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La semaine dernière, nous avons émis quelques hypothèses concernant le maintien de l’inflation à haut niveau en Europe et notamment en France. Que le lecteur averti ne voie pas dans l’article de cette semaine une contradiction : il apporte plutôt des précisions sur le chemin qui va nous conduire d’une inflation élevée (6-7% en glissement annuel, avec des pics à plus de 10% en zone euro) à l’inflation durable à un niveau soutenu (4-5% annuel) qui dépasse de très loin le mandat de la BCE (2%). Ce chemin porte un nom et tout porte à croire que l’Europe s’y engage peu à peu : c’est celui de la désinflation, c’est-à-dire du ralentissement de l’inflation, laquelle, conformément, donc, à ce que nous avons expliqué précédemment, ne devrait pas redescendre de sitôt sous la barre, qui reste élevée, des 4-5%.
Force est de constater, d’abord, que nous vivons depuis octobre 2022, n’en déplaise au Forum de Davos, un contrechoc énergétique, au moins aussi violent que le vrai choc énergétique d’octobre 2021, auquel, par la force des choses, l’opération russe en Ukraine, n’ayant pas commencé, n’avait pas contribué. Il s’en est suivi un quasi retour à la normale des prix de l’énergie, premier puissant facteur de désinflation en Europe.
Le tarissement du crédit, qui se fait sentir tant sur l’immobilier que sur l’investissement, depuis que le principal taux directeur de le BCE remonte (juillet 2022), pourrait aussi jouer un rôle désinflationniste, si ce n’étaient les carnets de commande industriels, pleins à craquer en post-pandémie, qui ont pris le relais.
Notamment tirés par le tourisme, les services ont aussi fait de la résistance, même si, fragiles, ils se retourneront à la première récession venue. Or, on l’a appris aujourd’hui, l’Europe vient d’entrer en récession, pour avoir dilapidé toute marge de manœuvre fiscale et budgétaire et faute de stimuli provenant de la demande externe (plombée par 6% de déficit public, la croissance US n’accélère pas malgré le plein emploi ; tirée par les seuls services cotés, la croissance chinoise reste limitée).
Ne reste que le choc de demande positif que constitue la perspective d’une désinflation sur le pouvoir d’achat des ménages européens, lequel reste tiré par une hausse annuelle moyenne des salaires de l’ordre de 5%. Cette désinflation pourrait alors être le fruit de trois facteurs :
recul, nous venons de le dire, des prix de l’énergie ;
assouplissement des chaînes d’approvisionnement ;
perspective d’une accalmie sur l’inflation alimentaire sous le triple effet à nouveau de la baisse du prix de l’énergie, du léger raffermissement de l’euro (qui améliore notre capacité à importer moins cher) et de la fin, accélérée par Bercy, du rattrapage des marges par la grande distribution.
Si l’on peut toutefois encore s’attendre à deux hausses de taux de la part de la BCE, nous notons qu’il faut toujours privilégier dans vos portefeuilles les actions européennes, encore sous-cotées, par rapport à leurs homologues US et les titres à rendement fixe hors OCDE, soit des obligations souveraines émergentes dont je parle ici.
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Les questions pleuvent pour savoir comment et par où nous allons sortir de la situation économique plus qu’explosive dans laquelle l’Occident – France en tête – n’a de cesse de s’enfoncer depuis 1971 (fin de la convertibilité or du dollar américain : “Dollar is our currency, but it is your problem” dixit John Connally, secrétaire au Trésor sous Nixon), avec une accélération forte depuis 2008 et vertigineuse depuis 2020.
Les monétaristes ont raison : avec un bilan des banques centrales européenne (BCE) et américaine (FED) qui a quadruplé depuis 2009 (doublé entre 2009 et 2020 puis doublé à nouveau depuis 2020), atteignant désormais, chacun, la rondelette somme d’environ 8000 Mds € (9000 Mds $), tout ne pouvait que finir en inflation, la quantité astronomique de monnaie créée se répandant – à partir des actifs financiers, c’est la fameuse loi de Gresham, laquelle explique les bulles que nous avons successivement connues (immobilière, boursière) – sur une quantité de biens et de services augmentant beaucoup plus faiblement que la masse monétaire. La guerre en Ukraine est venue assaisonner la situation, qui ne manquait déjà pas de piquant, puisque le pic inflationniste sur l’énergie remonte en France, contrairement à ce qu’on peut lire y compris sous la plume d’économistes patentés (à moins que ce ne soit justement parce qu’ils sont patentés…), à l’automne 2021, soit quatre bons mois avant le déclenchement de l’Opération spéciale en Ukraine !
Pour juguler cette inflation galopante dont l’Exécutif a déjà annoncé quinze fois le “pic”, le “plateau” ou la dernière “vague”, la vérité macroéconomique se situe quelque part dans un relèvement des taux – à la Volcker – précisément à hauteur de cette inflation, soit, actuellement, environ 7% en glissement annuel. Étranglant les finances publiques et mettant déjà en faillite cinq banques américaines (SVB, FRB, Silvergate, Signature) ou suisse (Crédit Suisse), le “quantitative tightening” des banquiers centraux non seulement ne parvient pas à faire rentrer le dentifrice de l’inflation dans le tube, mais alourdit au-delà du supportable pour les marchés le service de la dette souveraine des pays occidentaux. Avec 3 trillions de dette publique, 7% de taux d’intérêt en France, c’est, à l’horizon 2026-2030, environ 200 Mds € annuels d’intérêts, soit une fois et demi les recettes de la TVA !!! Intenable.
