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Règle d’or : quel déficit public tolérer ?

Gabriel Attal invente une règle d’or digne de « Sciences (pi)Po » !

En déclarant vouloir inscrire dans la loi l’interdiction d’augmenter les impôts, le Premier ministre pour encore quelques jours a proposé une mesure à la fois improvisée, absurde, injuste et contradictoire.  

Mesure improvisée, car la macronie a elle-même été saisie par l’annonce de la dissolution le 9/6, l’ex-Présidente de l’Assemblée ayant même tenté de dissuader E Macron…

Mesure absurde car la vraie règle d’or consiste, dans une stricte orthodoxie budgétaire, à interdire constitutionnellement (et non dans une loi qui se fait et se défait) le déficit public (et non la seule hausse des impôts !), ce qui, compte tenu de notre médaille d’or en matière de prélèvements obligatoires (47% du PIB), nous contraindrait à réduire drastiquement nos dépenses publiques (57% du PIB), thème qui reste le grand tabou et le grand angle mort de ces législatives éclair…

Notons que, dans une version atténuée, la règle d’or consiste à limiter le déficit public au financement de l’investissement public et non de dépenses de fonctionnement comme c’est le cas aujourd’hui chaque année à compter de la mi-juillet. Rappelons que Bercy doit actuellement lever sur le marché obligataire près de 300 Mds € par an, dont 60% de déficit annuel et 40% d’amortissement de titres de dette qui arrivent à échéance. Dans ce contexte, une règle d’or digne de ce nom devrait consister à trouver d’abord 50 à 100 Mds € par an, à terme près de 150, pour ne plus avoir de déficit (ou à la rigueur) un « déficit d’investissement », ce qui suppose d’avoir tôt ou tard un vrai débat sur le périmètre de l’État et donc, de fait, sur notre système de protection sociale qui représente plus de la moitié des dépenses publiques (environ 850 Mds € annuels) : combien de temps va-t-on continuer avec un système de retraite étatisé à 100% ? Idem pour la santé et l’éducation…

Mesure injuste car elle nous condamnerait à un financement par l’emprunt et donc à la dette perpétuelle, qui n’est rien d’autre que de l’impôt levé sur les générations futures, ce qui contrevient au consentement à l’impôt !

Mesure contradictoire, enfin, avec les annonces du Gouvernement : qu’est-ce donc que la hausse du gaz de 12% en juillet prochain, sinon une hausse du droit d’accise, qui est un impôt indirect sur l’énergie, comme nous en avons vécu une sur l’électricité le 1er février dernier ?

Qu’est-ce qu’un bon système fiscal ?

Les caractéristiques d’un bon système fiscal sont connues ; en effet, il doit être :

– Simple à comprendre ;

– Peu coûteux (de parfaits contre-exemples sont l’ISF et la taxe Hollande à 75% qui n’a fonctionné que 2 ans) ;  

– Équitable : c’est là qu’il y a débat, car notre impôt sur le revenu est progressif en apparence, alors que du fait des niches fiscales, il taxe moins les ménages aisés que les classes moyennes, tandis que la TVA, impôt proportionnel par excellence, taxe davantage en pourcentage de leurs revenus les ménages modestes, puisqu’ils consomment 90% à 95% de leurs revenus là où les classes moyennes ou aisées, qui épargnent davantage, soustraient à la TVA le revenu non consommé.  

Nous sommes favorables à l’instauration d’un impôt sur le revenu de type « flat tax » à 20% et une baisse de tous les autres prélèvements obligatoires (pour en ramener la part dans le PIB à 30/35%), ce qui doit être financé, en face, par une coupe drastique des dépenses publiques (système de protection sociale à repenser, agences de l’État à supprimer, masse salariale des fonctionnaires à rationaliser, etc.).

Florent Ly-Machabert


Combien le marché de la vérification d’identité pèse-t-il ?

