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Archives octobre 2026

Schneider E. perd 15% en bourse : que faire ?

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-15 % sur l’action Schneider Electric : un coup de Trafalgar en bourse plus que rare

Schneider Electric (SE), valeur déjà présente dans notre portefeuille français, a cédé environ 15 % en deux séances après l’annonce, le 5 octobre 2026, du rachat de PTC. Le jour même, l’action Schneider Electric clôture en baisse de 9,97 %, à 272,80 €.

Le marché semble sanctionner un prix jugé élevé : 205 dollars par action, tout en numéraire, soit une opération d’environ 22,6 milliards de dollars, ou 20,1 milliards d’euros, et 21,1 Mds € en valeur d’entreprise. C’est la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe.

Cette baisse ramène le cours à 252 € le 7 octobre. Elle pose directement la question d’un prix d’entrée ou de renforcement, que nous abordons en urgence dans ce 11e brief. Pour situer le recul, il faut repartir du récent sommet, proche de 312 €. Au 6 octobre 2026, le cours de l’action Schneider avait évolué entre 220,40 € et 312,30 € sur 52 semaines.

Ce que les marchés ne disent pas toujours : après la baisse du 5 octobre 2026, le titre se négociait encore à près de 33 fois ses bénéfices, pour une capitalisation d’environ 150,7 milliards d’euros au 6 octobre 2026. Le cours a subi une chute brutale. Pourtant, la question relève moins de l’analyse technique que des fondamentaux, puisque la performance atteignait encore 93,81 % sur cinq ans au 6 octobre 2026.

Le rachat de PTC : montant, financement & synergies attendues

PTC édite des logiciels de conception assistée par ordinateur et de gestion du cycle de vie des produits, utilisés par plus de 30 000 clients industriels. Schneider Electric dispose déjà de logiciels pour exploiter les usines. Avec PTC, il ajouterait des outils qui interviennent dès la conception des produits, ce qui prolongerait la digitalisation de la chaîne industrielle.

Le prix se lit au regard des comptes de la cible : en 2025, PTC réalise 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une marge d’EBITA ajustée d’environ 40 %. Sa valeur, dette comprise, représente 21 fois son EBITA ajusté attendu en 2027. Ce multiple ne descendrait à 13 fois que si toutes les synergies promises se réalisaient.

  • Financement : 16 à 17 milliards d’euros de dette et 5 à 6 milliards d’euros d’actions nouvelles.
  • Synergies de coûts : 250 millions d’euros d’économies d’ici trois ans.
  • Synergies de revenus : environ 800 millions d’euros de revenus supplémentaires.
  • Calendrier : finalisation attendue d’ici le troisième trimestre 2027, sous réserve du vote des actionnaires de PTC et des autorisations réglementaires.

Ce financement aurait deux conséquences à découvrir dans le brief.

Un brief exclusif pour vous faire votre avis sur l’action Schneider Electric

Pour mémoire, le titre reste, dans notre stratégie, le moyen de jouer la Chine et l’Asie de l’Est (environ 1/5e du CA annuel), tout en restant exposé à une société française, leader de la gestion d’énergie et des automatismes.

L’acquisition de titres SE, ou le renforcement de la ligne, pourrait à présent permettre de jouer une croissance externe tournée vers le logiciel et vers l’IA. PTC, éditeur d’abonnements de conception et de cycle de vie des produits, doit porter la part des logiciels et services d’environ un cinquième à un quart des ventes de SE.

La grille Samarie dépeint Le brief en question, le voilà un tableau précis. Le groupe conserve son modèle et sa solidité, mais l’acquisition de PTC érode aussi des points forts (dette, ROCE). Faut-il pour autant se détourner du titre ? Le dividende continuera de progresser et les fondamentaux sont restés extrêmement robustes depuis que SE est dans notre portefeuille.

Le brief en question, le voilà : nous ne souhaitons pas attendre les ventes du troisième trimestre, avancées au 16 octobre 2026, pour témoigner de la confiance que nous avons dans nos propres analyses. Nous ne voulons pas non plus nous laisser perturber par une publication dont la date a été déplacée.

