L’or a corrigé d’environ 25 % depuis son sommet de janvier 2026. Faut-il profiter de cette baisse pour renforcer sa position, conserver son métal précieux ou, au contraire, en vendre une partie ?
Dans ce Brief Investisseur n°12 de Samarie & Cie, nous analysons la situation de l’or après sa forte hausse, et surtout les décisions patrimoniales à envisager pour gérer son or physique dans les meilleures conditions.
Au programme:
📉 Où en est le cours de l’or ? Comprendre les facteurs qui pèsent sur les prix, ceux qui continuent de soutenir le métal jaune et ce que révèle sa tendance de long terme.
🔐 Comment bien conserver son or ? Coffre à domicile, coffre bancaire, gardien professionnel ou ETC adossé à l’or : nous comparons les solutions, leurs coûts, leurs avantages et leurs limites.
💰 Est-ce le bon moment pour vendre ? Pourquoi une vente partielle et progressive peut se justifier, comment déterminer la part d’or à conserver et pourquoi il peut être préférable de vendre par tranches plutôt qu’en une seule fois.
⚖️ Quelle fiscalité lors de la revente ? Taxe forfaitaire de 11,5 %, régime de la plus-value, justificatifs d’acquisition, seuil de 5 000 € pour certains biens et exonération après 22 ans : nous détaillons les règles et les points de vigilance.
🧾 Comment vendre dans de bonnes conditions ? Évaluation de l’or, comparaison des acheteurs, frais, marges et documents nécessaires : les étapes à connaître avant de céder vos pièces, lingots ou bijoux.
Enfin, nous présentons un plan d’action en sept étapes pour inventorier, regrouper, sécuriser et, si nécessaire, vendre une partie de son or tout en tenant compte de son patrimoine et de sa situation fiscale.
L’objectif : passer de la question « Que va faire le cours de l’or ? » à une question plus concrète : comment bien gérer l’or que l’on possède déjà ?
-15 % sur l’action Schneider Electric : un coup de Trafalgar en bourse plus que rare
Schneider Electric (SE), valeur déjà présente dans notre portefeuille français, a cédé environ 15 % en deux séances après l’annonce, le 5 octobre 2026, du rachat de PTC. Le jour même, l’action Schneider Electric clôture en baisse de 9,97 %, à 272,80 €.
Le marché semble sanctionner un prix jugé élevé : 205 dollars par action, tout en numéraire, soit une opération d’environ 22,6 milliards de dollars, ou 20,1 milliards d’euros, et 21,1 Mds € en valeur d’entreprise. C’est la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe.
Cette baisse ramène le cours à 252 € le 7 octobre. Elle pose directement la question d’un prix d’entrée ou de renforcement, que nous abordons en urgence dans ce 11e brief. Pour situer le recul, il faut repartir du récent sommet, proche de 312 €. Au 6 octobre 2026, le cours de l’action Schneider avait évolué entre 220,40 € et 312,30 € sur 52 semaines.
Ce que les marchés ne disent pas toujours : après la baisse du 5 octobre 2026, le titre se négociait encore à près de 33 fois ses bénéfices, pour une capitalisation d’environ 150,7 milliards d’euros au 6 octobre 2026. Le cours a subi une chute brutale. Pourtant, la question relève moins de l’analyse technique que des fondamentaux, puisque la performance atteignait encore 93,81 % sur cinq ans au 6 octobre 2026.
Le rachat de PTC : montant, financement & synergies attendues
PTC édite des logiciels de conception assistée par ordinateur et de gestion du cycle de vie des produits, utilisés par plus de 30 000 clients industriels. Schneider Electric dispose déjà de logiciels pour exploiter les usines. Avec PTC, il ajouterait des outils qui interviennent dès la conception des produits, ce qui prolongerait la digitalisation de la chaîne industrielle.
Le prix se lit au regard des comptes de la cible : en 2025, PTC réalise 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une marge d’EBITA ajustée d’environ 40 %. Sa valeur, dette comprise, représente 21 fois son EBITA ajusté attendu en 2027. Ce multiple ne descendrait à 13 fois que si toutes les synergies promises se réalisaient.
Financement : 16 à 17 milliards d’euros de dette et 5 à 6 milliards d’euros d’actions nouvelles.
Synergies de coûts : 250 millions d’euros d’économies d’ici trois ans.
Synergies de revenus : environ 800 millions d’euros de revenus supplémentaires.
Calendrier : finalisation attendue d’ici le troisième trimestre 2027, sous réserve du vote des actionnaires de PTC et des autorisations réglementaires.
Ce financement aurait deux conséquences à découvrir dans le brief.
Un brief exclusif pour vous faire votre avis sur l’action Schneider Electric
Pour mémoire, le titre reste, dans notre stratégie, le moyen de jouer la Chine et l’Asie de l’Est (environ 1/5e du CA annuel), tout en restant exposé à une société française, leader de la gestion d’énergie et des automatismes.
L’acquisition de titres SE, ou le renforcement de la ligne, pourrait à présent permettre de jouer une croissance externe tournée vers le logiciel et vers l’IA. PTC, éditeur d’abonnements de conception et de cycle de vie des produits, doit porter la part des logiciels et services d’environ un cinquième à un quart des ventes de SE.
La grille Samarie dépeint Le brief en question, le voilà un tableau précis. Le groupe conserve son modèle et sa solidité, mais l’acquisition de PTC érode aussi des points forts (dette, ROCE). Faut-il pour autant se détourner du titre ? Le dividende continuera de progresser et les fondamentaux sont restés extrêmement robustes depuis que SE est dans notre portefeuille.
Le brief en question, le voilà : nous ne souhaitons pas attendre les ventes du troisième trimestre, avancées au 16 octobre 2026, pour témoigner de la confiance que nous avons dans nos propres analyses. Nous ne voulons pas non plus nous laisser perturber par une publication dont la date a été déplacée.
Le brief 11 porte notamment sur le prix que le marché semble juger élevé : un multiple de 21 fois l’EBITA, une dette envisagée de 16 à 17 milliards d’euros, la dilution possible et des synergies de revenus incertaines. Il les confronte au prix de 252 € pour dire si l’entrée ou le renforcement se justifie. Le brief 11 figure dans notre sélection d’analyses sur les actifs cotés, avec nos modules sur la stratégie boursière.
Centres de données, IA et transition énergétique : les moteurs de croissance
Le groupe exerce deux métiers. La gestion de l’énergie (distribution électrique, alimentation sécurisée) représente environ 82 % des ventes de 2024, en croissance organique de 12 %. L’automatisation industrielle, qui comprend les systèmes de contrôle et les logiciels, pèse environ 18 % des ventes, avec une évolution organique de −3,7 %. PTC viendrait renforcer ce second pôle, dont l’évolution organique était négative en 2024.
Le premier pôle profite de la transition énergétique et de l’essor des centres de données. Schneider Electric fournit à ces centres de la distribution électrique, de l’alimentation sécurisée, des outils de gestion de l’énergie et du refroidissement liquide. En 2025, ces activités représentent environ 30 % des commandes. Au premier trimestre 2026, elles sont le principal moteur du groupe, avec une croissance à deux chiffres particulièrement forte en Amérique du Nord.
Le groupe a enrichi cette offre avec un spécialiste du refroidissement liquide, racheté en février 2025, et prévoit une usine de modules préfabriqués pour centres de données d’IA à Dunkerque. Une autre acquisition, annoncée le 30 juin 2026 pour 3,1 milliards de dollars, ajoute des outils d’IA industrielle à l’automatisation. Elle doit aussi accroître la part des revenus logiciels et récurrents.
Résultats 2024 et dividende : des fondamentaux solides
Les résultats de 2024 illustrent la solidité que nous évoquions plus haut. Le chiffre d’affaires atteint 38 153 millions d’euros, en croissance organique de 8,4 %. L’EBITA ajusté s’élève à 7 083 millions d’euros, soit une marge de 18,6 % (+90 points de base). Le résultat net atteint 4 269 millions d’euros et le flux de trésorerie disponible 4 216 millions d’euros.
