Le premier institut de formation économique et financière

Économie, finance personnelle, médias libres

scientists in laboratory

Les technologies vaccinales à la loupe

Alors que le Pr Perronne, blanchi par la “justice ordinale”, clame haut et fort que la “stratégie vaccinale Covid” a été du grand n’importe quoi, nous republions ici l’article que nous avions écrit pour Finance & Tic dès le mois de mai 2021.

Vaccination vs. traitement : une exigence plus grande de sécurité 

Je m’appuie ici sur les travaux de Christian VELOT, généticien moléculaire de l’Université de Paris-Saclay, qui, par ailleurs, alerte depuis plus de 20 ans déjà sur les dangers des OGM, comme le rappelle cette une du Monde de mai 2008 : 

Cet enseignant-chercheur n’a d’abord aucun désaccord de principe avec la vaccination. Il se présente comme un « vaccino-prudent » et rappelle simplement que l’acceptabilité des effets secondaires pour un vaccin est nécessairement plus faible que celle d’un médicament, non seulement parce que le premier s’adresse, à titre préventif, à des personnes en bonne santé tandis que le second, à titre curatif, s’adresse à des malades, mais aussi en raison des effectifs de vaccinés qui sont de facto plus importants.     

Bilan des technologies disponibles à l’heure actuelle pour lutter contre la Covid-19 

Rappel 1 : Qu’est-ce qu’un virus ?

C’est une coque de protéines (capside) présentes en un grand nombre d’exemplaires qui s’auto-assemblent pour contenir le matériel génétique du virus. On les appelle « virus nus », par opposition aux « virus enveloppés » qui, en plus, possèdent une bi-couche de graisse emprisonnant une protéine de surface, du nom de « Spike » dans le cadre du virus SARS-Cov2 (qui est un coronavirus du fait de la forme circulaire que donne l’agencement des protéines de surface). Cette protéine permet l’ancrage du virus à la surface des cellules dans lesquelles le virus va libérer son matériel génétique. Nos cellules humaines contiennent de l’ADN qui, via l’ARN messager (mécanisme de transcription), va traduire les gènes de l’ADN en langage protéique (mécanisme de traduction) permettant de fabriquer les protéines indispensables à tous nos processus biologiques. Les virus, eux, contiennent soit de l’ADN (viral), soit directement (c’est le cas du SARS-Cov2) de l’ARN (viral). Dans les deux cas, la cellule infectée fabrique la protéine virale (Ch Vélot parle de « détournement de la machinerie cellulaire »), soit via une transcription et une traduction (cas des virus à ADN), soit via une simple transcription (cas du SARS-Cov2 et de tous les virus à ARN).    

Rappel 2 : Qu’est-ce qu’un vaccin ?  

1ère technique : On injecte le virus entier, mais inactivé (« vaccin inactivé ») ou atténué (« vaccin vivant »).

Dans le 1er cas, le virus a été inactivé par traitement chimique (formol) ou physique (ultraviolet), si bien qu’il est détecté comme un corps étranger par notre organisme mais, comme il est inactivé :

  • le vaccin est souvent peu immunogène en l’état (il ne crée pas assez d’anticorps) ;
  • il doit donc être potentialisé grâce à des adjuvants potentiellement dangereux (sels  d’aluminium, formol) ;
  • il doit faire l’objet d’injections répétées (« rappels de vaccination »).

Dans le 2ème cas, le virus a été atténué, si bien qu’il reste vivant (et donc opérant) mais il est affaibli. On utilise en général une souche vivante thermosensible ou que l’on rend thermosensible, c’est-à-dire « ramollie » une fois introduite dans notre corps à 37°C.

  • Les vaccins vivants sont plus immunogènes ;
  • Ils font prendre davantage de risques, s’ils ne sont pas assez atténués ou qu’ils sont injectés à des « personnes à risques », par exemple fragiles, immunodéprimées ou les femmes enceintes. 

2ème technique  : On injecte uniquement la protéine de surface du virus enveloppé dans le cadre d’un vaccin dit « à protéines recombinantes ».

Dans le cas du SARS-Cov2, il s’agit, à partir du gène correspondant dans le matériel génétique du virus, d’injecter la protéine « Spike » (dite immunogène) pour chercher à déclencher chez le vacciné une réaction immunitaire (elle devient « vaccinante »). C’est ce qui a été fait pour le vaccin contre l’Hépatite B ou le Papillomavirus (responsable du cancer du col de l’utérus).  

3ème technique  : On injecte uniquement le matériel génétique du virus, c’est-à-dire son ADN pour les virus à ADN (on parle alors de « vaccins génétiques à adénovirus ») ou son ARN pour les virus à ARN (on parle alors de « vaccins génétiques à ARN ou ARN messager »)

Dans le cas du SARS-Cov2, le vaccin génétique à ARN consiste à inoculer un brin d’ARN messager du coronavirus afin de permettre, via une nanoparticule (capsule de graisse), aux cellules du vacciné de le traduire en protéines virales, dont la protéine Spike de surface qui devrait déclencher une réponse immunitaire. Mais la généticienne Alexandra Henrion-Caude explique qu’avant de déclencher cette réponse, une autre réponse, non souhaitée, de fabrication du virus par nos propres cellules, pourrait bien intervenir.

Contre le SARS-Cov2, des vaccins à ADN sont aussi sur le marché, qui utilisent un autre virus dit « adénovirus recombinant » (humain ou animal) rendu inopérant mais dans le matériel génétique (ADN) duquel on a inséré (« recombiné ») une partie de celui du coronavirus (ARN), préalablement transcrit grâce à une enzyme virale, la transcriptase inverse, en ADN, car on ne peut insérer directement de l’ARN dans de l’ADN.