Près de 16 Mds $ en perspective

La vérification d’identité, biométrique ou non, représenterait, selon le rapport « Identity Verification Market – Global Forecast to 2025 », un marché de quelque 16 Mds $ à horizon 2025, soit plus du double de ce qu’il était en 2020 (7,6 Mds $) et un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de presque 16%.

Les perspectives mises à jour pour 2028 font désormais état de quelque 22 Mds $, soit un TCAM ralenti d’environ 11% entre 2025 et 2028.

Les principaux moteurs de croissance de ce marché comprennent l’augmentation des initiatives de numérisation, la croissance des activités frauduleuses et du vol (ou usurpation) d’identité au cours de la décennie 2010-2020, mais aussi la hausse des cas d’utilisation des identités numériques parmi les secteurs « verticaux » (grappes industrielles étroites).

Notons toutefois que la disparité des prix dans les solutions et services de vérification d’identité constitue l’un des principaux freins à la croissance de ce marché. 

Le boom de la biométrie

Par type, c’est le segment de la vérification d’identité biométrique qui croîtra au rythme le plus élevé au cours des prochaines années, les solutions biométriques consistant en des mécanismes de verrouillage et de capture de l’identité des individus sur la base de la reconnaissance des empreintes digitales, de celle de l’iris et de la reconnaissance faciale.

Sans surprise, l’Amérique du Nord devrait représenter le principal marché, suivi, en croissance, de l’Asie-Pacifique.

Le marché du jeu et du pari offre également des leviers de croissance importants.

En termes de firmes, au-delà des multinationales de la tech US (MAMAA[1]) ou chinoise (BATX[2]), une myriade d’entreprises de tailles variées ont fait irruption sur ce marché, y compris en France, à suivre d’autant plus près que la période Covid a révélé les appétences de la caste pour les dispositifs de tracing, de tracking, de crédit social, voire de monnaie numérique/programmable (CBDC[3]).

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Florent Ly-Machabert


[1] Microsoft, Amazon, Meta, Apple, Alphabet

[2] Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi

[3] Central Bank Digital Currency


Vers une (catastrophique) baisse des taux en Europe.

Selon un processus d’annonce peu usuel, il est donc désormais certain que la BCE va baisser une première fois son principal taux directeur début juin, et ce alors même que la FED est restée beaucoup plus énigmatique quant à son propre calendrier de baisse des taux.

S’il s’agit là, en apparence, d’une bonne nouvelle pour les emprunteurs, par exemple les primo-accédants qui pourront acquérir leur logement à crédit moyennant un montant d’intérêts plus faible, le découplage des baisses de taux entre la FED et la BCE va faire fléchir le taux de change euro/dollar, cette baisse de l’euro contribuant à alourdir notre inflation importée (notre facture énergétique notamment), cependant que les flux de capitaux des investisseurs se renforceront outre-Atlantique…

Le secteur bancaire européen, par ailleurs déjà très fragilisé comme en attestent les clôtures inopinées de livrets d’épargne réglementés en France, devrait également continuer d’être mis sous pression (voir graphique ci-dessous) par cette volonté de la BCE de reflater si tôt – et même trop tôt !   

Cerise sur le gâteau : le FMI vient de lancer un premier avertissement à la France en matière de finances publiques… A part ça, tout va bien au Royaume de Navarre. 

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Florent Ly-Machabert


Sell in May and go away ?

Ainsi donc deux des trois plus grandes agences de notation internationales, Fitch Ratings et Moody’s, n’ont pas estimé nécessaire de dégrader la note de la dette française, et ce en dépit de la situation dramatique dans laquelle se trouvent nos finances publiques.
Les raisons en sont simples.
D’abord, ces agences savent que le seul service public qui compte pour elles, c’est-à-dire le Trésor public (Bercy), est aussi le seul à fonctionner encore très bien : dit autrement, la capacité de la France à lever l’impôt est intacte ! Tout baigne donc !
Ensuite, ces agences savent aussi que le patrimoine financier des Français est très conséquent, supérieur à 6 000 Mds €, soit une manne considérable dans laquelle l’État n’hésitera pas, le cas échéant, à piocher pour rembourser sa dette.
G Attal, vous le savez, a d’ailleurs confié au député Jean-René Cazeneuve une mission pour savoir, en juin prochain, quels produits financiers cibler prioritairement…
Après avoir lancé un ballon d’essai autour du livret A et de l’assurance-vie, G Attal a finalement reculé devant la levée de boucliers observée et a, dans un premier temps, écarté ces produits du viseur du fisc.

