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Économie, géopolitique, patrimoine, finance personnelle

Au sommet de Kazan, les BRICS+ passent au “stablecoin”…

Lors de leur dernier sommet fin octobre 2024 en Russie, les BRICS+ ont pris deux décisions structurantes.

Création d’un statut de « partenaire des BRICS » et donc, de facto, d’une « zone BRICS »

Actuellement neuf, les BRICS+ (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran, Éthiopie, Égypte, Émirats arabes unis) ont souhaité ouvrir officiellement un statut de pays partenaire, avec les pays dont la liste figure ci-contre. L’idée est de permettre à ces 13 pays de développer leur commerce avec les 9 et de profiter des infrastructures des 9.


Création de BRICS-CLEAR

Les BRICS+ ont par ailleurs instauré officiellement BRICS-CLEAR, un système de règlement et de compensation intra-BRICS ou inter-BRICS/partenaires hors USD et EUR. Ce système se veut une alternative à SWIFT (qui est piloté par les banques centrales du G7, auxquelles s’ajoutent celles de Belgique, de Suisse, de Suède et des Pays-Bas), mais aussi au système chinois CIPS, que la Russie avait rejoint en urgence suite à son éviction de SWIFT au printemps 2022.
Basé sur la technologie de la blockchain, par ailleurs déjà maîtrisée et utilisée par les banques centrales russe et chinoise, ce système n’envisage pas de recourir aux cryptos, trop volatiles, mais aux « stablecoins » (SC) comme unité de compte pour la compensation, cryptos dont la valeur est, par construction, ancrée dans une devise (ex. le $ pour l’USDT ou l’USDC).
Les règlements bilatéraux continueront de se faire en monnaies nationales mais leur compensation sera possible en stablecoin, laquelle devrait être gérée par la Nouvelle Banque de Développement (NBD) des BRICS+, qui jouera ainsi le rôle de chambre de compensation et de plateforme de paiement baptisée « BRICS bridge », sur le modèle de l’Union Européenne des Paiements (qui a fonctionné sur la période
1950-1957) qui a été un facteur d’intégration conduisant au Traité de Rome.
Les BRICS+ ont aussi acté la création d’une société d’assurance et de réassurance des transactions commerciales (BRICS ReInC).
Une projection donne, suite à ces différentes mesures, un recul de l’ordre de 6% des exportations des pays non membres des BRICS, ce qui peut affaiblir les devises du G7.
On observe également une utilisation du $ à d’autres fins, comme conforter Hong-Kong comme centre d’émissions de prêts entre BRICS… en $ !
Il faut à présent s’attendre au recul de plus de 50% du $ comme monnaie de réserve des banques centrales des BRICS+ (ce qui va prolonger le krach obligataire occidental bien entamé).
Enfin, les initiatives de Kazan apportent un précieux soutien à la blockchain comme technologie et aux cryptos et stablecoins comme unités de compte du futur système de compensation de la zone BRICS.
Les monnaies fiat n’ont qu’à bien se tenir…

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Florent Ly-Machabert


L’once d’or bientôt à 3 000 $ ?

Un rallye haussier incroyable depuis janvier 2024

Les performances récentes de l’or sont pour le moins exceptionnelles : quintuplement du cours (sic !) depuis 1999, doublement du cours depuis seulement 2019, +37% en € en 2024, soit un taux de croissance annuel moyen réel (sans gonflement artificiel de l’inflation) de près de 7% sur les 25 dernières années (voir tableau ci-dessous) ! Qui plus est, nos analyses graphiques permettent d’affirmer que l’or est actuellement « au prix », c’est-à-dire qu’il ne présente ni décote, si surcote, ce qui constitue, je crois, le meilleur argument à opposer à tous ceux qui estiment que le coup est parti et qu’il est trop tard pour sauter dans le train.