Pour l’exercice 2024, le dividende proposé s’élève à 3,90 € par action, en hausse de 11 %. C’est la quinzième année consécutive de progression, et le groupe dit maintenir une politique de dividende en hausse malgré l’opération. Pour les investisseurs, le rendement total combine ces dividendes et une éventuelle plus-value à la revente, sans que ni l’un ni l’autre ne soit garanti.
Les risques à peser avant d’investir dans l’action Schneider
La valorisation reste élevée, ce qui rend le titre Schneider Electric sensible à toute déception sur la croissance ou sur l’intégration de PTC. Le financement et l’intégration de deux acquisitions logicielles annoncées en 2026 créent en complément un risque d’exécution. À ces points s’ajoutent des facteurs propres à tout groupe industriel mondialisé :
des droits de douane, des tensions géopolitiques et des taux d’intérêt qui peuvent freiner les investissements des clients ;
des cycles industriels ou un ralentissement économique qui pèsent sur la demande ;
l’exposition aux devises et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement ;
la concurrence et la nécessité de maintenir l’effort de recherche et développement.
Le cours d’une action peut baisser, et tout placement en actions expose à une perte en capital. Le moment d’entrée dépend aussi de l’environnement économique. C’est l’objet de notre étude synthétique de valeur d’une société cotée, qui confronte la situation de l’entreprise aux fondamentaux macroéconomiques des pays où elle produit, vend et est cotée.
Acheter l’action Schneider Electric : cotation, PEA et critères personnels
L’action est cotée sur Euronext Paris sous le symbole SU. Elle est éligible au PEA et peut aussi être détenue sur un compte-titres ordinaire. En France, un particulier majeur domicilié fiscalement dans le pays peut détenir des actions dans un PEA bancaire classique, avec des versements plafonnés à 150 000 €.
Après cinq ans de détention d’un PEA bancaire, les plus-values de cession sont exonérées d’impôt sur le revenu mais restent soumises aux prélèvements sociaux. Le choix de l’enveloppe, la fiscalité et la transmission sont traités dans notre dossier pratique sur la détention d’actions en bourse.
Au-delà des perspectives et des prévisions du groupe, acheter l’action Schneider Electric dépend de votre horizon, de votre tolérance au risque et de la place du titre dans un portefeuille diversifié. Une décision financière éclairée commence par ce cadre, et cet article ne vaut pas recommandation personnalisée. Sur le long terme, la différence se joue sur le prix payé, que le brief 11 permet d’évaluer.
Foire aux questions
Pourquoi Schneider Electric chute-t-il en bourse ?
Le titre a perdu 9,97 % le 5 octobre 2026, après l’annonce du rachat de PTC pour 22,6 milliards de dollars. Le marché sanctionne un prix élevé (21 fois l’EBITA attendu en 2027), un financement par la dette et par des actions nouvelles qui diluent les actionnaires, ainsi que des synergies de revenus incertaines.
Quel avenir pour Schneider Electric après PTC ?
Le groupe s’appuie sur les centres de données, qui représentent environ 30 % des commandes en 2025, et sur l’ajout de logiciels de conception grâce à PTC. Il prévoit une hausse du bénéfice par action ajusté dès la première année de consolidation complète. La finalisation est attendue d’ici le troisième trimestre 2027.
Faut-il acheter l’action Schneider Electric à ce cours ?
Même après la baisse, le titre se négocie à près de 33 fois ses bénéfices. La réponse dépend de votre horizon et de votre tolérance au risque. Notre brief 11 confronte le cours de 252 € du 7 octobre à la dette, à la dilution et au ROCE pour juger d’une entrée ou d’un renforcement.
La France pourrait connaître d’ici aux élections présidentielles du printemps 2027 son 11e défaut souverain. C’est désormais le scénario que nous privilégions.
La situation de nos comptes publics se tend dangereusement
Le 7 septembre, l’OAT 10 ans rendait 86 points de base de plus que le Bund. Le 2 octobre, l’écart atteignait 146 points : soixante points de plus en quatre semaines. C’est ce qui nous fait prendre la plume aujourd’hui, en urgence.
Sur le marché obligataire, un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage. Cent points de base font donc 1 point de pourcentage. Le rendement de la dette française à 10 ans dépasse ainsi celui de l’Allemagne de près d’un point et demi.
Si le niveau a de quoi inquiéter, c’est surtout la pente qui est alarmante. Du 7 au 25 septembre, l’écart gagnait 6 à 10 points par semaine. Du 25 septembre au 2 octobre, il en a gagné 36 : le rythme a quadruplé.
Le marché des obligations réévalue la seule signature de la France
Le spread avec les Pays-Bas confirme l’analyse : 79 points le 8 septembre, 116 le 30. Nous observons la même courbe et la même cassure. L’excuse du Bund qui serait trop rare ne tient pas, car une autre signature AAA, la néerlandaise, ne décroche pas non plus.
Seule la France est réévaluée par les investisseurs, à commencer par le Japon qui liquide ses OAT en masse. Le 18 septembre, l’écart avec l’Allemagne avait franchi 100 points, soit 1 point de pourcentage d’écart, une première depuis 2012.
Le 1er octobre, l’OAT a frôlé 5 % en séance, le jour où le gouvernement a présenté un budget 2027 de 43 milliards d’économies nouvelles, avec des émissions record.
Ce que le spread OAT–Bund mesure vraiment
Le spread OAT–Bund compare les rendements des emprunts d’État français et allemand de même maturité. Il ne dit pas la même chose que le seul taux français. Quand les rendements montent dans plusieurs pays à la fois, l’évolution du spread apporte une information différente de celle du seul taux français, sans isoler nécessairement un risque propre à la France.
Cette prime de rendement ne se limite pas au risque de défaut. Elle peut intégrer aussi la liquidité du titre et une éventuelle dégradation de sa notation. L’aversion générale des investisseurs pour le risque et la liquidité du marché secondaire peuvent, elles aussi, faire varier les écarts.
En pratique, une hausse du spread ne permet pas, à elle seule, de chiffrer une probabilité de défaut de la France. Elle peut en revanche signaler une défiance croissante, et c’est cette dynamique que nous suivons.
Le risque de refinancement de la dette française s’aggrave à chaque semaine de flou
Début septembre, Ofi Invest AM rangeait dans le scénario de stress un écart de 120 à 150 points. Nous y sommes entrés à peine quatre semaines plus tard. Le record de la crise de 2011 s’établit à 225 points. Avec une règle de trois (trop) grossière, au pas de la dernière semaine, ce record se trouve à deux semaines, soit en plein vote du budget.
Un report par loi spéciale compte désormais parmi les hypothèses plausibles, mais cela ne change rien à l’affaire. Chaque semaine de flou ajoute sa prime de risque. La crédibilité de la trajectoire budgétaire fait partie des éléments suivis par les investisseurs.
Une hausse des taux ne frappe pas toute la dette d’un coup. Elle se transmet progressivement, au fil des refinancements. Dès lors, chaque titre ancien remplacé par une émission à taux plus élevé alourdit la charge d’intérêts de l’État.
Le solde primaire, c’est-à-dire le solde des comptes publics avant paiement des intérêts, complète le tableau. Négatif, il signifie que les dépenses dépassent les recettes même hors charge de la dette. La trajectoire s’apprécie en croisant ce solde, le niveau de dette, la croissance nominale et les conditions de refinancement des emprunts arrivant à échéance.
Un 11e défaut souverain de la France avant 2027 ?
Une crise ne se date jamais avec précision, mais sa survenue a un seuil et une pente. Le scénario que nous privilégions est celui d’un 11e défaut souverain de la France après 1307, 1360, 1558, 1624, 1648, 1661, 1701, 1715, 1770 et 1797. Ce scénario relève de notre analyse : le spread seul ne suffit pas à l’établir ni à en chiffrer la probabilité.
La pente, elle, vient de changer. D’ici Noël, le vote du budget dira si elle se brise ou se raidit.
