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Économie, patrimoine, finance personnelle

Parce que vous êtes la première génération à devoir épargner pour votre retraite…

La vocation historique de Samarie & Cie

L’éducation financière est proche de zéro en France. Mais cela n’avait jusque là pas posé de problème, car notre pays connaissait une croissance économique suffisante et une démographie souriante. Tout a changé et les 18-35 ans sont désormais la première génération à devoir impérativement épargner pour compléter la maigre indemnité de retraite que l’État social sera, à horizon 2055-2070, en capacité de servir.

Un système de retraite à bout de souffle : le contexte

Le système de retraites français, tel que nous le connaissons, est à l’aube de profondes transformations. La raison en est simple : il n’est plus adapté à la réalité démographique actuelle.

Un modèle dépassé par la réalité :

  • À sa création, le système a été pensé pour une époque où l’espérance de vie était de 65 ans et où le taux de fécondité était de 3 enfants par femme. Le rapport entre cotisants et retraités était alors très favorable.
  • Aujourd’hui, l’espérance de vie atteint plus de 80 ans pour un taux de fécondité de seulement 1,60 enfant par femme. Le nombre de cotisants pour un retraité diminue drastiquement, fragilisant l’équilibre financier du système.

Dans ce contexte, les débats sur un âge de départ à la retraite à 60 ou 62 ans sont lunaires et anachroniques. L’allongement de la durée de vie impose de repenser fondamentalement la durée de la vie active.

L’impact : travailler plus longtemps et être plus responsable

Nous allons inéluctablement devoir travailler plus longtemps, c’est une réalité admise.

Mais au-delà de l’effort collectif, une responsabilité individuelle accrue s’impose à vous, en tant que première génération à devoir sérieusement anticiper une baisse des pensions de retraite futures. Prévoir un complément de revenu pour la retraite devient, au minimum, un impératif.

L’épargne personnelle n’est plus une option, c’est une nécessité.

La stratégie : penser long terme et dynamique

Pour pallier l’affaiblissement du système par répartition, la solution réside dans l’investissement long terme.

1. Horizon & allocation

La stratégie doit être long terme (idéalement supérieure à 20 ans, selon votre âge). Plus l’horizon est lointain, plus vos investissements peuvent être dynamiques (comprendre : plus risqués, mais offrant un potentiel de rendement supérieur), avec un objectif de rendement autour de 8% par an.

2. L’objectif de retraite

Utilisez la règle des 4% pour vous donner une idée du montant de capital à atteindre pour générer le revenu complémentaire souhaité. Cette règle postule que vous pouvez retirer 4% de votre capital chaque année sans en épuiser la substance.

3. Le pouvoir de la constance

L’effet de levier le plus puissant en investissement est la durée (les intérêts composés).

Exemple concret

Placer 500 € par mois pendant 30 ans dans des ETF (fonds indiciels cotés) avec un rendement annuel moyen de 8% permet de générer 679 699 € (capital investi : 180 000 €).

En appliquant la règle des 4%, ce capital permettrait de générer environ 2 266 € par mois de revenus complémentaires à votre retraite.

Ce scénario démontre qu’avec une discipline financière précoce et une stratégie d’investissement dynamique et long terme, il est possible de construire une sécurité financière robuste pour l’avenir, rendant votre retraite moins dépendante des ajustements structurels de l’État.

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Florent Ly-Machabert


Baisse du pétrole : que faire ?

Depuis le début de l’année 2025, le marché pétrolier traverse une phase de turbulences marquée par une chute significative des cours du brut, passant d’environ 83 $ à 65 $ le baril entre janvier et avril, soit une baisse de plus de 20%. Cette dynamique déflationniste, observée tant pour le WTI que pour le Brent, s’explique par plusieurs facteurs interconnectés, allant de l’offre excédentaire à la baisse de la demande mondiale.

Cet article explore les causes de cette baisse, ses implications économiques et les opportunités d’investissement qu’elle génère, en s’appuyant sur une analyse récente du marché.