Injectant de l’ADN recombinant dans nos cellules, ces vaccins à adénovirus pourraient donc présenter les risques cumulatifs :

  1. D’intégrer de l’ADN vaccinant à notre propre matériel génétique (c’est d’ailleurs ce que l’on cherche à faire dans les vaccins contre certaines maladies orphelines avec des échecs importants[1] puisque l’ADN vaccinant vient parfois activer – on parle de « mutagénèse insertionnelle » – des « oncogènes » responsables de cancers  – souvent des leucémies – sur des patients déjà incurables) ;
  2. De déclencher des réactions (on parle d’immunotoxicité) liées au virus recombinant lui-même, bien que normalement rendu inopérant, allant de la réponse inflammatoire systémique fatale (dans 5,5% des cas dans un essai clinique dédié) à la maladie auto-immune. 

Enfin, les vaccins génétiques à ARN ou à ADN présentent ensemble un 3ème risque dit de « recombinaison virale » consistant pour deux virus à ADN ou deux virus à ARN de se recombiner entre eux (par exemple dans une même cellule entre ADN ou ARN vaccinant et ADN ou ARN infectant) pour donner un 3ème virus plus ou moins virulent que les 2 initiaux (comme le H1N1 qui combine grippe aviaire, grippe humaine et grippe porcine) et qui pourrait contaminer ensuite un grand nombre de personnes.

Typologie des principaux vaccins commercialisés ou en cours de développement contre le virus sars-cov2 responsable de la covid-19 (date : mai 2021)

PaysLaboratoireTechniqueSous-catégorieRisques
ChineSINOPHARMVirus entierVirus inactivéFaibles, connus
CanadaMEDICAGOProtéine recombinanteProtéine de la capside (VLP)Faibles a priori
USANOVAVAXProtéine recombinanteProtéine de surface (Spike)Faibles a priori
FranceSANOFI-PASTEURProtéine recombinanteFaibles a priori
USA/All.PFIZER-BIONTECHThérapie géniqueARN messagerMoyens à forts, inconnus
USAMODERNAThérapie géniqueARN messagerMoyens à forts, inconnus
UKASTRAZENECAThérapie géniqueAdénovirus recombinant (chimpanzé)Multiples, inconnus
USAJOHNSON & JOHNSONThérapie géniqueAdénovirus recombinant (humain)Multiples, inconnus
RUSSIEGAMALEYA (Spoutnik)Thérapie géniqueAdénovirus recombinant (humain)Multiples, inconnus

Se pose donc in fine la question de la stratégie vaccinale comme panacée ?

Pourquoi ne pas :

  • poser clairement la question des traitements plutôt que de se lancer dans une course au tout-vaccin, certes plus rémunératrice pour les laboratoires ?
  • s’appuyer sur les technologies vaccinales déjà éprouvées (comme le vaccin chinois, le 1er dans le tableau ci-dessus, bien que peu efficace semble-t-il) ou a priori peu dangereuses comme ceux à protéines recombinantes (non encore commercialisées), plutôt que d’ajouter l’incertitude des effets secondaires des vaccins génétiques a priori dangereux à celle de la crise sanitaire ?

La suite des évènements a apporté son lot de réponses.


[1] De l’ordre de 20% d’après Ch Vélot s’appuyant sur une publication de 2003

Florent Ly-Machabert

antique bills business cash

État des lieux des risques qui pèsent sur votre épargne

Risque 1, le compte courant : beaucoup de danger pour très peu d’avantages

Il n’y a que très peu d’intérêt à laisser dormir de l’argent sur un compte courant : vous pouvez payer en ligne avec votre CB, vous ne risquez pas de vous faire cambrioler, l’argent est disponible aux guichets. Cependant, le compte courant ne rapporte rien ; l’argent n’est plus le vôtre, car il est à la banque à qui vous le prêtez sans en être toujours conscient ; et cet argent court le risque d’une fraude informatique ou criminelle.

De plus, votre argent est soumis à presque tous les risques : l’inflation (l’argent se dévalue tout seul) ; le risque de baisse ou d’effondrement de l’euro ; ainsi que celui d’une faillite de la banque ; et il y a un risque de blocage temporaire des retraits en cas de difficultés économiques de l’Etat.

Malheureusement il n’y a pas qu’avec le compte courant que beaucoup d’épargnants perdent de l’argent. L’écart entre son taux nominal et le niveau d’inflation font du livret A un support sur lequel les Français perdent chaque année des millions d’euros…

Risque 2, le livret A : Les Français l’adorent… mais perdent des millions !

Le montant et le nombre de placements sur Livret A atteignent des records (voir graphique ci-dessus), alors même que son taux s’effondre depuis 20 ans, malgré une réévaluation récente à 1%. Il est devenu une véritable arme dont les gouvernements successifs se sont servis pour modifier le taux : 25 fois depuis 20 ans, de 4 à 0.5%. Il est le placement par défaut quand les Français sont inquiets. Alors une question se pose : ai-je gagné ou perdu de l’argent en termes réels à la fin de l’année ?

Réponse simple : 2018 ; 2019 ; 2020 ; 2021 : perdu et de loin. Pour une raison simple : désormais à 1%, le rendement est aujourd’hui très nettement en-dessous de l’inflation qui dépasse les 5%. Et cette tendance s’annonce solide et durable, même si le taux du livret devait être revu à la hausse (2% ?) à la mi-juillet. D’ailleurs le taux d’épargne n’a jamais été aussi haut – plus de 15% du patrimoine avant même la crise 2020, contre 10% en Europe. Le capital s’érode donc de 4% en termes réels, soit la dilapidation de la moitié de son pécule en 17 ans ! 

Au-delà de l’absence de rendement intéressant, dépendre du gouvernement pour son épargne de sécurité est très dangereux. L’évolution du livret A est suspendue aux décisions temporaires de chaque gouvernement, qui essaye de pousser le bouchon toujours plus en défaveur de l’épargnant. A la limite, le Livret A peut-être utilisé comme premier complément au compte courant, mais seulement pour garder 2-3 mois de revenus de précaution.

