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Le ratio de Sharpe

Calcul et intérêt de l’indicateur

Créée en 1866 par l’économiste US William F Sharpe, la formule ci-dessus permet de comparer la rentabilité d’un actif (ou d’un portefeuille d’actifs) au numérateur à sa volatilité au dénominateur. Plus précisément, on divise la prime de risque – c’est-à-dire l’écart de la rentabilité de l’actif en question (R, espérance des rentabilités du portefeuille) par rapport au taux sans risque ou taux de rendement d’un placement sans risque (Rf) – par un indicateur de risque – ici la volatilité mesurée par l’écart-type (Sigma) de la rentabilité de ce même portefeuille.

Comme le rendement marginal (au numérateur) croît avec le risque (au dénominateur), une hausse du ration S de Sharpe reflète la capacité d’un gestionnaire de portefeuille à obtenir un rendement supérieur au référentiel (mais avec davantage de risque donc).

Nous pouvons distinguer différents cas de figure :

– Si S est négatif, cela signifie que la prime de risque (numérateur) est elle-même négative, et donc que le portefeuille, risqué, fait moins bien que le placement sans risque : licenciez sur le champ votre gestionnaire ou, si c’est vous, formez-vous (mais avec Finance & TIC vous êtes déjà sur la bonne voie) !

– Si S oscille entre 0 et 1, l’excess return (ou sur-rendement, prime de risque positive) est bel et bien positif, mais la volatilité lui est supérieure, donc la prise de risque du portefeuille est excessive.

– En revanche, si S dépasse 1, le portefeuille combine idéalement prime de risque positive (donc sur-rendement) et maîtrise du risque (puisque dans ce cas Sigma< R – Rf) : la surperformance ne se fait pas au prix d’un excès de prise de risque.

D’autres ratios existent, comme le ratio de Sortino ou le ratio de Treynor, qui sont en réalité des variantes du ratio de Sharpe, mais uniquement du dénominateur (le numérateur reste la prime de risque dans tous les cas), c’est-à-dire uniquement dans le choix de l’indicateur de risque, qui est la « volatilité négative » dans la variante de Sortino (donc uniquement la volatilité à la baisse) et le Bêta du portefeuille dans la variante de Treynor (c’est-à-dire le rapport entre l’écart-type du portefeuille et celui du marché). Nous parlerons du Bêta d’un actif dans un autre numéro.

Classement des actifs selon leur ratio de Sharpe

A ce stade, nous pouvons donc en déduire que plus le ratio S de Sharpe est élevé, plus le portefeuille
est performant. Il mesure en effet le couple rendement-risque.
Dans le graphique ci-dessous, le ratio S correspond à la pente de la courbe pour chaque portefeuille.
La pente du portefeuille 1 étant supérieure ((15-5)/4 = 2,5) à celle du portefeuille 2 ((11-5)/4 = 1,5), le gestionnaire du 1er portefeuille est plus performant.

Un ratio de 2,5 pour un portefeuille d’actions signifie par exemple que pour 1% de risque (ou de volatilité) supplémentaire, le portefeuille a généré 2,5% de sur-rendement supplémentaire (par rapport à un placement sans risque). Lorsque l’on calcule le ratio de Sharpe de chaque classe d’actifs (aux USA), l’on obtient le graphique suivant que je vous avais déjà présenté en mai dernier pour parler du bitcoin.

L’on constate ainsi que par ordre décroissant des couples rendement-risque, on a le bitcoin, l’immobilier US suivi de près par les actions américaines, l’or et enfin les obligations. Cela signifie donc que, contrairement aux idées reçues, le bitcoin présente le meilleur couple rendement-risque, c’est-à-dire la meilleure surperformance compte tenu du risque auquel on s’expose ! A vos wallets !

Cette article est en lien avec notre FAQ#2 : Gagnez votre indépendance financière en 2022 !

Vers la fin de l’euro ?

Une question légitime

L’avènement en 1999 sur les marchés et en 2001 pour tous du projet d’Union monétaire (créée par le Traité de Maastricht en 1992) entre aujourd’hui 19 pays regroupés dans l’eurozone a été le coup fatal porté à l’Union Européenne, comme le démontre magistralement le graphique ci-dessus : tant que le taux de change, certes encadré par le Serpent monétaire européen, était flottant entre les devises des Etats-membres, les écarts de productivité et de compétitivité entre pays s’ajustaient par un mécanisme de marché, c’est-à-dire de flexibilité de leurs monnaies et, comme on le voit, tout va bien entre 1975 et 2000 : l’indice de la production industrielle suit la même évolution en Allemagne, en France et en Italie, au taux de croissance annuel moyen de 2,5%.