Pertes sur les obligations et défaut : deux risques distincts
Vos fonds euros placés en OAT peuvent perdre de la valeur sans aucun défaut. Quand les taux de marché montent, ce qui est déjà le cas, le prix des obligations déjà émises baisse mécaniquement. Une OAT longue voit ses paiements futurs actualisés à un taux plus élevé, et son cours recule même si personne n’anticipe de défaut. Tant que vous vendez à l’échéance, tout va bien, mais si vous souhaitez récupérer votre capital avant, l’assureur-vie doit prendre sa perte…
Cette sensibilité augmente généralement avec la maturité : plus l’échéance est lointaine, plus la baisse de prix peut être marquée. Sur le long terme, la différence se joue sur la capacité à agir avant que ces deux risques ne se cumulent.
Un triptyque de dossiers pensé pour protéger votre épargne de la crise souveraine qui vient
Pour vous accompagner dans la période complexe qui s’ouvre, nous avons sélectionné les 3 briefs ou modules qui vous permettront de procéder à quelques manœuvres d’urgence.
En cas de crise financière de la France, la loi Sapin II risque d’être activée pour empêcher les Français de retirer leurs fonds euros de leur contrat d’assurance-vie : anticipez cette mesure grâce à cet addendum indispensable ;
Apprenez à substituer à vos fonds euros placés en OAT 10 ans de la dette souveraine latino-américaine sur des tickets (normalement réservés aux institutionnels) allant de 5 à 100 k€.
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Foire aux questions
Que mesure le spread OAT–Bund à 10 ans ?
Il compare le rendement des emprunts d’État français et allemands de même maturité, exprimé en points de base (100 points = 1 point de pourcentage). Le 2 octobre, l’OAT 10 ans rendait 146 points de plus que le Bund, contre 86 le 7 septembre.
Un spread élevé signifie-t-il un défaut probable de la France ?
Pas à lui seul. L’écart peut aussi varier avec la liquidité du titre, une éventuelle dégradation de sa note et l’aversion générale au risque. Une hausse du spread ne permet donc pas, à elle seule, de chiffrer une probabilité de défaut, mais elle peut traduire une défiance croissante des investisseurs.
Peut-on perdre de l’argent sur des OAT sans défaut de l’État ?
Oui. Quand les taux montent, le prix des obligations déjà émises baisse, généralement d’autant plus que leur échéance est lointaine. Une OAT longue peut ainsi perdre de la valeur sans qu’aucun défaut ne soit anticipé.
10e brief investisseur : votre épargne face au risque français
L’OAT à 10 ans dépasse 4,7 %, après une brève incursion la semaine passée au-delà du seuil des 5 %, un niveau inconnu depuis 2008. Le spread avec le Bund atteint désormais 110 points de base. Il n’avait pas franchi 100 depuis 2012.
Les hedge funds pèsent plus de la moitié de la demande aux adjudications d’OAT. Les assureurs, les banques et les investisseurs de long terme reculent.
Goldman Sachs et Deutsche Bank vendent déjà des paniers d’obligations bancaires françaises. Ces paniers permettent de parier sur la présidentielle de 2027, à la hausse comme à la baisse. Moody’s a prévu une revue de notation le 23 octobre.
Rien de tout cela n’annonce en soi un effondrement. Tout cela prouve néanmoins que le marché prend le risque au sérieux. Reste une question : votre épargne dépend-elle d’un seul pays, d’une seule devise, d’un seul cadre fiscal ?
La loi Sapin II autorise le gel des rachats sur l’assurance-vie française en cas de crise. Dès lors, une épargne de retraite logée tout entière dans ce support dépend d’une décision que l’épargnant ne maîtrise pas.
Diversifier son épargne hors de France sans parier contre elle
Chaque piste reçoit le même traitement : mécanisme, avantages, points de vigilance. Plusieurs n’offrent aucun avantage fiscal, et le brief le dit sans détour.
Comptes-titres et dépôts bancaires à l’étranger
Détenir des actifs dans plusieurs pays permet de répartir l’exposition géographique. Cela ne supprime pas pour autant le risque propre à chaque marché.
Un compte-titres ordinaire donne accès à des actions et à des obligations détenues en direct, ainsi qu’à des ETF. Ce portefeuille a une contrepartie : les plus-values réalisées à la revente sont imposables. En complément, en Allemagne, les dépôts auprès d’une banque titulaire d’une licence bancaire allemande peuvent relever d’une protection des dépôts à hauteur de 100 000 €.
Investir dans l’immobilier hors de France : SCPI, OPCI et achat direct
Investir dans l’immobilier à l’étranger peut passer par un achat locatif direct ou par un fonds qui détient des biens hors de France. Une SCPI de rendement collecte l’argent des associés pour acquérir et gérer un patrimoine immobilier locatif. Les associés détiennent des parts, pas les immeubles.
Certaines SCPI investissent uniquement en France. D’autres répartissent leurs bureaux, commerces, immeubles de santé ou biens logistiques entre plusieurs pays et secteurs, pour obtenir un immobilier diversifié. La société de gestion d’une SCPI s’occupe des biens, des locataires et des travaux, en contrepartie de frais de gestion.
Les SCPI s’envisagent sur une durée longue : au moins 8 ans, voire 8 à 10 ans. Selon la SCPI, un délai de jouissance de 3 à 6 mois peut séparer la souscription des premiers revenus. Les OPCI et les SIIC sont deux autres voies d’investissement indirect. Les OPCI doivent investir au moins 60 % de leur capital en actifs immobiliers, avec au moins 5 % de liquidités.
L’investissement immobilier direct suppose de choisir le bien et son emplacement, le type de location et le mode de gestion. Les critères à examiner sont l’emplacement, le type de bien, le rendement locatif, la fiscalité, le bail et les frais de gestion. En pratique, la stabilité des locataires dépend notamment de l’emplacement : une baisse de l’occupation réduit les revenus locatifs.
Risques, frais et fiscalité : les points de vigilance
Une SCPI dont les immeubles sont situés à l’étranger n’échappe pas au risque immobilier. Ses revenus dépendent des loyers encaissés, et ni les dividendes ni le capital investi ne sont garantis. La vacance locative, les impayés, les charges et l’évolution du marché immobilier peuvent peser sur les revenus comme sur la valeur des parts.
La liquidité fait aussi partie des risques : la revente des parts n’est pas garantie et peut prendre du temps lorsque la demande est insuffisante. Pour comparer des SCPI, il faut distinguer les frais de souscription, de gestion des loyers, d’acquisition, de cession et de suivi des travaux.
Deux expositions sont à considérer. Lorsque l’investissement est libellé dans une autre monnaie, la valeur des actifs et les loyers sont exposés aux fluctuations des devises. Si l’achat est financé à crédit, les loyers peuvent ne pas couvrir les échéances : l’emprunteur paie alors la différence.
L’imposition des revenus immobiliers perçus à l’étranger dépend des conventions fiscales et de la situation de chaque investisseur. Lorsque des parts de SCPI sont logées en unités de compte d’une assurance-vie, les éventuels crédits d’impôt liés aux revenus étrangers reviennent à l’assureur, et non au souscripteur. Le traitement fiscal d’un placement immobilier peut évoluer : il s’examine au cas par cas.
La diversification porte aussi sur la monnaie : loger une partie de l’épargne dans d’autres devises que l’euro réduit la dépendance à une seule zone. L’ouverture de comptes hors zone euro et les plateformes de change pour transférer des fonds sont abordées dans le module de formation sur le placement du cash.
Aucune devise n’est pour autant un refuge absolu. Les risques des monnaies fiduciaires, franc suisse compris, et une allocation en actifs tangibles et en devises hors OCDE font l’objet du brief sur le franc suisse et les monnaies fiat.
Pourquoi se procurer le 10e brief investisseur
Les pistes présentées plus haut montrent une chose : chaque solution a son mécanisme, ses coûts et ses limites. Le brief 10 les passe toutes à la même grille.
Un tableau comparatif conclut : ticket d’entrée, fiscalité, profil d’investisseur. Une décision financière éclairée commence par cette lecture côte à côte.
À vous de jouer.
Foire aux questions
Est-il possible de placer de l’argent à l’étranger en restant en France ?
Oui. Un résident français peut ouvrir un compte-titres ou un compte bancaire hors de France, ou acheter des parts de SCPI détenant des immeubles à l’étranger. Cette diversification s’accompagne d’un cadre légal et d’obligations déclaratives à respecter.