Il faut à présent s’attendre à ce que les plus-values et les dividendes (taxés aujourd’hui à 30%), mais aussi les revenus locatifs soient à l’avenir davantage fiscalisés. La taxation d’un « loyer imputé » (fictif) pour les propriétaires, net des éventuelles charges de remboursement d’un crédit immobilier toutefois, est aussi à l’étude, même s’il s’agit d’un très vieux serpent de mer.
Quoi qu’il arrive, et avec le degré d’autosatisfaction dont fait preuve la petite caste au pouvoir des hommes gris, vous devez rester vigilant, pour protéger vos droits de propriété, votre patrimoine, vos proches et vous-même.

Florent Ly-Machabert


Crise agricole : où en est-on sur les “prix-planchers” ?

En marge de son déplacement houleux au Salon de l’agriculture en mars dernier, E Macron a annoncé vouloir instaurer des « prix planchers » : il s’agit de prix en-dessous desquels l’industrie agro-alimentaire ne pourra pas négocier avec les agriculteurs, définis en fonction de l’IPAMPA, l’indice des prix d’achat des moyens de production agricoles.

Comme toujours en économie, à l’école de F Bastiat, grand penseur injustement oublié en France, il ne faut pas regarder que “ce que l’on voit”, c’est-à-dire la hausse potentielle, ponctuelle et en trompe-l’œil du revenu agricole ; il faut aussi déceler “ce que l’on ne voit pas”, c’est-à-dire les effets pervers, bien connus, de toute intervention étatique de ce type sur un marché, à savoir, pour commencer, une pénurie de la demande, c’est-à-dire des industriels qui trouveront le prix-plancher trop élevé, ce qui conduira éventuellement les centrales d’achat européennes de la grande distribution, par ricochet, à se détourner des produits français, déjà très chers, rendus encore moins compétitifs du fait de cette mesure. Les agriculteurs français, eux, seront rationnés et perdront des marchés à l’exportation… sauf à imposer un prix-plancher dans toute l’UE !

Mais il y a aussi la tentation contraire, pour les industriels, de tirer un prix d’achat qui serait supérieur au prix-plancher vers ce dernier… au détriment, à nouveau, des producteurs agricoles. Cette mesure socialiste – qui rappelait même « Cuba ou l’Union soviétique avec les succès que nous leur connaissons » à Olivia Grégoire, alors ministre déléguée à la Consommation – est en général suivie de l’instauration d’un prix-plafond, tout aussi délétère, pour essayer de conjurer les dégâts du prix-plancher, et ainsi, de fil en aiguille, d’une mise en coupe réglée de tout le secteur concerné… Il en est allé ainsi du salaire minimum, un prix-plancher qui a créé du chômage, ou de la loi Duflot d’encadrement des loyers, un prix-plafond qui a créé des pénuries de logements sur le marché de la location.

Voilà à quoi s’attendre. Ni plus, ni moins.   

Florent Ly-Machabert


Faut-il jouer l’IA ?

L’impact considérable de l’IA

L’avènement de l’intelligence artificielle (IA) générative est sur le point de marquer un tournant dans l’histoire technologique, comparable à l’invention de l’imprimerie.

Comme première approche, nous vous présentons les industries les plus concernées…

1. Technologie et informatique (NTIC)

L’IA générative stimulera une demande accrue pour des puces spécialisées et des infrastructures de données avancées. Les hyperscalers[1] et les fournisseurs d’infrastructure numérique joueront un rôle crucial, tandis que les logiciels de toutes sortes, de la gestion de la relation client à la cybersécurité, verront leurs capacités décuplées grâce à l’IA.