Les forces déflationnistes à l’œuvre

  • Surabondance de l’offre pétrolière

L’offre mondiale de pétrole brut est actuellement excédentaire, alimentée par plusieurs dynamiques. D’abord, l’OPEP+, menée par l’Arabie saoudite et la Russie, a augmenté ses quotas de production, passant de 0,12 à 0,5 million de barils par jour (mbj) jusqu’en juin 2026. Parallèlement, la production américaine continue de croître, soutenue par la poursuite, en réalité, des politiques des Bidenomics (2020-2024) et l’exploitation intensive du bassin Permien par des géants comme ExxonMobil. Cette hausse, estimée entre 0,8 et 1 mbj, porte l’augmentation totale de l’offre mondiale entre 0,9 et 1,5 mbj. Dans un contexte où une capacité inutilisée de 4 mbj persiste, cette surproduction exerce une pression baissière sur les prix.

  • Baisse de la demande mondiale

La crainte d’une récession mondiale, bien que potentiellement exagérée (estimée à une contraction économique de 300 Mds € au maximum), a freiné la demande de pétrole. Les incertitudes économiques, notamment en Europe et en Asie, ont réduit la consommation, accentuant l’écart entre l’offre et la demande.

  • Impact du dollar et stabilité des taxes

Le recul du dollar face à l’euro, de l’ordre de 14%, a allégé l’« inflation importée » pour les pays de la zone euro, rendant le pétrole moins coûteux à l’achat. Par ailleurs, la stabilité des taxes, qui représentent environ 60% du prix de vente final, n’a pas amplifié la baisse des cours, maintenant une certaine prévisibilité pour les consommateurs.

Une fourchette de prix gérable, mais toujours des risques à l’horizon

Selon les projections, les prix du pétrole devraient se stabiliser entre 60 et 65 $ le baril, un niveau jugé viable pour les producteurs américains de pétrole de schiste, dont les coûts d’extraction sont plus élevés. Cependant, une chute sous les 50 $ pourrait déclencher une réduction de la production, notamment aux États-Unis et, dans une moindre mesure, en Arabie saoudite, entraînant un rebond des prix.

Cette analyse vaut à situation géopolitique constante, car une reprise du conflit Israël-Iran avec blocage, même temporaire ou partiel du détroit d’Ormuz (voir carte), via lequel transitent 20 mbj (1/5e des transactions pétrolières journalières), est évidemment de nature à faire exploser le cours du brut (vers 100 $ dans un premier temps, voire vers la fourchette 200-350 $).

Opportunités d’investissement

Cette période de baisse des prix offre des opportunités pour les investisseurs avisés, en attendant une inéluctable remontée des prix. Voici quelques pistes d’action :

  • Actions et ETF pétroliers

Les grandes compagnies pétrolières, notamment américaines et européennes, se négocient actuellement à des prix attractifs, voire légèrement décotés. Les investisseurs peuvent se tourner vers des ETF énergétiques ou des actions de « majors » comme ExxonMobil, qui bénéficient de la robustesse du secteur malgré la volatilité des prix.

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  • Devises des pays exportateurs

Avec environ 20% des échanges pétroliers désormais réalisés hors dollar, les devises des pays exportateurs comme le dollar canadien, la couronne norvégienne, ou encore des monnaies émergentes (renminbi, riyal, roupie, naira, rouble) offrent des perspectives intéressantes. Ces devises peuvent être accessibles via des fonds d’investissement (OPC).

  • Diversification vers les matières premières

Outre le pétrole, les matières premières en général (métaux, autres énergies) pourraient bénéficier d’un regain d’intérêt, notamment via des ETF spécialisés.

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Perspectives & recommandations

La baisse actuelle des prix du pétrole reflète un marché en transition, tiraillé entre une offre abondante et une demande hésitante. Si la fourchette de 60-65$ semble tenable à court terme, une vigilance accrue est nécessaire en cas de repli sous les 50$, qui pourrait bouleverser la dynamique du marché.

Pour les investisseurs, cette période représente une fenêtre d’opportunité pour acquérir des actifs pétroliers à des valorisations attractives, tout en diversifiant leurs portefeuilles via des devises ou des fonds spécialisés.