Où placer 100 000 € sans risque ?
Aucun placement n’est sans risque. En Allemagne, les dépôts auprès d’une banque titulaire d’une licence bancaire allemande peuvent être protégés à hauteur de 100 000 €. À l’inverse, les SCPI ne garantissent ni le capital ni les revenus.
Quel est le meilleur pays pour placer de l’argent ?
Il n’existe pas de pays idéal pour tout le monde. Répartir ses actifs entre plusieurs pays et plusieurs devises réduit la dépendance à un seul État, sans supprimer le risque propre à chaque marché. Le choix dépend du ticket d’entrée, de la fiscalité et de votre profil.
Investir dans l’eau : décrypter le secteur au-delà du narratif mainstream
On vous vend le thème de l’eau comme le « nouveau pétrole » poussé par les data centers. C’est une histoire séduisante, mais financièrement bancale. Le cycle de l’eau et l’accès à l’eau figurent parmi les défis majeurs du XXIe siècle, certes, mais cela ne suffit pas à justifier des allocations boursières massives sur des entreprises du secteur sans analyse critique.
Les ETF sur l’eau généralistes mélangent tout : équipementiers cycliques et distributeurs sans véritable avantage concurrentiel. Quant au récit de l’IA qui assècherait les robinets, une simple arithmétique, que nous vous détaillons, le réduit en miettes. La réalité du secteur de l’eau se joue ailleurs : dans l’identification des vrais créateurs de valeur, pas dans les tendances communicationnelles.
Comprendre comment investir dans l’eau exige de distinguer les entreprises qui génèrent une croissance réelle de celles qui offrent simplement des rendements obligataires sous étiquette actions. Cette différence détermine 80 % de votre rendement long terme.
Ce que les marchés ne disent pas toujours : les meilleurs investissements dans le secteur ne figurent pas dans les indices généralistes. Ils émergent d’une analyse méthodique, patiente, fondée sur des critères éprouvés. C’est exactement ce que propose investir dans le secteur de l’eau avec pertinence : une analyse rigoureuse des opportunités sans les biais narratifs.
Analyser le secteur de l’eau avec une méthode éprouvée
Dans notre dernier brief confidentiel, nous passons le secteur au crible d’une méthode qui a fait ses preuves depuis 1998. Cette approche ignore les modes et s’appuie sur des fondamentaux intemporels : la qualité des revenus, la durabilité de l’avantage concurrentiel, la capacité à créer de la valeur pour l’actionnaire.
Nous décortiquons cinq actions clés pour isoler les vrais compounders (créateurs de valeur composée) des simples obligations déguisées en actions. Cette distinction critique change tout : un vrai compounder du secteur offre une croissance de 8-12 % annuelle sur deux décennies, tandis qu’une obligation déguisée plafonne à 4-5 % et expose l’investisseur à un risque de révision à la baisse.
Les entreprises de gestion de l’eau performantes partagent des caractéristiques précises : contrats long terme avec clauses d’indexation, services essentiels (eau potable, traitement des eaux usées, gestion thermique), clientèles captives. Identifier ces entreprises élimine le bruit boursier et concentre votre allocation sur le secteur de l’eau véritablement créateur de valeur.
Deux thèses d’investissement distinctes pour investir stratégiquement dans le secteur de l’eau
Vous comprendrez aussi pourquoi il ne faut surtout pas confondre deux thèses d’investissement distinctes :
La gestion thermique pure d’un côté : traitement de l’eau à haute performance énergétique, solutions de refroidissement industriel, desalination. Secteur hautement spécialisé, croissance accélérée par les standards environnementaux.
L’infrastructure lourde de l’autre : distribution d’eau potable, collecte et traitement des eaux usées, gestion des réseaux municipaux. Secteur plus mature, revenus stables, exposition aux tarifications réglementées.
Confondre ces deux thèses conduit à des erreurs d’allocation grossières. Un investisseur qui mélange une action de traitement thermique (cyclique, haut bêta) avec un distributeur d’eau potable (régulé, bas bêta) dilue sa stratégie et ne bénéficie d’aucune des deux. Pour investir efficacement, il faut d’abord choisir : cherchez-vous la croissance ou la stabilité ? La réponse détermine votre sélection d’actions.
Le secteur de l’eau offre de véritables opportunités à long terme, mais seulement si vous esquivez les pièges narratifs et structurez votre allocation selon une logique fondamentale, pas selon les tendances du moment.
L’angle français négligé : une ressource à redécouvrir
Un mot aussi sur l’angle mort tricolore : le véritable gisement hydro-halieutique français (Saint-Pierre, Wallis, Polynésie, etc.) reste totalement ignoré des indices boursiers, mais largement abordé dans nos analyses approfondies. La France dispose de sa propre ressource en eau, point souvent négligé dans les analyses d’investissement en ce domaine. Cette ressource vitale crée des opportunités d’investissement très localisées, hors du scope des ETF généralistes.
Ne placez plus vos investissements sur un narratif à la mode sans vérifier la solidité des fondamentaux de chaque entreprise. Le secteur de l’eau mérite mieux que le marketing bruyant : il mérite une analyse rigoureuse, patiente, professionnelle.
Procurez-vous sans tarder ce 9e brief pour accéder à l’analyse complète : les cinq valeurs passées au crible, les deux thèses d’investissement détaillées, l’angle français, et la grille d’analyse reproductible depuis 1998.
Foire aux questions
Quels sont les meilleurs ETF pour investir dans l’eau ?
Les ETF généralistes sur l’eau (MSCI Water, iShares Global Water, etc.) offrent une exposition large au secteur, mais mélangent des profils très différents : équipementiers cycliques et distributeurs régulés. Pour une stratégie efficace, préférez une analyse sélective par thèse d’investissement. Les ETF water UCITS offrent une régulation européenne, mais requièrent une compréhension claire de leur composition avant d’investir. Un ETF sur l’eau ne remplace pas une analyse fondamentale des entreprises du secteur de l’eau que vous cherchez à financer.
Quelle entreprise d’eau est cotée en bourse et offre une véritable création de valeur ?
Plusieurs grandes entreprises du secteur de l’eau opèrent en bourse : les distributeurs d’eau potable, les gestionnaires de traitement des eaux usées, et les spécialistes du traitement de l’eau haute performance. La vraie question n’est pas « quelle action acheter », mais « cette entreprise crée-t-elle de la valeur durable ou offre-t-elle simplement des revenus de type obligataire ». Notre méthode d’analyse depuis 1998 permet d’identifier les vrais compounders parmi les entreprises cotées du secteur : celles dotées d’avantages concurrentiels durables et de clauses d’indexation protégeant la rentabilité.
Comment investir dans l’eau sans se tromper sur le narratif « nouveau pétrole » ?
Ignorez le marketing bruyant. Focalisez-vous sur les fondamentaux : la qualité des contrats, la durabilité des revenus, l’avantage concurrentiel vérifiable. Distinguez les deux thèses d’investissement (gestion thermique vs infrastructure lourde) selon vos objectifs de rendement et de risque. Enfin, analysez les entreprises du secteur une à une plutôt que de vous fier aux indices généralistes. Cette approche méthodique, appliquée régulièrement, protège votre capital des bulles boursières et génère des rendements constants sur le long terme.
Florent Ly-Machabert s’est entretenu de son dernier essai Petit traité pour une France du Grand Large sur Radio Courtoisie avec Paul-Marie Coûteaux. Retrouvez ci-dessous les dates et heures de retransmission.
Place de nos Outre-Mer dans le redressement de la France au menu… en autres thèmes !
Je vous en parlais la semaine dernière : en dépit des informations catastrophiques qui nous viennent du Moyen-Orient, le brut recircule à peu près.
Mais le diesel, non : sa capacité de transformation : de raffinage : manque partout, comme le reflète son prix à la pompe.
Après des échanges nourris la semaine dernière avec des spécialistes en matières premières, il s’avère que l’uranium, dont je vous avais également parlé, cette fois au début de l’été, suit le même chemin : une décennie de sous-investissement, une demande qui accélère plus vite que l’offre ne rattrape… et un boom à la clef, qui a commencé sans vous !
