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L’apesanteur estivale va brusquement cesser.

Panem et circenses…

L’actualité estivale a été tout à la fois chargée et légère, ce qui impose tout à la fois de prendre du champ sur l’ « actualité lourde » (la crise agricole est-elle derrière nous ? la France file-t-elle vers un « scénario à la grecque » ?) et de ne pas éluder ce autour de quoi l’été a tourné en France : la tenue des Jeux Olympiques, dont il ne serait véritablement intéressant d’aborder ni les polémiques liées aux cérémonies d’ouverture et de clôture, ni le bilan en termes de médailles, mais plutôt le respect du budget tel qu’il se présente en cette fin août… soit un coût réel pour le contribuable qui se situe dans une fourchette qui va de 3 à 5 Mds €. Bagatelle, me direz-vous !

A bien le regarder, cet été 2024 est un peu l’antipode de l’été 2021 que Macron avait brutalement massacré, dès le 12 juillet, par un glacial discours devant la Tour Eiffel annonçant la tragique « loi du 5 août » sur le pass « sanitaire », rapidement appelé à devenir « vaccinal », et son cortège de suspensions sans indemnités, de discriminations en tous genres et de viol répété de nos libertés fondamentales !     

Non, l’été 2024, entre une incursion ukrainienne en Russie, des émeutes outre-Manche, un attentat raté contre D Trump et des bombardements tous azimuts au Proche et au Moyen Orient, a plutôt été « léger », en apesanteur, comme l’a lui-même reconnu un E Macron lunaire, qui a déclaré, citant Barbara, à l’issue des JO, ne pas « avoir envie que la vie reprenne ses droits » ! Quel aveu de ce que le pays est devenu un pandémonium dont il responsable ! Comme on sent qu’il aimerait pouvoir sauter dans le premier avion pour continuer à rêver, frémir et s’ankyloser devant des exploits sportifs !

Mais non. La vie politique reprend ses droits. La dette publique dépasse 3 100 Mds € dont près d’un tiers par la seule faute du même Jupiter et la France n’a qu’un gouvernement démissionnaire et aucune perspective de sortie de crise, la pire étant la crise morale, celle de l’avachissement dans une société de pain et de jeux, dans une société où l’on vit à crédit sur le dos de générations qui ne sont pas encore nées, dans une société qui écrase le plus faible (l’enfant à naître, le vieillard) sans une once de remords. 

Incontestablement les temps à venir vont être difficiles. Mais il convient d’en passer par là pour revivre. Que dis-je : pour renaître.

Florent Ly-Machabert


Retour de la gauche : faut-il rembourser vos crédits par anticipation ?

Le contexte des taux a changé : que faut-il faire ?

Vous avez reçu une somme d’argent (issue de la vente d’un bien immobilier ou d’un héritage) ou vous avez de l’épargne financière et vous vous demandez si, dans le contexte d’un retour probable de la gauche à la tête du Gouvernement, il ne vous serait pas profitable de rembourser par anticipation tout ou partie de vos crédits, notamment immobiliers, pour qu’ils échappent au haircut d’une Sandrine Rousseau.
Pour répondre à cette question, retour sur trois réflexes qu’il est indispensable d’avoir.

Réflexe N°1

Il vous faut d’abord impérativement comparer le taux nominal auquel vous avez emprunté la somme que vous envisagez de rembourser au taux de rémunération nominal que vous obtiendriez en plaçant cette somme.
Trois cas de figure peuvent ensuite se présenter :

– si le crédit est « ancien » (contracté avant fin 2021), la probabilité la plus grande est que ce taux soit plus faible que 3% (taux de rémunération actuel du livret A et du LDDS) ou pire que 5% (taux du LEP, bientôt ramené à % ) : vous avez alors intérêt à ne pas rembourser par anticipation le crédit en question ;

– si le crédit est récent (postérieur à la remontée des taux par la BCE), il faut effectuer la comparaison ci-dessus et ne rembourser par anticipation que si le taux de rémunération de l’épargne est inférieur au taux du crédit ;

– enfin, si les deux taux sont équivalents, mieux vaut alors ne pas rembourser et accroître son épargne de précaution ou se constituer un futur apport pour un autre crédit (pour une résidence secondaire par exemple). Il faudra cependant ajuster ce scénario au regard des mesures d’alourdissement de la fiscalité sur le capital que le prochain Gouvernement ne manquera pas de prendre…

Réflexe N°2

N’oubliez cependant pas d’affiner votre comparaison en tenant compte :

– Au débit : des éventuelles pénalités de remboursement anticipé (nulles en général en cas de vente du bien que vous aviez acheté à crédit, mais à surveiller tout de même car les banques y vont souvent au bluff…) ; s’il y en a, il peut être intéressant de garder son capital suffisamment longtemps pour générer des intérêts équivalents à cette pénalité qui peut atteindre 3% du capital restant ;  

– Au crédit : pensez à ajouter en termes d’économies réalisées la baisse (voire l’annulation) de la mensualité de l’assurance emprunteur, puisque vous devrez adresser le nouveau tableau d’amortissement ou le courrier certifiant que vous avez tout remboursé à votre assureur (si celui-ci n’est pas déjà la banque prêteuse).

Réflexe N°3

Enfin, s’il s’agit d’une opération neutre pour évaluer votre patrimoine net (i.e. votre patrimoine brut moins le capital restant à rembourser), le remboursement anticipé d’un crédit fait mécaniquement baisser votre patrimoine brut, lequel est parfois pris en compte dans certaines opérations comme :

– Le calcul du montant octroyé par un établissement prêteur dans le cadre d’un crédit-relais ;

– L’attribution d’un crédit lombard (voir Finance & Tic N°39) ;  

– L’évaluation par le fisc de la proportionnalité des présents d’usage (dons défiscalisés à vos proches).

Une fois tout bien pesé, prenez enfin sereinement votre décision et  tenez-vous-y.

Florent Ly-Machabert