Mais il reste à comprendre les raisons profondes de ce marché haussier, car, à elles seules, la hausse des taux d’intérêt réels, la relative force du dollar US et la désinflation, sont des facteurs normalement baissiers pour l’or ; sauf que, structurellement, on trouve désormais 2 grandes catégories de « drivers » haussiers :
1) Des achats massifs d’or de la part des banques centrales émergentes (not. Chine, Russie, Arabie saoudite) : l’or constitue désormais 30% des réserves de la banque centrale russe, 15% en Afrique du Sud, 10% en Inde, 5% en Chine et 5% au Mexique ;

2) Le retour de fortes tensions géopolitiques, notamment au Proche et Moyen-Orient, qui, en accroissant le niveau d’incertitude, renforcent, malheureusement, l’appétit pour les valeurs refuge.
Conjoncturellement, c’est à présent la baisse des taux directeurs de part et d’autre de l’Atlantique (depuis juin 2024 pour la BCE et depuis septembre dernier pour la FED), qui, en réduisant, l’attrait pour les devises $ et € renforce en creux la valeur refuge qu’est l’or. Il s’ensuit que le cours de l’or exprimé en dollar et, secondairement en €uro, croît au fur et à mesure que lesdites monnaies fiat baissent. A cet égard, le graphique ci-contre est très révélateur de l’effondrement de la valeur de l’euro depuis 2008, puisque, selon l’étalon de mesure utilisé, on s’aperçoit que l’indice boursier français (dividendes réinvestis) n’a pas progressé si on en mesure l’évolution en or, alors qu’il a crû de 162% si on le mesure en euro !!

Se sont enfin ajoutés les propos pessimistes de Christine Lagarde quant aux perspectives de croissance de la zone euro, lesquelles alimentent des anticipations négatives et donc une hausse du cours de l’or.
Concernant l’or, nous demeurons, vous l’avez compris, fondamentalement bullish (haussier), essentiellement pour 4 grandes raisons :
– La nouvelle baisse des taux en décembre de part et d’autre de l’Atlantique ;
– L’exacerbation (dramatique) des tensions géopolitiques (en Syrie à présent) ;
– L’incertitude liée au retour de D Trump, de nature à raviver les tensions commerciales entre la Chine et les USA ;
– Le « momentum » des BRICS+ (gros consommateurs d’or), qui, grâce à leur pouvoir d’agenda sur le G20 jusqu’au 31 décembre 2025, renforcent leur influence géopolitique, comme l’a récemment illustré leur sommet annuel à Kazan en Russie.
Il semble opportun de dédier à l’or 80% des fonds que vous fléchez vers les métaux précieux, lesquels peuvent représenter, selon votre horizon de placement (i.e., essentiellement, votre âge…) 20 à 50% de l’ensemble de votre portefeuille financier.

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Florent Ly-Machabert


L’important de 2024 qui va peser sur 2025 !

L’an neuf est déjà là ! Et il s’annonce éruptif.

Pour ce premier Edito 2025, j’ai souhaité explorer la nouvelle année à la lueur de 10 évènements de l’an passé que l’IA m’a aidé à identifier comme plus structurants que les autres, notamment parce qu’ils sont amenés à peser sur l’année qui commence.

Voici donc en exclusivité les 10 thèmes édifiants de 2024 qui devraient structurer 2025 :

1)     Le risque de défaut de paiement de la France

2)     La capacité de D Trump à faire chanter E Macron sur un certain dossier…

3)     Les Jeux Olympiques de Paris

4)     Les conséquences de la chute du régime syrien sur l’Union européenne

5)     Les vérités qui sortent sur la pandémie de Covid  (USA, Allemagne)

6)     Le procès de Netanyahu et sa survie au retour de Trump

7)     Le retour triomphal de D Trump comme 47ème Président des États-Unis

8)     Les vrais risques de guerre mondiale

9)     La reconstruction (et l’inauguration) de Notre-Dame-de-Paris

10)   Le drame à Mayotte

On observe au passage que sur 10 évènements, 4 au moins sont liés à la personne de D Trump (2/, 6/, 7/ et 8/) dont la réélection est probablement l’IMPORTANT de 2024, c’est-à-dire le fait majeur susceptible d’avoir les plus lourdes conséquences sur l’année 2025. On voit aussi que la France (1/, 2/, 3/, 9/ et 10/) mais aussi l’Allemagne (4/ et 5/) sont particulièrement dans l’œil du cyclone 2025…

Bonne lecture et… Sainte année 2025 !

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Florent Ly-Machabert


Effondrement du NWO !

Oui, l’élection triomphale de Donald Trump le 5 novembre dernier signe l’arrêt de mort du « Nouvel Ordre Mondial », expression un peu confuse généralement utilisée pour désigner ce concept géopolitique de l’immédiat après-guerre froide qui décrit l’alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une certaine unipolarité, incarnée par les États-Unis et réemployée depuis pour parler de la consolidation d’une « gouvernance mondiale » (en matière financière ou environnementale, par exemple).