Deux dossiers pour vous positionner…
Deux marchés, un même verrou.
Et deux dossiers pour vous positionner, mais il convient de faire vite :
1) Pénurie de raffinage du diesel : comprendre où se loge la marge quand le brut abonde mais que le raffinage cale (raffineurs à conversion profonde, fret de produits raffinés, écarts de craquage, diesel renouvelable, etc.)
2) Uranium & énergie nucléaire : pourquoi la crise pétrogazière, la fragilité des réseaux ENR et la demande électrique de l’IA convergent vers un déficit structurel de l’ordre de 45 Mlbs en 2026, et un prix qui vise 100-120 $/lb d’ici 2027-2028, contre 85 $/lb aujourd’hui (+40 %… au moins !)
Ces deux fenêtres se referment à mesure que le marché intègre l’information. Le diesel a déjà pris 40 % depuis mi-juin ; l’uranium flirte avec son record de 2008. Ce que vous payez pour entrer aujourd’hui n’est pas ce que vous paierez dans trois mois ! Il faut bien le comprendre.
Pour acheter les deux dossiers investisseur, c’est aussi simple que d’habitude :
Et parce que c’est septembre, voici mon offre de rentrée : les deux dossiers achetés ensemble ouvrent droit à une promotion de 50 % sur votre exemplaire dédicacé de Petit Traité pour une France du Grand Large, grâce au code GRANDLARGE2027, pour toute commande passée avant le 20/09/2026.
Cet article décrypte le lien entre la pénurie de diesel et le raffinage du pétrole : pourquoi les capacités industrielles, plutôt que le seul volume de brut extrait, déterminent la disponibilité du carburant à la station, ainsi que les conséquences pour les prix et l’approvisionnement en France.
Pourtant, le blocage se situe fréquemment en aval, dans les raffineries, au moment de transformer le brut en gazole utilisable. Pour approfondir la hausse durable du pétrole, les causes structurelles sont documentées depuis plusieurs années.
Pourquoi le raffinage limite l’offre
La pénurie de diesel liée aux capacités de raffinage du pétrole ne vient pas nécessairement d’un manque de brut dans le sol. Elle peut résulter d’une incapacité industrielle à convertir ce brut en carburant conforme aux normes, dans les délais imposés par la demande. Depuis 2020, les investissements du secteur ont chuté de 30 %, à 309 milliards de dollars, ce qui fragilise durablement l’outil industriel mondial. Le risque de pénurie devient dès lors structurel plutôt que conjoncturel.
Fermetures accélérées : de nombreuses raffineries, fermées pendant la pandémie après l’effondrement de la demande, n’ont jamais rouvert. Les capacités mondiales ont ainsi diminué de façon permanente.
Sous-investissement chronique : les grandes compagnies pétrolières réorientent leurs capitaux vers les énergies renouvelables. Les investissements pétroliers devraient pourtant atteindre 525 milliards de dollars par an pour couvrir la demande de la décennie.
Tensions géopolitiques : des raffineries du Moyen-Orient ont été endommagées par des bombardements ciblés. Leur remise en service peut nécessiter jusqu’à six mois, créant une rupture d’approvisionnement immédiate pour des pays importateurs comme la France.
En complément, les pressions exercées sur les investisseurs institutionnels pour les éloigner des énergies fossiles accentuent le désinvestissement. Le choc pétrolier susceptible de naître de ce déséquilibre ne se limite pas à une hausse des prix à la pompe : il fragilise la sécurité d’approvisionnement de secteurs entiers, du transport routier à la production alimentaire.
Comment le diesel est produit
Le raffinage du pétrole comprend trois étapes successives : la distillation atmosphérique, qui chauffe le brut à environ 360 °C afin de séparer les fractions selon leur poids moléculaire; la conversion, qui fragmente les molécules lourdes pour améliorer les rendements; puis le traitement, qui élimine le soufre, les métaux et les impuretés. Le gasoil provient des coupes moyennes, qui représentent environ 35 % du brut, récupérées à un niveau intermédiaire de la colonne, avec un complément issu de la distillation sous vide. En 2026, la pénurie de gasoil s’explique en partie par l’hydrodésulfuration exigeante de ces coupes : ses unités ne peuvent être saturées sans une planification industrielle de long terme.
Les contraintes des raffineries européennes
Les raffineries européennes traitent surtout des bruts doux légers : en avril, elles en consommaient environ 3,06 millions de barils par jour, contre 1,19 million de bruts moyens et seulement 0,26 million de bruts lourds. Or les bruts doux produisent davantage d’essence et de naphta, mais moins de diesel que les bruts moyens ou lourds. À l’inverse, une raffinerie complexe équipée d’unités d’hydrocraquage ou de craquage catalytique peut mieux ajuster ses rendements; une installation simple ne compense pas ce déséquilibre entre l’offre de carburant et la demande de gazole.
La capacité de raffinage européenne était projetée à 11,3 millions de barils par jour en juillet 2025, après 11 millions en juin et 10,9 millions en mai. Cette progression reste insuffisante pour garantir un stock supplémentaire de diesel. L’Agence internationale de l’énergie anticipe d’ailleurs une baisse de la demande de gazole d’environ 2 millions de barils par jour sur 2025-2026, tandis que la demande d’essence progresserait de 1,7 million de barils par jour : ce décalage entre l’évolution de la demande d’essence et celle du gazole complique les choix d’investissement, moderniser les unités de conversion ou réduire la production.
Pénurie de diesel à la station
En France, 25 % du diesel consommé provient du Moyen-Orient. Une dépendance qui rend les prix sensibles aux crises de la région. Depuis 2010, quatre raffineries ont fermé. Un autre site a été reconverti en biocarburants. La production nationale recule. Les ruptures de la supply chain dues au conflit en Iran aggravent cette dépendance : le trafic au détroit d’Ormuz est fortement réduit depuis le 28 février 2026, avec plus de 170 porte-conteneurs immobilisés, ce qui allonge les routes alternatives de 20 à 30 jours.
Une décision financière éclairée commence par l’évaluation de ce risque avant sa matérialisation. La pénurie de raffinage du diesel fait l’objet d’un nouveau brief investisseur de 8 pages, structuré en six parties, issu d’échanges exclusifs avec des gérants de portefeuille. Il est d’ores et déjà disponible, avec une visio Expert d’une heure en complément.
Indicateur
Valeur / Situation
Impact sur l’approvisionnement
Capacité de raffinage dans l’UE (juillet 2025)
11,3 millions de barils/jour
Hausse des débits sans garantie de diesel supplémentaire
Part de bruts doux traités dans l’UE
~3,06 Mb/j contre 1,19 Mb/j de bruts moyens
Moins de diesel produit par baril de brut
Raffineries françaises fermées depuis 2010
4 sites
Dépendance accrue aux importations
Part du diesel importé du Moyen-Orient en France
25 %
Exposition directe aux tensions géopolitiques
Investissements pétroliers mondiaux (2020)
309 milliards de dollars (−30 %)
Sous-capacité industrielle durable
Baisse anticipée de la demande de gazole (2025-2026)
La réforme fiscale 2026 introduit des changements concrets sur l’impôt sur le revenu, la fiscalité du capital, la TVA et l’immobilier. La loi de finances 2026, le budget 2026 et le PLF 2027 posent ensemble le cadre : barème de l’impôt, taux et mécanismes fiscaux pour les particuliers comme pour l’entreprise.
Le barème de l’impôt sur le revenu 2025 révisé
La loi de finances 2026 a revalorisé de 0,9 % le barème de l’impôt sur le revenu applicable aux revenus 2025. L’objectif est précis : limiter l’effet de l’inflation sur l’impôt en relevant les seuils d’entrée de chaque tranche. L’adoption du budget 2026 a confirmé cette revalorisation qui en compense cependant pas les effets de l’inflation.
Les nouvelles tranches et taux d’imposition applicables
Le barème de l’impôt évolue dans ses seuils, pas dans ses taux. En pratique, le taux d’imposition de chaque tranche reste identique, tandis que les limites sont relevées de 0,9 %. Pour un contribuable dont le revenu n’a pas progressé, cela se traduit souvent par un impôt légèrement plus faible que dans un cadre inchangé.
