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Cap sur les marchés émergents !

Croissance et résilience : une opportunité ?

Les marchés émergents attirent de nouveau l’attention avec des perspectives prometteuses pour le 2nd semestre 2024. Malgré un contexte mondial complexe, des signes de reprise économique et des évaluations attrayantes marquent un tournant potentiel pour les investisseurs. Ces économies, autrefois périphériques, sont aujourd’hui au cœur des débats économiques et politiques internationaux, bénéficiant d’une croissance soutenue tout en faisant face à des risques politiques significatifs. La dynamique de croissance de ces marchés fait écho à un environnement mondial marqué par le ralentissement des économies développées.

Les marchés émergents offrent des perspectives de croissance remarquables (estimée à 4% pour 2024). D’ailleurs cette année, les marchés émergents ont rebondi après un début d’année difficile. Malgré une baisse initiale de 4,7% en janvier, ils ont bien réagi, clôturant le premier trimestre avec une hausse de 2,4%.
Cette dynamique positive sur ce secteur contraste avec une expansion plus modérée des pays développés. Cela s’explique notamment grâce à des réformes politiques et économiques significatives dans des pays tels que l’Égypte (désormais membre des BRICS+) et l’Argentine, mais aussi à l’optimisme généré par les avancées de l’IA, qui ont particulièrement bénéficié aux marchés très axés sur la technologie comme peuvent l’être Taïwan et la Corée du Sud.

Mais les retours sont très variables selon les régions et les secteurs d’activité.
La dynamique globale des taux d’intérêt aura également un impact, avec des indications que la Réserve Fédérale américaine pourrait commencer à baisser les taux dans la seconde moitié de l’année. Cela offrirait un soutien supplémentaire aux marchés de la dette émergente, un environnement de taux bas rendant les dettes des émergents plus lucratives et donc attrayantes.
Il demeure toutefois d’importants risques politiques externes.
Cette année 2024 est en effet marquée par d’importantes échéances électorales, notamment aux États-Unis en novembre, qui pourraient redéfinir les relations commerciales internationales. Une victoire de Trump pourrait réintroduire des politiques protectionnistes affectant significativement les marchés émergents, particulièrement en Chine et au Mexique. Les élections dans 76 autres nations influenceront également les stratégies d’investissement et la stabilité régionale !
Par ailleurs, les tensions géopolitiques persistantes, et régulièrement nourries, au Moyen-Orient représentent un autre vecteur de risque. Ces tensions pourraient entraîner des augmentations des coûts de fret et des délais de livraison, impactant ainsi le commerce global et les coûts des matières premières, avec des répercussions directes sur les économies des marchés émergents. Les incertitudes sur les relations entre la Chine et Taïwan pourraient également revenir sur le devant de la scène.
Malgré ces risques, les réformes entreprises et les valorisations attractives des marchés émergents offrent des opportunités d’investissement significatives. Les écarts de valorisation entre les marchés émergents et les marchés développés sont parmi les plus élevés jamais observés! Si les tensions géopolitiques devaient s’apaiser et si les conditions monétaires devenaient plus favorables, les marchés émergents pourraient connaître une période de croissance significative et de rattrapage des valorisations.

Conclusion
Les marchés émergents en 2024 représentent un mélange complexe d’opportunités, liées à un écart de valorisation historique, mais aussi de risques, qu’ils soient liés aux politiques locales ou aux conditions macroéconomiques et géopolitiques.
Les investisseurs devront naviguer sur ces marchés avec prudence mais le potentiel de croissance est bel et bien là.

Florent Ly-Machabert


L’apesanteur estivale va brusquement cesser.

Panem et circenses…

L’actualité estivale a été tout à la fois chargée et légère, ce qui impose tout à la fois de prendre du champ sur l’ « actualité lourde » (la crise agricole est-elle derrière nous ? la France file-t-elle vers un « scénario à la grecque » ?) et de ne pas éluder ce autour de quoi l’été a tourné en France : la tenue des Jeux Olympiques, dont il ne serait véritablement intéressant d’aborder ni les polémiques liées aux cérémonies d’ouverture et de clôture, ni le bilan en termes de médailles, mais plutôt le respect du budget tel qu’il se présente en cette fin août… soit un coût réel pour le contribuable qui se situe dans une fourchette qui va de 3 à 5 Mds €. Bagatelle, me direz-vous !