L’Exécutif, français notamment, n’ayant pas vraiment les coudées franches – en pleine contestation sociale – pour procéder au haircut immobilier ou patrimonial dont rêve secrètement Mme Lagarde (et qui serait un jeu d’enfant si les CBDC, comprendre l’€num, voyaient le jour), la hausse des taux directeurs est donc condamnée à se calmer et même à s’inverser – ce qu’on appelle le “pivot” des banques centrales. La FED devrait arrêter la première (ayant commencé plus vite et plus fort que les autres), ce qui devrait renforcer, conjoncturellement, l’euro face au dollar. Les traders du forex peuvent jouer cette carte.
Mais l’inflation, elle, que va-t-elle faire ?
Le pivot des banquiers centraux, conjugué au sous-investissement structurel dans les énergies fossiles – réchauffisme oblige – et à l’enlisement, en réalité maîtrisé par Poutine, du conflit russo-ukrainien, plaident tous pour une désinflation (soit un ralentissement de la hausse des prix), laquelle devrait conduire l’évolution annuelle de l’indice des prix à la consommation (IPC), en tout cas en zone euro, à se stabiliser autour de 5%. Les taux, tant court terme que long terme, restant, pour des raisons d’équilibre des marchés de capitaux, autour de 3% en nominal, cela signifie pour l’épargnant français un statu quo figeant durablement dans le négatif les taux d’intérêts réels (i.e. déduction faite de l’inflation), autour de de -2%.
Quels arbitrages en tirer ?
Votre retraite ne sera pas payée.
Vous endetter vous reste favorable, notamment pour acquérir de la pierre. Je vous renvoie à mes dossiers sur la pierre et sur l’épargne bancaire, qui montrent qu’il faudra sortir du crédit fiduciaire dès lors que l’inflation se calmera durablement, pour repasser en-dessous des taux courts.
Mais qui dit inflation, dit débancarisation dans les autres actifs tangibles complémentaires à la pierre : la terre (forêt, foncier, bétail) et surtout les métaux précieux (or, métaux blancs).
Rechercher un rendement au moins égal au taux d’inflation annuel de long terme, que nous estimons à 5%, est dont un impératif catégorique, en direction duquel les équipes de Samarie & Cie et du Courrier des Stratèges vous accompagnent.
Quand on prend le temps d’explorer, via une quarantaine de modèles que nous vous exposons dans notre second mensuel Signal & Tic, notre monde extérieur, comme notre monde intérieur, en tentant à chaque fois d’abord de l’expliquer, puis, si possible, de le changer, trois mots-clefs ressortent, qui résonnent singulièrement après les « années Covid » – années volées – que nous venons de traverser.
Tout d’abord, le mot attention. Notre attention – notre concentration, notre vigilance – est devenue un marché et les grandes firmes du capitalisme de connivence, celles qui copinent avec l’État, se l’arrachent. Nous obnubiler pendant presque trois ans avec le Covid était leur obsession, pour tout digitaliser, absolument tout, quels qu’en soient les effets secondaires, les « externalités négatives » pour parler en économiste. On pourra lire avec intérêt le dernier ouvrage de G Bronner – sociologue pourtant ouvertement macroniste – mais qui décrit très bien le hold-up cognitif en cours (sauf qu’il en conclut qu’il faut verrouiller les réseaux sociaux…) : Apocalypse cognitive.
Ensuite, nous gagnerions à retrouver le sens de l’effort – voire de la douleur – en toutes choses. J’écrivais déjà en 2007, dans un ouvrage préfacé par un L Wauquiez qui venait tout juste d’être Young Global Leader mais qui n’avait pas encore fait son coming out liberticide (il teste désormais la reconnaissance faciale dans les transports collectifs de Rhône-Alpes/Auvergne… mais ne vous inquiétez pas : « c’est français, c’est la police française »), j’écrivais alors, disais-je, en Omar Raddad de l’économie, que « le consumérisme nous a tuer », c’est-à-dire qu’à force de ne plus faire d’efforts, à force d’avoir tout, tout le temps, à portée de bras, de clics ou de carte bancaire, nous avions fini par occire le mérite. Ce temps est révolu et il nous faut à présent nous retrousser les manches, en exploitant le meilleur de la technologie et en en abandonnant le pire, pour recréer du lien social. Du vrai lien social. Humain, pleinement humain. Quelques mots clefs riment avec cet effort, voire cette douleur qui accompagne tout changement d’époque, d’ère ou de cycle ; je les emprunte au physicien Ph Guillemant, dont je recommande chaudement la lecture de son dernier ouvrage (Le grand virage de l’humanité) : résilience, autonomie, solidarité.
Enfin, tout démontre que l’esprit critique et le libre arbitre doivent l’emporter mais que tout est fait actuellement pour les défaire. La nécessité de nous déconditionner n’a jamais été aussi grande et les entraves pour nous en empêcher également. Tout est à reconstruire, à commencer, peut-être, par ce qui nous semblait il y a encore trois ans aller de soi : la Science (la santé, la médecine), les Médias, l’École. Une réflexion, critique, elle aussi, doit intervenir pour redessiner les contours de l’État. Je prends personnellement ma part dans la reconstruction des deux dernières institutions, à travers Samarie & Cie et Le Courrier des Stratèges d’une part, via un projet de fondation d’une école indépendante dans le Bourbonnais d’autre part, où, d’ailleurs, je pars m’installer le mois prochain, tant je pense que nous arrivons, en France, à un point où il convient de “vendre la ville” pour “acheter la campagne”.
Il faut enfin apprendre à débattre et à se reparler.
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Le prochain dossier va paraître dimanche 28/05 dans la boutique du Courrier des Stratèges. Il traitera, dans la foulée des vidéos d’Edouard Husson sur le système dollar, de l’or comme actif anti-guerre mondiale. La vidéo de présentation est ci-dessous…