Le brief 11 porte notamment sur le prix que le marché semble juger élevé : un multiple de 21 fois l’EBITA, une dette envisagée de 16 à 17 milliards d’euros, la dilution possible et des synergies de revenus incertaines. Il les confronte au prix de 252 € pour dire si l’entrée ou le renforcement se justifie. Le brief 11 figure dans notre sélection d’analyses sur les actifs cotés, avec nos modules sur la stratégie boursière.

Centres de données, IA et transition énergétique : les moteurs de croissance

Le groupe exerce deux métiers. La gestion de l’énergie (distribution électrique, alimentation sécurisée) représente environ 82 % des ventes de 2024, en croissance organique de 12 %. L’automatisation industrielle, qui comprend les systèmes de contrôle et les logiciels, pèse environ 18 % des ventes, avec une évolution organique de −3,7 %. PTC viendrait renforcer ce second pôle, dont l’évolution organique était négative en 2024.

Le premier pôle profite de la transition énergétique et de l’essor des centres de données. Schneider Electric fournit à ces centres de la distribution électrique, de l’alimentation sécurisée, des outils de gestion de l’énergie et du refroidissement liquide. En 2025, ces activités représentent environ 30 % des commandes. Au premier trimestre 2026, elles sont le principal moteur du groupe, avec une croissance à deux chiffres particulièrement forte en Amérique du Nord.

Le groupe a enrichi cette offre avec un spécialiste du refroidissement liquide, racheté en février 2025, et prévoit une usine de modules préfabriqués pour centres de données d’IA à Dunkerque. Une autre acquisition, annoncée le 30 juin 2026 pour 3,1 milliards de dollars, ajoute des outils d’IA industrielle à l’automatisation. Elle doit aussi accroître la part des revenus logiciels et récurrents.

Résultats 2024 et dividende : des fondamentaux solides

Les résultats de 2024 illustrent la solidité que nous évoquions plus haut. Le chiffre d’affaires atteint 38 153 millions d’euros, en croissance organique de 8,4 %. L’EBITA ajusté s’élève à 7 083 millions d’euros, soit une marge de 18,6 % (+90 points de base). Le résultat net atteint 4 269 millions d’euros et le flux de trésorerie disponible 4 216 millions d’euros.

Pour l’exercice 2024, le dividende proposé s’élève à 3,90 € par action, en hausse de 11 %. C’est la quinzième année consécutive de progression, et le groupe dit maintenir une politique de dividende en hausse malgré l’opération. Pour les investisseurs, le rendement total combine ces dividendes et une éventuelle plus-value à la revente, sans que ni l’un ni l’autre ne soit garanti.

Les risques à peser avant d’investir dans l’action Schneider

La valorisation reste élevée, ce qui rend le titre Schneider Electric sensible à toute déception sur la croissance ou sur l’intégration de PTC. Le financement et l’intégration de deux acquisitions logicielles annoncées en 2026 créent en complément un risque d’exécution. À ces points s’ajoutent des facteurs propres à tout groupe industriel mondialisé :

  • des droits de douane, des tensions géopolitiques et des taux d’intérêt qui peuvent freiner les investissements des clients ;
  • des cycles industriels ou un ralentissement économique qui pèsent sur la demande ;
  • l’exposition aux devises et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement ;
  • la concurrence et la nécessité de maintenir l’effort de recherche et développement.

Le cours d’une action peut baisser, et tout placement en actions expose à une perte en capital. Le moment d’entrée dépend aussi de l’environnement économique. C’est l’objet de notre étude synthétique de valeur d’une société cotée, qui confronte la situation de l’entreprise aux fondamentaux macroéconomiques des pays où elle produit, vend et est cotée.

Acheter l’action Schneider Electric : cotation, PEA et critères personnels

L’action est cotée sur Euronext Paris sous le symbole SU. Elle est éligible au PEA et peut aussi être détenue sur un compte-titres ordinaire. En France, un particulier majeur domicilié fiscalement dans le pays peut détenir des actions dans un PEA bancaire classique, avec des versements plafonnés à 150 000 €.

Après cinq ans de détention d’un PEA bancaire, les plus-values de cession sont exonérées d’impôt sur le revenu mais restent soumises aux prélèvements sociaux. Le choix de l’enveloppe, la fiscalité et la transmission sont traités dans notre dossier pratique sur la détention d’actions en bourse.

