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Archives mai 2022

Quels titres ont le meilleur “Pricing Power” ?

Sélection diversifiée de 4 price makers pour jouer l’inflation en 2022-2023

Voici une sélection de 4 valeurs ayant un pricing power jugé fort :

Secteur des boissons : Keurig Dr Pepper (USA)

Il s’agit du 3ème producteur nord-américain de boissons sans alcool. Il commercialise des boissons gazeuses, eaux aromatisées, jus de fruits, concentrés et sirops. Le titre a progressé de 44% sur 3 ans. Avec un CA de près de 13 Mds $ et un PER de 26, le groupe, qui emploie 27 000 personnes à travers le monde, capitalise 52 Mds $, dont près de 60% de flottant. Le titre offre un rendement d’environ 2%, soit un dividende annuel moyen sur les 5 dernières années de 1,3€ par action. Quelques marques-phares : Orangina, Schweppes, Canada Dry, Evian.

Secteur pharmaceutique : Unitedhealth Group (USA)

Il s’agit de l’un des premiers fournisseurs US de produits et services de santé.
Le titre a progressé de 127% sur 3 ans. Avec un CA de près de 286 Mds $ et un PER de 26, le groupe, qui emploie 330 000 personnes à travers le monde, capitalise 434 Mds $, dont plus de 99% de flottant. Le titre offre un rendement d’environ 1,2%, soit un dividende annuel moyen sur les 5 dernières années de 3,53€ par action.

Secteur électronique (semi-conducteurs) :

1) ASML Holding NV (Pays-Bas)

Il s’agit de l’un des premiers fabricants mondiaux de matériel de lithographie destiné à l’industrie des semi-conducteurs. Les équipements du groupe sont destinés à l’impression de circuits intégrés sur des plaques très fines de silicium.
Le titre a progressé de 460% sur 3 ans ! Avec un CA de près de 19 Mds $ et un PER de 52, le groupe, qui emploie 29 000 personnes à travers le monde, capitalise 287 Mds $, dont plus de 96% de flottant. Le titre offre un rendement d’environ 0,5%, soit un dividende annuel moyen sur les 5 dernières années de 1,67€ par action.

2) Broadcom (USA)

Il s’agit de l’un des spécialistes mondiaux de la conception, du développement et de la commercialisation de composants et de sous-systèmes analogiques, à signaux mixtes et optoélectroniques (amplificateurs de puissance, filtres radiofréquence, encodeurs, optocoupleurs, émetteurs-récepteurs à fibre optique, etc.).
Le titre a progressé de 170% sur 3 ans. Avec un CA de plus de 27 Mds $ et un PER de 35, le groupe, qui emploie 21 000 personnes à travers le monde, capitalise 219 Mds $, dont plus de 97% de flottant. Le titre offre un rendement d’environ 2,7%, soit un dividende annuel moyen sur les 5 dernières années de 9,82€ par action.

Pour connaître notre décision d’analyste, n’hésitez pas à nous commander une Etude
Synthétique de Valeur à jour (ESV) via notre site web pour choisir le bon moment
d’acquisition de l’un de ces quatre titres.

Nouvelle vidéo disponible !

Le 2nd extrait de notre entretien avec Chloé Frammery (enseignante suspendue) est disponible ! Nous avons pu aborder des sujets passés sous silence, comme le “scientisme”, le “complotisme”, ou l’effondrement de l’Etat de droit.

L’entièreté de l’interview sera disponible lundi 30 Mai. N’hésitez pas à nous faire part de vos retour concernant la vidéo !

Les 9 plus grosses capitalisations mondiales en 2022

Les matières premières en tête…

En tête du classement des 9 premières capitalisations mondiales, l’on trouve, sans grande surprise pour le lecteur assidu de Finance & TIC, 2 métaux précieux et 1 matière première.

Il s’agit bien sûr, d’abord, au rang N°1, de la « relique barbare », de l’or, qui capitalise près de 12 000 Mds $, alors même, rappelons-le au passage, que cet actif ne rapporte rien d’autre qu’une éventuelle plus-value à la revente (pas de coupon, ni d’intérêt, ni de dividende).

Au rang N°7, on trouve son cousin germain, l’argent, à la fois métal précieux et matière première utilisée dans l’industrie (comme l’or mais à plus grande échelle encore). Sa capitalisation mondiale totale s’élève à 1260 Mds $.

Enfin, au rang N°4, on retrouve le pétrole, à travers la plus grosse compagnie pétrolière mondiale, la Saudi Aramco, qui capitalise en bourse la bagatelle de 1887 Mds $.