A bien le regarder, cet été 2024 est un peu l’antipode de l’été 2021 que Macron avait brutalement massacré, dès le 12 juillet, par un glacial discours devant la Tour Eiffel annonçant la tragique « loi du 5 août » sur le pass « sanitaire », rapidement appelé à devenir « vaccinal », et son cortège de suspensions sans indemnités, de discriminations en tous genres et de viol répété de nos libertés fondamentales !     

Non, l’été 2024, entre une incursion ukrainienne en Russie, des émeutes outre-Manche, un attentat raté contre D Trump et des bombardements tous azimuts au Proche et au Moyen Orient, a plutôt été « léger », en apesanteur, comme l’a lui-même reconnu un E Macron lunaire, qui a déclaré, citant Barbara, à l’issue des JO, ne pas « avoir envie que la vie reprenne ses droits » ! Quel aveu de ce que le pays est devenu un pandémonium dont il responsable ! Comme on sent qu’il aimerait pouvoir sauter dans le premier avion pour continuer à rêver, frémir et s’ankyloser devant des exploits sportifs !

Mais non. La vie politique reprend ses droits. La dette publique dépasse 3 100 Mds € dont près d’un tiers par la seule faute du même Jupiter et la France n’a qu’un gouvernement démissionnaire et aucune perspective de sortie de crise, la pire étant la crise morale, celle de l’avachissement dans une société de pain et de jeux, dans une société où l’on vit à crédit sur le dos de générations qui ne sont pas encore nées, dans une société qui écrase le plus faible (l’enfant à naître, le vieillard) sans une once de remords. 

Incontestablement les temps à venir vont être difficiles. Mais il convient d’en passer par là pour revivre. Que dis-je : pour renaître.

Florent Ly-Machabert


Retour de la gauche : faut-il rembourser vos crédits par anticipation ?

Le contexte des taux a changé : que faut-il faire ?

Vous avez reçu une somme d’argent (issue de la vente d’un bien immobilier ou d’un héritage) ou vous avez de l’épargne financière et vous vous demandez si, dans le contexte d’un retour probable de la gauche à la tête du Gouvernement, il ne vous serait pas profitable de rembourser par anticipation tout ou partie de vos crédits, notamment immobiliers, pour qu’ils échappent au haircut d’une Sandrine Rousseau.
Pour répondre à cette question, retour sur trois réflexes qu’il est indispensable d’avoir.

Réflexe N°1

Il vous faut d’abord impérativement comparer le taux nominal auquel vous avez emprunté la somme que vous envisagez de rembourser au taux de rémunération nominal que vous obtiendriez en plaçant cette somme.
Trois cas de figure peuvent ensuite se présenter :

– si le crédit est « ancien » (contracté avant fin 2021), la probabilité la plus grande est que ce taux soit plus faible que 3% (taux de rémunération actuel du livret A et du LDDS) ou pire que 5% (taux du LEP, bientôt ramené à % ) : vous avez alors intérêt à ne pas rembourser par anticipation le crédit en question ;

– si le crédit est récent (postérieur à la remontée des taux par la BCE), il faut effectuer la comparaison ci-dessus et ne rembourser par anticipation que si le taux de rémunération de l’épargne est inférieur au taux du crédit ;

– enfin, si les deux taux sont équivalents, mieux vaut alors ne pas rembourser et accroître son épargne de précaution ou se constituer un futur apport pour un autre crédit (pour une résidence secondaire par exemple). Il faudra cependant ajuster ce scénario au regard des mesures d’alourdissement de la fiscalité sur le capital que le prochain Gouvernement ne manquera pas de prendre…

Réflexe N°2

N’oubliez cependant pas d’affiner votre comparaison en tenant compte :

– Au débit : des éventuelles pénalités de remboursement anticipé (nulles en général en cas de vente du bien que vous aviez acheté à crédit, mais à surveiller tout de même car les banques y vont souvent au bluff…) ; s’il y en a, il peut être intéressant de garder son capital suffisamment longtemps pour générer des intérêts équivalents à cette pénalité qui peut atteindre 3% du capital restant ;  

– Au crédit : pensez à ajouter en termes d’économies réalisées la baisse (voire l’annulation) de la mensualité de l’assurance emprunteur, puisque vous devrez adresser le nouveau tableau d’amortissement ou le courrier certifiant que vous avez tout remboursé à votre assureur (si celui-ci n’est pas déjà la banque prêteuse).