Tranche à 0 % : jusqu’à 11 600 € de revenu imposable.
Tranche à 11 % : de 11 601 € à 29 579 €.
Tranche à 30 % : de 29 581 € à 84 577 €.
Tranches à 41 % et 45 % : de 84 578 € à 181 917 €, puis au-delà de 181 918 €, avec un impact direct pour les hauts revenus.
La même logique s’applique aux seuils, plafonds et abattements rattachés au calcul fiscal : eux aussi progressent de 0,9 %. Dès lors, les effets du quotient familial suivent ce mouvement.
Quel impact sur le revenu des ménages ?
Les impôts 2026 sur 2025 intégreront ces nouveaux paramètres. Sur le long terme, la différence se joue sur l’usage de cette marge de manœuvre, surtout si elle alimente une épargne régulière.
Prélèvement à la source et taux neutre ajustés
La révision du barème s’étend aussi au prélèvement à la source pour les contribuables soumis au taux neutre. Ce taux, utilisé lorsque l’administration fiscale ne transmet pas de taux personnalisé à l’employeur, est recalculé selon les nouvelles tranches. Certaines retenues mensuelles baissent ainsi légèrement, notamment pour les contribuables dont le revenu se situe à proximité d’un seuil de tranche.
Une décision financière éclairée commence par la vérification de son taux de prélèvement actuel, afin de limiter une régularisation trop lourde au moment de la déclaration. Pour approfondir ces mécanismes et mesurer leurs effets sur un foyer ou une entreprise, le programme EDUC‑FI propose un accompagnement d’une heure en ligne : découvrez la formation éducation financière dispensée par Monsieur Ly-Machabert, agrégé d’économie.
La CDHR et la fiscalité des hauts revenus en 2026
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est l’une des mesures centrales du budget 2026. Temporaire et ciblée, elle vise à instaurer un taux minimum effectif d’imposition pour certains contribuables aux revenus élevés. Le mécanisme est simple : lorsque l’impôt déjà acquitté reste trop faible au regard du revenu fiscal de référence, un complément devient dû.
Seuils d’application et taux minimum d’imposition
Pour l’imposition 2025, la contribution différentielle concerne les contribuables dont le revenu fiscal de référence dépasse : 250 000 € pour une personne seule, 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. L’objectif est de garantir un taux global minimum de 20 % sur ce revenu de référence, après prise en compte des impôts déjà payés.
Taux minimum garanti : 20 % du revenu fiscal de référence, net des impôts déjà acquittés.
Acompte obligatoire : 95 % de la CDHR à verser avant le 15 décembre 2026.
En pratique, les contribuables percevant surtout des salaires ou des bénéfices professionnels sont souvent peu touchés, car leur taux effectif dépasse déjà ce seuil. À l’inverse, certains hauts revenus tirés du capital peuvent rester sous ce plancher, d’où l’ajustement prévu par la mesure. Une décision financière éclairée commence par la vérification de ce taux effectif réel, et non par le seul taux affiché d’un placement.
Fiscalité du capital et impact sur le patrimoine
Le point clé se situe dans le traitement du capital. La CDHR cible précisément cette zone : dividendes, intérêts et plus-values sont les cas les plus sensibles.
Dès lors, le calcul de rentabilité nette change. Pour certains contribuables, le taux global sur les revenus du capital peut atteindre 38,6 % : 12,8 % d’IR, 18,6 % de prélèvements sociaux, 4 % de CEHR et 3,2 % de CDHR. Un rendement brut identique peut ainsi produire un résultat net très différent selon la structure fiscale du foyer.
Composante fiscale
Taux applicable
Type de revenu concerné
Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)
12,8 %
Dividendes, plus-values, intérêts
Prélèvements sociaux
18,6 %
Tous revenus du capital sauf exceptions à 17,2 %*
CEHR (contribution exceptionnelle)
4 %
Revenu fiscal de référence > 250 000 €
CDHR (contribution différentielle)
3,2 %
Revenus du capital sous le seuil de 20 %
Total cumulé maximal
38,6 %
Hauts revenus du capital
* les revenus fonciers (location nue), les plus-values immobilières (art. 150 U à 150 UC du CGI), les produits des bons et contrats de capitalisation et d’assurance-vie, certains produits d’épargne-logement (CEL et PEL ouverts avant le 31/12/2017) et certains produits/rentes des PEP
À retenir avant d’investir : la mesure ne vaut, à ce stade, que pour l’imposition 2026, mais ses effets sont immédiats sur l’arbitrage patrimonial. Un portefeuille fortement exposé aux revenus mobiliers peut voir son rendement net reculer sensiblement. Sur le long terme, la différence se joue sur la capacité à intégrer l’impôt, la fiscalité des enveloppes de détention et le calendrier de cession dans la stratégie patrimoniale.
Flat tax et taxe sur les transactions financières en 2026
Les finances pour 2026 confirment un cadre fiscal dégradé pour l’investissement en actions françaises. D’un côté, la flat tax augmente. De l’autre, la taxe sur les transactions financières a augmenté à compter du 1er avril 2025, ce qui relève immédiatement le coût d’achat de certains titres. Dès lors, le calcul de rentabilité doit intégrer à la fois l’impôt sur le revenu des placements et la taxe payée à l’entrée.
Maintien du PFU à 31,4 % et ses composantes
Pour la déclaration liée aux revenus mobiliers, la date de référence reste le printemps 2026, sur la base d’un taux global rehaussé de 1,4 pt de %. Un cadre stable n’efface pas pour autant la nécessité de comparer les régimes d’imposition selon votre situation personnelle.
Le PFU se compose de deux blocs : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les contribuables dont le taux marginal d’imposition est inférieur à 11 % peuvent choisir le barème progressif, potentiellement plus favorable. Cette option s’applique alors à l’ensemble des revenus mobiliers perçus sur l’année.
Hausse de la TTF et impact sur les placements boursiers
La flat tax intervient sur le revenu tiré du placement, tandis que la taxe sur les transactions financières s’applique dès l’achat, avant même tout rendement. Son taux, passé de 0,3 % à 0,4 % au 1er avril 2025, demeure inchangé pour les acquisitions d’actions de sociétés françaises dont la capitalisation dépasse 1 milliard d’euros. Le dispositif vise donc principalement les grandes entreprises cotées, notamment au sein du CAC 40 et du SBF 120.
En pratique : pour 100 000 € d’actions françaises éligibles, la taxe monte de 300 € à 400 €. Le surcoût est de 100 € par transaction. Pour un investisseur actif, cette hausse peut éroder la performance nette au fil des achats. À l’inverse, sur le long terme, la différence se joue sur la fréquence d’intervention : une stratégie d’achat-conservation supporte plus facilement cette charge, puisque la taxe n’est due qu’à l’entrée.
Réforme TVA et fiscalité des entreprises en 2026
La loi de finances 2026 rebat plusieurs cartes de la fiscalité des entreprises. Petites et grandes entreprises sont concernées. Les seuils de TVA sont revus, le régime déclaratif évolue, le crédit d’impôt recherche est resserré et les règles de conformité pour les logiciels de caisse sont renforcées.
Les nouveaux seuils de TVA et les obligations déclaratives
La réforme de la TVA en 2026 modifie la franchise en base avec deux seuils : 25 000 € pour le seuil de base et 27 500 € pour le seuil majoré. Ces montants s’appliquaient depuis le 1er mars 2025, avec une suspension effective jusqu’au 1er juin 2025. En pratique, de nombreuses petites entreprises et des auto-entrepreneurs basculent plus tôt vers le droit commun de la TVA, avec un impact immédiat sur la facturation, les déclarations et le régime fiscal.
Seuil de base : 25 000 € de chiffre d’affaires annuel; au-delà, la franchise en base de TVA cesse de s’appliquer.
Seuil majoré : 27 500 €; son dépassement entraîne l’assujettissement immédiat à la TVA dès le 1er jour du mois suivant.