… suivies de la tech US

Toutes les autres places sont trustées, c’est le cas de le dire, par 5 companies de la tech américaine :
1) Au rang N°2, mais loin derrière l’or, on retrouve Apple, qui capitalise un peu plus de 2800 Mds $ ;
2) Au rang N°3, on retrouve Microsoft, qui capitalise près de 2400 Mds $ ;
3) Au rang N°5, on retrouve Alphabet (Google), qui capitalise un peu plus de 1800 Mds $ ;
4) Au rang N°6, on retrouve Amazon, qui capitalise près de 1700 Mds $ ;
5) Au rang N°8, on retrouve Tesla, qui capitalise plus de 1000 Mds $ ;
6) Au rang N°9, on retrouve Meta (Facebook), qui capitalise aussi près de 1000 Mds $.

Le bitcoin arrive ensuite très vite avec une capitalisation mondiale qui oscille fortement entre 750 et 1200 Mds $.

Forte évolution des classements depuis 1980

Il est frappant, si l’on prend le classement des 10 plus grosses capitalisations boursières (sans les métaux précieux donc) sur chacune des décennies 80, 90, 2000, 2010 et 2020, de voir combien la destruction créatrice chère à J Schumpeter fait bien son œuvre et que les champions d’hier ne sont presque jamais les champions de demain. Vivent la compétition et la concurrence !

1980 : choc pétrolier !

1990 : le Japon conquiert le monde

2000 : la bulle Internet

2010 : le discret avènement de l’Empire du Milieu

2020 : le triomphe de la tech US (et chinoise)

Nouvelle vidéo disponible !

Découvrez le 1er extrait de notre entretien avec Chloé Frammery, hyperactiviste et professeure suspendue. Nous avons notamment traité ici de GAVI, ainsi que du réveil de la population.

L’entièreté de l’interview sera disponible lundi 30 Mai. N’hésitez pas à nous dire quelles personnalités souhaiteriez vous voir sur cette chaîne YouTube !

Connaissez-vous vraiment Schumpeter ?

JOSEPH ALOIS SCHUMPETER (1883-1950)

L’un des plus grands économistes du XXe siècle

Joseph SCHUMPETER naît l’année où meurt Marx. C’est aussi l’année de naissance de J M Keynes dont l’oeuvre et surtout l’aura – passablement usurpée – éclipseront SCHUMPETER de son vivant. Autrichien, fils d’un industriel du textile, il passera sa jeunesse parmi les élites politiques et économiques. Principalement influencé pendant ses études de droit et d’économie à Vienne par ses professeurs Wieser et Böhm-Bawerk, il accepte en 1919 par amitié pour un marxiste (Otto Bauer) un poste de ministre des finances d’un gouvernement socialiste, auquel il ne restera pas très longtemps, retournant rapidement à sa carrière d’universitaire, d’abord à Bonn, puis définitivement aux USA, à Harvard après 1932.

Très travailleur, d’un tempérament pessimiste, SCHUMPETER sait toutefois se faire proche de ses étudiants, parmi lesquels on compte les futurs économistes Stolper, Sweezy ou encore Samuelson.

Un théoricien novateur

Mais ce qui frappe, c’est sa capacité à innover au plan théorique, qui en fait un penseur de la dynamique économique. Il réinterprète les cycles économiques (voir ci-dessous) en y intégrant le progrès technique et le rôle d’une figure centrale dans son approche : celle des entrepreneurs. Il s’interroge surtout dès 1942 sur les chances de survie du capitalisme dans un contexte de diminution de l’esprit d’entreprise et d’innovation.

Historien de la pensée économique, sociologue (notamment des crises de l’Etat), SCHUMPETER a laissé son nom à la dynamique schumpétérienne de l’évolution du capitalisme qui provient de l’innovation portée par la classe entrepreneuriale dont il brosse un portrait psychologique édifiant : « la capacité de voir les choses d’une manière que l’expérience confirme ensuite […] la capacité d’aller seul de l’avant, de ne pas sentir l’insécurité et la résistance comme des éléments contraires […] enfin la faculté d’agir sur autrui ».


Théoricien des temps longs, il a mis comme personne en évidence le principe de « destruction créatrice ». Cette notion, qui est cœur de la compréhension de nombreux phénomènes économiques tant structurels que conjoncturels, de la formation de la croissance au taux de chômage, en passant par les effets du progrès technique qui apparaît en « grappes » et pousse la dynamique de l’offre.

Nous étions présents au séminaire de Gavekal à l’institut de France

Nous étions présents au sein de l’institut de France ce matin pour le séminaire de Gavekal. Au programme, 3 conférences :

  • Nos perspectives d’investissement mondiales
  • Une mise à jour sur les marchés européens
  • Nos dernières recherches sur la construction de portefeuille.

Merci à Gavekal pour ces conférences très enrichissantes, dans des locaux d’exceptions, au sein de l’institut de France !

