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30e tableau de bord de l’épargnant disponible (2023)

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Le prochain dossier va paraître dimanche 03/09 dans la boutique du Courrier des Stratèges. Il explorera les produits structurés. La vidéo de présentation du N°28 est à retrouver ci-dessous.

Or ou bitcoin en 2023 ?

Au début du XXIe siècle, l’or se négociait à moins de 300 $ l’once. L’or a atteint son plus récent sommet, à près de 2 080 $ l’once, en mars 2022, niveau dont il n’est pas très loin à l’heure où nous écrivons ces lignes.
En 2010, un Bitcoin valait 500 $. En novembre 2021, le prix d’un seul Bitcoin a presque atteint 69 000 $, pour évoluer aujourd’hui autour de 30 000 $.
Lorsque l’or était inférieur à 300 $, le bitcoin n’existait même pas. L’inflation monétaire, les tensions géopolitiques et d’autres facteurs ont fait grimper la valeur de l’or et de la crypto-monnaie au cours des dernières années. L’or est de la « vieille école », tandis que le bitcoin est un actif de la « nouvelle école », une espèce d’« or numérique », auquel nous avons consacré non seulement de précédentes rubriques mais aussi les dossiers N°9 et N°17 pour le Courrier des stratèges.
En tant qu’alternatives à d’autres investissements et moyens d’échange complémentaires, l’or et le bitcoin se disputent le statut de « valeur refuge ». Qu’en est-il ?


L’or
Les arguments en faveur de l’or sont importants : les banques centrales et les gouvernements valident le rôle de l’or dans le système financier mondial en détenant le métal comme partie intégrante de leurs réserves de devises étrangères. C’est une valeur refuge depuis près de 5000 ans, un record historique ; il a un cinquième environ de la volatilité du bitcoin et ne fait pas face au même risque de concurrence. La sensibilité de l’or à l’inflation devrait également se poursuivre comme « filtre protecteur ». Alors que l’indice américain des prix à la consommation atteignait déjà 7,9% en glissement annuel en février 2022, la guerre en Ukraine a fini de pousser l’indicateur d’inflation à des niveaux bien plus élevés tout au long de 2022. La remontée des taux, forte et rapide, a pris le relais pour tenter d’éviter une inflation généralisée à 2 chiffres ; et force est de constater qu’une certaine désinflation (ralentissement de la hausse) se fait à présent sentir, qui laissait même présager un arrêt de la hausse des taux (d’autant que plusieurs banques US ont déjà fait les frais de ce brutal, mais nécessaire, bien que tardif, resserrement monétaire), jusqu’à ce que le dernier symposium de Jackson Hole en août 2023 ne douche cet espoir !
L’or a toutefois tendance à baisser lorsque les taux d’intérêt augmentent. Mais, en dépit de sa politique, la Fed est encore loin de réussir à imposer des taux réels positifs, si bien que l’or devrait encore très largement profiter du contexte inflationniste/stagflationniste.
Les sanctions contre l’or russe limitent par ailleurs l’offre, la Russie étant le 3e producteur mondial, ce qui soutient évidemment la tendance haussière, elle-même nourrie par les achats massifs et réguliers de certaines banques centrales, plutôt issues des BRICS ou de pays candidats à les intégrer (Chine, Inde, Turquie, Thaïlande, etc.).
Enfin, il est possible que le bitcoin cesse un jour d’exister en raison d’une législation hostile (même s’il nous paraît désormais impossible de le stopper net). Certains dérivés du bitcoin ont déjà été interdits. Des entreprises comme Facebook/Meta qui ont tenté de lancer une cryptomonnaie ont également été empêchées de le faire (épisode « Libra »).