Or, de par ses positions protectionnistes au plan économique et quelque peu isolationnistes au plan géopolitique, Donald Trump ne se cache pas d’être bien plus un « jacksonien » (du nom du 7ème président des États-Unis entre 1829 et 1837, Andrew Jackson) qu’un Républicain (rappelons d’ailleurs qu’il a commencé sa carrière chez les Démocrates…). Comme son lointain ancêtre A Jackson, D Trump défend en effet l’idée que le commerce doit remplacer la guerre. Comme 45ème Président des États-Unis, Trump n’a d’ailleurs, entre 2016 et 2020, déclenché aucune guerre, contrairement à ses prédécesseurs et à son sénile successeur.

Gageons que comme 47ème Président, il aura non seulement appris de ses erreurs (ce que semble pour lors démontrer la constitution en cours de son Cabinet qui ne fait aucune place aux lobbyistes) mais saura également profiter de la fenêtre d’opportunité des deux ans qui viennent, d’ici aux Midterms (2025-2027) pour liquider l’État profond.

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Florent Ly-Machabert


Cessons d’exprimer la dette en % du PIB !

Il est des farces qu’il est bon de faire cesser.

Parmi elles, celle qui consiste à rapporter la dette d’un Etat (ou, pire, son déficit) au PIB, alors que la dette est un stock (de déficits justement, accumulés année après année, depuis 1974 dans le cas de la France) et le produit intérieur brut un flux, généralement annuel, de valeurs ajoutées (pour le secteur marchand) ou de… coûts de production, essentiellement salariaux (pour le secteur non marchand, qui inclut le secteur public).

C’est comme si un ménage rapportait son taux d’endettement aux revenus… de toutes les personnes qui habitent dans son quartier !

La logique voudrait qu’en comptabilité nationale on rapportât la dette publique, et donc a fortiori le déficit budgétaire, aux recettes de l’État, soit quelque 350 Mds € annuels.

Le « déficit de la France » fin 2024 ne s’élèverait alors plus à quelque 6% du PIB, mais bien à… 49%, ce qui signifie concrètement que l’État dépense une fois et demi ses recettes annuelles !

Idem avec notre « dette publique » qui devrait s’élever fin 2024 à plus de 3 300 Mds €, soit, non pas 115% du PIB comme l’indique le graphique ci-dessus, mais bien… 943%, ce qui signifie, là encore, concrètement, qu’il faudrait que la France consacrât 100% de ses recettes fiscales pendant presque 10 ans pour résorber sa dette ; ce qui ne laisserait plus un seul petit centime pour faire fonctionner les services publics, payer les fonctionnaires, etc. Et c’est sans parler de la dette des collectivités territoriales, ni de celle de la Sécurité sociale (retraite, santé). Et j’omets aussi, par pudeur, la dette hors-bilan…

Voilà où nous en sommes vraiment, sans l’artifice statistique qui consiste à rapporter des choux sur des carottes.  

Florent Ly-Machabert


Barnier à côté de la plaque !

L’austérité, l’une des politiques budgétaires keynésiennes contracycliques

Synonyme de « rigueur » budgétaire et contraire de la fameuse « relance », la politique d’austérité budgétaire consiste à réduire des dépenses publiques et/ou à augmenter la pression fiscale. On parle parfois de « scénario à la grecque » dont nous retraçons le contenu ci-dessous. Force est cependant de constater que M Barnier ne s’attaque pas en profondeur au mal français…

Un « scénario à la grecque » en France consisterait en l’intervention de la troïka (FMI, Commission, BCE) pour restaurer la confiance des marchés envers la dette française. Cela pourrait notamment passer par des prêts (des « French Loan Facilities ») consentis par les institutions européennes et mondiales en échange de mesures d’austérité drastiques destinées à réduire le déficit primaire (hors intérêts de la dette) de la France.

