sa progression ainsi que le taux d’épargne, particulièrement élevé en 2020 (34% du revenu disponible). Mais les ventes de détail de l’automne 2021 ont connu une croissance ralentie en raison des perturbations liées à la politique sanitaire, le marché automobile étant particulièrement affecté par un double choc d’offre (pénurie de semi-conducteurs, qui ne devrait pas s’arranger avec la crise taïwanaise qui couve toujours) et de demande.

Globalement, la consommation reste un moteur mou de la croissance chinoise, sans que le gouvernement ne semble prêt à lui accorder une réelle priorité. Car, contrairement à ce qui s’est passé en Europe ou aux États-Unis, où les plans de soutien à l’économie incluaient une forte part de soutien aux revenus, la Chine a surtout pratiqué une politique de soutien à l’offre et aux entreprises, ce qui lui a permis de soutenir sa monnaie, le renminbi.  

Enfin, le Premier ministre chinois n’a pas répondu sur l’impact réel que pourrait avoir la guerre en Ukraine sur l’économie chinoise. On l’oublie souvent mais la Chine est en effet le premier partenaire commercial de l’Ukraine. Le pays fourni(ssai)t notamment à la Chine près du tiers de ses importations de maïs.

Sources : Xerfi, Samarie & Cie


Florent Ly-Machabert

Énergie : la France, un bon élève qui s’autoflagelle

92% d’électricité décarbonée en France en 2021… mais il faut encore plus !

La production d’électricité en France a été assurée en 2021 à plus de 92% par des sources émettant peu de gaz à effet de serre à savoir le nucléaire (69%), l’hydraulique (12%) et plus légèrement l’éolien (7%) et le solaire (2,7%), selon les chiffres de RTE (Réseau de Transport d’Électricité).

A noter que la part des énergies renouvelables a baissé par rapport à 2020 du fait de conditions météorologiques défavorables. Après une année 2020 entachée par le Covid, la consommation et la production d’électricité ont retrouvé des niveaux proches de 201, à respectivement +1,7% et +4,5% sur un an.

Difficile d’y croire pour de nombreux militants écologistes, mais la France est l’un des pays au monde où la production est la plus décarbonée. L’intensité carbone de la production électrique française est l’une des plus faibles au monde à 36 g de CO2/kWh, soit six fois moins que la moyenne européenne ! De quoi remettre en cause le jugement de février 2021 du tribunal administratif en faveur de l’association L’Affaire du siècle qui condamnait la France pour sa politique énergétique.
La reprise de la consommation a été alimentée par la reprise économique. Le secteur industriel a consommé 8% de courant en plus qu’en 2020, avec cependant des différences selon les filières : +20% dans la sidérurgie, tandis que la construction automobile est toujours en retrait. Du côté de la production (522,9 TWh, soit -2,7% par rapport à 2019), 92% de l’électricité est venu de sources décarbonées, avec un recours très limité à la production thermique fossile. Le nucléaire a fourni 361 TWh, soit 69% de l’électricité française. La production nucléaire est repartie à la hausse (+8 % par rapport à 2020, mais 5% en dessous du niveau de 2019), avec une faible disponibilité du parc en fin d’année 2021, qui reste partiellement d’actualité en 2023.

L’année 2021 a aussi vu un développement rapide des capacités solaires (près de 2,7 GW supplémentaires), même si, en termes de niveau de production, cela reste limité. Ainsi, la production renouvelable totale a connu une baisse en 2021. En cause notamment, les conditions météorologiques défavorables pour l’éolien (36,8 TWh, -7%) et l’hydraulique (62,5 TWh, -5%). Pour la production fossile (essentiellement gaz et charbon), elle a reculé de 8% par rapport à 2019 (3,4 TWh). Elle a cependant légèrement progressé par rapport à 2020, avec un recours plus fréquent aux centrales à charbon fin 2021 (au détriment du gaz dont les prix ont explosé sur le marché européen), du fait d’une disponibilité plus faible pour cause de maintenance du parc nucléaire et d’épisodes de faible production éolienne. Sur ce point précis, la situation géopolitique n’a rien arrangé, bien au contraire. On n’entend d’ailleurs pas beaucoup les Verts sur les conséquences environnementales des sanctions énergétiques européennes contre Poutine.