Risque 3, l’Assurance-vie : Les dernières années du dispositif ?

Aujourd’hui, l’assurance-vie présente des risques de plus en plus élevés. Les fonds euros représentent 80% de l’assurance-vie des Français, soit un encours d’environ 1800 Mds €.  Les dettes européennes qu’ils financent sont de plus en plus critiques, et les rendements baissent chaque année, comme le montre le graphique ci-contre. La moyenne des rendements des fonds euros en 2020 est d’environ 1%. Mais c’est une moyenne. Les meilleurs taux sont encore donnés par les contrats associatifs ou mutualistes, parfois au-dessus de 2%. En revanche, dans certaines grandes banques et assurances, c’est déjà au maximum 0,5%, soit plus de 4 points de moins que l’inflation…

Par ailleurs, les frais de gestion s’envolent, en particulier pour les mouvements au sein d’une assurance-vie, ou les entrées en fonds euros. Les assureurs font tout pour transférer un maximum des assurances-vie en unités de compte, c’est-à-dire en achat d’actifs et sans les garanties du fonds euros.

Pour faire simple, si vous voulez placer sur les marchés, autant le faire vous-même, sans déléguer quoi que ce soit à qui que ce soit (gestion active et non passive, ni même « pilotée »). La dernière étude Facts&Figures relève même qu’à cause des frais, « la gestion profilée prudente a moins rapporté en moyenne que les fonds en euros au cours de ces dernières années ». En cas de crise, vous perdez votre capital autant que si vous gériez vous-même votre argent, mais sans avoir pu prendre les bons actifs pour vous couvrir.

De plus, avec l’assurance-vie, après 8 ans, vous pouvez retirer du capital correspondant à des intérêts capitalisés jusqu’à 4600€ par an par personne en échappant à la fiscalité. Avec le PEA, après 5 ans, vous pouvez retirer la somme de votre choix sans aucun impôt sur les plus-values. Dans sa dernière loi PACTE, le gouvernement a choisi de faciliter les transferts de PEA d’une banque à l’autre. Cela reste impossible pour l’assurance-vie.

Enfin, l’assurance-vie détient l’avantage de la succession. En effet, ce qui est placé sur votre assurance-vie revient à votre héritier direct à votre décès, sans droit de succession. Cependant, le 13 décembre 2019, la Garde des Sceaux a reçu le Rapport qu’elle avait commandé sur la question des héritages… et qui lui conseille de repasser les assurances-vie dans le régime commun d’héritage ! Le 23 mai 2016, Monsieur Sapin a par ailleurs mis en place son plan de « modernisation de la vie économique ». Le petit amendement sur l’article 21bis de la loi Sapin 2 permet désormais à un Comité Consultatif de Bercy de bloquer vos contrats d’assurances-vie de façon renouvelable à l’infini, si les assurances sont en mauvaise posture. Il n’y a pas de hasard si cet amendement est passé en 2016, car c’est précisément l’année où la BCE a pris la décision de baisser les taux d’intérêt (réels en négatif), en sachant très bien que cela allait durer. 6 ans plus tard, la BCE envisage de remonter les taux ; et encore ne le pourra-t-elle que du bout des doigts, tant la dette publique s’est accumulée partout dans la zone euro !  

En conséquence : 3 règles pour se protéger

La situation de transition actuelle porte à croire que nous sommes à l’aube d’un retournement de cycle majeur, qui pourrait engendrer des krachs à répétition. Les bulles sont partout et il est bien difficile de prédire d’où viendra la prochaine grosse crise : dettes publiques/privées, banques, immobilier… ou tout en même temps ! Réaliser ces 3 actions simples vous permettra de commencer à protéger votre épargne et vous assurer d’avoir des liquidités en cas de crise.

  • Convertir une partie de vos Euros.

Diversifier vos devises vous rendra moins dépendant de l’actualité de l’Euro et du contexte européen. Le premier moyen est donc de changer quelques milliers d’euros en devise étrangère : dollars, livres, et surtout franc suisse qui est une monnaie refuge très accessible. Une application mobile comme Revolut permet d’effectuer du change gratuitement et très simplement, et de façon rapide et sécurisée. Nous en reparlerons très précisément prochainement.

  • Gardez une partie de votre argent en liquide.

En cas de crise de confiance dans nos institutions, les banques ne seront pas en mesure de satisfaire tous leurs clients. Et de façon encore plus proche et réaliste, dès qu’une banque est en difficulté elle bloque l’accès aux comptes des particuliers, sans possibilité de retirer quoi que ce soit.

Il est bien plus rassurant d’avoir de l’argent chez soi (1000€ par exemple), que de regarder le chiffre de vos comptes bancaires sur Internet, en se demandant si la banque voudra bien vous en rendre un petit bout quand elle fera faillite.

  • Cibler vos placements actuels qui résistent à la crise.

Votre argent est-il bien réparti entre plusieurs intermédiaires ? Je vous conseille de diversifier ces intermédiaires, et de répartir vos sommes d’argent entre plusieurs acteurs, pour ne pas souffrir d’une défaillance d’un d’entre eux (méthode FINTIC, vidéo disponible sur ma chaîne YouTube). Si vous avez par exemple 13 supports de placement différents, mais qu’ils sont tous dans le même groupe bancaire, alors votre épargne est en réalité très exposée. Il suffit qu’un seul intermédiaire ait une défaillance, et vous perdrez accès à toute votre épargne ! Les principaux placements qui ont tous des noms différents et compliqués (assurance-vie, PERCO, OPCVM) sont peut-être tous investis sur les mêmes supports (probablement dans des obligations en euros). En réalité, tous les placements précédents dépendent des mêmes risques majeurs : le risque sur l’euro ; le risque sur le budget des États européens, etc.

Avec plus de recul, un autre moyen simple de commencer à sauver votre épargne est de vous affranchir au maximum du système bancaire. Bien sûr, il est impossible de faire totalement sans les banques. Un compte courant s’avère bien pratique pour gérer les opérations du quotidien. Mais il faut absolument éviter d’y laisser dormir trop d’argent.

