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Archives 2023

Faut-il redouter l’intelligence artificielle ?

L’IA accompagne et renforce l’expertise de l’humain

Nous vivons actuellement un âge d’or en matière de données et de technologies qui ne montre aucun signe de ralentissement. Les technologies d’intelligence artificielle continuent de s’améliorer : les modèles de machine learning traitent des milliards de lignes de données, les avancées en matière de traitement du langage naturel permettent de comprendre l’intention de l’utilisateur et les algorithmes deviennent de plus en plus rapides. Nous assistons à l’automatisation de tâches simples et répétitives, permettant aux utilisateurs de se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux : appliquer un raisonnement critique et comprendre les données en contexte, ce qu’aucune IA n’atteindra jamais. Cette accélération de l’innovation s’accompagne d’une augmentation des investissements en matière d’IA et de l’adoption de ces technologies. Si l’IA crée des opportunités nouvelles, la plupart des investissements réalisés n’a pas encore généré de valeur. Les sociétés investissant dans ce changement sont 60% plus susceptibles d’indiquer que l’IA dépasse leurs attentes, et 40% plus susceptibles que les autres d’obtenir des résultats positifs. Les responsables métier ont la possibilité de mener des stratégies data et IA de manière contextualisée. Pour que l’IA soit pertinente, gérable et transparente, elle doit impérativement responsabiliser les utilisateurs. Nous allons assister à un basculement des solutions IA, d’une approche d’étude de faisabilité vers un déploiement à grande échelle avec des métiers spécifiques. Différents secteurs développent et utilisent l’IA de manière innovante. Une étude de KPMG a analysé le déploiement de l’IA dans cinq secteurs (retail, transports, santé, services financiers et technologies), et montre que 91% des participants du secteur de la santé considèrent que l’IA facilite l’accès aux soins pour les patients. Et même si la plupart des entreprises gèrent elles-mêmes leur chaîne d’approvisionnement, celles qui adopteront l’IA au cours des mois et des années à venir se démarqueront nettement de la concurrence, selon la prestigieuse Harvard Business Review. Sam Altman, le créateur de ChatGPT, a indiqué récemment qu’une trentaine de métiers, ceux réclamant bon sens, qualités manuelles et créativité notamment, ne seront jamais substitués.  

La formalisation d’une utilisation éthique des données et de l’IA

D’ici 2025, les réglementations devront se focaliser sur l’éthique, la transparence et la confidentialité de l’IA, afin de stimuler la confiance et la croissance, et de garantir un fonctionnement optimal. En raison de l’accélération de l’adoption de l’IA, les approches universelles ne sont plus adaptées. Les organisations peuvent définir la façon dont elles développent et utilisent les données et l’IA de manière responsable, dans un contexte qui évolue rapidement. Chaque entreprise a pour responsabilité civique de concevoir des solutions IA équitables et précises. Aujourd’hui, plus que jamais, l’innovation, la croissance et les relations avec les clients doivent s’appuyer sur une base de confiance et de transparence. Certains ingénieurs spécialisés en IA plaident même pour un moratoire en la matière. Les crises récentes liées aux données donnent par ailleurs un aperçu des usages nuisibles de la technologie, avec notamment les discriminations en matière de reconnaissance faciale ou de traitement des demandes de prêt. ChatGPT répond par ailleurs de façon très orientée à certaines requêtes, ce qui laisse planer le doute sur sa neutralité idéologique. Ces crises poussent notamment, le public à attendre des entreprises qu’elles adoptent une démarche sécurisée et responsable dans le développement et l’utilisation des données. Une étude menée par Cisco en 2021 montre que 72% des participants considèrent qu’il est de la responsabilité des organisations d’utiliser l’IA de manière strictement éthique.