Le Bitcoin
Le bitcoin est la principale crypto-monnaie. Au niveau des 30 000 $, sa capitalisation boursière s’élève à près de 900 Mds $, soit plus du double d’Ethereum, la deuxième crypto, laquelle est en revanche beaucoup plus centralisée, ce qui laisse supposer qu’elle est peut-être le cheval de Troie des monnaies numériques (CBDC/MNBC). Les arguments en faveur de nouveaux sommets pour le bitcoin sont nombreux : il compte notamment de nombreux partisans qui ont fait de la principale crypto-monnaie un actif d’investissement et de négociation plus courant (effet de réseau). L’idéologie qui sous-tend le bitcoin et toutes les crypto-monnaies n’est en fait que le rejet des banques centrales et du contrôle gouvernemental de la masse monétaire. À mesure que les monnaies perdent de la valeur, davantage de capitaux sont susceptibles d’affluer vers cette classe d’actifs en plein essor. C’est ce qui se produit par paliers successifs.
L’ascension des cryptomonnaies a attiré l’attention de millions de personnes qui n’avaient jamais considéré auparavant les cryptomonnaies comme un actif alternatif. Si l’or et le bitcoin sont tous deux parfois utilisés comme moyen de diversification et de détention d’une série d’actifs de valeur, ils sont au final très différents.
Le bitcoin et les autres devises numériques peuvent être facilement échangés sur des plateformes (exchanges). Nous avons vu des entreprises mondiales proposer de recevoir des paiements en bitcoin mais également des défenseurs des cryptos, tels que Tesla, mettre une partie de leur trésorerie dans cette « monnaie », même si E Musk semble s’en être récemment quelque peu délesté. Cette liquidité, la facilité d’échange et une utilisation plus large dans l’économie moderne sont quelques-uns des principaux facteurs de différenciation. L’or a un objectif relativement plus défensif (conserver la valeur), tandis que le bitcoin et les autres devises sont destinés à plusieurs usages, notamment la facilité d’échange, d’achat et de liquidité.


En résumé, il est possible que l’or et le bitcoin s’apprécient conjointement. Le bitcoin a beaucoup plus de marge de manœuvre compte tenu du passage à près de 69 000 $ par jeton à la mi-novembre 2021 et de son niveau de prix actuel. Dans le même temps, l’or, à environ 2000 $, se rapproche de son pic historique. Cependant, la trajectoire de l’or reste plus haussière et un mouvement vers 2500 $ voire 3000 $ par once en 2024 n’est pas du tout impossible, surtout si une “monnaie commune” des BRICS+ adossée sur le métal jaune voit le jour. La volatilité du bitcoin en fait un actif beaucoup plus risqué, tandis que la volatilité de l’or, plus faible, n’est guère problématique. Il faut néanmoins détenir ces deux classes d’actifs simultanément dans vos portefeuilles. Le débat peut se poursuivre, mais il y a de fortes chances que nous voyions la crypto-monnaie et le métal jaune évoluer beaucoup plus haut dans les semaines et les mois à venir.

Florent Ly-Machabert


Krach, pas krach ?

La période estivale des congés n’est pas encore achevée mais force est de constater que la prophétie de Jacques-a-dit d’une grave crise financière ne s’est pas vérifiée. Pas encore ? Certes, Evergrande, le géant de l’immobilier chinois, est tombé, mais le régime de l’Empire du Milieu est complice de cette « opération » qui n’est que le commencement d’un grand apurement comptable et financier destiné à sacrifier un peu de croissance économique pour une plus grande stabilité du renminbi.

Cette considération nous conduit immédiatement à évoquer le Sommet des BRICS de Johannesburg qui vient d’officialiser l’entrée de 6 nouveaux membres, dont nous décortiquons les fondamentaux économiques dans le numéro 33 de Finance & Tic à paraître le 01/09 prochain. Il s’agit de l’Argentine, de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, des Emirats arabes unis, de l’Iran et, de façon quelque peu surprenante, de l’Éthiopie, ce qui porte à 11 le nombre total de membres de ce club des « nouveaux géants », qui incluait déjà le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Exit donc le Mexique qui en a jadis fait partie, conduisant même le club des émergents à se rebaptiser un temps les BRICSAM.    