La France a aussi gardé, l’an dernier, sa place de premier exportateur européen d’électricité. Cependant, il y a eu une forte volatilité des flux : les volumes d’exports ont été au plus haut depuis 2017 (87 TWh), tandis que les volumes d’importation en 2021 ont atteint 44 TWh (+27 % par rapport à 2020, + 55 % par rapport à 2019, le plus haut niveau depuis dix ans.

Enfin, l’envolée des prix de l’électricité a constitué l’un des faits marquants de 2021/2022. Le prix moyen français s’est élevé à 109,2 €/MWh l’an dernier, contre 32,2 €/MWh en 2020. Cette augmentation est due à la forte augmentation du prix du gaz, entraînant avec lui celui du charbon et du CO2 sur le marché des quotas européens.

De quoi anéantir, comme nous vous le répétons, le narratif autour de la guerre en Urkaine qui serait la seule responsable de l’inflation énergétique !


Florent Ly-Machabert

La France est au plus mal mais… [INÉDIT]

La France est au plus mal.

L’Europe aussi.

Les décisions s’enchaînent et contribuent toutes, avec une singulière constance, à détruire ce qui faisait jadis notre force, nos atouts, voire notre identité : notre programme nucléaire, conçu par le Général, est vieillissant et mal entretenu, alors qu’il promettait de nous garantir « une certaine souveraineté énergétique », comme eût dit son concepteur en personne ; nos artisans, notamment boulangers, souffrent, comme conséquence d’une guerre qui n’est pas celle de la France, d’une explosion de leur facture d’électricité qui les menace d’une faillite généralisée, comme ils sont désormais en train de le clamer haut et fort sous les fenêtres de Bruno Le Maire himself ; de petits télégraphistes, du style de Roselyne Bachelot, se croient intelligents, alors même que cette dernière était ministre de la culture quand Notre-Dame-de-Paris a brûlé, toujours mystérieusement jusqu’à aujourd’hui, de proclamer sur les ondes qu’« il y a trop d’églises en France », faisant réagir l’homme-sandwich du Président en matière patrimoniale : Stéphane Bern.

Et caetera. Et caetera. Ad nauseam.             

Mêmes nos alliés historiques, les Etats-Unis, n’ont plus que faire d’une Union européenne dont ils ont non seulement compris mais orchestré (qu’on lise, au hasard, une biographie de Jean Monnet) qu’elle devait devenir une UERSS : une Union européenne des républiques socialistes soviétiques. En témoigne le recul glaçant de nos libertés fondamentales depuis que s’enchaînent sur notre sol états d’urgence sécuritaire, sanitaire et, à bas bruit, climatique !

Regardez-les, depuis deux décennies, ces Présidents américains, de Bush à Biden en passant par Obama, exporter leur paix et leur démocratie à coups de canon mitrailleur, de chars, de « carpet bombing », de « frappes chirurgicales ». Pour du pavot. Pour du pétrole. Pour – horreur ! – extraterritorialiser leur « US dollar ». Et les voilà, à présent, qui volent au secours des entreprises européennes en les subventionnant grassement si elles acceptent, pour bénéficier d’une énergie moins chère, de s’implanter outre-Atlantique : le suédois Northvolt renonce à son projet teuton ; Siemens Energy part offshore aux USA ; Volkswagen mise sur le Tennessee.

En face, on est interdits.

On se terre.

On est confondus.

La caste a tout cassé.

Gâtée, elle sent que la salle de jeux a commencé à se vider de ses joujoux les plus drôles ; frustrée, elle pique sa crise pour tout détruire avant que ses ennemis, parfois du même camp, ne se servent.  

Quelle dose de malheur, de dissolution de notre narcissisme hexagonal faut-il atteindre pour revivifier, enfin, le pacte bimillénaire de la France avec la liberté ?

Jusqu’où l’esprit de corruption et l’empire du mensonge auront-ils raison de nos valeurs, de notre foi, de notre âme ?  

Qui sommes-nous si nous ne nous levons pas pour l’avenir du fruit de nos entrailles ?  

Que laisserons-nous à nos enfants et petits-enfants, si nous n’arrêtons pas, pacifiquement, légalement, ces malfaiteurs qui sentent bien, entre deux toasts à Davos, que la situation leur échappe.  

Puisons en nous-mêmes les forces insoupçonnées de la joie, de l’intuition, de la solidarité – la vraie, de l’effort collectif conjugué à la responsabilité individuelle pour relever la tête, d’abord, et rebâtir ensemble, ensuite.

Haut les cœurs !   