2. Services financiers et fintech

L’IA promet de démocratiser l’accès aux marchés financiers, d’améliorer le trading algorithmique, et de renforcer la détection et la prévention de la fraude. Cependant, elle soulève également des risques de fraude et des défis réglementaires liés à son utilisation inappropriée.

3. Consommation

De l’innovation plus rapide dans les biens de consommation courante à une gestion plus efficace de la chaîne d’approvisionnement, l’IA ouvre la voie à une consommation plus durable et personnalisée. Les marques de luxe et de détail explorent également l’IA pour la conception, la gestion des stocks et la lutte contre la contrefaçon.

4. Santé

L’IA pourrait révolutionner la découverte de médicaments et optimiser les essais cliniques, promettant des avancées dans le traitement de maladies comme le cancer et la maladie d’Alzheimer. Elle aide également à améliorer la communication avec les patients et à rationaliser les tâches administratives pour les professionnels de santé.

5. Industrie et mobilité

L’IA générative pourrait largement contribuer à l’automatisation des processus industriels et à l’optimisation des plateformes IoT (Internet des objets) industrielles. Dans le secteur automobile et de la mobilité, elle soutient le développement des véhicules autonomes et améliore la prise de décision dans les systèmes de défense.

6. Immobilier

Bien que moins exposé initialement, le secteur immobilier bénéficiera de l’IA dans la gestion intelligente des bâtiments et l’automatisation des services aux consommateurs, comme les chatbots pour les propriétés hôtelières et résidentielles.

7. Ressources naturelles et technologies climatiques

L’IA est prête à apporter des gains de productivité dans les industries lourdes, grâce à une meilleure gestion des données pour l’utilisation des plantes et une utilisation plus efficiente de l’énergie, même si les impacts directs seront progressifs.


[1] Ce sont d’importants fournisseurs de services cloud capables de proposer des services tels que le calcul et le stockage à l’échelle de l’entreprise. Bien qu’il n’existe pas de norme universelle qui permette de définir précisément la catégorie des hyperscalers, les principaux fournisseurs de cloud tels que Amazon Web Services, Google Cloud, Microsoft Azure, IBM Cloud et Alibaba Cloud en font partie.

Florent Ly-Machabert


Vers une grave crise bancaire outre-Atlantique ?

Effondrement du ratio pertes latentes sur fonds propres aux USA…

Une phrase a récemment retenu mon attention : « Les pertes non réalisées représentent environ 33% de l’ensemble des fonds propres des banques aux Etats-Unis. » En retravaillant les statistiques en question, on s’aperçoit donc, dans l’indifférence quasi générale, que les banques US, dont plusieurs ont fait faillite courant 2023 (dont l’emblématique Silicon Valley Bank, la SVB), détiennent près de 700 Mds $ de pertes non encore réalisées, puisque leurs fonds propres avoisinent les 2 150 Mds $.

A titre de comparaison, durant la précédente grave crise bancaire et financière, celle des subprimes en 2007-2008, ces mêmes pertes étaient de l’ordre de 5% des fonds propres, soit moins de 110 Mds $ constants ! Autant dire que si ces pertes sont prises, le krach risque d’être dantesque.

Avant la faillite en cascade (ou en domino, comme vous préférez) des banques régionales aux USA l’an passé, cette part des pertes non réalisées (à provisionner donc) sur les fonds propres s’était bien améliorée puisqu’elle avait été « ramenée » à 22% (environ 475 Mds $). La tendance haussière de ce ratio est donc à surveiller comme le lait sur le feu, de même que l’indice des banques européennes (voir ci-dessous le SX7E) cette fois, qui poursuit, sur le temps long, sa descente aux enfers malgré la remontée des taux, laquelle était censée leur redonner de l’oxygène.