Nous notons au passage que les 6 nouveaux membres couvrent bien les 5 continents, puisque s’adjoignent aux BRICS (qui les couvraient déjà…) un second pays d’Amérique du Sud, un deuxième et un troisième pays africains et trois nouveaux pays moyen-orientaux. Par-delà la géopolitique, des renforcements commerciaux, économiques et financiers sont donc à attendre rapidement entre ces 11, mais en particulier, au sein de grandes aires géographiques : d’une part, entre l’Argentine et le Brésil, la première devant bénéficier de l’attractivité latino-américaine et internationale (selon les productions) de la seconde et, d’autre part, au sein des pays arabes, jadis ennemis géopolitiques et religieux : c’est le cas de l’Arabie saoudite (sunnite), qui tourne ainsi définitivement le dos aux États-Unis (et aux accords de protection de Quincy) et de l’Iran (chiite), allié des Russes. Enfin, le continent africain fait, d’une certaine façon, son entrée dans la cour des grands, en accrochant à la locomotive sud-africaine le wagon, cahoteux, égyptien et celui, à la trajectoire un peu plus incertaine à ce stade sans que cette situation n’en ressorte pour autant infondée, de l’Éthiopie. Pour lors, rien n’a encore filtré du projet de « monnaie commune », même s’il semble difficilement imaginable que l’or n’ait pas un rôle actif à jouer dans le nouveau système monétaire international dédollarisé à l’avènement duquel œuvrent les BRICS, ou plus exactement les BRICSAAEEEI !  

Côté français, seul le débat du budget 2024 semble tirer l’Exécutif de la torpeur estivale, propice cependant pour acter des hausses d’impôts censées éloigner les mâchoires de l’étau entre lesquelles le Gouvernement s’est lui-même piégé : celle, d’une part, de la dette publique qui continue de flamber (+1000 Mds € depuis que Macron est aux affaires), et celle, d’autre part, des besoins d’investissements, notamment en matière environnementale et de services publics, que l’État devra financer dans un contexte de remontée en flèche des taux d’intérêt. Ironie du sort, 36 mois après le début de la psychose Covid, pour dégager en 2024 les « 10 à 12 Mds € » que Bruno Le Maire avait évoqués dès la fin juin, ce sont les dépenses de santé qui devraient d’abord être réduites : contrôle accru des arrêts maladie, hausse de la franchise à 1€, etc. Sait-on dans l’équipe Borne qu’additionner des bouts de chandelle ne fait pas une bougie ?      

Dans contexte qui demeure troublé et où un krach n’est toujours pas à exclure, rechercher un rendement au moins égal au taux d’inflation annuel de long terme, que nous estimons à près de 5%, demeure un impératif catégorique, en direction duquel les équipes de Samarie & Cie et du Courrier des Stratèges continuent de vous accompagner, notamment en vous proposant notre nouvelle chaîne YouTube premium commune lancée au début de l’été.

Florent Ly-Machabert


29e tableau de bord de l’épargnant disponible (2023)

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Faut-il redouter l’intelligence artificielle ?

L’IA accompagne et renforce l’expertise de l’humain

Nous vivons actuellement un âge d’or en matière de données et de technologies qui ne montre aucun signe de ralentissement. Les technologies d’intelligence artificielle continuent de s’améliorer : les modèles de machine learning traitent des milliards de lignes de données, les avancées en matière de traitement du langage naturel permettent de comprendre l’intention de l’utilisateur et les algorithmes deviennent de plus en plus rapides. Nous assistons à l’automatisation de tâches simples et répétitives, permettant aux utilisateurs de se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux : appliquer un raisonnement critique et comprendre les données en contexte, ce qu’aucune IA n’atteindra jamais. Cette accélération de l’innovation s’accompagne d’une augmentation des investissements en matière d’IA et de l’adoption de ces technologies. Si l’IA crée des opportunités nouvelles, la plupart des investissements réalisés n’a pas encore généré de valeur. Les sociétés investissant dans ce changement sont 60% plus susceptibles d’indiquer que l’IA dépasse leurs attentes, et 40% plus susceptibles que les autres d’obtenir des résultats positifs. Les responsables métier ont la possibilité de mener des stratégies data et IA de manière contextualisée. Pour que l’IA soit pertinente, gérable et transparente, elle doit impérativement responsabiliser les utilisateurs. Nous allons assister à un basculement des solutions IA, d’une approche d’étude de faisabilité vers un déploiement à grande échelle avec des métiers spécifiques. Différents secteurs développent et utilisent l’IA de manière innovante. Une étude de KPMG a analysé le déploiement de l’IA dans cinq secteurs (retail, transports, santé, services financiers et technologies), et montre que 91% des participants du secteur de la santé considèrent que l’IA facilite l’accès aux soins pour les patients. Et même si la plupart des entreprises gèrent elles-mêmes leur chaîne d’approvisionnement, celles qui adopteront l’IA au cours des mois et des années à venir se démarqueront nettement de la concurrence, selon la prestigieuse Harvard Business Review. Sam Altman, le créateur de ChatGPT, a indiqué récemment qu’une trentaine de métiers, ceux réclamant bon sens, qualités manuelles et créativité notamment, ne seront jamais substitués.  

