Au sommet de Kazan, les BRICS+ passent au “stablecoin”…

Lors de leur dernier sommet fin octobre 2024 en Russie, les BRICS+ ont pris deux décisions structurantes.

Création d’un statut de « partenaire des BRICS » et donc, de facto, d’une « zone BRICS »

Actuellement neuf, les BRICS+ (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran, Éthiopie, Égypte, Émirats arabes unis) ont souhaité ouvrir officiellement un statut de pays partenaire, avec les pays dont la liste figure ci-contre. L’idée est de permettre à ces 13 pays de développer leur commerce avec les 9 et de profiter des infrastructures des 9.


Création de BRICS-CLEAR

Les BRICS+ ont par ailleurs instauré officiellement BRICS-CLEAR, un système de règlement et de compensation intra-BRICS ou inter-BRICS/partenaires hors USD et EUR. Ce système se veut une alternative à SWIFT (qui est piloté par les banques centrales du G7, auxquelles s’ajoutent celles de Belgique, de Suisse, de Suède et des Pays-Bas), mais aussi au système chinois CIPS, que la Russie avait rejoint en urgence suite à son éviction de SWIFT au printemps 2022.
Basé sur la technologie de la blockchain, par ailleurs déjà maîtrisée et utilisée par les banques centrales russe et chinoise, ce système n’envisage pas de recourir aux cryptos, trop volatiles, mais aux « stablecoins » (SC) comme unité de compte pour la compensation, cryptos dont la valeur est, par construction, ancrée dans une devise (ex. le $ pour l’USDT ou l’USDC).
Les règlements bilatéraux continueront de se faire en monnaies nationales mais leur compensation sera possible en stablecoin, laquelle devrait être gérée par la Nouvelle Banque de Développement (NBD) des BRICS+, qui jouera ainsi le rôle de chambre de compensation et de plateforme de paiement baptisée « BRICS bridge », sur le modèle de l’Union Européenne des Paiements (qui a fonctionné sur la période
1950-1957) qui a été un facteur d’intégration conduisant au Traité de Rome.
Les BRICS+ ont aussi acté la création d’une société d’assurance et de réassurance des transactions commerciales (BRICS ReInC).
Une projection donne, suite à ces différentes mesures, un recul de l’ordre de 6% des exportations des pays non membres des BRICS, ce qui peut affaiblir les devises du G7.
On observe également une utilisation du $ à d’autres fins, comme conforter Hong-Kong comme centre d’émissions de prêts entre BRICS… en $ !
Il faut à présent s’attendre au recul de plus de 50% du $ comme monnaie de réserve des banques centrales des BRICS+ (ce qui va prolonger le krach obligataire occidental bien entamé).
Enfin, les initiatives de Kazan apportent un précieux soutien à la blockchain comme technologie et aux cryptos et stablecoins comme unités de compte du futur système de compensation de la zone BRICS.
Les monnaies fiat n’ont qu’à bien se tenir…

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Florent Ly-Machabert