  • Les options de placement alternatif à privilégier.

Prenons la composition du patrimoine des Français, qui n’a pas bougé depuis des années. En termes de répartition, ce n’est pas du tout diversifié. Un seul placement, l’immobilier, couvre plus de la moitié du patrimoine. Et les produits objectivement les plus risqués en ce moment, avec des banques surexposées et des Etats surendettés, sont 2e et 3e : assurance vie et livrets d’épargne.

En cas de crise et de récession majeure (or, elles arrivent…), 85% du patrimoine des Français ne leur rapportera sans doute plus rien. L’immobilier est certes un investissement solide, mais en période de difficulté, il devient très difficile d’assurer ses locations ou même de revendre. Il n’est pas liquide. Et il faut s’attendre à court/moyen terme à un retournement de l’immobilier de l’ordre de 15%.

Il est donc essentiel d’avoir dans son portefeuille, en plus de l’argent liquide et de quelques monnaies étrangères, des actifs qui vous appartiennent vraiment et qui sont rattachés au monde réel (tangibles, débancarisés) ; par exemple, les actifs en votre nom sont déjà une bonne garantie (actions d’entreprise, immobilier, parts d’entreprise non-cotées, etc.).

Des placements alternatifs tels que les métaux précieux et les crypto monnaies dont nous vous parlons abondamment dans ce mensuel permettent de diversifier encore un peu plus son épargne. En l’occurrence, l’or a encore prouvé sa qualité d’excellente valeur refuge en 2020, avec une progression de près de 20% pendant que tous les marchés baissaient.

Florent Ly-Machabert

american dollar bills and vintage light box with inscription

La Théorie Monétaire Moderne (TMM)

La Théorie Monétaire Moderne

Pendant des décennies, la politique monétaire a été régie par ce qu’Irving Fisher appelait la “théorie quantitative de la monnaie” (TQM), résumée dans la fameuse formule suivante :  MV = PQ, où M désigne la masse monétaire (quantité de monnaie en circulation), V la vélocité (ou vitesse de circulation) de la monnaie[1], P le niveau des prix et Q la production.

Officiellement depuis la Grande Récession (c’est-à-dire la crise des subprimes de 2007-2009 aux USA), mais officieusement depuis la fin de la convertibilité or du dollar décrétée unilatéralement par le Président Nixon le 15 août 1971[2], c’est à une toute autre théorie que les banquiers centraux vouent une confiance aveugle : la « TMM », pour « Théorie moderne de la monnaie », ou « MMT », pour « Modern Monetary Theory », que nous avons donc vue déjà à l’œuvre lors du sauvetage des banques US et européennes en 2009, mais surtout, de façon encore plus patente, à l’occasion du coronacircus.

Le match TQM/TMM

Les deux approches monétaires s’opposent en tous points et il ne serait pas faux d’affirmer que la TMM est pour le moins fumeuse au plan économique… Elle a en revanche le grand mérite d’arranger les affaires de la caste et de son « great reset » monétaire qui tend à faire disparaître le cash, à endetter les Etats (et les acteurs privés), tout en maintenant les taux d’intérêt à zéro et en accroissant considérablement la dépendance de tous vis-à-vis à la fois des banques centrales et des puissances étatiques.      

Comparons quelques caractéristiques des deux théories.

  • Dépenses et dette publiques

Dans la TMM, les dépenses publiques ne sont plus financées par les impôts mais par la planche à billets (émission de monnaie), la soutenabilité de la dette publique n’est donc plus un problème, et l’émission de titres publics ne sert donc plus à financer le déficit public mais à distribuer du revenu[3] (chèque inflation, chèque alimentaire, etc.). L’accès des Etats-membres au financement de la banque centrale, jadis interdit par les Traités européens, est désormais non seulement autorisé (depuis août 2020) mais aussi rendu illimité ! L’effet d’éviction, qui désigne la baisse de l’investissement et de la consommation privés sous l’effet de la hausse des dépenses et donc de l’endettement publics qui pousse les taux d’intérêt vers le haut, n’est plus un problème.  

  • Politiques monétaire et structurelles  

Dans la TMM, la politique monétaire n’a donc plus de rôle à jouer pour stabiliser l’économie : les taux d’intérêt sont une variable administrée, à la discrétion des Etats, l’inflation, phénomène pourtant intrinsèquement monétaire (voir la TQM), relève de la politique budgétaire. Le chômage peut être totalement éliminé grâce aux logiques du revenu universel. Les politiques structurelles conventionnelles sont rendues caduques et une économie souveraine n’a plus à être compétitive, puisque l’argent est magique !  Les compétences de chacun n’ont plus qu’un lien très distant avec les revenus et la protection sociale n’a plus de réel coût associé.


[1] C’est-à-dire le nombre de fois qu’une même unité de monnaie a servi à payer des transactions pendant la période

[2] Qui signe en réalité le début de la fin des Accords de Bretton Woods, la fin définitive du dollar prenant forme de nos jours à grands pas sous nos yeux avec le rapprochement, notamment monétaire, des puissances russe et chinoise

[3] Ce qu’on appelle aux US depuis Ben Bernanke l’« helicopter money », bien illustrée par l’image en tête de cet article

Florent Ly-Machabert

pexels-photo-13655961.jpeg

Porsche : acheter l’introduction en bourse ? [INEDIT]

1ère cotation jeudi 29 septembre 2022

La société de renommée mondiale Dr. Ing. h.c. F. Porsche Aktiengesellschaft (Porsche AG) s’introduit cette semaine en bourse. L’Allemand cherche en effet à lever jusqu’à 9 Mds €, essentiellement pour accélérer l’électrification de ses véhicules et l’investissement dans du capital technologique (nouveaux logiciels). Le prix des actions sera fixé entre 76,50 et 82,50 €, ce qui valorisera l’entreprise de 70 à 75 Mds €. Cela ferait de cette introduction en bourse (IPO dans le jargon) la 3ème plus importante d’Europe !
Les investisseurs privés d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, de France, d’Italie et d’Espagne peuvent participer à l’introduction en bourse qui interviendra ce jeudi 29/09/22. Les actions seront cotées à la place boursière de Francfort (« Börse Frankfurt ; FRA ») sous le code ISIN DE000PAG9113.