Concrètement, on pourrait alors s’attendre :

1) Dans la Fonction publique
✓ A une baisse des salaires nominaux de 20 à 30%
✓ A la hausse du temps de travail (retour aux 39h sans hausse de salaire)
✓ Au gel des pensions
✓ A la réduction des effectifs (30%)
✓ A une baisse des dépenses des collectivités locales de 40% (moyennant la fusion d’échelons, une progressive division par 2 des effectifs, l’instauration d’une vraie « règle d’or » budgétaire interdisant tout déficit)
✓ A une fermeture partielle ou totale de l’audiovisuel public

2) Dans la Santé
✓ A une rationalisation de la gestion des hôpitaux (moyennant le « dégraissage » des quelque 25% de personnels administratifs)
✓ Au plafonnement des dépenses de santé à 6% du PIB (contre 12% aujourd’hui environ)

3) Dans l’Éducation
✓ A des fusions d’établissements scolaires ou supérieurs
✓ A une baisse du salaire des enseignants de 30%

4) Dans la Défense
✓ A la réduction de moitié des dépenses militaires (ex. gel des achats d’équipement, fusion de bases militaires, etc.)
✓ Au non-remplacement des départs à la retraite

5) En matière de Retraites
✓ Au report de l’âge légal de 64 à 65 puis 67 ans
✓ Au plafonnement/réduction des pensions
✓ A l’alignement des régimes publics (et spéciaux) sur le privé

6) En matière de Fiscalité
✓ A une hausse de la TVA de 4 pts
✓ A une hausse des taxes sur le carburant
✓ A l’abaissement du seuil de la 1ère tranche de l’IRPP et à l’adjonction de nouvelles tranches

7) En matière de Privatisations
✓ A la privatisation d’infrastructures telles que des ports, des aéroports, le parc immobilier, des opérateurs publics de type Véolia, etc.

8) En matière de Croissance
✓ A la réduction du SMIC de 20%
✓ A l’allégement du Code du travail

Conséquences immédiates sur votre portefeuille d’actions

Même si ce scénario reste hypothétique, une première conséquence à anticiper est de liquider toute position dans votre Plan d’Épargne en Actions (PEA) ou votre Compte-Titres Ordinaire (CTO) qui consisterait en des titres de propriété d’entreprises dont l’État est actionnaire.
J’ai recensé pour vous les principales (CAC 40) :

Autres mesures austéritaires envisageables

Les mesures suivantes ont été appliquées à d’autres pays (Irlande, Portugal, Chypre) dans le cadre de politiques d’austérité.
Il n’est donc pas exclu de les voir apparaître en France, une fois que l’Histoire aura regardé de haut M Barnier…
1) Recapitalisation de banques
2) Mise en place de partenariats public-privé dans les domaines de la Sécurité & de la Justice
3) Retour de la réforme de l’assurance chômage que G Attal a annulée avant le 2nd tour des élections législatives
4) Rationalisation des transports publics
5) Accès restreint aux bourses étudiantes
6) Cotisation spéciale de 3,5% sur les pensions supérieures à 1 500 €
7) Taxation de 10% des dépôts bancaires supérieurs à 100 000 €
Prenez donc vos précautions pour débancariser à minima.
Pour en savoir plus.

Florent Ly-Machabert


La fuite devant l’euro s’intensifie !

Un bull market sur l’or parti pour durer

Comme nous l’expliquions dans cette vidéo, rien ne semble pouvoir arrêter l’or, dont le cours a doublé depuis 2019 (sic !) et qui progresse de plus de 26% depuis le 1er janvier 2024.

Parmi l’ensemble des raisons conjoncturelles qui expliquent ce marché haussier, on compte bien sûr les achats massifs des banques centrales émergentes (notamment russe et chinoise) et la baisse des taux directeurs de la BCE et de la FED. Certes.

Mais il faut surtout insister sur un facteur qui devient structurel, et qui est par nature difficile à jauger : l’exacerbation des tensions géopolitiques, lesquelles ravivent à leur tour le spectre de l’inflation, qui n’a en réalité jamais été conjuré au sein de la zone euro. Or le statut de l’or tient à ce qu’il n’est la dette de personne et c’est pour cette raison qu’un bull market sur ce marché pourrait bien être, actuellement, le signe d’une véritable fuite devant la monnaie.

En effet, deux régimes monétaires sont observables dans l’Occident historique :

  • Une période keynésienne, où le cash en € et en $ joue son rôle et où les obligations surperforment alors le cours de l’or ;
  • Une période wicksellienne, où le cash, détruit par l’inflation, ne parvient plus à jouer son rôle de réserve de valeur : l’or surperforme alors les obligations.

