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Vers une grave crise bancaire outre-Atlantique ?

Effondrement du ratio pertes latentes sur fonds propres aux USA…

Une phrase a récemment retenu mon attention : « Les pertes non réalisées représentent environ 33% de l’ensemble des fonds propres des banques aux Etats-Unis. » En retravaillant les statistiques en question, on s’aperçoit donc, dans l’indifférence quasi générale, que les banques US, dont plusieurs ont fait faillite courant 2023 (dont l’emblématique Silicon Valley Bank, la SVB), détiennent près de 700 Mds $ de pertes non encore réalisées, puisque leurs fonds propres avoisinent les 2 150 Mds $.

A titre de comparaison, durant la précédente grave crise bancaire et financière, celle des subprimes en 2007-2008, ces mêmes pertes étaient de l’ordre de 5% des fonds propres, soit moins de 110 Mds $ constants ! Autant dire que si ces pertes sont prises, le krach risque d’être dantesque.

Avant la faillite en cascade (ou en domino, comme vous préférez) des banques régionales aux USA l’an passé, cette part des pertes non réalisées (à provisionner donc) sur les fonds propres s’était bien améliorée puisqu’elle avait été « ramenée » à 22% (environ 475 Mds $). La tendance haussière de ce ratio est donc à surveiller comme le lait sur le feu, de même que l’indice des banques européennes (voir ci-dessous le SX7E) cette fois, qui poursuit, sur le temps long, sa descente aux enfers malgré la remontée des taux, laquelle était censée leur redonner de l’oxygène.

Concrètement, les banques US sont passées depuis 2020 d’environ 100 Mds $ de gains non réalisés à 700 Mds $ de pertes latentes. Le « Bank Term Funding Program » (BTFP) inauguré en 2023 constitue bien une caisse de secours de la FED à destination des banques en difficulté, mais ce dispositif est normalement en train de prendre fin. Donc ?

Florent Ly-Machabert


Qui sont les “aristos” de la cote américaine ?

Les dividendes aristocrates du S&P 500

Au sein de l’indice américain S&P 500 (« Standard and Poor’s 500 »), une soixantaine d’entreprises cotées en bourse ont réduit ou supprimé leurs dividendes en 2020. Si certaines d’entre elles ont réduit leurs dividendes, un groupe de sociétés du S&P 500, connues sous le nom des aristocrates du dividendes, ont augmenté leurs dividendes comme à leur habitude, et ce chaque année depuis au moins 25 ans : elles sont regroupées depuis 2005 dans un indice appelé « S&P 500 Dividend Aristocrats » rassemblant actuellement 65 sociétés US qui satisfont quatre critères précis :

  • Faire partie de l’indice S&P 500 ;
  • Avoir augmenté consécutivement le montant total du dividende par action sur les 25 dernières années ;
  • Avoir une capitalisation boursière (ajustée du flottant) supérieure ou égale à 3 Mds $ ;
  • Avoir un volume d’échange moyen quotidien supérieur ou égal à 5 M$, et ce durant les trois mois précédant la date du rééquilibrage de la pondération de l’indice.

En pleine pandémie, voici les 5 premiers aristocrates US :

Au-delà de la confondante ressemblance des logos (voir supra), les secteurs représentés sont eux plutôt diversifiés (dans l’ordre de la liste ci-dessus) : boissons non alcoolisées (58 ans de hausse du dividende), pétrole (37 ans), télécoms (35 ans), industrie & sécurité (62 ans), Big Pharma (58 ans).

Florent Ly-Machabert


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