Déclarations mensuelles obligatoires : toute entreprise qui dépasse 1,1 million d’euros de chiffre d’affaires en cours d’année passe automatiquement à ce rythme déclaratif.
Une autre étape est d’ores et déjà prévue. À compter du 1er janvier 2027, le régime simplifié actuel disparaîtra au profit d’un nouveau dispositif : la déclaration mensuelle deviendra la règle, et l’option trimestrielle sera réservée aux entreprises dont le chiffre d’affaires reste inférieur à 1 million d’euros. À retenir avant d’investir dans ses outils de gestion : cette transition demande une organisation comptable plus régulière et un suivi plus fin du taux de collecte.
Sur le long terme, la différence se joue sur la capacité à adapter les processus internes avant 2027, sous peine de retard déclaratif et de pénalités. Pour approfondir la réforme, Samarie & Cie met à disposition des cours et programmes de coaching dédiés à la formation réforme fiscale.
Crédit d’impôt recherche, CVAE et imposition 2026
La loi de finances 2026 resserre aussi les dispositifs liés à l’innovation. En matière de fiscalité d’entreprise, plusieurs dépenses sortent du périmètre du crédit d’impôt recherche : les dépenses de personnel des docteurs, les frais de brevets et la veille technologique, cette dernière étant désormais plafonnée à 60 000 € par an. Le taux réduit forfaitaire des dépenses de fonctionnement passe, lui, de 43 % à 40 % des dépenses de personnel.
Dans le même mouvement, la CVAE poursuit sa suppression progressive. L’allègement vise surtout la charge fiscale des structures industrielles à moyen terme. À l’inverse, le plafonnement des déficits reportables en avant à 2,5 milliards d’euros pour le premier exercice clos après le 31 décembre 2025 cible principalement les très grandes entreprises.
Autre changement à intégrer dans l’imposition 2026 : la réduction d’impôt pour adhésion à un centre de gestion est supprimée. Elle est remplacée par une déduction directe des frais de comptabilité pour les entreprises relevant d’un régime réel.
Logiciels de caisse et certification obligatoire
Depuis le 16 février 2025, un éditeur ne peut plus délivrer sa propre attestation individuelle pour un logiciel de caisse. Désormais, seul un certificat émis par un organisme accrédité est accepté par l’administration fiscale. Cette exigence renforce la traçabilité des encaissements et sécurise le traitement fiscal des opérations soumises à la TVA.
Pour les entreprises concernées, la mise en conformité est simple dans son principe : vérifier que le logiciel utilisé dispose d’un certificat valide délivré par un organisme reconnu. Une décision financière éclairée commence par un contrôle documentaire précis, surtout lorsque la conformité conditionne le bon traitement de l’impôt et de la fiscalité courante. Le site de Samarie & Cie propose des formations dédiées à la formation fiscalité 2026, avec un accent sur les obligations déclaratives et les mesures issues de la loi de finances 2026.
Fiscalité immobilière et donations dans la réforme 2026
La loi de finances 2025 introduit des mesures fiscales qui touchent à la fois le revenu locatif, la revente et la transmission patrimoniale, concernant directement les propriétaires, les investisseurs en meublé et les ménages qui préparent une acquisition ou une donation.
Réforme LMNP et plus-value à la cession
La réforme du LMNP modifie un mécanisme clé de la fiscalité : pour les cessions réalisées à compter du 1er janvier 2025, les amortissements déduits pendant la location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable. En pratique, chaque amortissement passé réduit l’imposition pendant la détention, mais augmente la base taxable au moment de la vente.
Réintégration des amortissements : chaque euro amorti vient majorer la plus-value imposable lors de la cession.
Exonération après 22 ans : l’exonération totale de plus-value immobilière reste acquise après 22 ans de détention.
Exonération sociale après 30 ans : les prélèvements sociaux restent exonérés après 30 ans de détention.
Structures exclues : les résidences étudiantes, seniors et les structures pour personnes handicapées restent hors du champ de la réforme.
Le LMNP ne disparaît pas, mais son avantage fiscal doit être recalculé sur tout le cycle d’investissement. Sur le long terme, la différence se joue sur la durée de détention, le niveau d’amortissement, le taux marginal d’imposition et l’horizon de revente : cette évolution réduit l’intérêt des arbitrages rapides et renforce l’importance d’un calcul de rentabilité complet.
Exonération de droits de mutation pour donations familiales
Les donations et droits de mutation évoluent eux aussi dans un sens favorable. Du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2026, les dons familiaux affectés à l’achat, à la construction ou à la rénovation d’une résidence principale peuvent bénéficier d’une exonération de droits de donation. Une décision financière éclairée commence par le calendrier : cette fenêtre temporaire impose d’anticiper la transmission plutôt que de la subir.
Le dispositif prévoit un plafond de 100 000 € par couple donateur-donataire et de 300 000 € par donataire, toutes sources confondues. Les sommes doivent être affectées à leur objet dans un délai de 6 mois. Dès lors, la planification patrimoniale devient centrale, car un simple décalage peut remettre en cause l’avantage fiscal.
Une condition de conservation s’ajoute : le bien doit rester la résidence principale du donataire pendant au moins 5 ans. En cas de non-respect, l’exonération est annulée et les droits de mutation sont rappelés. À retenir avant d’investir : dans la loi de finances 2025, la transmission anticipée peut améliorer l’équilibre patrimonial bien au-delà du seul financement de l’achat.
PTZ étendu et droits de mutation pour les primo-accédants
Le prêt à taux zéro (PTZ) est étendu à l’ensemble des logements neufs sur tout le territoire français du 1er avril 2025 au 31 décembre 2027. Réservé aux primo-accédants, il prévoit une durée de remboursement de 20 à 25 ans selon le revenu du ménage.
À l’inverse, les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) peuvent augmenter de 0,5 point dans certains départements, jusqu’à un taux de 5 %, du 1er mars 2025 au 29 février 2028. Les primo-accédants restent toutefois exclus de cette hausse.
Foire aux questions
Quelles sont les principales nouveautés du barème de l’impôt sur le revenu pour 2025 ?
La loi de finances 2026 revalorise le barème de l’impôt sur le revenu de 0,9 % afin d’intégrer l’inflation.
Cette mise à jour du cadre fiscal ne concerne pas seulement les tranches. Les seuils, plafonds et abattements suivent le même taux de revalorisation; le barème du prélèvement à la source évolue aussi pour les contribuables ayant choisi le taux neutre.
La flat tax va-t-elle augmenter en 2026 et quels placements sont concernés par la hausse de la TTF ?
La flat tax, maintenue en 2025 à 30 %, a augmenté à 31,4 % : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (sauf exceptions).
En revanche, une autre taxe avait aussi augmenté et son seuil est maintenu : la taxe sur les transactions financières. À compter du 1er avril 2025, son taux était passé de 0,3 % à 0,4 % sur l’achat d’actions de sociétés françaises dont la capitalisation dépasse 1 milliard d’euros. En pratique, sur 100 000 € investis, le coût supplémentaire est de 100 €, avec un effet plus sensible pour les portefeuilles très actifs.
Quels changements la réforme fiscale 2026 apporte-t-elle pour les propriétaires en location meublée non professionnelle ?
La loi de finances 2026 modifie le traitement fiscal de la LMNP au moment de la revente. Les amortissements déduits pendant la location sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable, ce qui augmente le montant soumis à l’impôt lors de la cession.
Cette règle ne s’applique pas aux résidences étudiantes, seniors et aux structures accueillant des personnes handicapées. En complément, le régime d’exonération reste inchangé : exonération totale d’impôt sur la plus-value après 22 ans de détention, et exonération sociale après 30 ans. Sur le long terme, la différence se joue sur l’anticipation du revenu net de cession, pas seulement sur le rendement locatif.
Les risques d’un krach boursier en 2026 méritent d’être posés clairement : surévaluation des actifs, fragilité de la dette française, bulle IA et tensions géopolitiques. Les signaux concrets à surveiller et les leviers de protection de l’épargne doivent être examinés avant qu’un choc ne se produise.
Le krach boursier 2026 : signaux, causes et risques pour votre épargne
Les indices krach observés depuis 2023 dessinent un risque de krach financier plus cohérent qu’il n’y paraît.