Le syndrome “FOMO”

“Fear Of Missing Out” ou la peur de passer à côté

Introduit dans le dictionnaire Oxford en 2013, le syndrome “FOMO” nous vient des réseaux sociaux : c’est la peur de rater le train, de passer à côté d’une information. On l’applique désormais généreusement aux comportements boursiers qui consistent à vouloir se positionner sur une valeur dont le cours a déjà considérablement augmenté, par peur de rater une importante plus-value. Cette crainte est d’ailleurs elle-même renforcée par les réseaux sociaux sur lesquels certains investisseurs mettent en avant leurs performances incroyables, sans jamais évoquer leurs pertes, non moins colossales parfois, ce qui induit un biais évident dans la prise de décision des autres investisseurs, surtout s’ils sont sensibles au FOMO.

Principales explications

Parmi les principales raisons qui permettent de rendre compte de ce syndrome très répandu, on peut citer l’aversion aux regrets (« je ne veux pas me dire que j’aurais dû me positionner, donc je me positionne ») ou encore l’effet de foule, synonyme du mimétisme (« tout le monde achète, donc j’achète ») qui agit bien évidemment dans la vie quotidienne mais a fortiori sur les marchés financiers.

Quelques précautions avant de craquer…

Mais le syndrome FOMO est précisément ce qui contribue à former des bulles spéculatives et, pire, à acheter au plus haut au seul motif qu’on a peur de rater le train de la hausse. Aussi l’investisseur sage et avisé apprendra-t-il avec le temps à laisser passer le train plutôt qu’à déséquilibrer fortement son portefeuille en accroissant le niveau de risque pour espérer capter une plus-value qui reste hypothétique. Certes, il existe des stratégies de trading (court-terme donc) qui cherchent à exploiter ce syndrome c’est-à-dire les dynamiques haussières (on peut citer le « trend following « ou « suivi de tendance », ou encore l’investissement dit « momentum » où il s’agit de profiter d’un élan), mais, tout bien pesé, Samarie & Cie déconseille fortement à ses lecteurs de se livrer à ce type d’approche.

J’en veux pour preuve le carnage financier auquel s’est exposé le célèbre physicien Isaac Newton (1643-1727) en suivant une telle stratégie avant l’heure sur l’action South Sea. Entré sur le titre en février 1720, il clôt sa position quelques mois plus tard en ayant triplé son capital. Mais voyant qu’autour de lui ses amis continuent à entrer, plus tard que lui, sur le titre et s’enrichissent davantage car la hausse s’accélère, Newton remet au pot peu avant l’été 1720, lorsque l’action est presque à son pic et il est contraint de revendre après l’éclatement de la bulle à la fin de l’automne 1720, perdant bien évidemment beaucoup plus qu’il n’avait gagné lors de son premier aller-retour sur le titre…

Source : Marc Faber, The Goom, Boom & Doom Report

Conjurer le syndrome FOMO

Pour tenter de dépasser ce syndrome, plusieurs recommandations sont applicables.

D’abord, il s’agit d’intégrer que la bourse est le « temple des regrets » et de prendre l’habitude de ne jamais regarder dans le rétroviseur en se disant par exemple « si seulement j’avais acheté du bitcoin en 2013 à 20$, je serais millionnaire aujourd’hui », car c’est FAUX ! Vous l’auriez revendu à 100 ou 200$ et n’auriez jamais tenu jusqu’à 36 000 $ (cours du 9 juin 2021) ! N’oubliez pas cela !

Ensuite, il faut accroître sa capacité de libre arbitre (= liberté de choix) en faisant l’effort de se couper de tout ce qui est de nature à susciter des frustrations : les palmarès des meilleurs traders, les performances mises en avant sur les réseaux sociaux, etc.

Par ailleurs, il faut être capable à tout instant de motiver son achat par d’autres raisons que le « trend », le « momentum », la « hausse », etc. Je vous renvoie à la méthode FINTIC longuement exposée dans le numéro de juin dernier qui insiste sur le double signal microéconomique (bottom up) et macroéconomique (top down) qui doit présider à tout achat de titre. FOMO ne doit jamais s’y substituer. Pour le dire autrement et mobiliser Max Weber : il faut investir avec une éthique de conviction. La crainte, fût-elle de rater la hausse, ne peut jamais tenir lieu de conviction.

Enfin, il est bon d’établir un plan, une stratégie et de s’y tenir (c’est la force de la gestion passive, par ordinateur, car lui, le PC, n’a jamais aucun état d’âme à appliquer vraiment la stratégie !). Vous pouvez par exemple définir un prix d’entrée, et tant que le cours n’y redescend pas, vous n’achetez pas. Ou alors, vous prenez position quand même, mais au quart par exemple de ce que vous misez habituellement sur une ligne. Si la hausse continue, vous êtes content, car vous êtes de la partie. Si elle s’interrompt, vous vous réjouissez de vous être plus faiblement exposé ! Pile vous gagnez et face vous ne perdez pas (trop) !