Concrètement, les banques US sont passées depuis 2020 d’environ 100 Mds $ de gains non réalisés à 700 Mds $ de pertes latentes. Le « Bank Term Funding Program » (BTFP) inauguré en 2023 constitue bien une caisse de secours de la FED à destination des banques en difficulté, mais ce dispositif est normalement en train de prendre fin. Donc ?

Florent Ly-Machabert


Qui sont les “aristos” de la cote américaine ?

Les dividendes aristocrates du S&P 500

Au sein de l’indice américain S&P 500 (« Standard and Poor’s 500 »), une soixantaine d’entreprises cotées en bourse ont réduit ou supprimé leurs dividendes en 2020. Si certaines d’entre elles ont réduit leurs dividendes, un groupe de sociétés du S&P 500, connues sous le nom des aristocrates du dividendes, ont augmenté leurs dividendes comme à leur habitude, et ce chaque année depuis au moins 25 ans : elles sont regroupées depuis 2005 dans un indice appelé « S&P 500 Dividend Aristocrats » rassemblant actuellement 65 sociétés US qui satisfont quatre critères précis :

  • Faire partie de l’indice S&P 500 ;
  • Avoir augmenté consécutivement le montant total du dividende par action sur les 25 dernières années ;
  • Avoir une capitalisation boursière (ajustée du flottant) supérieure ou égale à 3 Mds $ ;
  • Avoir un volume d’échange moyen quotidien supérieur ou égal à 5 M$, et ce durant les trois mois précédant la date du rééquilibrage de la pondération de l’indice.

En pleine pandémie, voici les 5 premiers aristocrates US :

Au-delà de la confondante ressemblance des logos (voir supra), les secteurs représentés sont eux plutôt diversifiés (dans l’ordre de la liste ci-dessus) : boissons non alcoolisées (58 ans de hausse du dividende), pétrole (37 ans), télécoms (35 ans), industrie & sécurité (62 ans), Big Pharma (58 ans).

Florent Ly-Machabert


Quid de la Chine ?

Ce mois-ci, pour changer un peu d’horizon, je vous propose de faire un état des lieux de la situation économique de l’Empire du Milieu.

Tout d’abord, très loin de l’inflation européenne, c’est la déflation qui y sévit, avec un recul des prix en janvier 2024 de 0,8% en glissement annuel. Point commun en revanche avec la zone euro : la Chine traverse actuellement une grave crise immobilière « schumpétérienne » (la fameuse « destruction créatrice ») ; or, ce qu’on a du mal à réaliser en Occident, c’est que le secteur immobilier représente environ le quart de l’économie chinoise, le cinquième des emplois et… 7 yuans sur 10 du patrimoine des ménages ! Avec sa croissance ricardienne (fondée sur le développement de ses infrastructures) depuis 2000, la Chine a en réalité produit trop de logements et plusieurs grands promoteurs ont fait faillite (ou presque), à l’instar d’Evergrande, qui a « brûlé » la bagatelle de 80 Mds $ ces deux dernières années… Pour noircir le tableau, la Chine est désormais en déclin démographique (ce qui a permis à l’Inde de la devancer), avec une perte de près de 3 M d’habitants l’an passé. La population active recule également. Le chômage des jeunes (16-24 ans) y est élevé (21%). Pire encore, des multinationales comme Apple, Hewlett Packard ou encore Stellantis délocalisent leurs usines chinoises en Inde ou au Vietnam. Son électricité est faite à base de charbon et le pays représente à lui tout seul un tiers des émissions de CO2, sa stratégie consistant, non sans bon sens, à faire une énergie « sûre » avant de faire une énergie « verte ».

Au plan géopolitique, la Chine a vu ses relations se tendre d’abord avec les USA (ères Trump puis Biden), puis avec l’UE (via l’OTAN), si bien que les acteurs économiques chinois sont plutôt pessimistes. La croissance, certes encore à près de 5%, ralentit, et le rebond post-covid tant attendu n’a pas eu lieu. On dirait finalement le Japon des années 90…

Comble de malchance – ou pas – les grandes places boursières chinoises ont baissé, ce qui ouvre de nouvelles fenêtres d’opportunité pour rentrer sur le marché actions chinois, après avoir investi, vous le savez, dans les obligations libellées en renminbi.  

