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La Théorie Monétaire Moderne (TMM)

La Théorie Monétaire Moderne

Pendant des décennies, la politique monétaire a été régie par ce qu’Irving Fisher appelait la “théorie quantitative de la monnaie” (TQM), résumée dans la fameuse formule suivante :  MV = PQ, où M désigne la masse monétaire (quantité de monnaie en circulation), V la vélocité (ou vitesse de circulation) de la monnaie[1], P le niveau des prix et Q la production.

Officiellement depuis la Grande Récession (c’est-à-dire la crise des subprimes de 2007-2009 aux USA), mais officieusement depuis la fin de la convertibilité or du dollar décrétée unilatéralement par le Président Nixon le 15 août 1971[2], c’est à une toute autre théorie que les banquiers centraux vouent une confiance aveugle : la « TMM », pour « Théorie moderne de la monnaie », ou « MMT », pour « Modern Monetary Theory », que nous avons donc vue déjà à l’œuvre lors du sauvetage des banques US et européennes en 2009, mais surtout, de façon encore plus patente, à l’occasion du coronacircus.

Le match TQM/TMM

Les deux approches monétaires s’opposent en tous points et il ne serait pas faux d’affirmer que la TMM est pour le moins fumeuse au plan économique… Elle a en revanche le grand mérite d’arranger les affaires de la caste et de son « great reset » monétaire qui tend à faire disparaître le cash, à endetter les Etats (et les acteurs privés), tout en maintenant les taux d’intérêt à zéro et en accroissant considérablement la dépendance de tous vis-à-vis à la fois des banques centrales et des puissances étatiques.      

Comparons quelques caractéristiques des deux théories.

  • Dépenses et dette publiques

Dans la TMM, les dépenses publiques ne sont plus financées par les impôts mais par la planche à billets (émission de monnaie), la soutenabilité de la dette publique n’est donc plus un problème, et l’émission de titres publics ne sert donc plus à financer le déficit public mais à distribuer du revenu[3] (chèque inflation, chèque alimentaire, etc.). L’accès des Etats-membres au financement de la banque centrale, jadis interdit par les Traités européens, est désormais non seulement autorisé (depuis août 2020) mais aussi rendu illimité ! L’effet d’éviction, qui désigne la baisse de l’investissement et de la consommation privés sous l’effet de la hausse des dépenses et donc de l’endettement publics qui pousse les taux d’intérêt vers le haut, n’est plus un problème.  

  • Politiques monétaire et structurelles  

Dans la TMM, la politique monétaire n’a donc plus de rôle à jouer pour stabiliser l’économie : les taux d’intérêt sont une variable administrée, à la discrétion des Etats, l’inflation, phénomène pourtant intrinsèquement monétaire (voir la TQM), relève de la politique budgétaire. Le chômage peut être totalement éliminé grâce aux logiques du revenu universel. Les politiques structurelles conventionnelles sont rendues caduques et une économie souveraine n’a plus à être compétitive, puisque l’argent est magique !  Les compétences de chacun n’ont plus qu’un lien très distant avec les revenus et la protection sociale n’a plus de réel coût associé.


[1] C’est-à-dire le nombre de fois qu’une même unité de monnaie a servi à payer des transactions pendant la période

[2] Qui signe en réalité le début de la fin des Accords de Bretton Woods, la fin définitive du dollar prenant forme de nos jours à grands pas sous nos yeux avec le rapprochement, notamment monétaire, des puissances russe et chinoise

[3] Ce qu’on appelle aux US depuis Ben Bernanke l’« helicopter money », bien illustrée par l’image en tête de cet article

Florent Ly-Machabert

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Porsche : acheter l’introduction en bourse ? [INEDIT]

1ère cotation jeudi 29 septembre 2022

La société de renommée mondiale Dr. Ing. h.c. F. Porsche Aktiengesellschaft (Porsche AG) s’introduit cette semaine en bourse. L’Allemand cherche en effet à lever jusqu’à 9 Mds €, essentiellement pour accélérer l’électrification de ses véhicules et l’investissement dans du capital technologique (nouveaux logiciels). Le prix des actions sera fixé entre 76,50 et 82,50 €, ce qui valorisera l’entreprise de 70 à 75 Mds €. Cela ferait de cette introduction en bourse (IPO dans le jargon) la 3ème plus importante d’Europe !
Les investisseurs privés d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, de France, d’Italie et d’Espagne peuvent participer à l’introduction en bourse qui interviendra ce jeudi 29/09/22. Les actions seront cotées à la place boursière de Francfort (« Börse Frankfurt ; FRA ») sous le code ISIN DE000PAG9113.

« In the beginning, I looked around and could not find the car I dreamed of. So I decided to build it myself. »

C’est la fameuse phrase du fondateur du constructeur des légendaires voitures de sport allemandes en 1931, Ferdinand Porsche. Son fils, Ferry, prendra ensuite la relève.
Depuis, le succès n’a cessé d’être au rendez-vous pour ce fleuron du luxe : 1 million de modèles 911 vendues depuis 1964 (911 millions d’actions seront d’ailleurs émises en hommage au modèle fétiche), belle croissance structurelle, marges opérationnelles solides, expertise technologique exponentielle, essor international impressionnant avec des ventes dans 120 pays et un équilibre géographique parfait (27% US, 29% Europe, 32% Asie, 13% reste du monde), cap des 300 000 livraisons franchi en 2021 dans un contexte pourtant morose, soit 33 Mds € de CA et 7,4 Mds € de résultat (EBITDA).

Faut-il ajouter une ligne Porsche à votre portefeuille d’actions ?

Indéniablement la valorisation envisagée est élevée, de 20 à 25% (HSBC la situait plutôt autour de 50 Mds €), qui plus est sur un secteur en plein brouillard et dans un pays (la maison mère de Porsche est le groupe Volkswagen qui conservera 37,5% des actions, contre 12,5% pour la Holding familiale Piech/Porsche) frappé par une crise énergétique d’anthologie avec une récession à la clef. Mais dans le contexte inflationniste actuel (8% annuel en Allemagne) , un fleuron du luxe automobile comme Porsche figure évidemment parmi les firmes ayant le pricing power qui permet d’encaisser puis de répercuter sur les clients la hausse sans précédent des coûts à la production (+45% en août 2022 sur un an glissant !).

Quatre actionnaires ont d’ores et déjà pris des engagements de souscription : un fonds qatari, le fonds souverain norvégien, le gestionnaire d’actifs du Maryland T Rowe Rice et là holding ADQ d’Abu Dhabi.

Un pari audacieux donc, pour amateur de sensations fortes. Mais c’est ce qu’on recherche chez Porsche, non ?

Photo by Dante Juhasz on Pexels.com

Florent Ly-Machabert

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