Surévaluation des marchés et bulle IA : jusqu’où le marché peut-il aller ?
Les perspectives du marché financier pour 2026 reposent sur des valorisations déjà très tendues. Fin juin 2025, le S&P 500 valait 1,8 fois le PIB américain, avec un PER de 21,5x contre 15,8x en moyenne historique : l’écart signale une bulle potentielle plus qu’un simple optimisme de cycle.
Bulle IA : les investissements mondiaux dans l’intelligence artificielle pourraient atteindre 3 000 milliards de dollars d’ici 2029, financés en grande partie par de l’endettement sur vingt à vingt-cinq ans, alors que les profits restent limités et incertains.
Parallèle avec 2000 : le schéma rappelle la bulle Internet; si les anticipations sur la rentabilité de l’IA se retournent, un krach en 2026 pourrait prendre la forme d’un krach boursier rapide et violent.
Rachats d’actions menacés : la hausse des dépenses d’investissement des géants technologiques réduit leur capacité à soutenir les cours via les buybacks, un moteur important de la hausse récente des actions américaines.
Ce que les marchés ne disent pas toujours, c’est qu’une bulle se dégonfle rarement proprement : quand la narration change, la volatilité remonte vite, y compris sur le bitcoin et plus largement sur les cryptomonnaies.
Concentration des risques et fragilité structurelle du système financier
Le danger ne tient pas seulement au niveau des prix. Il tient aussi à la structure du marché : les deux tiers de l’indice mondial sont exposés aux États-Unis, et 40 % du marché américain reposent sur dix valeurs. À l’inverse d’un marché large et équilibré, cette concentration amplifie chaque mouvement de baisse.
Ce contexte s’accompagne d’un affaiblissement partiel des garde-fous réglementaires issus de 2008. Les règles renforcées après 2007 sont partiellement remises en cause, alors même que l’effet de levier et le recours au crédit spéculatif retrouvent des niveaux qui augmentent la vulnérabilité du système.
ETF et fonds passifs : la gestion indicielle concentre des flux massifs sur les mêmes titres; en cas de panique, les investisseurs vendent d’abord les actifs liquides, pas nécessairement les plus fragiles.
Effet de levier record : lorsque l’endettement sert à acheter des actifs déjà chers, un repli limité peut provoquer des ventes forcées et accélérer le choc.
Déréglementation : l’affaiblissement d’une partie des règles post-subprimes réduit la capacité du système à absorber un accident sur les marchés financiers, les banques et les circuits de financement.
Dès lors, la liquidité peut disparaître au mauvais moment. Les risques de krach boursier débordent alors le seul univers des actions : obligations, crédit, cryptomonnaies et fonds diversifiés peuvent être touchés dans la même séquence.
Dette publique française et réformes : quel impact sur votre patrimoine ?
En France, les points d’appui budgétaires et financiers sont sous tension. La note souveraine a été abaissée à AA- par Fitch en mai 2025, avant les prochaines évaluations de Moody’s et Standard & Poor’s, ce qui renforce la sensibilité du pays à un choc de financement.
Le point central est budgétaire : le Trésor devra payer entre 70 et 90 milliards d’euros d’intérêts par an à l’horizon 2026-2028. C’est plus d’une fois et demie le budget de l’Éducation nationale, et près des deux tiers des recettes annuelles de TVA. En pratique, cette charge réduit la capacité de l’État à amortir un ralentissement de l’économie, une récession ou une hausse du chômage. Nos proposiotns de réforme dans Petit Traité pour une France du Grand Large.
Indicateur
Valeur actuelle / prévision
Point de comparaison
Note souveraine France (Fitch)
AA- (mai 2025)
Dégradation continue depuis 2023
Charge d’intérêts de la dette française
70 à 90 Md€/an (horizon 2026-2028)
1,5× budget Éducation nationale
PER S&P 500 (juin 2025)
21,5x
Moyenne historique : 15,8x
Capitalisation S&P 500 / PIB américain
1,8×
Niveau historiquement sans précédent
Indice VIX (28 juillet 2025)
~15 (après pic à +40 en avril)
Illusion de sécurité masquant la fragilité
Bitcoin
+120 000 $ (2025) vs. +64 000 $ (07/26)
Sommet historique simultané aux actions
L’instabilité géopolitique et les signaux d’alerte à surveiller en 2026
Un accident diplomatique, militaire ou commercial peut déclencher une fuite vers la qualité en quelques séances et provoquer un choc sur le marché, l’euro, le crédit et les indices de référence, y compris le CAC.
En complément, les tensions commerciales, la démondialisation engagée après le Covid et la montée des BRICS modifient l’équilibre monétaire international. Les banques centrales devront alors arbitrer entre inflation, soutien à l’activité et stabilité financière, avec un risque accru d’erreur de pilotage pour les marchés financiers et pour les banques.
À retenir avant d’investir : les indicateurs de calme apparent peuvent être trompeurs. Un VIX revenu autour de 15 fin juillet 2025, après un pic à 40 en avril, n’ont pas suffi à écarter le risque. Dans ce scénario de krach en 2026, la baisse des actifs, la panique, le ralentissement, puis la récession peuvent s’enchaîner rapidement.
Sur le long terme, la différence se joue sur la méthode : suivre les indicateurs, limiter l’effet de levier, examiner l’endettement des supports détenus et vérifier l’exposition réelle aux actions, au bitcoin et aux cryptomonnaies.
Foire aux questions
Un krach boursier au 2nd semestre 2026 est-il vraiment probable ?
La probabilité d’un krach à ‘lautomne 2026 ne se calcule pas avec certitude. En revanche, les marchés financiers cumulent plusieurs déséquilibres : valorisations élevées sur le marché des actions américaines, endettement important nourri par la bulle liée à l’IA, fragilité du segment obligataire et tensions géopolitiques persistantes. Lorsqu’un indice boursier évolue à plus de deux écarts-types au-dessus de sa tendance, les modèles probabilistes signalent un risque de baisse de 97,5 %; ce n’est pas l’annonce mécanique d’un krach financier, mais un niveau de vulnérabilité que les banques suivent de près.
Ce que les marchés ne disent pas toujours, c’est qu’un krach boursier naît rarement d’un seul facteur. Il survient plus souvent quand la volatilité, le choc sur le crédit et la perte de confiance se rejoignent.
Quels actifs sont les plus exposés en cas de krach financier fin 2026 ?
Les supports les plus exposés sont souvent ceux perçus comme les plus stables. Le Livret A, rémunéré à 1,7 %, entraîne une perte réelle si l’inflation dépasse 4 % : l’érosion atteint alors 2,3 % en pouvoir d’achat. Les fonds en euros de l’assurance-vie, très présents dans le patrimoine des ménages, restent liés à des dettes européennes dont le rendement se dégrade; en cas de tensions sévères, la loi Sapin 2 permet en outre d’en limiter temporairement la disponibilité.
En pratique, un choc sur le marché du crédit ou un krach financier peut fragiliser une large part de l’épargne peu diversifiée. L’enjeu dépasse le rendement : en période de baisse brutale, l’accès même aux capitaux peut être restreint. À l’inverse, les actifs tangibles, certaines actions non cotées, l’immobilier ou les métaux précieux peuvent réduire cette vulnérabilité, à condition de ne pas concentrer ses avoirs chez une seule banque ou dans un seul établissement.
Comment protéger son épargne face au risque d’un krach boursier ?
La protection de l’épargne repose d’abord sur la répartition des risques. Détenir une part des liquidités en devises refuges, comme le dollar, le franc suisse ou la livre sterling, peut limiter l’exposition à un choc monétaire sur l’euro. Conserver aussi une poche de liquidités physiques réduit la dépendance opérationnelle aux banques en cas de blocage temporaire.
À retenir avant d’investir : l’immobilier, l’or et les participations dans des entreprises non cotées répondent à cette approche patrimoniale. En complément, le bitcoin relève du même besoin de décorrélation pour certains épargnants, mais sa volatilité reste bien plus élevée que celle des autres supports; il ne joue donc pas le même rôle qu’un actif défensif lors d’un krach boursier.