Inutile de vous dire que la zone euro et la zone dollar traversent actuellement une violente turbulence wicksellienne, laquelle a commencé à faire fuir les agents économiques devant le papier-monnaie. Flight-to-quality…

L’effondrement économique de la zone euro

Comme nous l’expliquions dans cette vidéo, avec bientôt 3 200 Mds € de dette publique, soit environ 115% de notre PIB, l’écart de taux (on parle de spread) entre le 10-ans français et le 10-ans allemand a augmenté de… 214% depuis la mi-2021 : il a donc plus que triplé, ce qui commence à indiquer aux prêteurs internationaux qu’il vaut décidément mieux prêter à Berlin qu’à Paris ! Si cette donne devait se poursuivre, il n’est pas à exclure que la France vive un shutdown (temporaire) de ses services publics, hypothèse que j’ai détaillée dans les colonnes de Valeurs Actuelles début septembre…

… et ce, alors même que la « locomotive » allemande n’est pas non plus en grande forme, depuis que les Américains ont, coup sur coup (mais seuls les complotistes y verront un lien), fait exploser le gazoduc North Stream II qui alimentait Berlin en hydrocarbures russes bon marché et déployé un programme de subventionnement des industries européennes souhaitant délocaliser tout ou partie de leur production sur le sol US, idéalement baptisé « Inflation Reduction Act » (IRA) !

N’oublions pas que tout cela avait d’abord était préparé par Mme Merkel, laquelle avait fait fermer toutes les centrales nucléaires ! Concurrencée par la Chine sur l’automobile et le Japon sur les machines-outils (et la chimie), l’Allemagne se désindustrialise désormais au même rythme que la France sous Mitterrand (explosion du coût du travail), puis Chirac (arrivée de l’euro), même si elle garde des ressources que nous n’avons plus, à l’instar d’un excédent commercial annuel d’environ 200 Mds €, d’une dette publique contenue à moins de 64% du PIB et d’un déficit public à 2,5%, soit un quasi respect des obligations européennes du Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC). Nous en sommes loin.

Enfin – et le symbole fait mal, le Portugal, qui a su mener à bien des réformes de « débureaucratisation » d’ampleur, emprunte désormais à un taux plus faible de 18 points de base (soit 0,18 pt de %) que la France !

Des banques européennes de plus en plus fragiles

Comme nous l’expliquions dans cette vidéo, l’indice des banques européennes s’est replis de 70% environ depuis la crise des subprimes, dont on prétend que le secteur bancaire aurait « tiré les enseignements » ! Si l’on peut, il est vrai, opposer au scénario d’un renforcement de la régulation bancaire, que le coût de transposition des règles européennes est très élevé, qu’il elle empêche le développement bancaire, réduit les marges pour financer la croissance (et notamment les firmes non cotées) et que la capitalisation des banques européennes a suffisamment progressé (+10 pts de % depuis la crise des subprimes), il n’en reste pas moins qu’entre autres l’interdépendance des banques systémiques (« too big to fail ») est encore restée excessive.

On aura donc compris qu’hélas les arguments ne manquent pas pour sortir géographiquement vos avoirs financiers de l’UE et de la zone €uro et vous constituer matériellement un panier de devises autres que le dollar et l’euro.
Si l’on en croit le cours de l’or, la fuite devant les grandes monnaies-dette semble en effet avoir commencé, dans un contexte géopolitique très tendu et une situation macroéconomique marquée, d’une part, par la persistance d’un régime d’inflation supérieur à ce qu’il a été depuis deux ou trois décennies et, d’autre part, par l’affaiblissement conjoint du tissu bancaire européen depuis 2007 et des grandes économies européennes (France, Allemagne), tout spécialement depuis la dérive de l’endettement public consécutif au Covid et la « mise sous tutelle énergétique » de l’Europe par les États-Unis via les sanctions contre la Russie.

Mais rassurons-nous : les successeurs de Bruno Lumière, qui nous manque déjà, veillent au grain…

Florent Ly-Machabert


Cap sur les marchés émergents !

Croissance et résilience : une opportunité ?

Les marchés émergents attirent de nouveau l’attention avec des perspectives prometteuses pour le 2nd semestre 2024. Malgré un contexte mondial complexe, des signes de reprise économique et des évaluations attrayantes marquent un tournant potentiel pour les investisseurs. Ces économies, autrefois périphériques, sont aujourd’hui au cœur des débats économiques et politiques internationaux, bénéficiant d’une croissance soutenue tout en faisant face à des risques politiques significatifs. La dynamique de croissance de ces marchés fait écho à un environnement mondial marqué par le ralentissement des économies développées.