Mais depuis 2000, depuis que tous les entrepreneurs de la zone euro doivent chausser du 42 (qu’ils fassent du 44 comme les Allemands ou du 38 comme les Italiens ou les Français) puisque le taux de change est désormais fixe (à 1 € = 6,55957 FF par exemple), seul le profit des entreprises peut servir de marge d’ajustement pour compenser les écarts de compétitivité entre pays, ce qui a conduit l’Allemagne à voir son indice de la production industrielle progresser de 20% depuis cette date, contre -22% pour l’Italie et -10% pour la France ! La monnaie commune, calquée comme chacun sait (sauf Mitterrand) sur le Deutsch Mark, a donc tué le tissu industriel italien et dévasté celui de la France.


A quand donc le cauchemar constructiviste de l’euro va-t-il prendre fin ?

Deux hypothèses sont plausibles

1ère hypothèse : Les « frugaux » (bons élèves) en ont assez de l’incurie des pays du Sud.

Dans ce 1er scénario, les pays qui sont de bons gestionnaires, en général en double excédent commercial (pays exportateurs) et public (pas de déficit, dette soutenable) pourraient finir par en avoir assez de payer pour les « passagers clandestins » que sont les pays du Sud, importateurs nets, aux déficits publics et à l’endettement public vertigineux.

Parmi eux, on compte l’Allemagne qui, à la surprise générale, a accepté, l’été dernier, le principe, pourtant interdit jusque là par les Traités de l’UE, de mutualiser la dette CoVid et donc, pour le dire ainsi, de faire payer aux Grecs le taux allemand, ce qui, comme dit Charles Gave, « est très bien pour les Grecs mais nettement moins pour les Allemands ». La Cour constitutionnelle de Karlsruhe a d’ailleurs déjà prévenu que la Constitution allemande ne permet pas à la Banque Centrale allemande (Bundesbank) de racheter de la dette mutualisée, ce qui pourrait finalement conduire Berlin à sortir de l’euro et donc, comme pays fondateur, de l’UE.

2nde hypothèse : Le « Club Med » quitte le navire.

A moins, scénario qui a notre préférence, que ce ne soient les peuples des pays les plus déficitaires et endettés (Italie, France, voire Espagne) qui ne poussent dehors leurs élites européistes, à la faveur de consultations électorales de premier plan (2022 en France, 2023 en Italie), sur fond de crise sanitaire (qui, des masques aux vaccins, a montré les failles d’une « Europe de la santé ») et de crise de la représentativité, au bénéfice de leaders « populistes » au bon sens du terme (respectueux du peuple) qui entameront un « Frexit » ou un « Italexit ». Les Britanniques ont montré la voie. Sauf à ce qu’il n’y ait un « Bruxit », c’est-à-dire une volonté commune de sortir directement Bruxelles et sa bureaucratie soviétisante de l’UE.

Au sein de Samarie & Cie, nous pensons impossible que les choses continuent en l’état au plan européen : la confiance dans l’UE s’effondre un peu partout (voir carte ci-dessous) et nous sommes convaincus que l’UE est la nouvelle URSS du XXIème siècle, le recul des libertés, la paupérisation et les pénuries étant hélas déjà là pour nous conforter dans notre analyse…

Qu’est ce que “Blackrock” ?

Qui se cache derrière “Blackrock”

Un gestionnaire d’investissement hors pair

Première multinationale américaine de gestion d’actifs fondée en 1988 par d’anciens associés de First Boston (Crédit Suisse) et Lehman Brothers sous le nom historique de Blackstone Financial Management, BlackRock gère près de 8 000 Mds $ d’encours à fin 2020. Implantée depuis 2006 en France, la société y gère les fonds que des institutionnels lui confient : compagnies d’assurance, caisses de retraite, grandes entreprises, banques traditionnelles, fintechs, fonds de dotation, etc. Grâce à Gavekal Intelligence Software, la société de conseil de Charles Gave, BlackRock a notamment mis au point un puissant outil de gestion global d’actifs, ALADDIN (pour Asset Liability, Debt and Derivatives Investment Network). Elle s’est depuis imposé, via sa filiale BlackRock Solutions, comme l’un des outils technologiques les plus utilisés dans le monde de la finance (plus de 18 000 Mds $ supervisés chaque jour !)

