Baisse du pétrole : que faire ?

Depuis le début de l’année 2025, le marché pétrolier traverse une phase de turbulences marquée par une chute significative des cours du brut, passant d’environ 83 $ à 65 $ le baril entre janvier et avril, soit une baisse de plus de 20%. Cette dynamique déflationniste, observée tant pour le WTI que pour le Brent, s’explique par plusieurs facteurs interconnectés, allant de l’offre excédentaire à la baisse de la demande mondiale.

Cet article explore les causes de cette baisse, ses implications économiques et les opportunités d’investissement qu’elle génère, en s’appuyant sur une analyse récente du marché.

Les forces déflationnistes à l’œuvre

  • Surabondance de l’offre pétrolière

L’offre mondiale de pétrole brut est actuellement excédentaire, alimentée par plusieurs dynamiques. D’abord, l’OPEP+, menée par l’Arabie saoudite et la Russie, a augmenté ses quotas de production, passant de 0,12 à 0,5 million de barils par jour (mbj) jusqu’en juin 2026. Parallèlement, la production américaine continue de croître, soutenue par la poursuite, en réalité, des politiques des Bidenomics (2020-2024) et l’exploitation intensive du bassin Permien par des géants comme ExxonMobil. Cette hausse, estimée entre 0,8 et 1 mbj, porte l’augmentation totale de l’offre mondiale entre 0,9 et 1,5 mbj. Dans un contexte où une capacité inutilisée de 4 mbj persiste, cette surproduction exerce une pression baissière sur les prix.

  • Baisse de la demande mondiale

La crainte d’une récession mondiale, bien que potentiellement exagérée (estimée à une contraction économique de 300 Mds € au maximum), a freiné la demande de pétrole. Les incertitudes économiques, notamment en Europe et en Asie, ont réduit la consommation, accentuant l’écart entre l’offre et la demande.

  • Impact du dollar et stabilité des taxes

Le recul du dollar face à l’euro, de l’ordre de 14%, a allégé l’« inflation importée » pour les pays de la zone euro, rendant le pétrole moins coûteux à l’achat. Par ailleurs, la stabilité des taxes, qui représentent environ 60% du prix de vente final, n’a pas amplifié la baisse des cours, maintenant une certaine prévisibilité pour les consommateurs.

Une fourchette de prix gérable, mais toujours des risques à l’horizon

Selon les projections, les prix du pétrole devraient se stabiliser entre 60 et 65 $ le baril, un niveau jugé viable pour les producteurs américains de pétrole de schiste, dont les coûts d’extraction sont plus élevés. Cependant, une chute sous les 50 $ pourrait déclencher une réduction de la production, notamment aux États-Unis et, dans une moindre mesure, en Arabie saoudite, entraînant un rebond des prix.

Cette analyse vaut à situation géopolitique constante, car une reprise du conflit Israël-Iran avec blocage, même temporaire ou partiel du détroit d’Ormuz (voir carte), via lequel transitent 20 mbj (1/5e des transactions pétrolières journalières), est évidemment de nature à faire exploser le cours du brut (vers 100 $ dans un premier temps, voire vers la fourchette 200-350 $).

Opportunités d’investissement

Cette période de baisse des prix offre des opportunités pour les investisseurs avisés, en attendant une inéluctable remontée des prix. Voici quelques pistes d’action :

  • Actions et ETF pétroliers

Les grandes compagnies pétrolières, notamment américaines et européennes, se négocient actuellement à des prix attractifs, voire légèrement décotés. Les investisseurs peuvent se tourner vers des ETF énergétiques ou des actions de « majors » comme ExxonMobil, qui bénéficient de la robustesse du secteur malgré la volatilité des prix.

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  • Devises des pays exportateurs

Avec environ 20% des échanges pétroliers désormais réalisés hors dollar, les devises des pays exportateurs comme le dollar canadien, la couronne norvégienne, ou encore des monnaies émergentes (renminbi, riyal, roupie, naira, rouble) offrent des perspectives intéressantes. Ces devises peuvent être accessibles via des fonds d’investissement (OPC).

  • Diversification vers les matières premières

Outre le pétrole, les matières premières en général (métaux, autres énergies) pourraient bénéficier d’un regain d’intérêt, notamment via des ETF spécialisés.

Notre dossier de référence :

Perspectives & recommandations

La baisse actuelle des prix du pétrole reflète un marché en transition, tiraillé entre une offre abondante et une demande hésitante. Si la fourchette de 60-65$ semble tenable à court terme, une vigilance accrue est nécessaire en cas de repli sous les 50$, qui pourrait bouleverser la dynamique du marché.

Pour les investisseurs, cette période représente une fenêtre d’opportunité pour acquérir des actifs pétroliers à des valorisations attractives, tout en diversifiant leurs portefeuilles via des devises ou des fonds spécialisés.

À plus long terme, les évolutions géopolitiques et les politiques énergétiques mondiales continueront de façonner ce marché volatile.

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Florent Ly-Machabert



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