Les entreprises ne doivent pas se limiter aux compétences analytiques et aux formations sur les outils

Le développement d’une réflexion statistique est devenu indispensable aujourd’hui. Chacun doit être en mesure de synthétiser des données pour faciliter la prise de décision, donner du sens au contexte qui nous entoure et préparer l’avenir. Les investissements en matière de technologie et d’IA augmentent, et il est indispensable de développer les compétences des employés pour tirer pleinement parti de ces investissements. Selon PwC, l’IA devrait contribuer à une croissance de l’économie mondiale de plus de 15 000 Mds $ dollars d’ici 2030. L’automatisation transforme les emplois plus rapidement que prévu, elle entraînera une transformation de 85 millions d’emplois d’ici 2025, 300 millions à terme. La moitié des employés devront mettre leurs compétences à niveau dans leur rôle actuel au cours des 5 prochaines années. La demande en matière de compétences analytiques explose, comme l’indiquent les responsables RH, les compétences analytiques, pour l’analyse et la data science, sont en tête des compétences les plus recherchées en 2021. Nos interactions générant de plus en plus de données, il devient nécessaire pour les employés de disposer de compétences data et analytiques de base, sans pour autant devenir nécessairement des data scientists. Pourtant, le chemin est encore long avant de pouvoir tirer parti des avantages d’un personnel formé à la data. En effet, le marché doit composer avec des lacunes en matière de compétences analytiques, mais aussi en matière de programmes de formation en data literacy, en entreprise comme dans l’enseignement supérieur. On estime que seuls 43% des « digital natives » considèrent qu’ils disposent des compétences adéquates. Selon Forrester, moins de la moitié des établissements d’enseignement supérieur ont lancé des initiatives de formation en data literacy. Bon nombre d’entreprises adoptent une approche à court terme en embauchant pour combler des besoins immédiats plutôt que d’investir dans le développement à long terme d’une culture des données et de la data literacy. Un long chemin reste à parcourir.

Florent Ly-Machabert


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Vidéo de présentation dossier N°25

Vers une « hausse de misère » des actions dans les pays qui détruisent leur monnaie ?

Au sein de l’OCDE, à l’évidence, la mode est à la destruction de la monnaie.

Depuis la crise des subprimes, le bilan de « petites » banques centrales, comme la FED pour les USA ou la BCE pour la zone euro a quadruplé, atteignant, pour chacune de ces jumelles, la seconde copiant la première, environ 9 000 Mds $, soit quelque 8 000 Mds €.

Si Mme Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a un jour craché le morceau en révélant que trop de monnaie avait « bien évidemment » été injectée ces dernières années, Mme Lagarde, elle, alias ChLag, patronne de la BCE, s’est enferrée dans le mensonge, en déclarant successivement qu’il n’y avait « pas d’inflation », puisqu’elle était « temporaire », pour enfin affirmer qu’elle était « due à la guerre en Ukraine » : on ne répètera jamais assez que le pic énergétique européen remonte à octobre 2021, date à laquelle Poutine songeait peut-être à intervenir en Ukraine, mais ne l’avait pas encore fait !

L’embêtant quand on monétise sa dette publique, c’est que cela fait, tôt ou tard (et parfois cela prend des années), plonger sa monnaie nationale. Sir Thomas Gresham, dès le milieu du XVIe s., ne disait pas autre chose, lui qui a donné son nom à une loi qui établit que « la mauvaise monnaie chasse la bonne » ; Voltaire non plus lorsqu’il affirmait qu’« une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est à dire zéro. »

Et nous voilà arrivés dans un monde économique et financier où 60% des transactions se font encore dans une monnaie, le dollar américain, qui a perdu 98% de sa valeur face à l’or depuis 1913, année de création de sa banque centrale ! Il en va de même pour l’euro, qui, face au dollar, a perdu, depuis la crise de 2008, plus de 30% de sa valeur ; ce seul fait explique en grande partie le prix à la pompe en 2023, le cours du baril de pétrole s’étant, pour sa part, replié de 50% sur la même période !