Florent Ly-Machabert

Pourquoi les prix de l’électricité s’envolent-ils en France ? (extrait de Finance & Tic, N°24)

Il s’en est fallu de peu, début février 2022, pour que nous subissions une augmentation de 35% de notre facture d’électricité. Seul un blocage des prix, imposé par le gouvernement quelques semaines auparavant, a pu ramener la hausse à « seulement » 4% et à 15% en 2023. Comment se fait-il que la France, pays du nucléaire, connu pour son électricité bon marché, ait vu autant s’envoler les prix ? Que va-t-il se passer après le 1er juillet 2023, date de mise à mort par l’UE du “bouclier tarifaire” à la française ?

Un tarif protecteur

Les consommateurs français sont censés être protégés des variations du prix de marché. Côté particuliers et TPE (très petites entreprises), un tarif régulé de vente (TRV), exclusivement proposé par EDF, sert de référence de prix pour le marché grand public. C’est par rapport à ce tarif que les concurrents d’EDF mettent en avant des offres à -5% voire -10% pour essayer de grignoter des parts de marché. Le TRV est revalorisé par décret une fois par an, en février.

À côté de ce prix réglementé, le marché français est aussi régulé en amont, côté production, afin de faire bénéficier les entreprises comme les particuliers du nucléaire compétitif. La clé de ce dispositif s’appelle l’Arenh. L’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (Arenh) permet à tous les fournisseurs alternatifs de s’approvisionner en électricité auprès d’EDF dans des conditions fixées par les pouvoirs publics. Dans ce cadre, EDF vend à ses concurrents, à un tarif fixe et très modique de 42€ par mégawattheure, pas moins de 100 térawattheures (TWh) d’origine nucléaire sur une consommation française totale d’environ 470 TWh. Le reste est vendu par EDF en contrats long terme aux industriels électro-intensifs. Au final, la hausse des prix est amortie par l’Arenh, pour les particuliers.

Recours au marché

Mais la partie non amortie est de plus en plus importante et fait de plus en plus mal aux entreprises. Il y a quelques années, les 100 térawattheures satisfaisaient aux besoins des fournisseurs alternatifs, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ayant gagné des parts de marché contre EDF, les concurrents ont davantage besoin d’électricité. Cet hiver, ils ont déposé un niveau de demandes record de 160 TWh au titre de l’année 2022. Ils ont par conséquent dû acheter les 60 TWh manquants pour la production française en décembre. Au moment où le cours de l’électricité battait tous ses records en France et en Europe.

Le surcoût lié a été pris en compte mécaniquement dans la formule de revalorisation annuelle du TRV. Ne pas le faire aurait conduit les fournisseurs, qui proposent des offres à prix indexés sur l’évolution du TRV, à la faillite. Ils verraient en effet leur coût d’approvisionnement s’envoler, vu les records sur les prix de vente, sans pouvoir augmenter leurs prix, entraînant une vente à perte conséquente. Le TRV est donc ajusté en tenant compte du marché qui flambe depuis des mois, et les 60 TWh achetés à prix d’or expliquent la hausse de 35% qu’aurait dû connaître le TRV.

Le mécanisme du TRV fonctionne donc bien quand les fournisseurs alternatifs ne demandent pas plus de 100 TWh d’Arenh. À partir du moment où il y a dépassement, l’évolution du TRV, censé protéger les consommateurs contre les variations de prix tout en les faisant bénéficier du nucléaire pas cher, est dépendant des prix de marché. Une partie de la formule de revalorisation du TRV prend en compte la moyenne des prix de marché lissée sur deux ans. Une autre prend en compte les prix de marché durant décembre, qui ont explosé en 2021.

Des réseaux nationaux interconnectés

Sur le marché de l’électricité, ce n’est pas le nucléaire, réputé bon marché, qui fait le prix, mais la dernière centrale mise en route pour satisfaire la demande (coût marginal). Ce rôle est rempli par les centrales tournant au gaz ou au charbon. Leurs coûts dépendent directement du cours du gaz (allemand) et de celui de la tonne de CO2. Quand ils battent des records historiques, comme c’est le cas depuis l’automne 2021, le prix du mégawattheure fait de même. Cette règle vaut pour tous les marchés nationaux européens.

