Prévision du cours de l’or 2026 : record et tendance

Sommaire

Les prévisions du cours de l’or pour 2025 se sont révélées très en dessous des cours observés : la moyenne réalisée a dépassé les attentes d’environ 25,5 %. Vous trouverez ici les objectifs formulés pour fin 2026, les prix constatés en euros, les moteurs de l’année record et les repères concrets à vérifier avant d’acheter.

Quelles prévisions pour le cours de l’or fin 2026 ?

Après une année 2025 hors norme, les établissements financiers ont dû réviser leurs chiffres à plusieurs reprises. Chaque objectif vise un horizon précis et part d’une date de formulation. Comparer ces chiffres suppose donc de lire, pour chacun, ce qu’il mesure et quand il a été établi.

Une femme dessine une courbe sur une grande feuille blanche posée sur une table.

Des objectifs révisés au fil de l’année

Établies à partir des chiffres d’octobre 2025, des projections situaient l’or entre 4 200 et 5 000 $ l’once à la fin de 2026. Ces bornes portent sur le terme annoncé : un cours intermédiaire qui les franchit ne suffit pas à invalider la prévision du cours de l’or pour 2026. Les révisions ont ensuite suivi le marché.

  • Août 2026 : des analystes visaient 4 900 $ l’once en fin d’année, contre environ 4 600 $ observés le 25 août. Leurs prévisions du prix s’appuyaient sur les achats des banques centrales, la diversification des réserves et les attentes sur les taux américains.
  • Révision rapportée : un compte rendu de marché fait état d’un objectif ramené de 4 900 à 4 650 $ l’once, sans que la note d’origine ait été vérifiée.
  • 19 octobre 2026 : CIBC abaisse sa prévision du quatrième trimestre de 6 500 à 4 500 $ l’once, dans un contexte de taux d’intérêt élevés et de pressions inflationnistes.

Une prévision trimestrielle et un objectif de fin d’année ne couvrent pas exactement le même horizon.

Date de formulationHorizon viséPrévision
Octobre 2025Fin 20264 200 à 5 000 $ l’once
Août 2026Fin 20264 900 $ l’once
Révision rapportéeFin 20264 650 $ l’once
19 octobre 2026 (CIBC)Quatrième trimestre 20264 500 $ l’once (contre 6 500 $)

Trois scénarios plutôt qu’une hausse garantie

Ces révisions successives montrent qu’un chiffre unique décrit mal l’incertitude. Savoir si l’or va baisser en 2026 dépend en réalité de la combinaison de plusieurs leviers, que l’on peut regrouper en trois scénarios.

  • Scénario haussier : des achats soutenus des banques centrales et des investisseurs, une baisse des taux réels américains ou des tensions géopolitiques durables peuvent prolonger la tendance, sans écarter une correction rapide.
  • Scénario de stabilisation : des achats officiels élevés mais sans accélération, des prises de bénéfices et un dollar sans direction durable laisseraient l’or fluctuer, sans répéter la hausse de 2025.
  • Scénario baissier : des taux réels élevés, un dollar plus fort, un apaisement des conflits ou des sorties de fonds adossés à l’or pourraient provoquer une correction, même si les achats officiels se poursuivent.

Le point commun de ces trois hypothèses tient aux taux réels, c’est-à-dire aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation. L’or ne verse aucun revenu : quand ces taux montent, le conserver coûte davantage en rendement perdu.

Les achats des banques centrales apparaissent dans chaque scénario. Leur effet dépend toutefois des autres forces en présence : ils soutiennent la demande sans pouvoir, à eux seuls, empêcher une baisse.

Ce qui peut encore infléchir les perspectives

Pour la seconde moitié de 2026, le World Gold Council décrit le futur de l’or sous forme de scénarios conditionnels (consolidation, stabilité ou reprise) plutôt que comme un cours garanti en euros. Dans ses perspectives, il anticipe une demande soutenue des banques centrales et des fonds cotés si les tensions persistent, signale la faiblesse de la joaillerie et n’attend pas de forte réaction de l’or recyclé. L’évolution des politiques monétaires reste dès lors le facteur à suivre. Le rôle du métal en période de crise est détaillé dans le module pédagogique consacré au métal jaune.

Où se situe l’or en euros en 2026 ?

Les prévisions s’expriment en dollars, alors qu’un épargnant français achète et revend en euros. Les cours observés en 2026 montrent un trajet heurté, et leur lecture suppose de maîtriser l’unité et la conversion.

Des sommets suivis de fortes corrections

Selon la Monnaie de Paris, l’once a atteint 5 595 $ le 29 janvier 2026. Elle a ensuite perdu près de 20 % en deux jours, et la même série fait apparaître une baisse de 11,6 % en mars 2026.

