France : vers un scénario à l’irlandaise ?

Alors que nos élites se gargarisent de mots creux, le pays fait face à un choix civilisationnel et financier : l’électrochoc libéral ou l’asphyxie lente sous le poids d’un État obèse. On nous parle d’un « scénario à l’irlandaise », ce miracle qui transformerait notre enfer fiscal en paradis de croissance. Mais entre le fantasme des rapports de Bercy et la brutalité des faits, le fossé se creuse. Réveillez-vous : nous ne prenons pas le chemin de Dublin, mais celui d’une déchéance administrée.

Le mirage de la consolidation & le piège ricardien

Pour sauver la France, la recette est connue mais jamais appliquée : une baisse massive et violente des dépenses publiques. Pourquoi ? Pour briser l’équivalence ricardienne, l’effet « Barro-Ricardo » qui paralyse notre économie : aujourd’hui, l’épargnant français, terrifié par l’incompétence de ses dirigeants et la hausse des dépenses publiques, thésaurise massivement. Avec un taux d’épargne avoisinant les 19 % (3 points de plus que la moyenne de la zone euro tout de même !), les Français stockent ce que l’État s’apprête, tôt ou tard, à leur voler.

Une véritable réduction du périmètre de l’État modérerait enfin ce taux d’épargne. En substituant la dépense privée à la dépense publique — que ce soit dans l’école ou la santé — on élèverait mécaniquement le PIB par la consommation et l’efficacité. Y va-t-on ? Absolument pas. Les budgets Barnier-Bayrou-Lecornu II sont une insulte à l’intelligence économique : ils ne jurent que par la hausse des prélèvements obligatoires. Le résultat est immédiat : une confiance des ménages ébranlée par l’instabilité politique et un ras-le-bol fiscal qui confine à la révolte sourde.

Investissement & croissance : le calme plat avant la tempête

Le plan Draghi et ses 800 milliards d’euros de fantasmes fédéralistes sont enterrés, et c’est tant mieux. De toute façon, la France n’a plus aucune marge de manœuvre budgétaire. Elle est nue. L’investissement privé, lui, est en berne, suspendu au retour hypothétique d’une stabilité qui ne viendra pas de sitôt quand on voit le résultat (favorable au RN) de législatives partielles : les LR feront tout pour rester vissés sur leur siège jusqu’en juin 2027. Sans baisse des dépenses et sans baisse des impôts, l’investissement restera une chimère.

Conséquence directe : la croissance est nulle. Et c’est ici que le piège de la BCE se referme sur nous. Francfort conduit une politique monétaire unique pour 21 pays, une aberration technocratique. Avec une croissance nominale à 3 % et une inflation à 2 %, la politique monétaire est déjà restrictive en moyenne. Mais pour la France, c’est pire : avec une inflation plus faible que ses voisins et une croissance atone, le taux réel nous étrangle. Le chômage a déjà commencé à remonter – c’était inéluctable –  et il vient nourrir la méfiance d’un pays déjà au bord de la rupture.

Le cap est désormais inexorable, et il sera douloureux : sous-indexation des retraites et « tri » des dépenses de santé. Le contrat social est rompu, l’État providence est en faillite.

Stratégie patrimoniale : apprenez vite à naviguer dans le chaos !

Face à ce naufrage programmé, votre patrimoine doit devenir votre priorité absolue. Ne comptez sur personne d’autre.

1) Immobilier : la fin de l’illusion

Le résidentiel comme le commercial vont subir la loi d’airain de taux à 4 % sur 20 ans. La rechute en prix et en volume n’est pas une probabilité, c’est une certitude. L’immobilier de papa, financé par la dette gratuite, est finito. Sortez des actifs illiquides avant que la trappe ne se referme. Un parcours pédagogique dédié àl’immobilier est en cours de finalisation.

2) Actions : le trompe-l’œil du CAC40

Certes, le CAC 40 affiche un +10 % en façade sur 2025, mais regardez les nuages qui s’amoncellent : la fiscalité va frapper fort dès 2026 avec un PFU (Flat Tax) qui grimpe à 31,4 %. Entre la croissance nulle et des taux longs orientés à la hausse, les actions françaises deviennent un pari risqué… sauf sur la sélection que nous suivons pour vous. Soyez sélectifs, visez l’international, fuyez l’exposition domestique.

3) Obligations : l’éviction à l’envers

Le spread (l’écart de taux) avec l’Allemagne va probablement atteindre à terme les 120 points de base. Le marché ne croit plus en la signature française. Pendant que la dette allemande, italienne ou espagnole est plébiscitée par les investisseurs en quête de rendement relatif, la France devient le paria de l’Europe. Pour votre poche obligataire, regardez vers l’extérieur : la dette d’Amérique Latine (LATAM) offre aujourd’hui des opportunités de rendement que le vieux continent, sclérosé, ne peut plus proposer.

La France ne sera pas l’Irlande (ou… le Portugal, sic !), tant qu’elle n’aura pas le courage de sabrer dans le gras de son État. En attendant ce jour qui ne viendra peut-être jamais, votre seule mission est de protéger ce que vous avez bâti. La sécession patrimoniale n’est plus une option, c’est un devoir de survie.

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