Les marchés émergents offrent des perspectives de croissance remarquables (estimée à 4% pour 2024). D’ailleurs cette année, les marchés émergents ont rebondi après un début d’année difficile. Malgré une baisse initiale de 4,7% en janvier, ils ont bien réagi, clôturant le premier trimestre avec une hausse de 2,4%.
Cette dynamique positive sur ce secteur contraste avec une expansion plus modérée des pays développés. Cela s’explique notamment grâce à des réformes politiques et économiques significatives dans des pays tels que l’Égypte (désormais membre des BRICS+) et l’Argentine, mais aussi à l’optimisme généré par les avancées de l’IA, qui ont particulièrement bénéficié aux marchés très axés sur la technologie comme peuvent l’être Taïwan et la Corée du Sud.

Mais les retours sont très variables selon les régions et les secteurs d’activité.
La dynamique globale des taux d’intérêt aura également un impact, avec des indications que la Réserve Fédérale américaine pourrait commencer à baisser les taux dans la seconde moitié de l’année. Cela offrirait un soutien supplémentaire aux marchés de la dette émergente, un environnement de taux bas rendant les dettes des émergents plus lucratives et donc attrayantes.
Il demeure toutefois d’importants risques politiques externes.
Cette année 2024 est en effet marquée par d’importantes échéances électorales, notamment aux États-Unis en novembre, qui pourraient redéfinir les relations commerciales internationales. Une victoire de Trump pourrait réintroduire des politiques protectionnistes affectant significativement les marchés émergents, particulièrement en Chine et au Mexique. Les élections dans 76 autres nations influenceront également les stratégies d’investissement et la stabilité régionale !
Par ailleurs, les tensions géopolitiques persistantes, et régulièrement nourries, au Moyen-Orient représentent un autre vecteur de risque. Ces tensions pourraient entraîner des augmentations des coûts de fret et des délais de livraison, impactant ainsi le commerce global et les coûts des matières premières, avec des répercussions directes sur les économies des marchés émergents. Les incertitudes sur les relations entre la Chine et Taïwan pourraient également revenir sur le devant de la scène.
Malgré ces risques, les réformes entreprises et les valorisations attractives des marchés émergents offrent des opportunités d’investissement significatives. Les écarts de valorisation entre les marchés émergents et les marchés développés sont parmi les plus élevés jamais observés! Si les tensions géopolitiques devaient s’apaiser et si les conditions monétaires devenaient plus favorables, les marchés émergents pourraient connaître une période de croissance significative et de rattrapage des valorisations.

Conclusion
Les marchés émergents en 2024 représentent un mélange complexe d’opportunités, liées à un écart de valorisation historique, mais aussi de risques, qu’ils soient liés aux politiques locales ou aux conditions macroéconomiques et géopolitiques.
Les investisseurs devront naviguer sur ces marchés avec prudence mais le potentiel de croissance est bel et bien là.

Florent Ly-Machabert


L’apesanteur estivale va brusquement cesser.

Panem et circenses…

L’actualité estivale a été tout à la fois chargée et légère, ce qui impose tout à la fois de prendre du champ sur l’ « actualité lourde » (la crise agricole est-elle derrière nous ? la France file-t-elle vers un « scénario à la grecque » ?) et de ne pas éluder ce autour de quoi l’été a tourné en France : la tenue des Jeux Olympiques, dont il ne serait véritablement intéressant d’aborder ni les polémiques liées aux cérémonies d’ouverture et de clôture, ni le bilan en termes de médailles, mais plutôt le respect du budget tel qu’il se présente en cette fin août… soit un coût réel pour le contribuable qui se situe dans une fourchette qui va de 3 à 5 Mds €. Bagatelle, me direz-vous !

A bien le regarder, cet été 2024 est un peu l’antipode de l’été 2021 que Macron avait brutalement massacré, dès le 12 juillet, par un glacial discours devant la Tour Eiffel annonçant la tragique « loi du 5 août » sur le pass « sanitaire », rapidement appelé à devenir « vaccinal », et son cortège de suspensions sans indemnités, de discriminations en tous genres et de viol répété de nos libertés fondamentales !     

Non, l’été 2024, entre une incursion ukrainienne en Russie, des émeutes outre-Manche, un attentat raté contre D Trump et des bombardements tous azimuts au Proche et au Moyen Orient, a plutôt été « léger », en apesanteur, comme l’a lui-même reconnu un E Macron lunaire, qui a déclaré, citant Barbara, à l’issue des JO, ne pas « avoir envie que la vie reprenne ses droits » ! Quel aveu de ce que le pays est devenu un pandémonium dont il responsable ! Comme on sent qu’il aimerait pouvoir sauter dans le premier avion pour continuer à rêver, frémir et s’ankyloser devant des exploits sportifs !

