Au sein de l’indice américain S&P 500 (« Standard and Poor’s 500 »), une soixantaine d’entreprises cotées en bourse ont réduit ou supprimé leurs dividendes en 2020. Si certaines d’entre elles ont réduit leurs dividendes, un groupe de sociétés du S&P 500, connues sous le nom des aristocrates du dividendes, ont augmenté leurs dividendes comme à leur habitude, et ce chaque année depuis au moins 25 ans : elles sont regroupées depuis 2005 dans un indice appelé « S&P 500 Dividend Aristocrats » rassemblant actuellement 65 sociétés US qui satisfont quatre critères précis :
Faire partie de l’indice S&P 500 ;
Avoir augmenté consécutivement le montant total du dividende par action sur les 25 dernières années ;
Avoir une capitalisation boursière (ajustée du flottant) supérieure ou égale à 3 Mds $ ;
Avoir un volume d’échange moyen quotidien supérieur ou égal à 5 M$, et ce durant les trois mois précédant la date du rééquilibrage de la pondération de l’indice.
En pleine pandémie, voici les 5 premiers aristocrates US :
Au-delà de la confondante ressemblance des logos (voir supra), les secteurs représentés sont eux plutôt diversifiés (dans l’ordre de la liste ci-dessus) : boissons non alcoolisées (58 ans de hausse du dividende), pétrole (37 ans), télécoms (35 ans), industrie & sécurité (62 ans), Big Pharma (58 ans).
Florent Ly-Machabert a répondu aux questions économiques de Yannick Urrien pour Bourse Plus. Le podcast de l’entretien paraîtra prochainement sur Kernews.com.
Sur le compartiment actions de la bourse, on distingue en général les titres « growth », portés par une dynamique de croissance économique (donc des profits et du résultat net) des titres « value » de fond de portefeuille, dont la plus-value latente réside dans la décote actuelle de leur cours (que Samarie & Cie peut déterminer ici grâce à nos outils statistiques permettant de situer pour n’importe quelle valeur le niveau de cotation actuel par rapport à la moyenne historique).
L’exemple emblématique des valeurs de croissance est LVMH, tandis que Saint-Gobain illustre les valeurs décotées dont l’épargnant attend le « retour à la moyenne ».
Approche comparée
Les graphiques ci-dessous reflètent le match entre ces deux types de valeurs, la 3ème courbe étant l’indice phare US S&P500 qui les agglomère.
Ainsi, de 2010 à 2020, la « Value » a doublé, contre une multiplication par 3,5 pour la « Growth », tandis que l’indice était multiplié par un peu plus de 2,5. En termes de taux de croissance annuel moyen, cela donne la comparaison édifiante suivante :
Value : +7,2% par an
Growth : +13,9% par an
Indice global : +10% par an
Les valeurs de croissance ont donc fait en moyenne annuelle 2 fois mieux que les valeurs décotées ! Et pendant le Covid ?
Entre janvier et mai 2020 (ci-dessus), la « Growth » est quasiment revenue au niveau pré-crise, tandis que la « Value » baissait de plus de 20% et l’indice composite de 10%.
Entre octobre 2020 et mars 2021 en revanche (ci-dessus), la « Growth » a rebondi de 25% pendant que la « Value » ne s’est revalorisée que de 12%.
Globalement, la courbe montrant l’évolution du ratio Value / Growth est claire :
De 1999 à la crise des subprimes (2008), il valait mieux détenir des actions décotées (+60% de surperformance en 9 ans des valeurs décotées par rapport aux valeurs de croissance, soit +5,4% annuel) ;
De 2008 à 2021, c’est l’inverse : il valait mieux détenir des actions de croissance (+53% de surperformance en 13 ans des valeurs de croissance par rapport aux valeurs décotées, soit +3,3% annuel).
En 2008, il fallait donc vendre la « Value » pour acheter la « Growth ».