La formalisation d’une utilisation éthique des données et de l’IA

D’ici 2025, les réglementations devront se focaliser sur l’éthique, la transparence et la confidentialité de l’IA, afin de stimuler la confiance et la croissance, et de garantir un fonctionnement optimal. En raison de l’accélération de l’adoption de l’IA, les approches universelles ne sont plus adaptées. Les organisations peuvent définir la façon dont elles développent et utilisent les données et l’IA de manière responsable, dans un contexte qui évolue rapidement. Chaque entreprise a pour responsabilité civique de concevoir des solutions IA équitables et précises. Aujourd’hui, plus que jamais, l’innovation, la croissance et les relations avec les clients doivent s’appuyer sur une base de confiance et de transparence. Certains ingénieurs spécialisés en IA plaident même pour un moratoire en la matière. Les crises récentes liées aux données donnent par ailleurs un aperçu des usages nuisibles de la technologie, avec notamment les discriminations en matière de reconnaissance faciale ou de traitement des demandes de prêt. ChatGPT répond par ailleurs de façon très orientée à certaines requêtes, ce qui laisse planer le doute sur sa neutralité idéologique. Ces crises poussent notamment, le public à attendre des entreprises qu’elles adoptent une démarche sécurisée et responsable dans le développement et l’utilisation des données. Une étude menée par Cisco en 2021 montre que 72% des participants considèrent qu’il est de la responsabilité des organisations d’utiliser l’IA de manière strictement éthique.

Les entreprises ne doivent pas se limiter aux compétences analytiques et aux formations sur les outils

Le développement d’une réflexion statistique est devenu indispensable aujourd’hui. Chacun doit être en mesure de synthétiser des données pour faciliter la prise de décision, donner du sens au contexte qui nous entoure et préparer l’avenir. Les investissements en matière de technologie et d’IA augmentent, et il est indispensable de développer les compétences des employés pour tirer pleinement parti de ces investissements. Selon PwC, l’IA devrait contribuer à une croissance de l’économie mondiale de plus de 15 000 Mds $ dollars d’ici 2030. L’automatisation transforme les emplois plus rapidement que prévu, elle entraînera une transformation de 85 millions d’emplois d’ici 2025, 300 millions à terme. La moitié des employés devront mettre leurs compétences à niveau dans leur rôle actuel au cours des 5 prochaines années. La demande en matière de compétences analytiques explose, comme l’indiquent les responsables RH, les compétences analytiques, pour l’analyse et la data science, sont en tête des compétences les plus recherchées en 2021. Nos interactions générant de plus en plus de données, il devient nécessaire pour les employés de disposer de compétences data et analytiques de base, sans pour autant devenir nécessairement des data scientists. Pourtant, le chemin est encore long avant de pouvoir tirer parti des avantages d’un personnel formé à la data. En effet, le marché doit composer avec des lacunes en matière de compétences analytiques, mais aussi en matière de programmes de formation en data literacy, en entreprise comme dans l’enseignement supérieur. On estime que seuls 43% des « digital natives » considèrent qu’ils disposent des compétences adéquates. Selon Forrester, moins de la moitié des établissements d’enseignement supérieur ont lancé des initiatives de formation en data literacy. Bon nombre d’entreprises adoptent une approche à court terme en embauchant pour combler des besoins immédiats plutôt que d’investir dans le développement à long terme d’une culture des données et de la data literacy. Un long chemin reste à parcourir.

Florent Ly-Machabert


28e tableau de bord de l’épargnant disponible (2023)

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