À plus long terme, les évolutions géopolitiques et les politiques énergétiques mondiales continueront de façonner ce marché volatile.

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Florent Ly-Machabert


Au sommet de Kazan, les BRICS+ passent au “stablecoin”…

Lors de leur dernier sommet fin octobre 2024 en Russie, les BRICS+ ont pris deux décisions structurantes.

Création d’un statut de « partenaire des BRICS » et donc, de facto, d’une « zone BRICS »

Actuellement neuf, les BRICS+ (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran, Éthiopie, Égypte, Émirats arabes unis) ont souhaité ouvrir officiellement un statut de pays partenaire, avec les pays dont la liste figure ci-contre. L’idée est de permettre à ces 13 pays de développer leur commerce avec les 9 et de profiter des infrastructures des 9.


Création de BRICS-CLEAR

Les BRICS+ ont par ailleurs instauré officiellement BRICS-CLEAR, un système de règlement et de compensation intra-BRICS ou inter-BRICS/partenaires hors USD et EUR. Ce système se veut une alternative à SWIFT (qui est piloté par les banques centrales du G7, auxquelles s’ajoutent celles de Belgique, de Suisse, de Suède et des Pays-Bas), mais aussi au système chinois CIPS, que la Russie avait rejoint en urgence suite à son éviction de SWIFT au printemps 2022.
Basé sur la technologie de la blockchain, par ailleurs déjà maîtrisée et utilisée par les banques centrales russe et chinoise, ce système n’envisage pas de recourir aux cryptos, trop volatiles, mais aux « stablecoins » (SC) comme unité de compte pour la compensation, cryptos dont la valeur est, par construction, ancrée dans une devise (ex. le $ pour l’USDT ou l’USDC).
Les règlements bilatéraux continueront de se faire en monnaies nationales mais leur compensation sera possible en stablecoin, laquelle devrait être gérée par la Nouvelle Banque de Développement (NBD) des BRICS+, qui jouera ainsi le rôle de chambre de compensation et de plateforme de paiement baptisée « BRICS bridge », sur le modèle de l’Union Européenne des Paiements (qui a fonctionné sur la période
1950-1957) qui a été un facteur d’intégration conduisant au Traité de Rome.
Les BRICS+ ont aussi acté la création d’une société d’assurance et de réassurance des transactions commerciales (BRICS ReInC).
Une projection donne, suite à ces différentes mesures, un recul de l’ordre de 6% des exportations des pays non membres des BRICS, ce qui peut affaiblir les devises du G7.
On observe également une utilisation du $ à d’autres fins, comme conforter Hong-Kong comme centre d’émissions de prêts entre BRICS… en $ !
Il faut à présent s’attendre au recul de plus de 50% du $ comme monnaie de réserve des banques centrales des BRICS+ (ce qui va prolonger le krach obligataire occidental bien entamé).
Enfin, les initiatives de Kazan apportent un précieux soutien à la blockchain comme technologie et aux cryptos et stablecoins comme unités de compte du futur système de compensation de la zone BRICS.
Les monnaies fiat n’ont qu’à bien se tenir…

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Florent Ly-Machabert


Barnier à côté de la plaque !

L’austérité, l’une des politiques budgétaires keynésiennes contracycliques

Synonyme de « rigueur » budgétaire et contraire de la fameuse « relance », la politique d’austérité budgétaire consiste à réduire des dépenses publiques et/ou à augmenter la pression fiscale. On parle parfois de « scénario à la grecque » dont nous retraçons le contenu ci-dessous. Force est cependant de constater que M Barnier ne s’attaque pas en profondeur au mal français…

Un « scénario à la grecque » en France consisterait en l’intervention de la troïka (FMI, Commission, BCE) pour restaurer la confiance des marchés envers la dette française. Cela pourrait notamment passer par des prêts (des « French Loan Facilities ») consentis par les institutions européennes et mondiales en échange de mesures d’austérité drastiques destinées à réduire le déficit primaire (hors intérêts de la dette) de la France.