Les réseaux nationaux sont d’ailleurs interconnectés, ce qui permet de combler les manques ponctuels dans un pays, en cas de pic de consommation hivernale en France, par exemple. En temps normal, cela contribue à rapprocher les prix entre pays voisins. Ainsi, sans ces connexions, reliant les réseaux des différents pays, le prix sur le marché serait plus cher dans les pays qui l’importent. Des interconnexions d’une capacité infinie déboucheraient sur un prix unique européen. Mais comme elles ont des capacités limitées, cela provoque des différences de prix entre pays. Au final, si un pays dispose d’excédents d’électricité pas chère, celle-ci sera exportée, contribuant à faire baisser le prix dans le pays qui l’importe. Dans la limite de ce que peuvent faire transiter les interconnexions.


Florent Ly-Machabert

Faut-il vendre son immobilier parisien ? (extrait de Finance & Tic, N°22)

Question aigüe, réponse grave

Avant de répondre avec autant de précision que possible à cette épineuse question, rappelons que l’immobilier demeure un placement fiable sur le long terme (on entend généralement par long terme une échéance supérieure à 7 ans). Si vous êtes propriétaire à Paris (ou en petite couronne) et que votre horizon de liquidité est long, pas de panique, conservez, sauf exception (voir infra) votre bien.

Sur le graphique ci-dessous, on observe une baisse de l’immobilier parisien non seulement prévisible mais déjà à l’œuvre depuis août 2020 (- 4%), avec une accélération depuis l’automne 2021 (11 mois de baisse consécutifs). 38% du parc privé de la capitale est ainsi d’ores et déjà sous les 10 k€ du mètre, si bien qu’il commence à faire sens d’évoquer, ce qui est nouveau pour la capitale française, un véritable effet Baltimore, du nom de cette ville US de l’État du Maryland, frappée d’un « white flight », c’est-à-dire d’un exil vers la périphérie des classes les plus aisées, qui sont, aux États-Unis, massivement blanches. Nous en voulons pour preuve qu’à Paris 90% des logements neufs sont désormais des « logements pour tous » (ex-HLM) : Paris s’est pour ainsi dire vidé de ses classes moyennes, et si l’ouest et l’hypercentre parisiens restent très « gentrifiés », les autres arrondissements de la capitale sont déjà en voie de paupérisation rapide (nord, est, sud).

Le potentiel de baisse pourrait atteindre 15% sur le court et le moyen terme, soit un repli d’une ampleur analogue à la baisse de 2010-2015. Le taux de négociation des prix de vente est déjà à Paris presque 1,5 fois supérieur à la moyenne nationale (3,7% contre 2,69%) et l’écart avec la province voire la grande couronne ne cesse de s’accroître.

Pourquoi cette baisse ?

Deux raisons majeures ressortent : d’abord, et surtout, le « chartalisme », c’est-à-dire le recours indécent à la planche à billets qui, du fait de l’effet Cantillon, fait en premier lieu monter les actifs financiers (bourse) et l’immobilier qui se retrouvent donc depuis la crise des subprimes en économie de bulle ; ensuite, la politique sanitaire et ses confinements (inutiles) à répétition ont suscité un début d’exode urbain vers la grande couronne en Ile-de-France, voire en province, le rapport du Parisien à son logement changeant, tant en termes de superficie que d’espaces jugés indispensables (dédiés au télétravail ou à la détente comme un balcon ou une terrasse).

De fait, la demande a déjà baissé d’environ 10% par rapport à 2019 mais la motivation des acheteurs d’aujourd’hui est beaucoup plus nette.

Concrètement, la remontée des taux plombe déjà de 20% en moyenne la capacité d’emprunt des ménages, ce qui est susceptible d’aggraver la tendance baissière.

Des exceptions importantes

Quatre exceptions notables selon les caractéristiques du bien sont toutefois à intégrer pour savoir si vous êtes concernés par la nécessité de le vendre : d’abord les grandes surfaces, dont le prix ne baisse pas (+0,1%) ; ensuite, les biens de prestige, dont le prix de vente, compris entre 750 K€ et 2 M€, se maintient ; le prix des biens sans défaut ET avec un extérieur (balcon, terrasse, jardin…) est également en hausse, tandis que celui des produits sans défaut MAIS sans extérieur reste stable. Donc, sauf à posséder un bien présentant ces caractéristiques (vaste OU de standing OU sans défaut OU avec un extérieur), auxquelles j’ajouterais volontiers la localisation (hypercentre et ouest), la question de vendre se pose pour vous.

Moralité ?