En euros, le repli reste net. Dans une série française, l’or fin a culminé à 145,22 € le gramme le 2 mars 2026, puis s’établissait à 118,93 € le 21 octobre. De telles fluctuations expliquent pourquoi un objectif annuel ne décrit jamais le trajet du prix.

Un autre relevé de clôture du 21 octobre 2026 donne 118,32 € le gramme d’or fin. Le cours de l’argent s’y établit à 1,6490 € le gramme, un écart qui ne dit rien de l’évolution future des deux métaux.

Pourquoi le prix a-t-il reculé ?

Pour septembre 2026, le World Gold Council attribue le repli à la hausse des rendements américains, au renforcement du dollar et à la réduction des positions sur les contrats à terme. Ce recul s’est produit malgré des entrées dans les fonds adossés à l’or. Son analyse ne chiffre pas la part de chaque cause dans la baisse prolongée jusqu’au 22 octobre.

Côté français, l’inflation atteignait 3,1 % sur un an en septembre 2026 selon l’Insee, portée par l’énergie à +21,3 %. Ce chiffre seul n’explique pas le recul de l’or : son prix dépend aussi des taux réels, comme posé plus haut.

Comment lire un prix exprimé en euros ?

La référence LBMA est fixée à Londres en dollars par once troy, lors de deux enchères quotidiennes à 10 h 30 et 15 h, heure de Londres. La Banque de France ne republie plus ces cours depuis le 18 mars 2025 et renvoie à la LBMA. L’once troy pèse 31,1034768 grammes, contre 28,349 grammes pour l’once standard. En pratique, divisez le prix en dollars par once par le nombre de dollars pour un euro, puis par 31,1034768.

Le change modifie ensuite le résultat. Selon la BCE, l’euro valait 1,0389 $ fin 2024 et 1,1750 $ fin 2025 : à prix inchangé en dollars, cette hausse réduit la valeur de l’or en euros. Une once hypothétique à 4 600 $ vaudrait environ 3 915 € avec un euro à 1,1750 $. Avec un euro à 1,07 $, elle vaudrait 4 299 €, hors prix de vente d’une pièce. Au taux moyen BCE de 2025, soit 1,1300 $, le cours moyen LBMA de l’année équivaut à environ 3 036,76 € l’once. Cela représente 97,63 € le gramme, un ordre de grandeur distinct de la moyenne exacte des cours quotidiens convertis. Toute comparaison avec une prévision exige les mêmes dates et la même référence de prix.

Pourquoi 2025 fut-elle une année record ?

Les objectifs de 2026 se comprennent mieux à la lumière de l’année précédente. En 2025, le métal a dépassé toutes les attentes des prévisionnistes, sous l’effet d’une demande d’investissement exceptionnelle.

Piles de lingots d’or brillant devant un graphique en courbe ascendante sur fond violet.

Les prévisions de 2025 face au résultat

Dans l’enquête de la LBMA, remise au plus tard le 13 janvier 2025, les analystes attendaient une moyenne de 2 735,33 $ l’once troy. Ce chiffre dépassait déjà de 13,6 % la moyenne de 2024, établie à 2 386,20 $. La moyenne réalisée a pourtant atteint 3 431,54 $.

  • Prévision la plus proche : 2 925 $ l’once en moyenne annuelle, encore 14,8 % sous le résultat.
  • Prévision la plus haute : 3 290 $ l’once, elle aussi dépassée par la moyenne observée.
  • Objectif de fin d’année : 3 100 $ formulé en février 2025, contre 4 367,80 $ au cours de référence du 30 décembre, soit environ 40,9 % au-dessus.

Un objectif de clôture se compare au cours du dernier jour, une prévision moyenne à la moyenne annuelle. Mélanger les deux fausse l’écart mesuré.

La hausse réelle en euros et sa tendance

Selon la Monnaie de Paris, l’or en 2025 a progressé de 45,1 % en euros, contre près de 65 % en dollars. L’once atteignait 3 677 € en fin d’année dans sa série. L’appréciation de l’euro a donc amorti la hausse pour un détenteur français.

Une série de fixings londoniens permet de suivre le cours de l’or sur un an, fin d’année après fin d’année :

DateOnce en eurosVariation sur un an
29 décembre 20221 704,38 €+7,0 %
28 décembre 20231 871,60 €+9,8 %
30 décembre 20242 508,39 €+34,0 %
30 décembre 20253 712,63 €+48,0 %

Ces rendements varient selon la série et les dates retenues. Samarie & Cie qualifie 2025 d’« année de rupture » pour le métal jaune face à l’euro. Dans sa série longue, l’once passe de 318 € en mai 2002 à 1 830 € en avril 2023, puis à 2 413 € en mars 2025. La hausse cumulée atteint 1 315 %, soit 11,9 % de croissance annuelle moyenne.