Concrètement, on pourrait alors s’attendre :

1) Dans la Fonction publique
✓ A une baisse des salaires nominaux de 20 à 30%
✓ A la hausse du temps de travail (retour aux 39h sans hausse de salaire)
✓ Au gel des pensions
✓ A la réduction des effectifs (30%)
✓ A une baisse des dépenses des collectivités locales de 40% (moyennant la fusion d’échelons, une progressive division par 2 des effectifs, l’instauration d’une vraie « règle d’or » budgétaire interdisant tout déficit)
✓ A une fermeture partielle ou totale de l’audiovisuel public

2) Dans la Santé
✓ A une rationalisation de la gestion des hôpitaux (moyennant le « dégraissage » des quelque 25% de personnels administratifs)
✓ Au plafonnement des dépenses de santé à 6% du PIB (contre 12% aujourd’hui environ)

3) Dans l’Éducation
✓ A des fusions d’établissements scolaires ou supérieurs
✓ A une baisse du salaire des enseignants de 30%

4) Dans la Défense
✓ A la réduction de moitié des dépenses militaires (ex. gel des achats d’équipement, fusion de bases militaires, etc.)
✓ Au non-remplacement des départs à la retraite

5) En matière de Retraites
✓ Au report de l’âge légal de 64 à 65 puis 67 ans
✓ Au plafonnement/réduction des pensions
✓ A l’alignement des régimes publics (et spéciaux) sur le privé

6) En matière de Fiscalité
✓ A une hausse de la TVA de 4 pts
✓ A une hausse des taxes sur le carburant
✓ A l’abaissement du seuil de la 1ère tranche de l’IRPP et à l’adjonction de nouvelles tranches

7) En matière de Privatisations
✓ A la privatisation d’infrastructures telles que des ports, des aéroports, le parc immobilier, des opérateurs publics de type Véolia, etc.

8) En matière de Croissance
✓ A la réduction du SMIC de 20%
✓ A l’allégement du Code du travail

Conséquences immédiates sur votre portefeuille d’actions

Même si ce scénario reste hypothétique, une première conséquence à anticiper est de liquider toute position dans votre Plan d’Épargne en Actions (PEA) ou votre Compte-Titres Ordinaire (CTO) qui consisterait en des titres de propriété d’entreprises dont l’État est actionnaire.
J’ai recensé pour vous les principales (CAC 40) :

Autres mesures austéritaires envisageables

Les mesures suivantes ont été appliquées à d’autres pays (Irlande, Portugal, Chypre) dans le cadre de politiques d’austérité.
Il n’est donc pas exclu de les voir apparaître en France, une fois que l’Histoire aura regardé de haut M Barnier…
1) Recapitalisation de banques
2) Mise en place de partenariats public-privé dans les domaines de la Sécurité & de la Justice
3) Retour de la réforme de l’assurance chômage que G Attal a annulée avant le 2nd tour des élections législatives
4) Rationalisation des transports publics
5) Accès restreint aux bourses étudiantes
6) Cotisation spéciale de 3,5% sur les pensions supérieures à 1 500 €
7) Taxation de 10% des dépôts bancaires supérieurs à 100 000 €
Prenez donc vos précautions pour débancariser à minima.
Pour en savoir plus.

Florent Ly-Machabert


La fuite devant l’euro s’intensifie !

Un bull market sur l’or parti pour durer

Comme nous l’expliquions dans cette vidéo, rien ne semble pouvoir arrêter l’or, dont le cours a doublé depuis 2019 (sic !) et qui progresse de plus de 26% depuis le 1er janvier 2024.

Parmi l’ensemble des raisons conjoncturelles qui expliquent ce marché haussier, on compte bien sûr les achats massifs des banques centrales émergentes (notamment russe et chinoise) et la baisse des taux directeurs de la BCE et de la FED. Certes.

Mais il faut surtout insister sur un facteur qui devient structurel, et qui est par nature difficile à jauger : l’exacerbation des tensions géopolitiques, lesquelles ravivent à leur tour le spectre de l’inflation, qui n’a en réalité jamais été conjuré au sein de la zone euro. Or le statut de l’or tient à ce qu’il n’est la dette de personne et c’est pour cette raison qu’un bull market sur ce marché pourrait bien être, actuellement, le signe d’une véritable fuite devant la monnaie.

