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Non, les USA ne vont pas réévaluer le cours de l’or !

Un fantasme absolu…
Les États-Unis détiennent 8 133 tonnes d’or, dont 4 175 tonnes seraient à Fort Knox, New York et Philadelphie, valorisées dans les livres de compte à seulement 42,225 $ l’once (cours de 1973) au lieu des quelque 3 100 € actuels.
L’Union européenne possède, pour sa part, environ 12 000 tonnes (dont une partie stockée également à Fort Knox), tandis que la Chine sous-déclare ses réserves, officiellement à 2 000 tonnes, la positionnant néanmoins comme un acteur clé.
Évaluons le sérieux d’une réévaluation de l’or dont certains acteurs font courir la rumeur.

  • Scénario 1 : à son cours de 2025, i.e. une réévaluation d’un facteur 71 !
  • Scénario 2 : en scénario fictif, à 15 000 €, i.e. une réévaluation d’un facteur 350 par rapport aux livres de comptes actuels, ce qui mettrait tout de même le lingot à environ 1 500 000 $ et contriburait à l’effacement d’à peu près un tiers de la dette américaine (soit 12 000 milliards $).

Conséquences immédiates
Cependant, cela dévaluerait le dollar, occasionnant une fuite des investisseurs et du capital, alors que la politique de dollar fort a été réaffirmée le 7 mars 2025 par Scott Bessent, secrétaire au Trésor de Donald Trump.
Pour contrer cette dépendance, une réserve complémentaire en cryptomonnaies est sur les rails, bien que la stratégie de Trump en la matière soit hautement critiquable.
Par ailleurs, les tarifs douaniers (+25% sur la Chine) devraient progressivement être neutralisés par des dévaluations équivalentes (ex. renminbi), compliquant leur efficacité, si bien que Trump pourrait, au contraire du cours de l’or auquel il ne touchera pas, s’inspirer des accords du Plaza (1985) et du Louvre (1987) entre le G5 (USA, Japon, France, Royaume-Uni, Allemagne), où les banques centrales avaient déprécié le dollar pour réduire le déficit commercial américain (3,5% du PIB), pour freiner les excédents japonais et leur bulle spéculative immobilière aux États-Unis, tout en soutenant l’emploi américain post-crise de 1982.
A noter que ces interventions avaient toutefois déclenché le krach de 1987…
En somme, une réévaluation massive de l’or pourrait certes alléger la dette américaine mais considérablement fragiliser le dollar, incitant à diversifier via les cryptos, dans un contexte où les politiques commerciales de Trump peinent face aux ripostes asiatiques, avec un précédent historique plus que risqué.
Bretelles… et ceinture !

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Florent Ly-Machabert


L’once d’or bientôt à 3 000 $ ?

Un rallye haussier incroyable depuis janvier 2024

Les performances récentes de l’or sont pour le moins exceptionnelles : quintuplement du cours (sic !) depuis 1999, doublement du cours depuis seulement 2019, +37% en € en 2024, soit un taux de croissance annuel moyen réel (sans gonflement artificiel de l’inflation) de près de 7% sur les 25 dernières années (voir tableau ci-dessous) ! Qui plus est, nos analyses graphiques permettent d’affirmer que l’or est actuellement « au prix », c’est-à-dire qu’il ne présente ni décote, si surcote, ce qui constitue, je crois, le meilleur argument à opposer à tous ceux qui estiment que le coup est parti et qu’il est trop tard pour sauter dans le train.

Mais il reste à comprendre les raisons profondes de ce marché haussier, car, à elles seules, la hausse des taux d’intérêt réels, la relative force du dollar US et la désinflation, sont des facteurs normalement baissiers pour l’or ; sauf que, structurellement, on trouve désormais 2 grandes catégories de « drivers » haussiers :
1) Des achats massifs d’or de la part des banques centrales émergentes (not. Chine, Russie, Arabie saoudite) : l’or constitue désormais 30% des réserves de la banque centrale russe, 15% en Afrique du Sud, 10% en Inde, 5% en Chine et 5% au Mexique ;

2) Le retour de fortes tensions géopolitiques, notamment au Proche et Moyen-Orient, qui, en accroissant le niveau d’incertitude, renforcent, malheureusement, l’appétit pour les valeurs refuge.
Conjoncturellement, c’est à présent la baisse des taux directeurs de part et d’autre de l’Atlantique (depuis juin 2024 pour la BCE et depuis septembre dernier pour la FED), qui, en réduisant, l’attrait pour les devises $ et € renforce en creux la valeur refuge qu’est l’or. Il s’ensuit que le cours de l’or exprimé en dollar et, secondairement en €uro, croît au fur et à mesure que lesdites monnaies fiat baissent. A cet égard, le graphique ci-contre est très révélateur de l’effondrement de la valeur de l’euro depuis 2008, puisque, selon l’étalon de mesure utilisé, on s’aperçoit que l’indice boursier français (dividendes réinvestis) n’a pas progressé si on en mesure l’évolution en or, alors qu’il a crû de 162% si on le mesure en euro !!

Se sont enfin ajoutés les propos pessimistes de Christine Lagarde quant aux perspectives de croissance de la zone euro, lesquelles alimentent des anticipations négatives et donc une hausse du cours de l’or.
Concernant l’or, nous demeurons, vous l’avez compris, fondamentalement bullish (haussier), essentiellement pour 4 grandes raisons :
– La nouvelle baisse des taux en décembre de part et d’autre de l’Atlantique ;
– L’exacerbation (dramatique) des tensions géopolitiques (en Syrie à présent) ;
– L’incertitude liée au retour de D Trump, de nature à raviver les tensions commerciales entre la Chine et les USA ;
– Le « momentum » des BRICS+ (gros consommateurs d’or), qui, grâce à leur pouvoir d’agenda sur le G20 jusqu’au 31 décembre 2025, renforcent leur influence géopolitique, comme l’a récemment illustré leur sommet annuel à Kazan en Russie.
Il semble opportun de dédier à l’or 80% des fonds que vous fléchez vers les métaux précieux, lesquels peuvent représenter, selon votre horizon de placement (i.e., essentiellement, votre âge…) 20 à 50% de l’ensemble de votre portefeuille financier.

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Florent Ly-Machabert


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