Plus la vente va prendre du temps, plus les prix vont baisser et ainsi faire paniquer le vendeur…

Sauf besoin urgent de cash (ce qui pourrait plaider le cas échéant pour une vente en viager…) ou si votre bien est réellement menacé par l’effet Baltimore (bien dégradé, petit, mal localisé, plein de défauts, sans atouts, proximité d’un projet municipal voire privé contribuant à dégrader son environnement immédiat comme un centre pour migrants ou drogués), mieux vaut attendre le cycle d’après (entre le prochain retournement haussier et le prochain plus-haut), qui pourrait intervenir après 2025.


Florent Ly-Machabert

Pourquoi votre taxe foncière augmente-t-elle ?

La taxe foncière va grimper d’au moins 3,4% en 2022 

Aujourd’hui, 25% des Français qui ne possèdent pas de logement ne souhaitent pas en acquérir. Selon une étude menée par l’institut de sondage OpinionWay, à la question « Quelles sont les raisons qui vous empêchent de devenir propriétaire ? », 43% des Français ont répondu que les prix de l’immobilier sont trop élevés et 30% que l’apport personnel exigé par les banques est excessif.

Avec la guerre en Ukraine et l’élection présidentielle, les Français n’ont pas forcément la tête à l’immobilier. Ce contexte anxiogène n’incite pas à acquérir un logement. Pourtant, ces dernières années ont prouvé que le secteur pouvait résister à la crise. En 2021, malgré le Covid, le marché a battu un record de ventes : près d’1,2 million. Mais cette année, la liste des points négatifs s’allonge…

D’abord, la hausse des taux de crédit. Il est désormais très rare, voire impossible, d’emprunter à moins de 1,5% sur 20 ans. Les taux moyens avoisinent les 2,2%. Et ce n’est pas fini. Cela équivaut, pour un emprunt de 200 000 €, à une augmentation de plus de 100€ par mois. Un surplus qui vient s’ajouter à une hausse des prix de l’électricité et de l’essence notamment et à une hausse prévue des frais de notaire au 1er janvier 2023…

Côté fiscalité, certes, 80% des Français ne paient plus de taxe d’habitation. Mais, en contrepartie, la taxe foncière augmente. Gelée en 2020, année des élections municipales, les maires ne pouvant pas se faire élire sur des hausses fiscales, la taxe foncière grimpe en 2022. Cette augmentation des prix vient de la nouvelle méthode de calcul de cet impôt local (qui a rapporté plus de 35 Mds € en 2021). Jusqu’en 2017, les valeurs locatives, revalorisées chaque année et servant de base au calcul de la taxe foncière, étaient fixées par le Parlement. Depuis 2018, elles sont indexées sur l’évolution des prix à la consommation qui ne cessent de grimper. Dit autrement, plus l’inflation augmente, plus la taxe foncière s’alourdit.

Pour la seule année 2022, les valeurs locatives ont été revalorisées de 3,4%, a confirmé Jérôme Fournel (Directeur général des finances publiques). Cependant, rien n’interdit les villes, qui fixent ces taux, d’imposer à leurs habitants une hausse encore plus importante. C’est notamment le cas à Strasbourg où la taxe foncière est passée de 1,15% à 4,6%, pour financer des travaux coûteux de rénovation énergétique.

On estime, aujourd’hui, que la taxe foncière peut représenter jusqu’à deux mois de crédit.

Des projets revus à la baisse

Les villes de taille moyenne sont les plus touchées par cette hausse, car elles ont la cote depuis la crise sanitaire. Par exemple, à Angers, elle pesait, avant la hausse des taux de crédit, l’équivalent de 1,5 mois de crédit immobilier (1495 € par an) dans le cas de l’achat d’un bien de 70 m² financé sur 20 ans à 1,1%. Soit un surplus de 125 € à rembourser chaque mois à votre banque !

Pareil à Dijon (119 € en plus) ou à Reims et au Mans (+98 €) où la taxe foncière varie entre 1174 et 1428 € par an. En revanche, l’impact est plus faible à Paris (+62 €), à Lille (+72 €) ou à Lyon (+74 €) où la taxe est plus faible (entre 745 et 892 € par an). Mais les prix immobiliers y sont bien plus élevés…

On ne peut toujours gagner sur tous les tableaux.


Florent Ly-Machabert

Les technologies vaccinales à la loupe

Alors que le Pr Perronne, blanchi par la “justice ordinale”, clame haut et fort que la “stratégie vaccinale Covid” a été du grand n’importe quoi, nous republions ici l’article que nous avions écrit pour Finance & Tic dès le mois de mai 2021.