Faudrait-il donc enterrer la Chine ? Pas si vite.

En effet, elle a pour elle ce que l’Occident n’a plus : une vision politique de long terme, celle d’être la première économie du monde à horizon 2030, doubler son PIB d’ici 2035 et faire converger son PIB /hab., encore faible (environ 12 800 $), avec celui des (ex-)pays développés à économie de marché.

Quel est, pendant ce temps-là, notre horizon en France ? L’uniforme à l’école ? La voiture électrique en leasing ? Dix milliards d’euros d’économies sur les stylos de Bercy et de Beauvau ? Aider Kiev ?

La Chine, elle, en plus grande difficulté que prévu, n’a pourtant pas prévu de recourir aux méthodes qui ont précipité les USA ou encore la France dans une trappe à dettes : pas de relance monétaire prévue, pas de relance budgétaire non plus, ce qui est un comble pour une puissance politique où le parti communiste est si fort. Bien sûr le modèle économique de l’Empire du Milieu a eu des ratés : la consommation des ménages reste faible, la productivité s’est érodée, la dette, surtout privée, a explosé, la démographie a patiné et l’environnement est la cadet de ses soucis. Mais il reste un gisement auprès du demi-milliard de Chinois de la classe moyenne. Plus que toute la population des États-Unis. Six fois la France. Six fois…      

Florent Ly-Machabert


Growth or value, that is the question ?

Définitions

Sur le compartiment actions de la bourse, on distingue en général les titres « growth », portés par une dynamique de croissance économique (donc des profits et du résultat net) des titres « value » de fond de portefeuille, dont la plus-value latente réside dans la décote actuelle de leur cours (que Samarie & Cie peut déterminer ici grâce à nos outils statistiques permettant de situer pour n’importe quelle valeur le niveau de cotation actuel par rapport à la moyenne historique).

L’exemple emblématique des valeurs de croissance est LVMH, tandis que Saint-Gobain illustre les valeurs décotées dont l’épargnant attend le « retour à la moyenne ».

Approche comparée

Les graphiques ci-dessous reflètent le match entre ces deux types de valeurs, la 3ème courbe étant l’indice phare US S&P500 qui les agglomère.

Ainsi, de 2010 à 2020, la « Value » a doublé, contre une multiplication par 3,5 pour la « Growth », tandis que l’indice était multiplié par un peu plus de 2,5. En termes de taux de croissance annuel moyen, cela donne la comparaison édifiante suivante :

  • Value : +7,2% par an
  • Growth : +13,9% par an
  • Indice global : +10% par an

Les valeurs de croissance ont donc fait en moyenne annuelle 2 fois mieux que les valeurs décotées !
Et pendant le Covid ?

Entre janvier et mai 2020 (ci-dessus), la « Growth » est quasiment revenue au niveau pré-crise, tandis que la « Value » baissait de plus de 20% et l’indice composite de 10%.

Entre octobre 2020 et mars 2021 en revanche (ci-dessus), la « Growth » a rebondi de 25% pendant que la « Value » ne s’est revalorisée que de 12%.

Globalement, la courbe montrant l’évolution du ratio Value / Growth est claire :

  • De 1999 à la crise des subprimes (2008), il valait mieux détenir des actions décotées (+60% de surperformance en 9 ans des valeurs décotées par rapport aux valeurs de croissance, soit +5,4% annuel) ;
  • De 2008 à 2021, c’est l’inverse : il valait mieux détenir des actions de croissance (+53% de surperformance en 13 ans des valeurs de croissance par rapport aux valeurs décotées, soit +3,3% annuel).

En 2008, il fallait donc vendre la « Value » pour acheter la « Growth ».

Florent Ly-Machabert