URGENT : Le spread français se creuse, la crise financière arrive.
Sommaire
- La situation de nos comptes publics se tend dangereusement
- Le marché des obligations réévalue la seule signature de la France
- Le risque de refinancement de la dette française s’aggrave à chaque semaine de flou
- Un triptyque de dossiers pensé pour protéger votre épargne d’une crise des obligations
- Foire aux questions
La France pourrait connaître d’ici aux élections présidentielles du printemps 2027 son 11e défaut souverain. C’est désormais le scénario que nous privilégions.
La situation de nos comptes publics se tend dangereusement
Le 7 septembre, l’OAT 10 ans rendait 86 points de base de plus que le Bund. Le 2 octobre, l’écart atteignait 146 points : soixante points de plus en quatre semaines. C’est ce qui nous fait prendre la plume aujourd’hui, en urgence.
Sur le marché obligataire, un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage. Cent points de base font donc 1 point de pourcentage. Le rendement de la dette française à 10 ans dépasse ainsi celui de l’Allemagne de près d’un point et demi.
Si le niveau a de quoi inquiéter, c’est surtout la pente qui est alarmante. Du 7 au 25 septembre, l’écart gagnait 6 à 10 points par semaine. Du 25 septembre au 2 octobre, il en a gagné 36 : le rythme a quadruplé.

Le marché des obligations réévalue la seule signature de la France
Le spread avec les Pays-Bas confirme l’analyse : 79 points le 8 septembre, 116 le 30. Nous observons la même courbe et la même cassure. L’excuse du Bund qui serait trop rare ne tient pas, car une autre signature AAA, la néerlandaise, ne décroche pas non plus.
Seule la France est réévaluée par les investisseurs, à commencer par le Japon qui liquide ses OAT en masse. Le 18 septembre, l’écart avec l’Allemagne avait franchi 100 points, soit 1 point de pourcentage d’écart, une première depuis 2012.
Le 1er octobre, l’OAT a frôlé 5 % en séance, le jour où le gouvernement a présenté un budget 2027 de 43 milliards d’économies nouvelles, avec des émissions record.

Ce que le spread OAT–Bund mesure vraiment
Le spread OAT–Bund compare les rendements des emprunts d’État français et allemand de même maturité. Il ne dit pas la même chose que le seul taux français. Quand les rendements montent dans plusieurs pays à la fois, l’évolution du spread apporte une information différente de celle du seul taux français, sans isoler nécessairement un risque propre à la France.
Cette prime de rendement ne se limite pas au risque de défaut. Elle peut intégrer aussi la liquidité du titre et une éventuelle dégradation de sa notation. L’aversion générale des investisseurs pour le risque et la liquidité du marché secondaire peuvent, elles aussi, faire varier les écarts.
En pratique, une hausse du spread ne permet pas, à elle seule, de chiffrer une probabilité de défaut de la France. Elle peut en revanche signaler une défiance croissante, et c’est cette dynamique que nous suivons.
Le risque de refinancement de la dette française s’aggrave à chaque semaine de flou
Début septembre, Ofi Invest AM rangeait dans le scénario de stress un écart de 120 à 150 points. Nous y sommes entrés à peine quatre semaines plus tard. Le record de la crise de 2011 s’établit à 225 points. Avec une règle de trois (trop) grossière, au pas de la dernière semaine, ce record se trouve à deux semaines, soit en plein vote du budget.

Un report par loi spéciale compte désormais parmi les hypothèses plausibles, mais cela ne change rien à l’affaire. Chaque semaine de flou ajoute sa prime de risque. La crédibilité de la trajectoire budgétaire fait partie des éléments suivis par les investisseurs.
Une hausse des taux ne frappe pas toute la dette d’un coup. Elle se transmet progressivement, au fil des refinancements. Dès lors, chaque titre ancien remplacé par une émission à taux plus élevé alourdit la charge d’intérêts de l’État.
Le solde primaire, c’est-à-dire le solde des comptes publics avant paiement des intérêts, complète le tableau. Négatif, il signifie que les dépenses dépassent les recettes même hors charge de la dette. La trajectoire s’apprécie en croisant ce solde, le niveau de dette, la croissance nominale et les conditions de refinancement des emprunts arrivant à échéance.
Un 11e défaut souverain de la France avant 2027 ?
Une crise ne se date jamais avec précision, mais sa survenue a un seuil et une pente. Le scénario que nous privilégions est celui d’un 11e défaut souverain de la France après 1307, 1360, 1558, 1624, 1648, 1661, 1701, 1715, 1770 et 1797. Ce scénario relève de notre analyse : le spread seul ne suffit pas à l’établir ni à en chiffrer la probabilité.
La pente, elle, vient de changer. D’ici Noël, le vote du budget dira si elle se brise ou se raidit.
Pertes sur les obligations et défaut : deux risques distincts
Vos fonds euros placés en OAT peuvent perdre de la valeur sans aucun défaut. Quand les taux de marché montent, ce qui est déjà le cas, le prix des obligations déjà émises baisse mécaniquement. Une OAT longue voit ses paiements futurs actualisés à un taux plus élevé, et son cours recule même si personne n’anticipe de défaut. Tant que vous vendez à l’échéance, tout va bien, mais si vous souhaitez récupérer votre capital avant, l’assureur-vie doit prendre sa perte…
Cette sensibilité augmente généralement avec la maturité : plus l’échéance est lointaine, plus la baisse de prix peut être marquée. Sur le long terme, la différence se joue sur la capacité à agir avant que ces deux risques ne se cumulent.
Un triptyque de dossiers pensé pour protéger votre épargne de la crise souveraine qui vient
Pour vous accompagner dans la période complexe qui s’ouvre, nous avons sélectionné les 3 briefs ou modules qui vous permettront de procéder à quelques manœuvres d’urgence.
- En cas de crise financière de la France, la loi Sapin II risque d’être activée pour empêcher les Français de retirer leurs fonds euros de leur contrat d’assurance-vie : anticipez cette mesure grâce à cet addendum indispensable ;
- La zone euro risque d’être entraînée dans la tourmente par le défaut du premier fournisseur de titres de dette souveraine, l’euro en pâtissant nécessairement : décidez quand et comment placer une partie de votre patrimoine hors zone euro et dans d’autres devises ;
- Apprenez à substituer à vos fonds euros placés en OAT 10 ans de la dette souveraine latino-américaine sur des tickets (normalement réservés aux institutionnels) allant de 5 à 100 k€.
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Foire aux questions
Que mesure le spread OAT–Bund à 10 ans ?
Il compare le rendement des emprunts d’État français et allemands de même maturité, exprimé en points de base (100 points = 1 point de pourcentage). Le 2 octobre, l’OAT 10 ans rendait 146 points de plus que le Bund, contre 86 le 7 septembre.
Un spread élevé signifie-t-il un défaut probable de la France ?
Pas à lui seul. L’écart peut aussi varier avec la liquidité du titre, une éventuelle dégradation de sa note et l’aversion générale au risque. Une hausse du spread ne permet donc pas, à elle seule, de chiffrer une probabilité de défaut, mais elle peut traduire une défiance croissante des investisseurs.
Peut-on perdre de l’argent sur des OAT sans défaut de l’État ?
Oui. Quand les taux montent, le prix des obligations déjà émises baisse, généralement d’autant plus que leur échéance est lointaine. Une OAT longue peut ainsi perdre de la valeur sans qu’aucun défaut ne soit anticipé.
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