Au-delà des perspectives et des prévisions du groupe, acheter l’action Schneider Electric dépend de votre horizon, de votre tolérance au risque et de la place du titre dans un portefeuille diversifié. Une décision financière éclairée commence par ce cadre, et cet article ne vaut pas recommandation personnalisée. Sur le long terme, la différence se joue sur le prix payé, que le brief 11 permet d’évaluer.

Foire aux questions

Pourquoi Schneider Electric chute-t-il en bourse ?

Le titre a perdu 9,97 % le 5 octobre 2026, après l’annonce du rachat de PTC pour 22,6 milliards de dollars. Le marché sanctionne un prix élevé (21 fois l’EBITA attendu en 2027), un financement par la dette et par des actions nouvelles qui diluent les actionnaires, ainsi que des synergies de revenus incertaines.

Quel avenir pour Schneider Electric après PTC ?

Le groupe s’appuie sur les centres de données, qui représentent environ 30 % des commandes en 2025, et sur l’ajout de logiciels de conception grâce à PTC. Il prévoit une hausse du bénéfice par action ajusté dès la première année de consolidation complète. La finalisation est attendue d’ici le troisième trimestre 2027.

Faut-il acheter l’action Schneider Electric à ce cours ?

Même après la baisse, le titre se négocie à près de 33 fois ses bénéfices. La réponse dépend de votre horizon et de votre tolérance au risque. Notre brief 11 confronte le cours de 252 € du 7 octobre à la dette, à la dilution et au ROCE pour juger d’une entrée ou d’un renforcement.

URGENT : Le spread français se creuse, la crise financière arrive.

Sommaire

La France pourrait connaître d’ici aux élections présidentielles du printemps 2027 son 11e défaut souverain. C’est désormais le scénario que nous privilégions.

La situation de nos comptes publics se tend dangereusement

Le 7 septembre, l’OAT 10 ans rendait 86 points de base de plus que le Bund. Le 2 octobre, l’écart atteignait 146 points : soixante points de plus en quatre semaines. C’est ce qui nous fait prendre la plume aujourd’hui, en urgence.

Sur le marché obligataire, un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage. Cent points de base font donc 1 point de pourcentage. Le rendement de la dette française à 10 ans dépasse ainsi celui de l’Allemagne de près d’un point et demi.

Si le niveau a de quoi inquiéter, c’est surtout la pente qui est alarmante. Du 7 au 25 septembre, l’écart gagnait 6 à 10 points par semaine. Du 25 septembre au 2 octobre, il en a gagné 36 : le rythme a quadruplé.

Écart de rendement sur 10 ans entre OAT Bund (jaune) et OAT Pays-Bas (bleu), progression générale avec forte hausse fin

Le marché des obligations réévalue la seule signature de la France

Le spread avec les Pays-Bas confirme l’analyse : 79 points le 8 septembre, 116 le 30. Nous observons la même courbe et la même cassure. L’excuse du Bund qui serait trop rare ne tient pas, car une autre signature AAA, la néerlandaise, ne décroche pas non plus.

Seule la France est réévaluée par les investisseurs, à commencer par le Japon qui liquide ses OAT en masse. Le 18 septembre, l’écart avec l’Allemagne avait franchi 100 points, soit 1 point de pourcentage d’écart, une première depuis 2012.

Le 1er octobre, l’OAT a frôlé 5 % en séance, le jour où le gouvernement a présenté un budget 2027 de 43 milliards d’économies nouvelles, avec des émissions record.

Vitesse : gain de l’écart sur les 5 dernières séances, graphique montrant OAT Bund (ligne orange) et OAT Pays-Bas (ligne

Ce que le spread OAT–Bund mesure vraiment

Le spread OAT–Bund compare les rendements des emprunts d’État français et allemand de même maturité. Il ne dit pas la même chose que le seul taux français. Quand les rendements montent dans plusieurs pays à la fois, l’évolution du spread apporte une information différente de celle du seul taux français, sans isoler nécessairement un risque propre à la France.

Cette prime de rendement ne se limite pas au risque de défaut. Elle peut intégrer aussi la liquidité du titre et une éventuelle dégradation de sa notation. L’aversion générale des investisseurs pour le risque et la liquidité du marché secondaire peuvent, elles aussi, faire varier les écarts.