Sauf que, nous en parlons souvent, le monde hors OCDE, BRICS en tête, se dédollarise, à vitesse V. Les réserves de change en dollars, dont Moscou garde un mauvais souvenir depuis leur gel – ou plutôt leur vol – en représailles de son opération spéciale contre Kiev en février 2022, deviennent une patate chaude dont un nombre croissant de pays veut se débarrasser. La Chine, par exemple, ex premier créancier des USA, s’est ainsi séparée de près de 600 Mds $ de bons du Trésor US depuis 2016. Et le mouvement semble s’accélérer, et atteindra ensuite, n’en doutons pas, les obligations des pays européens. Et que vont faire le Japon, la Chine, le Royaume-Uni, la Belgique, bref tous les principaux créanciers de la dette publique fédérale américaine, de ces mauvais dollars issus de la revente de ces obligations US ? Ils vont vite s’en débarrasser et, comme il n’y a en finance que des contrats ou des titres de propriété, et qu’ils viennent de vendre les contrats (les titres de dette), il ne leur restera plus qu’à acquérir des actions libellées en dollar, voire en euro. Petit volume par petit volume. En désespoir de cause. Les actions américaines devraient donc continuer de monter, peut-être aussi les actions européennes, car l’euro aveugle ne vaut pas mieux que son cousin dollar borgne, et c’est ce qu’on appelle une « hausse de misère ». La banque centrale suisse, la BNS, par exemple, fait déjà ses réserves de change en actions américaines, notamment de la tech et des GAFAM, dont elle a fini par devenir un gros actionnaire. C’est probablement ce qui attend les banques centrales chinoise, indienne, brésilienne, sud-africaine. Russe ? Cela semble plus compliqué pour des raisons géopolitiques. Mais, après tout, Poutine n’est qu’un autre type de mondialiste, plus « patriote » et « conservateur » qu’un Biden ou un Macron aux factions desquelles il s’oppose.   

Un autre exemple pourrait illustrer notre propos : le cas turc.

Il est de notoriété publique que l’inflation en Turquie atteint 40%.

Les Turcs, mais aussi les épargnants étrangers, utilisent donc la livre turque au quotidien (qui a cours forcé et légal), mais, conformément à la loi de Gresham, ils cherchent à rompre toute attache avec elle pour leurs investissements. Là encore, une « hausse de misère » – mais hausse tout de même –  de la place boursière d’Istanbul est tout sauf improbable. Idem avec les placements immobiliers, pour peu qu’on prenne le soin d’éviter les zones sismiques… Et l’on pourrait de la sorte dupliquer notre raisonnement avec le Liban (260% d’inflation), dont et la bourse et l’immobilier (Beyrouth ?) pourraient boomer.

Faites vos jeux !   

Florent Ly-Machabert


Où en est vraiment l’économie britannique ?

Le Brexit a bon dos…

L’économie britannique présente mi-2023 de furieuses ressemblances avec celle des États-Unis : le plein emploi (3,8% de chômage), mais au double prix d’une dette qui, certes plus faible en pourcentage qu’outre-Atlantique, dépasse néanmoins le PIB (100,6%) et d’un déficit public du même ordre de grandeur (5,5% du PIB).

Si l’on veut mettre sur le compte du Brexit le déficit (ce qui serait absurde), attribuons-lui également d’avoir d’avoir permis au Royaume-Uni de renouer avec le plein emploi (ce qui n’est pas satisfaisant au plan intellectuel, car la croissance du PIB en glissement annuel – dérisoire : 0,2% – n’est acquise que moyennant une monétisation en continue de la dette publique, comme aux USA et en zone Euro d’ailleurs).

Le taux directeur de la BoE (Bank of England) se fixe actuellement à 4,5%, alors même que l’inflation outre-Manche caracole encore à 8,7%.

UK interest rates: Prices to be higher for longer, Bank of ...

Cette situation amène deux commentaires :

1) C’est une anomalie car, aux USA, le taux directeur, laissé inchangé mi-juin par la FED, est de 5,25% pour une inflation en pleine décrue (4% environ). Les courbes du taux d’inflation et du taux d’intérêt se sont donc croisées outre-Atlantique, mais pas outre-Manche, ce qui laisse augurer plusieurs relèvements de taux encore à l’initiative de la BoE. La livre sterling devrait donc bien se comporter face au dollar et même à l’euro, la BCE devant être amenée à ralentir son propre resserrement avant la BoE. Avis aux traders du forex !

2) Le 2-ans britannique (obligation d’Etat) se rémunère mi-juin 4,98% contre 4,6% pour le 20-ans, ce qui constitue une nouvelle anomalie (inversion de la courbe des taux), généralement annonciatrice d’une récession dans les douze mois.

On peut donc jouer la livre sterling à court terme, en attendant l’entrée en récession et le krach immobilier outre-Manche.

Le malheur des uns…          

Florent Ly-Machabert


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Vidéo de présentation du dossier N°24