« In the beginning, I looked around and could not find the car I dreamed of. So I decided to build it myself. »

C’est la fameuse phrase du fondateur du constructeur des légendaires voitures de sport allemandes en 1931, Ferdinand Porsche. Son fils, Ferry, prendra ensuite la relève.
Depuis, le succès n’a cessé d’être au rendez-vous pour ce fleuron du luxe : 1 million de modèles 911 vendues depuis 1964 (911 millions d’actions seront d’ailleurs émises en hommage au modèle fétiche), belle croissance structurelle, marges opérationnelles solides, expertise technologique exponentielle, essor international impressionnant avec des ventes dans 120 pays et un équilibre géographique parfait (27% US, 29% Europe, 32% Asie, 13% reste du monde), cap des 300 000 livraisons franchi en 2021 dans un contexte pourtant morose, soit 33 Mds € de CA et 7,4 Mds € de résultat (EBITDA).

Faut-il ajouter une ligne Porsche à votre portefeuille d’actions ?

Indéniablement la valorisation envisagée est élevée, de 20 à 25% (HSBC la situait plutôt autour de 50 Mds €), qui plus est sur un secteur en plein brouillard et dans un pays (la maison mère de Porsche est le groupe Volkswagen qui conservera 37,5% des actions, contre 12,5% pour la Holding familiale Piech/Porsche) frappé par une crise énergétique d’anthologie avec une récession à la clef. Mais dans le contexte inflationniste actuel (8% annuel en Allemagne) , un fleuron du luxe automobile comme Porsche figure évidemment parmi les firmes ayant le pricing power qui permet d’encaisser puis de répercuter sur les clients la hausse sans précédent des coûts à la production (+45% en août 2022 sur un an glissant !).

Quatre actionnaires ont d’ores et déjà pris des engagements de souscription : un fonds qatari, le fonds souverain norvégien, le gestionnaire d’actifs du Maryland T Rowe Rice et là holding ADQ d’Abu Dhabi.

Un pari audacieux donc, pour amateur de sensations fortes. Mais c’est ce qu’on recherche chez Porsche, non ?

mask of a black porsche driving out of a garage
Photo by Dante Juhasz on Pexels.com

Florent Ly-Machabert

woman calculating money and receipts using a calculator

Qui supporte vraiment l’inflation ?

Question douloureuse mais réponse, hélas, très simple !

Les courbes ci-dessous représentent, en 1980 à gauche et en 2014 à droite, l’évolution des revenus réels, c’est-à-dire corrigés de l’inflation, des plus modestes aux plus riches. La rupture est saisissante, puisqu’en 1980, année qui a connu un taux de croissance annuel moyen des revenus de 2%, on voit clairement que ce sont les plus pauvres qui augmentent leurs revenus le plus vite (+3,5% par exemple pour les 5% de la population les moins aisés, contre une hausse des revenus inférieure à 1,5% pour les 20% les plus riches), alors que 34 ans plus tard, ce sont les 10% les plus aisés qui augmentent le plus, et exponentiellement, leurs revenus (jusqu’à +6% pour le top 1%), tous les autres enregistrant une hausse de leurs revenus inférieure au taux de croissance annuel moyen de 1,4%.

Source : LISC

Non seulement on peut en déduire que les inégalités entre riches et pauvres ont explosé entre les deux dates, mais la situation ne s’est pas arrangée depuis 2014 ! En effet, la politique monétaire expansionniste liée au Covid depuis 2020 (intervenue en réalité pour masquer la nouvelle crise financière qui couvait) a encore aggravé la situation en permettant aux ultra-riches de capter presque toute la « richesse créée », ou plutôt, en l’espèce, toutes les liquidités injectées par la banque centrale et qui sont venues alimenter les marchés boursiers et immobiliers, sur lesquels les riches étaient déjà très investis. 

Par ailleurs, le surplus d’épargne financière des ménages lié à la crise Covid et que nous voyons dans le graphique ci-dessous (avec projections pour 2022-2023) a été capté à près de 80% par les 20% – à  nouveau – des ménages les plus aisés, le reste des ménages français devant immédiatement mobiliser les aides gouvernementales voire leur épargne d’avant-crise pour faire face, notamment, aux confinements successifs.


Ajoutons à cela que la part des dépenses contraintes, qui, comble de malheur, concerne des secteurs actuellement très inflationnistes (l’énergie, l’alimentaire, mais aussi le logement dans une moindre mesure) est d’autant plus grande que les ménages sont modestes : elle est proche de 100% pour les premiers déciles qui ont une propension marginale à épargner quasi nulle et très faible pour les déciles les plus élevés qui se caractérisent par une propension marginale à épargner très grande.

Tout se combine donc actuellement pour continuer à appauvrir drastiquement les classes modestes, ce qui n’augure rien qui vaille pour la paix sociale. Mais il paraît que c’est le petit secret des politiques communistes…       

Florent Ly-Machabert

Qu’est-ce que la “pentification”…

… de la courbe des taux d’intérêt ?

On désigne par « pentification de la courbe des taux », « pentification » tout court, voire « pentification des taux », la situation dans laquelle la forme de la courbe des taux d’intérêt obligataires se modifie pour passer d’une courbe concave (pointillé vert dans le graphique ci-dessous, où le financement court terme est moins cher que le long terme) à une courbe convexe voire une droite, du fait du redressement des taux d’intérêt long terme (quadrant en bas à droite).