Vaccination vs. traitement : une exigence plus grande de sécurité 

Je m’appuie ici sur les travaux de Christian VELOT, généticien moléculaire de l’Université de Paris-Saclay, qui, par ailleurs, alerte depuis plus de 20 ans déjà sur les dangers des OGM, comme le rappelle cette une du Monde de mai 2008 : 

Cet enseignant-chercheur n’a d’abord aucun désaccord de principe avec la vaccination. Il se présente comme un « vaccino-prudent » et rappelle simplement que l’acceptabilité des effets secondaires pour un vaccin est nécessairement plus faible que celle d’un médicament, non seulement parce que le premier s’adresse, à titre préventif, à des personnes en bonne santé tandis que le second, à titre curatif, s’adresse à des malades, mais aussi en raison des effectifs de vaccinés qui sont de facto plus importants.     

Bilan des technologies disponibles à l’heure actuelle pour lutter contre la Covid-19 

Rappel 1 : Qu’est-ce qu’un virus ?

C’est une coque de protéines (capside) présentes en un grand nombre d’exemplaires qui s’auto-assemblent pour contenir le matériel génétique du virus. On les appelle « virus nus », par opposition aux « virus enveloppés » qui, en plus, possèdent une bi-couche de graisse emprisonnant une protéine de surface, du nom de « Spike » dans le cadre du virus SARS-Cov2 (qui est un coronavirus du fait de la forme circulaire que donne l’agencement des protéines de surface). Cette protéine permet l’ancrage du virus à la surface des cellules dans lesquelles le virus va libérer son matériel génétique. Nos cellules humaines contiennent de l’ADN qui, via l’ARN messager (mécanisme de transcription), va traduire les gènes de l’ADN en langage protéique (mécanisme de traduction) permettant de fabriquer les protéines indispensables à tous nos processus biologiques. Les virus, eux, contiennent soit de l’ADN (viral), soit directement (c’est le cas du SARS-Cov2) de l’ARN (viral). Dans les deux cas, la cellule infectée fabrique la protéine virale (Ch Vélot parle de « détournement de la machinerie cellulaire »), soit via une transcription et une traduction (cas des virus à ADN), soit via une simple transcription (cas du SARS-Cov2 et de tous les virus à ARN).    

Rappel 2 : Qu’est-ce qu’un vaccin ?  

1ère technique : On injecte le virus entier, mais inactivé (« vaccin inactivé ») ou atténué (« vaccin vivant »).

Dans le 1er cas, le virus a été inactivé par traitement chimique (formol) ou physique (ultraviolet), si bien qu’il est détecté comme un corps étranger par notre organisme mais, comme il est inactivé :

  • le vaccin est souvent peu immunogène en l’état (il ne crée pas assez d’anticorps) ;
  • il doit donc être potentialisé grâce à des adjuvants potentiellement dangereux (sels  d’aluminium, formol) ;
  • il doit faire l’objet d’injections répétées (« rappels de vaccination »).

Dans le 2ème cas, le virus a été atténué, si bien qu’il reste vivant (et donc opérant) mais il est affaibli. On utilise en général une souche vivante thermosensible ou que l’on rend thermosensible, c’est-à-dire « ramollie » une fois introduite dans notre corps à 37°C.

  • Les vaccins vivants sont plus immunogènes ;
  • Ils font prendre davantage de risques, s’ils ne sont pas assez atténués ou qu’ils sont injectés à des « personnes à risques », par exemple fragiles, immunodéprimées ou les femmes enceintes. 

2ème technique  : On injecte uniquement la protéine de surface du virus enveloppé dans le cadre d’un vaccin dit « à protéines recombinantes ».

Dans le cas du SARS-Cov2, il s’agit, à partir du gène correspondant dans le matériel génétique du virus, d’injecter la protéine « Spike » (dite immunogène) pour chercher à déclencher chez le vacciné une réaction immunitaire (elle devient « vaccinante »). C’est ce qui a été fait pour le vaccin contre l’Hépatite B ou le Papillomavirus (responsable du cancer du col de l’utérus).  