Les moteurs de l’année record

Le World Gold Council a compté 53 nouveaux records du prix de référence en 2025. L’attrait de l’or comme valeur refuge face aux incertitudes économiques, la diversification sur les marchés financiers, la faiblesse du dollar et l’attente de baisses de taux ont porté la demande d’investissement. Celle-ci a augmenté de 84 %, à 2 175,3 tonnes. Les stocks des fonds adossés à l’or ont gagné 801,2 tonnes.

Les banques centrales et institutions apparentées ont acheté 863,3 tonnes nettes, contre 1 092,4 tonnes en 2024 : 21 % de moins, pour un niveau encore élevé. La banque centrale polonaise arrive en tête, avec 102 tonnes. Sur l’ensemble du marché de l’or, la demande totale a dépassé 5 000 tonnes et 555 milliards de dollars, tandis que la joaillerie reculait de 19 %, à 1 638 tonnes. Parmi les facteurs économiques figurent aussi les droits de douane américains, l’endettement public et les risques géopolitiques. Selon Samarie & Cie, la production minière a atteint 3 672 tonnes, sans pouvoir s’ajuster rapidement.

Quels repères avant d’investir dans l’or ?

Une hausse record ne dit rien du résultat obtenu en décidant d’investir dans l’or. Ce résultat dépend du support choisi, des frais, de la fiscalité à la sortie et de l’horizon de chacun.

Choisir une exposition et mesurer ses frais

Samarie & Cie distingue cinq voies pour détenir ou suivre l’or : ETF, pièces, lingots, plateformes et sociétés minières. Leurs risques diffèrent. Une action minière dépend aussi des coûts de son entreprise, et un produit coté ne confère pas forcément la propriété de lingots identifiés.

  • Or physique : prix payé, prix de reprise, prime, pureté, poids, état et justificatifs déterminent le résultat net.
  • Conservation : stockage, assurance, authenticité et liquidité pèsent aussi, notamment dans le choix des pièces.
  • Fonds coté : l’AMF recommande de vérifier frais, liquidité, méthode de réplication et écart de suivi, avec d’éventuels risques d’émetteur, de dépositaire ou de change.

Ces critères, de la pureté au stockage, sont développés dans le module pratique sur l’achat d’or et de métaux blancs.

Anticiper la fiscalité d’une revente

En France, la vente de métaux précieux par un particulier supporte en principe une taxe forfaitaire de 11 % du prix de cession, plus 0,5 % de CRDS. Le total atteint 11,5 %, même sans gain, selon le ministère de l’Économie et l’article 150 VK du Code général des impôts. Sous conditions, le vendeur qui justifie la date et le prix d’acquisition peut opter pour le régime des plus-values, exonéré après 22 ans de détention.

Le rachat d’or par un professionnel exige un contrat écrit et exclut le paiement en espèces. La DGCCRF prévoit un délai de rétractation de 48 heures, sauf pour l’or d’investissement. Selon le BOFiP, barres, lingots et plaquettes d’investissement doivent notamment dépasser 1 gramme et atteindre 995 millièmes de pureté. Les pièces relèvent de critères distincts.

Adapter sa décision à son horizon patrimonial

L’or physique ne verse ni intérêt ni dividende : son résultat dépend de la revente, après frais, fiscalité et conservation. L’horizon de placement et un éventuel besoin de liquidité pèsent donc dès l’achat. Dans un portefeuille, l’or réduit la concentration sans garantir de gain ni de protection immédiate à chaque crise. Des achats réguliers répartissent par ailleurs les points d’entrée.

À retenir avant d’investir : la hausse passée ne garantit pas sa poursuite, et la capacité à supporter une baisse compte autant que les prévisions. Le moment de revendre et un plan d’action en sept gestes sont examinés dans le brief « L’or après la correction » de Samarie & Cie. Ce brief traite aussi de la détention et du regroupement. Ces repères ne constituent pas une recommandation personnalisée, et tout placement en or comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

La hausse de l’or en 2025 est-elle historique pour un épargnant en euros ?

Oui. 2025 marque la plus forte hausse annuelle de l’or depuis la création de l’euro, après un quasi-doublement sur les deux années précédentes. Selon la Monnaie de Paris, le gain atteint 45,1 % en euros, contre près de 65 % en dollars, avec une once à 3 677 € fin 2025. L’argent a gagné 120 % en euros sur la même année.

Quel a été le gain de l’or en pouvoir d’achat en 2025, une fois l’inflation prise en compte ?

Selon l’Insee, l’inflation moyenne en France métropolitaine a été de 0,9 % en 2025, contre 2,0 % en 2024. Le rendement réel s’obtient en ajustant le rendement nominal de l’inflation : une obligation à 1 % avec 0,5 % d’inflation rapporte environ 0,5 % en termes réels. Le même calcul s’applique à la hausse de l’or.


En savoir plus sur Le premier laboratoire français d'intelligence patrimoniale pour les particuliers

Subscribe to get the latest posts sent to your email.