Nous rappelons ici que le taux d’intérêt, lorsqu’il n’est pas comme aujourd’hui administré par les banquiers centraux, est un prix de marché : celui des fonds prêtables disponibles, mais aussi celui du risque pris par le prêteur et celui du temps, l’épargnant cherchant à compenser son renoncement à la liquidité par l’encaissement d’un taux d’intérêt. Dans ce contexte, il est donc logique que le taux d’intérêt soit une fonction croissante du temps (et du capital prêté), car plus l’investisseur emprunte sur une longue durée, plus le risque de défaut s’accroît et plus le prêteur renonce longtemps à la liquidité de son avoir. Aussi comprend-on mieux que l’autre nom de la pentification soit la « normalisation » de la courbe des taux. Ce phénomène s’observe lorsque les prêteurs exigent une rémunération d’autant plus élevée que l’échéance est lointaine, notamment pour se protéger du risque d’inflation. Toute pentification est donc associée à des anticipations de hausse de l’inflation à terme, ce qui est bien le cas actuellement. Les banquiers centraux sont toutefois contraints par les énormes encours de dettes publiques des pays occidentaux qui ont tous « monétisé le Covid », ce qui les dissuade de remonter les taux directeurs (courts) trop brutalement. Voire de les remonter tout court. L’Histoire dira. 

Y a-t-il donc actuellement pentification ? Non !

Toutefois, les anticipations haussières sur l’inflation sont actuellement neutralisées par les craintes de récession, si bien que la situation dans laquelle le marché obligataire se trouve d’ores et déjà outre-Atlantique est celle d’une “inversion” de la courbe des taux (en gris dans le quadrant en haut à droite), qui traduit que le risque court-terme, du fait de la menace que fait peser une récession hic et nunc sur l’économie américaine, est plus élevé (donc mieux rémunéré) que le risque long-terme. Cette anomalie est même utilisée comme signe avant-coureur de toute récession économique. Actuellement (au 22/08/22), le 2-ans US se rémunère 3,28% contre un 10-ans à 2,97%. CQFD.

Source : Lafinancepourtous.com

Florent Ly-Machabert

L’essor des chatbots dans le secteur de la santé

Une menace ?

Depuis la pandémie, les chatbots ont été utilisés pour communiquer des informations, par exemple, sur le virus, les symptômes, les mesures préventives, les soins personnels, etc. L’année dernière, le Forum économique mondial a réuni une communauté multipartite qui a co-créé « chatbots RESET », un cadre pour régir l’utilisation responsable des chatbots dans les soins de santé.

Plusieurs organisations ont piloté les chatbots. Le pilotage du bot se veut un moyen rapide de valider son contenu en termes de pertinence et de praticité. Les opportunités qui découlent de l’utilisation des chatbots dans les soins de santé sont nombreuses :

  • réduire le coût et augmenter l’accessibilité des soins de santé ;
  • réduire le nombre d’appels sans réponse et alléger le temps de traitement des incidents de santé publique.

L’une des raisons pour lesquelles les chatbots dans le secteur de la santé devraient être régis est la préoccupation d’ordre éthique lorsqu’il s’agit de répondre à un besoin critique sur le plan social, comme les soins de santé, sans intervention humaine.

Quelle valeur ajoutée des chatbots ?

Facilité d’utilisation, pertinence, exhaustivité et organisation des réponses apportées, aide au traitement de la sensibilité des données sont autant d’atouts de cet outil adossé à de l’intelligence artificielle.

Cependant, tous les principes n’étaient pas applicables dans tous les scénarios.   

Sur l’ensemble des entreprises pilotes, toutes sont unanimes concernant la « gouvernance » de cette application. Elle est nécessaire car le domaine est encore relativement nouveau. Par conséquent, les cadres de gouvernance sont indispensables pour combler les lacunes d’une réglementation qui n’a pas encore rattrapé les réalités du développement et du déploiement de produits dans ce domaine en évolution rapide. Par exemple, dans le cadre du Covid, les informations sont constamment mises à jour en raison des recherches en cours et des fluctuations du nombre de personnes infectées. La diffusion et l’accès à des informations objectives provenant de sources validées revêtent donc une grande importance.

La pandémie de COVID-19 a ainsi accéléré la transformation numérique des soins de santé dans le monde. En particulier, il y a une plus grande reconnaissance de la valeur des solutions de santé numériques qui permettent aux patients et aux membres du public de recevoir des conseils médicaux fiables et sûrs à leur domicile, réduisant ainsi le besoin de visites inutiles à l’hôpital.

Le cadre dans son ensemble ne prend pas en compte les différences potentielles de maturité numérique entre les développeurs et les fournisseurs, qui peuvent exister même lorsqu’ils collaborent sur le même projet.

Une maturité numérique plus faible peut entraîner des problèmes avec des attentes réalistes en termes de paramètres de développement/déploiement, tels que la portée et les délais, en grande partie en raison de l’inexpérience de la mise en oeuvre de solutions numériques telles que les chatbots.

Pour conclure, voici les bénéfices réels qui semblent être apportés par les chatbots santé aux différentes entreprises qui les ont expérimentés :

  • La diminution du taux d’appels sans réponse ;
  • Les questions/réponses peuvent être adressées rapidement, à tout moment et indépendamment des ressources humaines grâce à une disponibilité 24h/24 et 7j/7 ;
  • La disparition du temps d’attente et des rappels ;  
  • L’allègement de la charge des employés du centre de services en charge des appels téléphoniques ;
  • La réduction des coûts de personnel du centre de services ;
  • Une prise de décision jugée très bonne. 

En conclusion, nous pouvons rappeler que ni l’IA ni le progrès technologique ne sont en soi bons ou mauvais mais que ce sont les usages qu’on en fait et les fins qu’on sert qui comptent. Si les chatbots peuvent rendre des services sans déshumaniser le secteur où on les implante, alors ils sont une avancée. Dans le cas contraire, passons vite notre chemin.  

