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Cessons d’exprimer la dette en % du PIB !

Il est des farces qu’il est bon de faire cesser.

Parmi elles, celle qui consiste à rapporter la dette d’un Etat (ou, pire, son déficit) au PIB, alors que la dette est un stock (de déficits justement, accumulés année après année, depuis 1974 dans le cas de la France) et le produit intérieur brut un flux, généralement annuel, de valeurs ajoutées (pour le secteur marchand) ou de… coûts de production, essentiellement salariaux (pour le secteur non marchand, qui inclut le secteur public).

C’est comme si un ménage rapportait son taux d’endettement aux revenus… de toutes les personnes qui habitent dans son quartier !

La logique voudrait qu’en comptabilité nationale on rapportât la dette publique, et donc a fortiori le déficit budgétaire, aux recettes de l’État, soit quelque 350 Mds € annuels.

Le « déficit de la France » fin 2024 ne s’élèverait alors plus à quelque 6% du PIB, mais bien à… 49%, ce qui signifie concrètement que l’État dépense une fois et demi ses recettes annuelles !

Idem avec notre « dette publique » qui devrait s’élever fin 2024 à plus de 3 300 Mds €, soit, non pas 115% du PIB comme l’indique le graphique ci-dessus, mais bien… 943%, ce qui signifie, là encore, concrètement, qu’il faudrait que la France consacrât 100% de ses recettes fiscales pendant presque 10 ans pour résorber sa dette ; ce qui ne laisserait plus un seul petit centime pour faire fonctionner les services publics, payer les fonctionnaires, etc. Et c’est sans parler de la dette des collectivités territoriales, ni de celle de la Sécurité sociale (retraite, santé). Et j’omets aussi, par pudeur, la dette hors-bilan…

Voilà où nous en sommes vraiment, sans l’artifice statistique qui consiste à rapporter des choux sur des carottes.  

Florent Ly-Machabert


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