Introduite en bourse en 1999 à 14 $ l’action, elle vaut aujourd’hui près de 890 $ soit un rendement annuel moyen (hors dividende) de 21,3% !! C’est le triple de la performance annuelle moyenne de la classe d’actifs des actions (hors dividende).

Le « seigneur du CAC 40 »

BlackRock détient aujourd’hui des titres dans près de la moitié des sociétés du CAC40, comme l’indique l’illustration ci-dessous. Selon une étude d’Euronext, ses participations représentent environ 2% du CAC, juste derrière les familles Arnault (LVMH), Bettencourt (L’Oréal) ou encore l’Etat français. Pour un peu moins de la moitié de ses participations, BlackRock détient moins de 5% de leur capital (par exemple 4,58% du capital coté d’Air Liquide ou 4,93% de celui de Schneider Electric) et pour les autres légèrement plus de 5% (à l’exception d’Unibail-Rodamco-Westfield dont elle est actionnaire à hauteur de près de 10% et de Safran pour plus de 6%), afin de bénéficier, pour le moins en France, du régime fiscal dit « de la maison-mère » (très avantageux pour déclarer les dividendes perçus).

Source : TVL, Boursorama, l’Opinion

Un vent de diversification souffle sur ses activités

Ni fonds spéculatif, ni fonds de pension, BlackRock investit en leur nom sur les marchés financiers les actifs que des institutionnels lui confient. Depuis la crise de 2007, elle s’oriente aux deux tiers vers la gestion indicielle de ses encours (via des ETF, voir la rubrique I WOULD LIKE MY MONEY BACK de février dernier) et ouvre en 2018 à Palo Alto son premier laboratoire dédié à l’intelligence artificielle. Très proche de la Commission Européenne auprès de qui elle dépense chaque année 1,5 M€ en lobbying. La firme tente d’influencer les directives européennes en matière de taxation et de régulation des marchés financiers. Elle remporte ainsi en 2020 un appel d’offres de la Commission pour la réalisation d’une étude sur la prise en compte des enjeux climatiques par les superviseurs bancaires de l’UE, et ce alors même que BlackRock détient de grosses positions dans les majors pétrolières, et notamment Chevron, qui, contrairement à TotalEnergies, ne montre guère de préoccupation climatique.

Qui sont ses propres actionnaires ?

Il n’est pas inintéressant de regarder qui sont les actionnaires de ce fonds très présent dans la planète finance. On trouve parmi eux la famille Rothschild, la reine Elisabeth II, l’homme politique US Al Gore, le milliardaire George Soros, l’investisseur de talent Warren Buffett, ou encore les hommes d’affaires mexicain Carlos Slim (propriétaire notamment du New York Times) et canadien Maurice Strong (lié à la Fondation Rockefeller).

Quelle est en France la réputation de BlackRock ?

Longtemps méconnue du grand public, la multinationale a fait les gros titres lors de la crise de 2008, depuis qu’elle a eu à préserver les actifs de certains assureurs ou grandes banques américaines menacés. BlackRock aurait ainsi pris à Goldman Sachs le relais de « Satan de la finance », et ce en dépit des efforts de son PDG, Larry Fink, pour « apparaître comme un des avocats d’un capitalisme réformé ». Peine perdue semble-t-il, d’autant que le 7 janvier 2020, des manifestations (de la SNCF et de la RATP) éclatent au siège parisien de la firme, contre le rôle que le Gouvernement français pourrait vouloir faire jouer à BlackRock dans le cadre de la réforme des retraites (système à points). Un certain ancien entremetteur de la banque Rothschild, du nom de Macron, connaît d’ailleurs personnellement Larry Fink…


Un gros acteur de la finance mondiale donc, à garder à l’œil.

Dans quoi investir pendant l’inflation ?