Florent Ly-Machabert

Tout savoir sur les obligations chinoises

Une excellente alternative aux titres de dette occidentaux

Nous vous proposons aujourd’hui un article sur les obligations chinoises, qui, comme le dit la presse mainstream (ci-dessous un titre des Echos d’avril 2021), peut constituer une très bonne alternative à l’ensemble des titres de dette occidentaux présents en abondance dans les fonds € des assurances-vie des Français. L’enjeu est majeur car l’assurance-vie en France capitalise environ 1700 Mds €, dont nous démontrerons dans un prochain numéro qu’ils courent un sérieux danger de spoliation par l’Etat.

A titre personnel, nous sommes positionnés sur une SICAV investie en obligations chinoises à longue duration depuis avril 2021 avec un rendement annuel de plus de 5%. Une analyse fondamentale des titres de dette émis par l’Empire du Milieu permet de discerner :

1) Une droite de régression pentue qui confirme un rendement annuel moyen de 5% depuis 6 ans ;
2) Une valorisation correcte avec un positionnement actuel du cours des titres légèrement sous la
droite de régression.

Comparaison n’est pas raison… mais quand même !

Si l’on rapporte le cours des obligations chinoises à celui de l’or, voici le résultat :

Dans ce graphique, quand la courbe monte, cela signifie que les obligations chinoises font mieux que de l’or et donc qu’il vaut mieux détenir des obligations chinoises et quand elle redescend, c’est l’inverse, l’or faisant mieux que la dette chinoise. On voit clairement que depuis le début de l’année 2020 (tout à droite), on est entré dans une phase où les titres de dette chinoise font mieux de l’or et qu’il vaut donc mieux se positionner sur eux que sur la relique barbare.

C’est pourquoi, dès avril 2020, nous avons mis près de 15% de notre portefeuille en obligations chinoises et qu’elles ont depuis rapporté un rendement annuel de plus de 5%. Il faut, comme vous le savez, compléter cette partie antifragile avec de l’or, une proportion idéale étant 2/3 en dette chinoise et 1/3 en or, même si nous, nous sommes plutôt 50/50. Rappelons enfin que cette partie défensive du portefeuille correspond idéalement à la moitié environ de l’ensemble de vos avoirs financiers (immobilier exclu).

Regardons à présent la performance des titres de dette chinoise au regard de ceux des pays occidentaux qui ont commis cette folie de monétiser le covid en imprimant de la monnaie comme des fous.

D’abord, contre le 10-ans américain :

Sur les 20 dernières années, si la performance globale des deux titres est comparable (ce qui est déjà un exploit pour le 10-ans chinois), le titre de dette chinoise présente une volatilité moins forte que le 10-ans US, une amplitude entre le point haut et le point bas plus faible et un écart-type plus faible aussi. Voilà donc bien un actif antifragile.

Contre le Bund, le titre de dette allemand, la comparaison est saisissante sur les 3 dernières années : tandis que le 10-ans chinois progresse de 25% (soit 7,7% de rendement annuel moyen), le titre allemand ne fait rien (+2,5% sur la période soit 0,8% par an !!). Il y a un facteur 10 entre les rendements annuels moyens respectifs ! La faute aux taux d’intérêt réels négatifs en Allemagne, qui ruinent progressivement les retraités allemands, mais aussi hollandais et scandinaves.

Concrètement ?

Si vous souhaitez faire l’acquisition de titres de dette chinois, il vous faut acquérir des parts d’un fonds
investi en de telles obligations. Des courtiers comme Boursorama en proposent de nombreux (siglés « RMB » pour l’autre nom du yuan, le renminbi), avec des tickets d’entrée variables, souvent autour de 2 000€. Au sein de nos équipes, notre choix s’est tourné depuis le printemps 2020 vers un fonds HSBC mais la société Gavekal en propose également.


Conformément à la législation française, nous ne pouvons formuler dans le cadre de notre activité de
presse de recommandations plus précises.

Florent Ly-Machabert

“ESG”, “ISR” : Quesako ?

Un processus d’investissement (ISR) basé sur des critères précis (ESG)

Par « ESG », on désigne 3 critères (Environnement, Social, Gouvernance) sur lesquels on base le processus d’Investissement Socialement Responsable (ISR).

Par Environnement, on entend la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre (notamment CO2) de l’entreprise ou du secteur, de son niveau de pollution, de son utilisation des ressources naturelles, de sa consommation d’électricité, de la gestion de l’eau, du recyclage des déchets, de la prévention des risques environnementaux, etc.

Par Social, on entend la prise en compte de la rémunération du travail et de la santé des salariés (par exemple la prévention des accidents), de l’impact de la structure sur la société, de son respect de la réglementation du travail (notamment de pratiques non discriminatoires), de la qualité du dialogue social, de la formation du personnel, etc.

Par Gouvernance, on entend notamment le mode de rémunération du capital (actionnaires) et des dirigeants, la transparence fiscale de l’entreprise, ses pratiques anti-corruption, l’indépendance et la féminisation de son conseil d’administration, etc.

Comme le dit l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), ces critères sont des critères « extra-financiers », permettant « d’évaluer un acteur économique en dehors des critères financiers habituels que sont la rentabilité, le prix de l’action, les perspectives de croissance, etc. ; […] ils prennent en compte son impact sur l’environnement et la société, la gestion des ressources humaines ou encore le traitement des actionnaires minoritaires par exemple ». Ils ont donc aussi leurs agences de notation, des « agences de notation extra-financières » qui sont des « sociétés chargées d’évaluer la politique sociale et environnementale d’un acteur économique et qui, après analyse, lui attribuent des notes sur différentes thématiques ». Les gérants de « fonds ISR » peuvent donc utiliser ces notes pour sélectionner les valeurs qui les composent.

La finance durable française

Mais il existe aussi des « labels », c’est-à-dire un « signe de qualité qui s’applique aux produits et sur lequel les consommateurs peuvent s’appuyer pour faire leur choix ».