Mais non. La vie politique reprend ses droits. La dette publique dépasse 3 100 Mds € dont près d’un tiers par la seule faute du même Jupiter et la France n’a qu’un gouvernement démissionnaire et aucune perspective de sortie de crise, la pire étant la crise morale, celle de l’avachissement dans une société de pain et de jeux, dans une société où l’on vit à crédit sur le dos de générations qui ne sont pas encore nées, dans une société qui écrase le plus faible (l’enfant à naître, le vieillard) sans une once de remords. 

Incontestablement les temps à venir vont être difficiles. Mais il convient d’en passer par là pour revivre. Que dis-je : pour renaître.

Florent Ly-Machabert


Retour de la gauche : faut-il rembourser vos crédits par anticipation ?

Le contexte des taux a changé : que faut-il faire ?

Vous avez reçu une somme d’argent (issue de la vente d’un bien immobilier ou d’un héritage) ou vous avez de l’épargne financière et vous vous demandez si, dans le contexte d’un retour probable de la gauche à la tête du Gouvernement, il ne vous serait pas profitable de rembourser par anticipation tout ou partie de vos crédits, notamment immobiliers, pour qu’ils échappent au haircut d’une Sandrine Rousseau.
Pour répondre à cette question, retour sur trois réflexes qu’il est indispensable d’avoir.

Réflexe N°1

Il vous faut d’abord impérativement comparer le taux nominal auquel vous avez emprunté la somme que vous envisagez de rembourser au taux de rémunération nominal que vous obtiendriez en plaçant cette somme.
Trois cas de figure peuvent ensuite se présenter :

– si le crédit est « ancien » (contracté avant fin 2021), la probabilité la plus grande est que ce taux soit plus faible que 3% (taux de rémunération actuel du livret A et du LDDS) ou pire que 5% (taux du LEP, bientôt ramené à % ) : vous avez alors intérêt à ne pas rembourser par anticipation le crédit en question ;

– si le crédit est récent (postérieur à la remontée des taux par la BCE), il faut effectuer la comparaison ci-dessus et ne rembourser par anticipation que si le taux de rémunération de l’épargne est inférieur au taux du crédit ;

– enfin, si les deux taux sont équivalents, mieux vaut alors ne pas rembourser et accroître son épargne de précaution ou se constituer un futur apport pour un autre crédit (pour une résidence secondaire par exemple). Il faudra cependant ajuster ce scénario au regard des mesures d’alourdissement de la fiscalité sur le capital que le prochain Gouvernement ne manquera pas de prendre…

Réflexe N°2

N’oubliez cependant pas d’affiner votre comparaison en tenant compte :

– Au débit : des éventuelles pénalités de remboursement anticipé (nulles en général en cas de vente du bien que vous aviez acheté à crédit, mais à surveiller tout de même car les banques y vont souvent au bluff…) ; s’il y en a, il peut être intéressant de garder son capital suffisamment longtemps pour générer des intérêts équivalents à cette pénalité qui peut atteindre 3% du capital restant ;  

– Au crédit : pensez à ajouter en termes d’économies réalisées la baisse (voire l’annulation) de la mensualité de l’assurance emprunteur, puisque vous devrez adresser le nouveau tableau d’amortissement ou le courrier certifiant que vous avez tout remboursé à votre assureur (si celui-ci n’est pas déjà la banque prêteuse).

Réflexe N°3

Enfin, s’il s’agit d’une opération neutre pour évaluer votre patrimoine net (i.e. votre patrimoine brut moins le capital restant à rembourser), le remboursement anticipé d’un crédit fait mécaniquement baisser votre patrimoine brut, lequel est parfois pris en compte dans certaines opérations comme :

– Le calcul du montant octroyé par un établissement prêteur dans le cadre d’un crédit-relais ;

– L’attribution d’un crédit lombard (voir Finance & Tic N°39) ;  

– L’évaluation par le fisc de la proportionnalité des présents d’usage (dons défiscalisés à vos proches).

Une fois tout bien pesé, prenez enfin sereinement votre décision et  tenez-vous-y.

Florent Ly-Machabert


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