Réflexe N°3

Enfin, s’il s’agit d’une opération neutre pour évaluer votre patrimoine net (i.e. votre patrimoine brut moins le capital restant à rembourser), le remboursement anticipé d’un crédit fait mécaniquement baisser votre patrimoine brut, lequel est parfois pris en compte dans certaines opérations comme :

– Le calcul du montant octroyé par un établissement prêteur dans le cadre d’un crédit-relais ;

– L’attribution d’un crédit lombard (voir Finance & Tic N°39) ;  

– L’évaluation par le fisc de la proportionnalité des présents d’usage (dons défiscalisés à vos proches).

Une fois tout bien pesé, prenez enfin sereinement votre décision et  tenez-vous-y.

Florent Ly-Machabert


[Hebdo du Courrier] Compte à rebours enclenché pour l’euro !

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[Hebdo du Courrier] Arnault prend L’Epée contre Macron.

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Règle d’or : quel déficit public tolérer ?

Gabriel Attal invente une règle d’or digne de « Sciences (pi)Po » !

En déclarant vouloir inscrire dans la loi l’interdiction d’augmenter les impôts, le Premier ministre pour encore quelques jours a proposé une mesure à la fois improvisée, absurde, injuste et contradictoire.  

Mesure improvisée, car la macronie a elle-même été saisie par l’annonce de la dissolution le 9/6, l’ex-Présidente de l’Assemblée ayant même tenté de dissuader E Macron…

Mesure absurde car la vraie règle d’or consiste, dans une stricte orthodoxie budgétaire, à interdire constitutionnellement (et non dans une loi qui se fait et se défait) le déficit public (et non la seule hausse des impôts !), ce qui, compte tenu de notre médaille d’or en matière de prélèvements obligatoires (47% du PIB), nous contraindrait à réduire drastiquement nos dépenses publiques (57% du PIB), thème qui reste le grand tabou et le grand angle mort de ces législatives éclair…

Notons que, dans une version atténuée, la règle d’or consiste à limiter le déficit public au financement de l’investissement public et non de dépenses de fonctionnement comme c’est le cas aujourd’hui chaque année à compter de la mi-juillet. Rappelons que Bercy doit actuellement lever sur le marché obligataire près de 300 Mds € par an, dont 60% de déficit annuel et 40% d’amortissement de titres de dette qui arrivent à échéance. Dans ce contexte, une règle d’or digne de ce nom devrait consister à trouver d’abord 50 à 100 Mds € par an, à terme près de 150, pour ne plus avoir de déficit (ou à la rigueur) un « déficit d’investissement », ce qui suppose d’avoir tôt ou tard un vrai débat sur le périmètre de l’État et donc, de fait, sur notre système de protection sociale qui représente plus de la moitié des dépenses publiques (environ 850 Mds € annuels) : combien de temps va-t-on continuer avec un système de retraite étatisé à 100% ? Idem pour la santé et l’éducation…

Mesure injuste car elle nous condamnerait à un financement par l’emprunt et donc à la dette perpétuelle, qui n’est rien d’autre que de l’impôt levé sur les générations futures, ce qui contrevient au consentement à l’impôt !

Mesure contradictoire, enfin, avec les annonces du Gouvernement : qu’est-ce donc que la hausse du gaz de 12% en juillet prochain, sinon une hausse du droit d’accise, qui est un impôt indirect sur l’énergie, comme nous en avons vécu une sur l’électricité le 1er février dernier ?

Qu’est-ce qu’un bon système fiscal ?

Les caractéristiques d’un bon système fiscal sont connues ; en effet, il doit être :

– Simple à comprendre ;

– Peu coûteux (de parfaits contre-exemples sont l’ISF et la taxe Hollande à 75% qui n’a fonctionné que 2 ans) ;  

– Équitable : c’est là qu’il y a débat, car notre impôt sur le revenu est progressif en apparence, alors que du fait des niches fiscales, il taxe moins les ménages aisés que les classes moyennes, tandis que la TVA, impôt proportionnel par excellence, taxe davantage en pourcentage de leurs revenus les ménages modestes, puisqu’ils consomment 90% à 95% de leurs revenus là où les classes moyennes ou aisées, qui épargnent davantage, soustraient à la TVA le revenu non consommé.  

Nous sommes favorables à l’instauration d’un impôt sur le revenu de type « flat tax » à 20% et une baisse de tous les autres prélèvements obligatoires (pour en ramener la part dans le PIB à 30/35%), ce qui doit être financé, en face, par une coupe drastique des dépenses publiques (système de protection sociale à repenser, agences de l’État à supprimer, masse salariale des fonctionnaires à rationaliser, etc.).

Florent Ly-Machabert


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