3ème technique  : On injecte uniquement le matériel génétique du virus, c’est-à-dire son ADN pour les virus à ADN (on parle alors de « vaccins génétiques à adénovirus ») ou son ARN pour les virus à ARN (on parle alors de « vaccins génétiques à ARN ou ARN messager »)

Dans le cas du SARS-Cov2, le vaccin génétique à ARN consiste à inoculer un brin d’ARN messager du coronavirus afin de permettre, via une nanoparticule (capsule de graisse), aux cellules du vacciné de le traduire en protéines virales, dont la protéine Spike de surface qui devrait déclencher une réponse immunitaire. Mais la généticienne Alexandra Henrion-Caude explique qu’avant de déclencher cette réponse, une autre réponse, non souhaitée, de fabrication du virus par nos propres cellules, pourrait bien intervenir.

Contre le SARS-Cov2, des vaccins à ADN sont aussi sur le marché, qui utilisent un autre virus dit « adénovirus recombinant » (humain ou animal) rendu inopérant mais dans le matériel génétique (ADN) duquel on a inséré (« recombiné ») une partie de celui du coronavirus (ARN), préalablement transcrit grâce à une enzyme virale, la transcriptase inverse, en ADN, car on ne peut insérer directement de l’ARN dans de l’ADN.

Injectant de l’ADN recombinant dans nos cellules, ces vaccins à adénovirus pourraient donc présenter les risques cumulatifs :

  1. D’intégrer de l’ADN vaccinant à notre propre matériel génétique (c’est d’ailleurs ce que l’on cherche à faire dans les vaccins contre certaines maladies orphelines avec des échecs importants[1] puisque l’ADN vaccinant vient parfois activer – on parle de « mutagénèse insertionnelle » – des « oncogènes » responsables de cancers  – souvent des leucémies – sur des patients déjà incurables) ;
  2. De déclencher des réactions (on parle d’immunotoxicité) liées au virus recombinant lui-même, bien que normalement rendu inopérant, allant de la réponse inflammatoire systémique fatale (dans 5,5% des cas dans un essai clinique dédié) à la maladie auto-immune. 

Enfin, les vaccins génétiques à ARN ou à ADN présentent ensemble un 3ème risque dit de « recombinaison virale » consistant pour deux virus à ADN ou deux virus à ARN de se recombiner entre eux (par exemple dans une même cellule entre ADN ou ARN vaccinant et ADN ou ARN infectant) pour donner un 3ème virus plus ou moins virulent que les 2 initiaux (comme le H1N1 qui combine grippe aviaire, grippe humaine et grippe porcine) et qui pourrait contaminer ensuite un grand nombre de personnes.

Typologie des principaux vaccins commercialisés ou en cours de développement contre le virus sars-cov2 responsable de la covid-19 (date : mai 2021)

PaysLaboratoireTechniqueSous-catégorieRisques
ChineSINOPHARMVirus entierVirus inactivéFaibles, connus
CanadaMEDICAGOProtéine recombinanteProtéine de la capside (VLP)Faibles a priori
USANOVAVAXProtéine recombinanteProtéine de surface (Spike)Faibles a priori
FranceSANOFI-PASTEURProtéine recombinanteFaibles a priori
USA/All.PFIZER-BIONTECHThérapie géniqueARN messagerMoyens à forts, inconnus
USAMODERNAThérapie géniqueARN messagerMoyens à forts, inconnus
UKASTRAZENECAThérapie géniqueAdénovirus recombinant (chimpanzé)Multiples, inconnus
USAJOHNSON & JOHNSONThérapie géniqueAdénovirus recombinant (humain)Multiples, inconnus
RUSSIEGAMALEYA (Spoutnik)Thérapie géniqueAdénovirus recombinant (humain)Multiples, inconnus

Se pose donc in fine la question de la stratégie vaccinale comme panacée ?

Pourquoi ne pas :

  • poser clairement la question des traitements plutôt que de se lancer dans une course au tout-vaccin, certes plus rémunératrice pour les laboratoires ?
  • s’appuyer sur les technologies vaccinales déjà éprouvées (comme le vaccin chinois, le 1er dans le tableau ci-dessus, bien que peu efficace semble-t-il) ou a priori peu dangereuses comme ceux à protéines recombinantes (non encore commercialisées), plutôt que d’ajouter l’incertitude des effets secondaires des vaccins génétiques a priori dangereux à celle de la crise sanitaire ?

La suite des évènements a apporté son lot de réponses.


[1] De l’ordre de 20% d’après Ch Vélot s’appuyant sur une publication de 2003

Florent Ly-Machabert

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