En effet, deux régimes monétaires sont observables dans l’Occident historique :

  • Une période keynésienne, où le cash en € et en $ joue son rôle et où les obligations surperforment alors le cours de l’or ;
  • Une période wicksellienne, où le cash, détruit par l’inflation, ne parvient plus à jouer son rôle de réserve de valeur : l’or surperforme alors les obligations.

Inutile de vous dire que la zone euro et la zone dollar traversent actuellement une violente turbulence wicksellienne, laquelle a commencé à faire fuir les agents économiques devant le papier-monnaie. Flight-to-quality…

L’effondrement économique de la zone euro

Comme nous l’expliquions dans cette vidéo, avec bientôt 3 200 Mds € de dette publique, soit environ 115% de notre PIB, l’écart de taux (on parle de spread) entre le 10-ans français et le 10-ans allemand a augmenté de… 214% depuis la mi-2021 : il a donc plus que triplé, ce qui commence à indiquer aux prêteurs internationaux qu’il vaut décidément mieux prêter à Berlin qu’à Paris ! Si cette donne devait se poursuivre, il n’est pas à exclure que la France vive un shutdown (temporaire) de ses services publics, hypothèse que j’ai détaillée dans les colonnes de Valeurs Actuelles début septembre…

… et ce, alors même que la « locomotive » allemande n’est pas non plus en grande forme, depuis que les Américains ont, coup sur coup (mais seuls les complotistes y verront un lien), fait exploser le gazoduc North Stream II qui alimentait Berlin en hydrocarbures russes bon marché et déployé un programme de subventionnement des industries européennes souhaitant délocaliser tout ou partie de leur production sur le sol US, idéalement baptisé « Inflation Reduction Act » (IRA) !

N’oublions pas que tout cela avait d’abord était préparé par Mme Merkel, laquelle avait fait fermer toutes les centrales nucléaires ! Concurrencée par la Chine sur l’automobile et le Japon sur les machines-outils (et la chimie), l’Allemagne se désindustrialise désormais au même rythme que la France sous Mitterrand (explosion du coût du travail), puis Chirac (arrivée de l’euro), même si elle garde des ressources que nous n’avons plus, à l’instar d’un excédent commercial annuel d’environ 200 Mds €, d’une dette publique contenue à moins de 64% du PIB et d’un déficit public à 2,5%, soit un quasi respect des obligations européennes du Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC). Nous en sommes loin.

Enfin – et le symbole fait mal, le Portugal, qui a su mener à bien des réformes de « débureaucratisation » d’ampleur, emprunte désormais à un taux plus faible de 18 points de base (soit 0,18 pt de %) que la France !

Des banques européennes de plus en plus fragiles

Comme nous l’expliquions dans cette vidéo, l’indice des banques européennes s’est replis de 70% environ depuis la crise des subprimes, dont on prétend que le secteur bancaire aurait « tiré les enseignements » ! Si l’on peut, il est vrai, opposer au scénario d’un renforcement de la régulation bancaire, que le coût de transposition des règles européennes est très élevé, qu’il elle empêche le développement bancaire, réduit les marges pour financer la croissance (et notamment les firmes non cotées) et que la capitalisation des banques européennes a suffisamment progressé (+10 pts de % depuis la crise des subprimes), il n’en reste pas moins qu’entre autres l’interdépendance des banques systémiques (« too big to fail ») est encore restée excessive.

On aura donc compris qu’hélas les arguments ne manquent pas pour sortir géographiquement vos avoirs financiers de l’UE et de la zone €uro et vous constituer matériellement un panier de devises autres que le dollar et l’euro.
Si l’on en croit le cours de l’or, la fuite devant les grandes monnaies-dette semble en effet avoir commencé, dans un contexte géopolitique très tendu et une situation macroéconomique marquée, d’une part, par la persistance d’un régime d’inflation supérieur à ce qu’il a été depuis deux ou trois décennies et, d’autre part, par l’affaiblissement conjoint du tissu bancaire européen depuis 2007 et des grandes économies européennes (France, Allemagne), tout spécialement depuis la dérive de l’endettement public consécutif au Covid et la « mise sous tutelle énergétique » de l’Europe par les États-Unis via les sanctions contre la Russie.