En matière de « finance durable », il existe ainsi 3 labels français : le Label « ISR », le Label « GreenFin » et le label « Finansol ». Toutes les sociétés de gestion peuvent demander à faire labéliser leurs fonds.

  1. Le label ISR permet d’identifier des placements responsables et durables. Créé et soutenu par le ministère des Finances, il garantit aux investisseurs que le fonds a développé une méthodologie d’évaluation des acteurs financiers sur la base des critères ESG, et qu’il les intègre dans sa politique d’investissement.
  2. Le label GreenFin : créé par le ministère de l’Environnement, il veut garantir la qualité écologique des placements financiers, en raison de leurs pratiques transparentes et durables et est orienté vers le financement de la transition énergétique et écologique. Ce label a la particularité d’exclure les fonds qui investissent dans des entreprises opérant dans le secteur du nucléaire et des énergies fossiles.
  3. Le label Finansol concerne exclusivement les produits d’épargne solidaire, c’est-à-dire qui financent des activités de lutte contre l’exclusion, de cohésion sociale ou de développement durable (logement, emploi, environnement, solidarités internationales, etc.).

Comment les fonds sélectionnent-ils les actifs selon les critères ESG ?

Deux grandes approches existent :

  1. La « best in class (BIC) » consiste à prendre l’entreprise la mieux notée dans chaque secteur
    économique.
  2. La « best in universe (BIU) » consiste à prendre l’entreprise qui présente le meilleur profil ESG tous secteurs confondus, ce qui écarte de facto les firmes de secteurs peu « ESG compatibles ».

A noter toutefois que le poids dans les approches des différents critères ESG diffère selon les pays. Ainsi, les US privilégient le critère G là où l’UE surpondère le critère E.

Le CAC40 a ainsi été passé au crible par le Forum de l’Investissement Responsable (FIR) et les résultats figurent ci-contre (approche « BIU »). Nous trouvons sur le podium :

  • Médailles de bronze : MICHELIN / CREDIT AGRICOLE / BNP
  • Médaille d’argent : ORANGE
  • Médaille d’or : SCHNEIDER ELECTRIC

L’école autrichienne d’économie

La première école autrichienne

La première école autrichienne d’économie s’est constituée autour de la notion d’« individualisme méthodologique » associée en toute logique à un subjectivisme radical fondant sa théorie de la valeur sur l’appréciation subjective par le consommateur final des coûts de production. Nous sommes ici bien loin de la position d’un Alfred Marshall qui tentait de concilier les coûts, d’une part (l’offre), et l’utilité, d’autre part (la demande). Au sein de cette école, on retrouve K Menger, F von Wieser, E von Böhm-Bawerk, suivis d’une seconde génération autour de L von Mises (voir notre article), J Schumpeter (voir notre article) et F von Hayek. Une 3ème équipe a fini par se constituer autour d’O Morgenstern, F Machlup, P Rosenstein-Rodan ou encore G Haberler.

Hayek & Mises

La seconde école autrichienne

La seconde génération s’est le plus souvent exilée au cours des années 30 : Mises quitte la Suisse en 1938, Schumpeter part aux USA en 1934, Hayek émigre à Londres en 1931, Morgenstern quitte l’Autriche en 1938, Machlup part aux USA en 1931, Haberler en 1932. Cette génération se distingue par une vision « chimiquement pure » de l’économie de marché, en droite ligne de la pensée libérale du XVIIIe s. Elle fait notamment de la rationalité des choix économiques un pilier de ses théories, prenant donc fait et cause contre les gouvernements qui paralysent les vrais prix de marché. Elle plaide systématiquement pour la concurrence et réfute toute 3ème voie entre le planisme et le marché, comme le proposera, d’une certaine manière, l’orthodoxie keynésienne dominante de 1945 à 1973, date à laquelle elle se fracassera sur le premier choc pétrolier…

Mais la seconde école de Vienne trouve aussi son carburant théorique dans la lutte contre les régimes autoritaires qui pullulent en Europe à l’époque : sa haine de l’Etat fort brimant l’individu nourrit son combat contre les idéologies totalitaires, nazie, fasciste, stalinienne. Leur rejet du socialisme est clair chez tous ces dissidents précoces d’une Europe qui bascule très vite dans l’arbitraire, l’extrémisme, l’anti-individualisme, ce qui débouchera sur une authentique phobie de l’Etat les conduisant à formuler des critiques vives y compris à l’encontre des « économies mixtes », sous la forme par exemple du travaillisme anglais, de la planification indicative française, de la social-démocratie allemande ou scandinave.

Ces situations intermédiaires leur apparaissent en effet comme des ersatz de politique économique keynésienne, articulés autour d’un Etat-providence généreux, d’une politique monétaire expansionniste et d’une relance budgétaire ; programmes auxquels la crise de mutation des années 70 mettra un grand coup d’arrêt, portant au pouvoir dans un grand nombre de pays des « libéraux » (Reagan, Giscard, Thatcher). C’est l’époque également où une autre école, monétariste, dite de Chicago, fait florès autour de la figure de M Friedman (auquel nous avons consacré cette rubrique en février 2021) et de son best seller : Les voies de la liberté (Free to choose). L’économie de l’offre (Laffer, Gilder) a désormais le vent en poupe, de même que l’école du Public choice (Tullock, Buchanan) qui se met à critiquer rationnellement l’intervention étatiste, donnant de nouvelles ambitions aux courants de pensée libéraux.

A la fin des années 80, l’école de Vienne et la nouvelle orthodoxie libérale qui s’est substituée au keynésianisme dominateur semblent cependant avoir échoué à fournir les recettes pour sortir de la stagflation. Mises et Hayek semblent toutefois avoir apporté un cadre de lecture d’une insondable fécondité, tant par sa cohérence d’ensemble que par la finesse du modèle d’économie de marché qu’il propose.