En pratique, une hausse du spread ne permet pas, à elle seule, de chiffrer une probabilité de défaut de la France. Elle peut en revanche signaler une défiance croissante, et c’est cette dynamique que nous suivons.

Le risque de refinancement de la dette française s’aggrave à chaque semaine de flou

Début septembre, Ofi Invest AM rangeait dans le scénario de stress un écart de 120 à 150 points. Nous y sommes entrés à peine quatre semaines plus tard. Le record de la crise de 2011 s’établit à 225 points. Avec une règle de trois (trop) grossière, au pas de la dernière semaine, ce record se trouve à deux semaines, soit en plein vote du budget.

Graphique montrant l’accélération des rendements : barres OAT : Bund (jaune) et OAT : Pays-Bas (bleu) avec des valeurs

Un report par loi spéciale compte désormais parmi les hypothèses plausibles, mais cela ne change rien à l’affaire. Chaque semaine de flou ajoute sa prime de risque. La crédibilité de la trajectoire budgétaire fait partie des éléments suivis par les investisseurs.

Une hausse des taux ne frappe pas toute la dette d’un coup. Elle se transmet progressivement, au fil des refinancements. Dès lors, chaque titre ancien remplacé par une émission à taux plus élevé alourdit la charge d’intérêts de l’État.

Le solde primaire, c’est-à-dire le solde des comptes publics avant paiement des intérêts, complète le tableau. Négatif, il signifie que les dépenses dépassent les recettes même hors charge de la dette. La trajectoire s’apprécie en croisant ce solde, le niveau de dette, la croissance nominale et les conditions de refinancement des emprunts arrivant à échéance.

Un 11e défaut souverain de la France avant 2027 ?

Une crise ne se date jamais avec précision, mais sa survenue a un seuil et une pente. Le scénario que nous privilégions est celui d’un 11e défaut souverain de la France après 1307, 1360, 1558, 1624, 1648, 1661, 1701, 1715, 1770 et 1797. Ce scénario relève de notre analyse : le spread seul ne suffit pas à l’établir ni à en chiffrer la probabilité.

La pente, elle, vient de changer. D’ici Noël, le vote du budget dira si elle se brise ou se raidit.

Pertes sur les obligations et défaut : deux risques distincts

Vos fonds euros placés en OAT peuvent perdre de la valeur sans aucun défaut. Quand les taux de marché montent, ce qui est déjà le cas, le prix des obligations déjà émises baisse mécaniquement. Une OAT longue voit ses paiements futurs actualisés à un taux plus élevé, et son cours recule même si personne n’anticipe de défaut. Tant que vous vendez à l’échéance, tout va bien, mais si vous souhaitez récupérer votre capital avant, l’assureur-vie doit prendre sa perte… 

Cette sensibilité augmente généralement avec la maturité : plus l’échéance est lointaine, plus la baisse de prix peut être marquée. Sur le long terme, la différence se joue sur la capacité à agir avant que ces deux risques ne se cumulent.

Un triptyque de dossiers pensé pour protéger votre épargne de la crise souveraine qui vient

Pour vous accompagner dans la période complexe qui s’ouvre, nous avons sélectionné les 3 briefs ou modules qui vous permettront de procéder à quelques manœuvres d’urgence.

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Foire aux questions

Que mesure le spread OAT–Bund à 10 ans ?

Il compare le rendement des emprunts d’État français et allemands de même maturité, exprimé en points de base (100 points = 1 point de pourcentage). Le 2 octobre, l’OAT 10 ans rendait 146 points de plus que le Bund, contre 86 le 7 septembre.

Un spread élevé signifie-t-il un défaut probable de la France ?

Pas à lui seul. L’écart peut aussi varier avec la liquidité du titre, une éventuelle dégradation de sa note et l’aversion générale au risque. Une hausse du spread ne permet donc pas, à elle seule, de chiffrer une probabilité de défaut, mais elle peut traduire une défiance croissante des investisseurs.

Peut-on perdre de l’argent sur des OAT sans défaut de l’État ?

Oui. Quand les taux montent, le prix des obligations déjà émises baisse, généralement d’autant plus que leur échéance est lointaine. Une OAT longue peut ainsi perdre de la valeur sans qu’aucun défaut ne soit anticipé.