Mais rassurons-nous : les successeurs de Bruno Lumière, qui nous manque déjà, veillent au grain…

Florent Ly-Machabert


Cap sur les marchés émergents !

Croissance et résilience : une opportunité ?

Les marchés émergents attirent de nouveau l’attention avec des perspectives prometteuses pour le 2nd semestre 2024. Malgré un contexte mondial complexe, des signes de reprise économique et des évaluations attrayantes marquent un tournant potentiel pour les investisseurs. Ces économies, autrefois périphériques, sont aujourd’hui au cœur des débats économiques et politiques internationaux, bénéficiant d’une croissance soutenue tout en faisant face à des risques politiques significatifs. La dynamique de croissance de ces marchés fait écho à un environnement mondial marqué par le ralentissement des économies développées.

Les marchés émergents offrent des perspectives de croissance remarquables (estimée à 4% pour 2024). D’ailleurs cette année, les marchés émergents ont rebondi après un début d’année difficile. Malgré une baisse initiale de 4,7% en janvier, ils ont bien réagi, clôturant le premier trimestre avec une hausse de 2,4%.
Cette dynamique positive sur ce secteur contraste avec une expansion plus modérée des pays développés. Cela s’explique notamment grâce à des réformes politiques et économiques significatives dans des pays tels que l’Égypte (désormais membre des BRICS+) et l’Argentine, mais aussi à l’optimisme généré par les avancées de l’IA, qui ont particulièrement bénéficié aux marchés très axés sur la technologie comme peuvent l’être Taïwan et la Corée du Sud.

Mais les retours sont très variables selon les régions et les secteurs d’activité.
La dynamique globale des taux d’intérêt aura également un impact, avec des indications que la Réserve Fédérale américaine pourrait commencer à baisser les taux dans la seconde moitié de l’année. Cela offrirait un soutien supplémentaire aux marchés de la dette émergente, un environnement de taux bas rendant les dettes des émergents plus lucratives et donc attrayantes.
Il demeure toutefois d’importants risques politiques externes.
Cette année 2024 est en effet marquée par d’importantes échéances électorales, notamment aux États-Unis en novembre, qui pourraient redéfinir les relations commerciales internationales. Une victoire de Trump pourrait réintroduire des politiques protectionnistes affectant significativement les marchés émergents, particulièrement en Chine et au Mexique. Les élections dans 76 autres nations influenceront également les stratégies d’investissement et la stabilité régionale !
Par ailleurs, les tensions géopolitiques persistantes, et régulièrement nourries, au Moyen-Orient représentent un autre vecteur de risque. Ces tensions pourraient entraîner des augmentations des coûts de fret et des délais de livraison, impactant ainsi le commerce global et les coûts des matières premières, avec des répercussions directes sur les économies des marchés émergents. Les incertitudes sur les relations entre la Chine et Taïwan pourraient également revenir sur le devant de la scène.
Malgré ces risques, les réformes entreprises et les valorisations attractives des marchés émergents offrent des opportunités d’investissement significatives. Les écarts de valorisation entre les marchés émergents et les marchés développés sont parmi les plus élevés jamais observés! Si les tensions géopolitiques devaient s’apaiser et si les conditions monétaires devenaient plus favorables, les marchés émergents pourraient connaître une période de croissance significative et de rattrapage des valorisations.

Conclusion
Les marchés émergents en 2024 représentent un mélange complexe d’opportunités, liées à un écart de valorisation historique, mais aussi de risques, qu’ils soient liés aux politiques locales ou aux conditions macroéconomiques et géopolitiques.
Les investisseurs devront naviguer sur ces marchés avec prudence mais le potentiel de croissance est bel et bien là.

Florent Ly-Machabert


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