Une combinaison d’actifs portés par le contexte inflationniste

Nous avons décidé de nous pencher sur les actifs à détenir ou à mettre en portefeuille dès lors que la croissance ralentit et que l’inflation accélère, ce qui nous positionne sur le schéma ci-dessus dans le quadrant nord-ouest.
Nous trouvons, d’abord, deux actifs qui tirent traditionnellement parti des situations critiques, comme l’inflation ou la récession, et donc a fortiori des deux : l’or et les matières premières ou les produits de base (comme le pétrole, les métaux, etc.). Le document liste ensuite deux actifs plus techniques : les obligations des pays émergents et les obligations indexées sur l’inflation. Nous leur ajoutons les actions, et il y en a, qui bénéficient d’une situation inflationniste et le bitcoin. Reprenons l’un après
l’autre ces six actifs stratégiques :

L’or

L’or (1) : ce n’est pas une surprise, dès lors que l’inflation repart, par définition, du fait de la création monétaire, la valeur des monnaies tend à baisser, ce qui favorise l’actif refuge par excellence ; tout ce qui peut constituer une alternative crédible à l’effondrement des monnaies fiat (€, $ en tête) est donc favorisé en période inflationniste, jugement qui n’est pas invalidé en
cas de récession ; c’est ce même raisonnement qui plaide en faveur du bitcoin (6), dont nous avons souligné l’intérêt dans la Lettre de mai dernier. Mettez donc en portefeuille, en investissant au fil de l’eau comme nous vous l’avons recommandé, du BTC et de l’or (au
gramme).

Les matières premières

Les matières premières (2) : là encore portées par l’inflation qu’elles contribuent par ailleurs à entretenir, jouer la carte du pétrole ou de tous les produits de base comme le cuivre, l’acier, le bois de construction, le gaz, etc. n’est pas une mauvaise idée, soit en acquérant des actions de sociétés minières ou pétrolières, soit en misant sur des futures (contrats à terme) vous permettant d’acheter certains actifs plus tard à un prix déterminé aujourd’hui, mais dont vous faites le pari qu’il va augmenter entre-temps.

Les obligations des pays émergents

Les obligations des pays émergents (3) : je serais prudent avec cette catégorie, car les émergents ont beaucoup souffert aussi de la pandémie Covid et ils ne se trouvent pas, sauf exception, dans une situation excellente ; il faut se donner les moyens de savoir si
le pays en question a monétisé (créé de la monnaie) la crise sanitaire ou non et passer son chemin s’il l’a fait, ce qui, vous le savez, n’a pas été le cas de la Chine (mais est-ce encore un émergent ? probablement pas), dont le rendement de l’obligation souveraine depuis 1 an a été (nous en avons en portefeuille) de près de 12% (graphique ci-contre) !

Les obligations indexées sur l’inflation

Les obligations indexées sur l’inflation (4) : elles ont bien sûr le mérite de servir un coupon (rendement) et d’avoir une valeur de remboursement indexés sur l’inflation, ce qui est favorable au rendement de cet actif en période inflationniste, mais il ne faut jamais oublier, et c’est là que le bât blesse, que le cours d’une obligation est inversement proportionnel au taux réel (qui se
trouve au dénominateur) ; donc, si l’inflation est trop rapide et qu’elle contraint les banques centrales à augmenter le taux d’intérêt nominal, le bon rendement d’une obligation indexée sur l’inflation sera dégradée par la baisse du cours de cette même obligation ; le bilan pourrait être négatif. Produit complexe donc, à manier avec précaution.

Les actions

Enfin, nous avons recherché quelques actions (5) que l’inflation, ou plus exactement la hausse des taux qu’elle finit toujours par engendrer fatalement, favoriserait : il y a les actions des sociétés cycliques (a), celles des valeurs de rendement (b) et celles des entreprises à fort pricing power (c) :
(a) Au sein des valeurs cycliques, on peut penser, comme nous l’avons déjà vu, aux secteurs de la construction, de la technologie, de l’énergie, des banques, ou encore de l’automobile ; prudence avec les médias et les loisirs dans le contexte sanitaire dégradé que nous connaissons ;
(b) Au sein des valeurs décotées (de rendement), nous avons identifié Danone (qui a bien prospéré depuis notre dernier conseil : +19%), 3M (sécurité au travail), Exxon (pétrole), SGS (certification), Sodexo (restauration collective) ou Swatch (horlogerie) ;
(c) Au sein des valeurs à fort pouvoir de fixation des prix, nous pouvons penser, bien sûr aux valeurs du luxe (KHOL : Kering, Hermès, L’Oréal, LVMH) ou aux GAFAM, notre préférence allant bien sûr aux premières, qui en plus sont françaises.

Notons au passage que dès que la baisse du cours des obligations est terminée, il faudra à nouveau se concentrer sur des actions peu sensibles à l’inflation.

Ecrit par Florent LY-MACHABERT

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